Grande misère hospitalière : Martin Hirsch et les neuf cents lits gelés au sein de l’AP-HP

Bonjour

C’est un symptôme qui ne trompe que les politiques engoncés dans le déni de la réalité  : neuf cents (900) lits sont actuellement « fermés » au sein de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Pourquoi ? Parce que cette dernière, nous dit l’AFP, est « confrontée à des difficultés de recrutement et de fidélisation chez les soignants, notamment les infirmières ». Et d’ajouter que ces postes sont bien budgétés mais qu’ils non pourvus, faute de personnel. Aucune rumeur syndicale, ici: c’est bel et bien le directeur général de l’AP-HP, Martin Hirsch, qui a annoncé ce chiffre mardi 8 octobre en commission médicale d’établissement (CME).

Dans un remarquable discours introductif consultable en ligne sur le site de la CME, Martin Hirsch a rappelé les « difficultés de recrutement, particulièrement marquées et concentrées sur certains métiers », rencontrées par le CHU francilien. Ces difficultés,« plus diffuses depuis un an, puisque, par exemple, elles touchent de nombreuses » infirmières, avec 400 postes vacants, « sont en partie liées à des questions indéniables de rémunération, accentuées en Ile-de-France », a déploré le directeur général. « Les attraits du grand CHU ne viennent plus assez contrebalancer la part irréductible d’écart de rémunération entre privé et public », a ajouté Martin Hirsch. Extrait :

« La rémunération des paramédicaux Cela fait plusieurs années que je suis convaincu qu’il y a un problème de fond qui doit être traité. Je ne me suis pas drapé dans mon devoir de réserve pour le dire, pour l’écrire et pousser à ce qu’il soit pris en compte. Il y a un problème en France, et il y a un problème encore plus criant en Île-de-France.

« Il pose problème à ceux qui travaillent à l’AP-HP avec une reconnaissance insuffisante et ceux qui quittent l’AP-HP ou ne la rejoignent pas en considérant qu’ils s’en sortiront mieux ailleurs. La question est ancienne et toutes les études montrent qu’elle s’est aggravée au cours des 15 ou 20 dernières années. Aujourd’hui, c’est probablement la première raison qui explique nos difficultés de recrutement et de fidélisation et donc les tensions que nous connaissons. »

Agnès Buzyn assure ne pas être dans le déni

Et c’est ainsi que neuf cents (900) lits (sur un total de vingt mille) sont fermés faute d’effectifs suffisants pour assurer les soins. « Un comble à l’heure où certains syndicats, alliés au collectif inter-urgences − à l’origine depuis près de sept mois d’une grève nationale qui touche toujours 267 services – réclament embauches et réouvertures de lits » observe Le Quotidien du Médecin. Et ce à la veille d’une nouvelle manifestation  de grande ampleur lancée par le Collectif inter-hôpitaux.

« Il faut redonner envie aux gens de venir travailler à l’hôpital public, les gens s’en vont parce qu’ils n’en peuvent plus » explique l’infirmier Pierre Schwob Tellier, membre du Collectif inter-urgences. En écho Martin Hirsch  vise des améliorations salariales à court terme de 10 à 20 % pour « 10 ou 20 % des agents », via divers leviers comme les primes prévues pour les personnels des urgences. Dans le même temps les grévistes réclament des hausses de salaires générales de 300 euros par mois.

Que fera, ici, l’exécutif ? Dans une interview aux Échos du 9 octobre (Solveig GodeluckÉtienne Lefebvre) du 9 octobre, Agnès Buzyn a exprimé un souhait et une promesse. Extrait :

« J’ai relancé un travail sur l’attractivité hospitalière. Mais je rappelle que les tensions sont partout ; les libéraux aussi estiment que leurs professions ne sont pas assez valorisées. Il y a cependant un sujet sur l’hôpital public. Je souhaite notamment travailler sur les débuts de carrière, aussi bien pour les médecins que pour les professionnels paramédicaux, travailler également sur les métiers en tension et plus généralement sur la gestion des carrières. Par ailleurs, il y aura un chantier spécifique sur l’Ile-de-France où le problème du pouvoir d’achat est particulièrement criant. Nous ne sommes pas dans le déni. »

Où l’on en vient à ne pas oser imaginer ce qui se passerait si la ministre des Solidarités et de la Santé niait la réalité à laquelle elle sera désormais quotidiennement ou presque confrontée.

A demain @jynau

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