Pour Agnès Buzyn les soignants hospitaliers ont besoin de brancards «qui ne sont pas cassés»

Bonjour

L’inconscient étant ce qu’il est, parler à la presse peut ne pas être sans danger. Agnès Buzyn était hier l’invitée de BFM TVRMC. Elle s’y est exprimée sur la grande misère des hôpitaux publics où la grogne chronique se transforme en véritable colère. Un «plan de soutien» pour l’hôpital sera «présenté dans le courant du mois de novembre» et «il y aura évidemment des moyens associés», a annoncé la ministre des Solidarités et de  la Santé, Agnès Buzyn. Et de préciser : « un plan pour l’hôpital public et l’hôpital en général »  (sic).

 Ce nouveau plan visera en premier lieu à assurer «un meilleur investissement courant», car «les gens ont besoin de travailler dans des conditions acceptables, avec des nouveaux matériels, avec des brancards qui ne sont pas cassés». Et Agnès Buzyn d’ajouter : «ça rend les soignants fous de travailler avec des conditions dégradées». Où l’on entend, sur RMC, la ministre parler comme le ferait un syndicaliste hospitalier.

Objectif : renforcer l’attractivité de l’hôpital, « qui est aujourd’hui clairement déficitaire en personnels», a-t-elle poursuivi, affirmant qu’actuellement «beaucoup de lits sont fermés faute de personnel». Moyens : «la revalorisation des salaires, notamment en début de carrière». En focalisant sur «les métiers en tension» ainsi que  «les grandes métropoles où il y a des difficultés de logement particulières».

Ce plan fera l’objet de discussion avec «tous les acteurs» du monde hospitalier: directeurs d’hôpitaux, médecins, syndicats, élus, parlementaires. «Je vais rencontrer tout le monde pour proposer un certain nombre d’axes, je vais voir leurs réactions et il sera présenté dans le courant du mois de novembre», a-t-elle ajouté. «Il y aura évidemment des moyens associés», a-t-elle assuré sans avancer de montant.

« La goutte d’eau qui fait déborder le vase de la souffrance »

A l’Assemblée nationale (où l’examen du budget 2020 de la Sécurité sociale est en cours) le député Jean-Carles Grelier (LR, Sarthe) a fait un rappel au règlement pour s’offusquer que la ministre «annonce un plan pour l’hôpital dans une interview télévisée». Il y voit «une mauvaise manière». A gauche, surprise : Adrien Quatennens (LFI, Nord) a dit sa «surprise» et sa «satisfaction» d’apprendre qu’il restait des marges de manœuvre dans «la besace».

A venir : le Syndicat National des Praticiens Hospitaliers Anesthésistes-Réanimateurs Elargi aux autres spécialités (SNPHARE) annonce une vaste mobilisation des personnels hospitaliers le 14 novembre. Selon lui le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PFLSS) « asphyxie définitivement l’hôpital ». Il est « la goutte d’eau qui fait déborder le vase de la souffrance de l’hôpital public » (re-sic), et « conduit les médecins et les personnels paramédicaux à se réunir et préparer une mobilisation historique.

A venir également, des chiffres officiels établissant qu’en 2017, un agent de la fonction publique hospitalière (FPH) perçoit en moyenne 2 288 euros nets par mois en équivalent temps plein (moyenne qui prend en compte tous les salariés des hôpitaux et des établissements médico-sociaux, fonctionnaires, contractuels ou personnels médicaux. Les disparités salariales dans la FPH sont ainsi quasiment stables (en dépit d’un léger recul des salaires dans le haut de l’échelle). Le salaire net des femmes est inférieur de 20,5 % à celui des hommes (à caractéristiques identiques, l’écart salarial est de 3,5 %.)

Des salaires qui ne répondent en rien au fait de travailler dans des conditions inacceptables, avec des brancards cassés». Des salaires qui ne préviennent nullement le risque de devenir fou du fait de travailler dans des conditions dégradées.

A demain @jynau

2 réflexions sur “Pour Agnès Buzyn les soignants hospitaliers ont besoin de brancards «qui ne sont pas cassés»

  1. Excellente votre publication, mercis !

    https://dai.ly/xju3qy
    … En Poéthique dédicace toute dédiée et spéciale, … à l’Idéale Éthique …

    Maintenant, pour les adeptes des plus grands soirs, il reste toujours Flaubert:
    « Le soir, pour partir, les chevaux gorgés d’avoine jusqu’aux naseaux eurent du mal à entrer dans les brancards; ils ruaient, se cabraient, les harnais se cassaient, leurs maîtres juraient ou riaient; …  » Flaubert, Madame Bovary,t. 1, 1857 p. 31. SOURCE: Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales.

  2. Bonjour,
    Impossible de vous écrire sur Slate.fr, suite à votre papier sur le “refus” du dépistage néonatal par LREM… Je crois qu’il manque un élément DÉCISIF à la compréhension de cette décision absurde : la polémique (depuis plusieurs années !!) autour du dépistage ciblé de la drépanocytose, qui permettait un comptage des nouveaux nés d’ascendance africaine : mon petit doigt me dit que….
    Anyway, le sujet du dépistage génétique (et tous ses avatars – pas seulement le pb de l’eugénisme !) devrait bien nous occuper dans l’avenir. Et tant mieux.
    JC Vernhet
    Chirurgien

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s