Mme Ndiaye n’ira pas voir le film de Polanski. Trouver quelques milliards pour l’hôpital public?

Bonjour

On n’écoute pas assez RTL. Le 28 octobre dernier on pouvait y retrouver le maître de Bercy. Et entendre son avertissement : « L’état de nos finances publiques justifie que, si l’on dépense de l’argent pour l’hôpital, nous trouvions des économies en face ». Bruno Le Maire avait tout dit de l’équation à laquelle le gouvernement est aujourd’hui confronté équation politique et économique clairement posée alors que les colères hospitalières n’ont jamais été aussi vives et publiquement exprimées. « La base, ce serait 1,5 milliard en plus, pas de nouvelles économies à l’hôpital et le plan urgences financé », réclame Anne Gervais, porte-parole du Collectif inter-hôpitaux. 

On ne lit pas assez Le Monde. « La journée de mobilisation des personnels paramédicaux, médecins, internes et étudiants en médecine, jeudi 14 novembre, pour ‘’sauver l’hôpital public’’ pourrait être d’une ampleur inédite depuis une dizaine d’années, prévient le dernier quotidien vespéral de la capitale (François Béguin Cédric Pietralunga et Audrey Tonnelier). Parmi les revendications des manifestants : une augmentation immédiate de 300 euros net mensuels de tous les salaires, l’arrêt des fermetures de lits d’hospitalisation et l’abandon de la tarification majoritaire à l’activité. » Et Le Monde cite les couloirs de Bercy : contrairement à ce que croyait savoir Le Journal du Dimanche la piste d’une reprise de la dette de 30 milliards d’euros des hôpitaux publics, comme un remède à la crise « n’est pas une option envisagée » par Bruno Le Maire.

Aussi l’équation comporte-t-elle un nombre croissant d’inconnues. Et la stratégie confiée à Agnès Buzyn atteint-elle aujourd’hui ses limites politiques. Depuis le mois de juin, la ministre des Solidarités et de la Santé, confrontée à un mouvement de grève incroyablement sous-estimé a déjà annoncé deux plans en faveur des urgences hospitalières. Sans aucun succès. « A Matignon comme à l’Elysée, on reconnaît que ces mesures n’ont pas suffi à calmer la colère des personnels soignants, croit savoir Le Monde.  Après avoir accordé en septembre aux urgences une rallonge de 750 millions d’euros sur trois ans, financée par des redéploiements de crédits, l’exécutif se dit aujourd’hui prêt à des concessions plus importantes, pour éteindre une bonne fois pour toutes la contestation. »

« C’est une excellente question »

On écoute trop France Inter. Invitée à l’aube de cette journée de contestation, Sibeth Ndiaye, porte-parole du Gouvernement. Les arbitrages du gouvernement sont en cours ? On attend des annonces fortes ? Est-ce bien vrai ? Pour quand ? Mme Ndiaye n’a rien à dire sur le sujet. Sinon que Mme Buzyn consulte beaucoup, qu’un plan pour l’hôpital se prépare, que Mme Buzyn est « une excellente ministre en charge de la Santé », que les gouvernement précédents se sont tous toujours trompés, qu’elle a accouché deux fois à la maternité de Saint-Denis et qu’elle avait pu, la deuxième fois, que des progrès avaient été accomplis … Ce sera tout, ce matin, sur ce sujet.

Passons au cas de l’étudiant qui s’est immolé par le feu à Lyon (et dont on ne rappelle pas qu’il est aujourd’hui hospitalisé, « entre la vie et la mort »). Le gouvernement peut-il décemment parler d’une « récupération par des groupuscules politiques » ? Drame personnel ou acte politique demande, suavement, la voix de Léa Salamé. « Dans l’état actuel de l’enquête, c’est difficile à dire répond la voix du gouvernement. Oui il a laissé un message qui laisse à penser que son  acte est politique. Moi, je nous appelle à beaucoup de prudence (sic) par ce qu’avoir un geste aussi fort, un geste aussi tragique ce n’est certainement pas exclusivement parce qu’on a une revendication politique.» 

Mme Ndiaye, qui « a battu beaucoup de pavés » en appelle à la décence et à la prudence, croit pouvoir évoquer « une souffrance personnelle très forte » qui a « poussé ce jeune homme à ce geste de désespoir ».

Terminons par l’essentiel : Mme Ndiaye ira-t-elle voir « J’accuse » le dernier film polémique de Roman Polanski ? « C’est une excellente question, répond-elle. Non, je n’irai pas le voir. Parce que j’ai besoin quand je vais assister à un spectacle de partager quelque chose avec celui qui l’a créé. Je crois pas partager grand-chose avec un homme qui porte de telles accusations sur lui. » Sans doute fallait-il, sur France Inter, que ce fût dit.

A demain @jynau

Une réflexion sur “Mme Ndiaye n’ira pas voir le film de Polanski. Trouver quelques milliards pour l’hôpital public?

  1. Notre état réussi à rembourser la dette de la SNCF soit 35 milliard par un jeu de passe passe d emprunt et ne trouve pas de solution pour la même somme pour sauver et garder l excellence de l hôpital français
    Je suis triste

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