Big Tobacco : faut-il vraiment s’attaquer à la cigarette par le petit bout de la lorgnette ?

Bonjour

Biaiser. C’est une information du Journal du Dimanche (Anne-Laure Barret) : « Tabac : un député veut interdire la commercialisation des cigarettes dotées de filtres non recyclables ». Il se nomme François-Michel Lambert (ex-EELV, aujourd’hui membre du groupe Libertés et territoires, Bouches-du-Rhône).

François-Michel Lambert ? Natif de La Havane (Cuba), 53 ans,  après seize années chez Pernod-Ricard (responsable packaging, logisticien) entreprend des études en management logistique pour faire du conseil en prospective, notamment auprès des collectivités territoriales en aménagement du territoire. Député depuis 2012. En 2013, il fonde l’Institut de l’économie circulaire dont il assure la présidence (composé de 200 membres, entreprises, collectivités, ONG, écoles, cet institut a pour objectif de définir et mettre en œuvre une transformation du modèle économique pour sortir d’une société de gaspillage).

Aujourd’hui M. Lambert entend faire interdire par la loi les cigarettes dont les filtres ne seraient pas compostables. « Les mégots constituent la première source de pollution des rivières et des océans » argue-t-il.  Les mégots constituent la première source de pollution des rivières et des océans. Chaque petit bout de cigarette contient une cinquantaine de substances chimiques toxiques et met douze ans pour disparaître ! ».

Libéber les fumeurs de leur esclavage

M. Lambert n’est pas le premier à s’intéresser aux mégots. Brune Poirson, secrétaire d’État auprès du ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire s’était déjà, il y a un an, vantée de rencontrer, sur le sujet, Big Tobacco.  (et en charge des mégots) a rencontré les ambassadeurs de Big Tobacco. On estime à trente milliards le nombre de mégots jetés chaque année en France. Depuis un an Mme Poirson tente de convaincre les cigarettiers de prendre en charge la collecte et le recyclage. Ecoutée elle n’est guère entendue.

 Ce que l’exécutif peine à obtenir peut-il être imposé via le législatif ? L’application du principe « pollueur-payeur » à l’industrie du tabac, prévue pour le 1er janvier 2021, est d’ailleurs inscrite dans le projet de loi sur l’économie circulaire  qui devrait être examiné à l’Assemblée nationale avant la fin de l’année.

« Mais pour le député Lambert, la mesure est encore trop timide. « Ça équivaut à donner un permis de polluer, explique-t‑il au JDD.  Les fabricants vont verser une écotaxe, mais elle sera reportée sur le prix du paquet. Ce sera du greenwashing, et au final la société continuera de financer les dégâts écologiques. » » D’où son idée d’imposer le « mégot recyclable ». Une idée formulée en un unique et bref article de loi : « Interdire la commercialisation de toute cigarette utilisant un filtre non compostable à partir du 1er janvier 2022. » »

Il suffisait d’y penser. Et on voit mal qui pourrait s’opposer à cette nouvelle tentative de moins dégrader notre environnement. Pour autant on voit mal en quoi la fin des filtres non compostables constituerait une mesure de nature à libérer les fumeurs de leur esclavage. Serait-ce un progrès que de continuer à fumer dans un environnement moins pollué ? Mme Poirson et Mr Lambert sont certes sur le bon chemin, il ne leur reste plus qu’à regarder la cigarette par l’autre bout, sanitaire et politique, de la lorgnette.

A demain @jynau

Une réflexion sur “Big Tobacco : faut-il vraiment s’attaquer à la cigarette par le petit bout de la lorgnette ?

  1. Eh bien le journalisme a encore du travail :
    – les mégots ne sont pas la première pollution en mer et rivière (vieux hoax d’une association Américaine, extrapolé dans la joie et la bonne humeur planétaire, sur la base d’un décompte des unités : un mégot = un pneu… dans le hoax en question les masses étaient présentées, les mégots représentaient à peine le %).
    – les mégots ne mettent pas 12 ans à disparaître mais en moyenne de l’ordre de 2-3 ans (c’est déjà beaucoup), et plus vite dans l’eau car la valeur de 10+ années est au sec et à l’abri.
    Mais un grand merci au député qui m’a permis, entre deux de ses erreurs de calcul élémentaire, de voir plusieurs représentants de l’industrie du tabac avoir la mâchoire qui tombe avant de demander « vous envisagez sérieusement de rendre les paquets de cigarettes sans filtres 2€ moins chères que les filtres ? »… ça n’a jamais été à propos de la santé.

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