Charcuteries : les députés se prononcent pour le «jambon coquillettes» avec ses dérivés nitrés

Bonjour

Hier, 24 octobre 2019, grand banquet à l’Assemblée nationale. Vins « premixés » taxés, feu vert aux bières hyperalcoolisées. Et sur la table du législateur, à deux pas de l’éternelle buvette du Palais Bourbon, restait la question de la taxation ou non du jambon – celui qui est trop rosé pour ne pas contenir des additis nitrés.

Nous sommes toujours dans l’examen projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) Au menu, adopté en commission il y a une semaine, l’amendement visant à instaurer une taxation sur les additifs nitrés en charcuterie. Un amendement adopté malgré les (étranges) réticences du rapporteur général, le Dr Olivier Véran (LRM, Isère). 

Défendu par le député Richard Ramos (MoDem, Loiret) ce texte entendait instaurer une taxe de 0,10 centime d’euros par kilogramme sur les produits de charcuterie contenant des additifs nitrés (nitrite, nitrate et/ou sel nitrité). On sait (ou pas…) que ces derniers allongent les durées de conservation et donnent une couleur rosée au jambon. Et on sait mois (voire pas du tout) que ces additifs mais sont accusés de favoriser les cancers colorectaux. Exposé des motifs :

« La mesure proposée consiste à créer une contribution spécifique frappant les produits de charcuterie contenant des additifs nitrés. Cette contribution s’inscrit dans le cadre du plan national nutrition santé publique qui promeut une alimentation équilibrée comme composante essentielle de la santé publique. La charcuterie industrielle est en effet le seul produit alimentaire, avec le poisson salé à la mode cantonaise, classé comme agent cancérigène pour l’homme de niveau 1 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) depuis 2015.

Le Centre international de recherche sur le cancer de l’OMS évalue que « chaque portion de 50 grammes de viande transformée consommée tous les jours augmente le risque de cancer colorectal de 18 % environ. » Le caractère cancérigène de la charcuterie tient à l’ajout d’additifs nitrés dans les produits de charcuterie (nitrates, nitrites, sel nitrité), alors que ces additifs ne sont pas nécessaires.

Le montant de la contribution envisagée, qui s’élève à 0.10 centimes d’euros par kilogramme, vise, en augmentant le prix de ces produits, à dissuader le consommateur et à l’orienter vers des produits similaires mais exempts d’additifs nitrés. Les produits concernés par la contribution sont les produits de charcuterie dans leur ensemble (jambon, saucisson, pâté, rillette…), quel que soit leur circuit de distribution.

Le produit de la contribution est affecté au régime général d’assurance maladie, sur lequel repose le financement des politiques de santé publique. »

Richard Ramos :  « Au-delà de la question du sel nitrité, cet amendement porte sur le bien-manger français ». Il évoque ceux qui avalent un « jambon coquillettes » faute de temps ou de moyens. Et de dénoncer le fait que « 550 députés ont reçu hier de lobbyistes de fausses informations sur la santé ». « Ce vote passera ou ne passera pas, mais il restera sur la conscience des députés », a-t-il tonné, avant que la vice-présidente de l’Assemblée Annie Genevard (LR) lui demande de se calmer. « On ne va pas s’échauffer pour un jambon coquillettes… qui est d’ailleurs très bon », s’est-elle amusée (sic).  On en rit encore à la buvette.

On attendait Agnès Buzyn. « Je ne suis pas soumise à la pression des lobbies de l’alimentation », a assuré la ministre des Solidarités et de la Santé, précisant « ne pas avoir reçu de courrier » (re-sic). Sur le fond, la ministre a jugé l’amendement prématuré et inefficace :

« Pour l’Agence européenne de la sécurité alimentaire, il n’y a pas d’association entre l’ingestion de nitrates et la survenue de la plupart des cancers. L’effet néfaste serait dû à la transformation des nitrates en nitrite, mais cette conversion dans l’organisme humain est très variable et insuffisamment documentée. »

Pour autant la ministre, prudente pour l’avenir, de préciser que des travaux sont en cours, sur le jambon coquillettes, au sein de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.

A demain @jynau

1 M. Ramos, Mme Bessot Ballot, Mme Crouzet, M. Prud’homme, M. Philippe Vigier, M. Benoit, M. Potier, M. Balanant, Mme Bannier, M. Barrot, M. Baudu, Mme Benin, M. Berta, M. Bolo, M. Bourlanges, M. Bru, M. Cubertafon, Mme de Sarnez, Mme de Vaucouleurs, Mme Deprez-Audebert, M. Duvergé, Mme El Haïry, Mme Elimas, Mme Essayan, M. Fanget, Mme Florennes, M. Fuchs, M. Garcia, M. Hammouche, M. Isaac-Sibille, Mme Jacquier-Laforge, M. Joncour, M. Lagleize, M. Lainé, M. Laqhila, Mme Lasserre-David, M. Latombe, M. Loiseau, Mme Luquet, M. Mathiasin, M. Mattei, Mme Mette, M. Michel-Kleisbauer, M. Mignola, M. Millienne, M. Pahun, M. Frédéric Petit, Mme Maud Petit, Mme Poueyto, M. Turquois, Mme Vichnievsky et M. Waserman

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