Cannabis thérapeutique : si tout va bien il ne sera pas disponible avant un certain temps

Bonjour

Le temps de l’administration du médicament n’est pas celui du patient souffrant.

Il y a un an on découvrait un mouvement de l’Agence nationale de sécurité médicament (ANSM) : « Évaluation de la pertinence et de la faisabilité de la mise à disposition du cannabis thérapeutique en France ». On apprenait alors qu’un Comité Scientifique Spécialisé Temporaire créé pour un an, aurait pour mission « d’évaluer la pertinence de développer en France l’utilisation thérapeutique du cannabis pour certaines indications et de proposer le cas échéant, les modalités de sa mise à disposition ». On appréciera la formulation.

On découvrait aussi le texte, publié sur The Conversation, signé par le Dr Nicolas Authier,  psychiatre, professeur de pharmacologie médicale, directeur de l’Observatoire Français des Médicaments Antalgiques et président de la Commission des stupéfiants et psychotropes de l’ANSM : « Usage thérapeutique du cannabis : la France engage officiellement la réflexion ».

Ainsi donc la France allait  « s’interroger sur l’usage médical du cannabis dans des pathologies chroniques mal soulagées par les traitements conventionnels ». Cette même France qui avait, il y a quelques années, donné une autorisation pour le marché à un médicament à base de cannabis (le Sativex®) mais qui avait, depuis, toujours refusé le prix à payer. Rien ne semblait presser. On rappellera que vingt-et-un pays de l’Union européenne sur vingt-huit autorisent le cannabis à usage thérapeutique.

Le temps du patient souffrant

Puis, en mai dernier, on apprenait  la création d’Espoir (Im)patient : le premier lobby français au service des malades qui pourraient être aidés par une version médicamenteuse du cannabis, l’usage de fleurs ou de spécialités comme les huiles ou les sprays. Des « actions d’influence » étaient annoncées avec des rencontres auprès de parlementaires, membres de l’administration et du gouvernement ; « forte présence dans les médias via la présentation des réalités de patient.e.s qui souhaiteraient être accompagné.e.s pour mener leur combat publiquement ». L’initiative réunissait une cinquantaine de patients, proches de patients et professionnels de santé (Amine Benyamina, William Lowenstein,  Olivier Bertrand, Bertrand Lebeau et Rodolphe Ingold). Une action développée  dans le cadre des travaux conduits au sein de l’ANSM pour ouvrir l’accès au cannabis thérapeutique. 

Nous sommes en octobre 2019. Et qu’apprend-on ? Que l’ANSM « poursuit les travaux nécessaires à la mise en place d’une expérimentation visant à l’accès au cannabis à usage médical ».  Aujourd’hui, création d’un comité scientifique pluridisciplinaire composé de dix-huit professionnels de santé et représentants de patients. Premier objectif de ce comité est de mettre en place les conditions pratiques de l’expérimentation : produits qui seront utilisés, formations des professionnels de santé et conditions du suivi des patients. « Les travaux de ce comité seront poursuivis au cours de l’expérimentation afin de suivre, analyser les données du registre, notamment les données d’efficacité et de sécurité, et de rédiger un rapport d’analyse.

Soyons raisonnable et impatient. On comprend sans mal que le temps de l’administration du médicament ne soit pas celui du patient souffrant. Est-ce dire pour autant que tout est définitivement figé ? Qu’il n’existe pas de procédures accélérées ? Que l’on ne peut s’inspirer des solutions adoptées à l’étranger ?

A demain @jynau

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