Confronté à l’incendie de Rouen, le gouvernement s’est comme condamné à ne pas dire la vérité

Bonjour

L’incendie de l’usine Lubrizol de Rouen (26 septembre) constitue d’ores et déjà un cas d’école : il cristallise une réalité jusqu’ici comme diluée. Sous couvert d’une demande collective montante de « transparence » il met en lumière l’impuissance croissante du pouvoir exécutif engagée dans une course accélérée comme perdue d’avance.

Cinq ministres, dont le Premier, se sont déplacés à Rouen pour dire qu’il n’y avait aucun danger pour la santé et, dans le même temps, que toute la transparence sanitaire serait faite, que tous les chiffres scientifiques seraient, plus tard, publiés en direct. Aucun danger mais des cortèges de suies et une odeur insupportable. Aucun danger mais une série de mesures contradictoire prises au nom du « principe de précaution » plus ou moins mal compris 1. Aucun danger quant à l’eau du robinet, mais interdiction absolue de consommer les végétaux et les animaux. Au grand dam de ceux qui se nourrissaient « local ».

Tout cela sur fond de réseaux sociaux alimentant psychose collective et complotisme rampant. « On veut la vérité, on ne veut pas crever ! ». Où l’on observe, en direct, la faillite de ce qui avait été, avec succès, mis en place à la fin du siècle dernier avec l’affaire de la « vache folle » : la séparation de l’évaluation scientifique du risque et la gestion politique de ce dernier. A Rouen, à cause de l’accélération du temps, cette séparation est devenue impossible et la situation inextricable pour celles et ceux qui gouvernent.

Angoisse collective

Quoiqu’ils fassent les médias sécrètent une angoisse collective que les réseaux sociaux amplifient à l’envi. Chaque prise de parole du préfet déstabilise le pouvoir exécutif de même que chaque propos ministériel. A peine Agnès Buzyn a-t-elle dit qu’il faudra « laver les suies » qu’elle est accusée de ne pas avoir précisé qu’il fallait mettre des gants. Et que penser, raisonnablement, quand la ministre des Solidarités et de la Santé dit en direct sur franceinfo et sur le site  qu’il n’y a pas de danger mais qu’elle comprend que les habitant.e.s de Rouen portent des masques de papier ?

Comment comprendre un gouvernement qui dit être persuadé qu’il n’y a pas de risque pour la santé avant d’ajouter qu’il ne parle, à ce stade, que de risque avéré ? De ce point de vue l’incendie de Rouen entre en résonance avec l’incendie de Notre-Dame de Paris (16 avril) qui a progressivement déclenché une polémique sanitaire sur les risques liés au plomb. Un double cas d’école, en somme, qui voit des édifices religieux ou industriels brûler et un pouvoir exécutif comme condamné à ne pas pouvoir dire la vraie vérité.

A demain @jynau

1 « En cas de risque de dommages graves ou irréversibles, l’absence de certitude scientifique absolue ne doit pas servir de prétexte pour remettre à plus tard l’adoption de mesures effectives visant à prévenir la dégradation de l’environnement. »

4 réflexions sur “Confronté à l’incendie de Rouen, le gouvernement s’est comme condamné à ne pas dire la vérité

  1. Le problème c’est qu’il n’y a pas UNE vérité que l’on cache ou qu’on diffuse.

    * Lubrizol est un site Seveso donc il fait peur

    * Ça pue (vrai, j’étais hier sur le Port de Rouen !)donc ça fait peur

    * Il est vraisemblable que le feu soit venu de l’Usine voisine , Lubrizol trinque.

    * Des grosses fumées noires, de l’odeur, de la suie dans les jardins, même si c’est vrai personne ne veut croire que ce n’est rien.

    * Mais ce n’est peut-être pas rien non plus ,il faut enquêter donc c’est insoluble en terme de communication, amplifié par un défilé de ministres et sous-ministres

    .

    Un incendie sans morts ni blessés et grosse panique à tous les étages …

    Or personne n’ a peur en montant en voiture et il y a encore 3000 morts par an sur les routes, tous les samedis soirs des jeunes se tuent au volant et ça fait des petits articles dans la presse locale.

    Cherchez l’erreur

    Ben

  2. « Aucun danger quant à l’eau du robinet, mais interdiction absolue de consommer les végétaux et les animaux »

    Pourquoi « mais » ? Il n’y a pas contradiction il me semble.

    L’eau vient de la profondeur du sol (j’entends dire 15 metres soit 5 étages) les légumes sont à l’air.
    Il faut du temps aux suies et à leurs composants pour percoler vers les nappes. Donc ça va venir … mais ça n’est pas.

    Le préfet et d’autres rassurent « il n’y a pas de toxicité aiguë ». Outre que stricto sensu c’est faux les fumées c’est toujours toxique, ils confondent toxicité aiguë avec léthalité immédiate (Sarin, Monoxyde de carbone etc.): soit ils sont idiots et incompétents, soit ils sont menteurs et jouent sur les mots.
    Evidemment ça saute aux yeux de tous. Effet complotistigène garanti.

    Il n’y a du benzène que sur le site.
    AU passage les fumeurs en inhalent ….
    QUe sur le site mais là encore on est incompétent ou on tente de noyer le poison.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Benz%C3%A8ne#Sources_d'exposition
    C’est un liquide vilatil, donc les vapeurs de bbenzène ne restent pas sur le site .

    On ferait mieux de dire les quantités retrouvées dans l’air et si elles sont nocives ou pas.

    Les respnsables ne savent pas dire « je ne sais pas » ils préfèrent toujours raconter des fadaises qui leur retombent sur le nez ensuite. Evidemment le « on ne sait pas « ouvre la porte au principe dit de précaution : qu’est-ce qu’on fait ?

    Mais on devrait avoir des scenarios pour ça , des plans pré-établis tranquillement à froid. On a des scénarios pour des risques incongrus en France comme la guerre contre la Chine ou la Russi qui sait, contre l’Allemagne ou en Italie contre les Tyroliens du Nord ou les Slovènes mais ce risque là rien ?
    Se non lo vedo, non ci credo !

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