Féminicides et violences conjugales: comment diable le politique a-t-il a pu oublier l’alcool?

Bonjour

Celles et ceux qui s’intéressent à la politique féministe gouvernementale, à l’alcool et à la réduction des risques se doivent, aujourd’hui, de lire deux « lettres ouvertes » 1 publiées dans Le Figaro : «Violences contre les femmes: n’oublions pas le rôle de l’alcool !». Ces textes ont été adressés adressées à la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn et à la secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa. Dans les deux cas les signataires dénoncent l’absence de mesures de prévention et de prise en charge de l’alcoolisme et des addictions dans la lutte contre les violences conjugales. Actualité : le « Grenelle contre les violences conjugales » :

« Ce grand dispositif se conclura le 25 novembre 2019, journée internationale contre la violence à l’égard des femmes. Durant cette période, une centaine de Grenelle locaux seront organisés un peu partout sur le territoire national.
 Le Grenelle réunit autour de la table de nombreux acteurs : ministres, parlementaires, élus locaux, administrations, associations, familles et proches de victimes, avocats, médias, professionnels de la santé, du logement, forces de l’ordre…
 Avec un objectif : prendre des engagements concrets et collectifs visant à lutter toujours plus efficacement contre les violences conjugales. Cet objectif implique différents ministères, et s’articule autour de trois grands axes : Prévenir 
; Protéger et prendre en charge ; Punir pour mieux protéger »

Marlène Schiappa et Agnès Buzyn

Or l’analyse des morts violentes au sein du couple survenues en 2018 et plus particulièrement des  121 féminicides, publiée par la délégation d’aide aux victimes, montre que dans 55% des cas au moins l’un des deux, auteur ou victime, est sous l’emprise d’une substance (alcool, stupéfiants, etc.). Faudrait-il rappeler que l’alcool altère les capacités d’autocontrôle, accroît l’impulsivité, l’agressivité et diminue également les capacités de défenses des victimes ?  

« Chez les femmes vivant en couple avec un consommateur dépendant le risque de subir des violences est trois fois plus important que dans la population générale », explique l’un des signataires, le Pr Michel Reynaud, président du Fonds Actions Addictions sur la base d’une synthèse d’études portant sur 80.000 personnes. S’il n’est pas le seul facteur en cause impliqué dans ces souffrances et ces drames, c’est un élément très fréquent, massif », et surtout évitable sur lesquels les pouvoirs publics peuvent agir »

Les associations réclament notamment l’application d’une obligation de soins par la justice, un plan de soutien aux proches aidants de malades alcooliques ainsi qu’une campagne nationale d’information sur les répercussions de la maladie alcoolique sur l’entourage. Préconisation : création d’un registre des violences liées à l’alcool et aux psychotropes (avec leurs dosages systématiques) et analyse précise du rôle de ces consommations dans les féminicides pour mieux cerner l’ampleur du phénomène.

Où l’on en vient à se demander pourquoi le gouvernement en général, Marlène Schiappa et Agnès Buzyn tout particulièrement, avaient oublié de chapitre essentiel de la réduction des risques.

A demain @jynau

1 La première lettre ouverte est signée par: Pr Michel Reynaud (psychiatre et addictologue, président du Fonds Actions Addictions), Pr Laurent Bègue (professeur de psychologie sociale à l’Université Grenoble Alpes), Bernard Basset (vice-président de l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie – ANPAA), Pr Amine Benyamina (psychiatre, addictologue, Président de la Fédération Française d’Addictologie), Pr Mickaël Naassila (Professeur de physiologie à l’université de Picardie Jules Verne et Président de la Société française d’alcoologie) et Dr Jean-Michel Delile (psychiatre addictologue, président de la Fédération addiction).

La seconde lettre ouverte est signée par: Betty Morisset pour le CoPMA (Collectif de proches de malades alcooliques), Françoise Gaudel pour la FPEA (France patients experts addictions), Felix Le Moan pour la CAMERUP (Coordination des associations et mouvements d’entraide reconnus d’utilité publique – aide et accompagnement des personnes en difficulté avec l’alcool et de leur entourage), Jean-Claude Tomczak pour les Amis de la Santé.

Une réflexion sur “Féminicides et violences conjugales: comment diable le politique a-t-il a pu oublier l’alcool?

  1. Bravo! Nous en parlions avec Marie Hélène ( absence de dénonciation du problème)tu l’écris en décrivant bien la réalité.

    Un abonné Jean-Paul

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