Zéro degré d’alcool au volant: Didier Guillaume main dans la main avec Agnès Buzyn ?

Bonjour

Mot du jour : « abstème ». Après la polémique présidentielle sur le « Janvier sobriété » voici, de retour sous les projecteurs, Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation. Et le retour, au grand jour, de l’ambivalence de l’exécutif vis-à-vis des addictions légales, liquides ou pas. M. Guillaume était, dimanche 17  novembre, l’invité  du Grand Jury de RTLLe Figaro et LCI, .

On sait qu’aujourd’hui en France le taux d’alcoolémie « au volant » est limité à « 0,5g/L d’alcool dans le sang » – soit « 0,25mg par litre d’air expiré ».. Pour les jeunes conducteurs, le taux légal est de 0,2g/L. Cela correspond (environ) à un « verre d’alcool standard » pour un permis normal et zéro verre pour un jeune conducteur en permis probatoire.

On sait moins en revanche qu’Agnès Buzyn, la ministre des Solidarité et la Santé, souhaiterait « prendre un décret pour réduire le taux de 0,5g/L à 0g/L ». Qu’en dit M. Guillaume ? « Je ne prends pas de décret, je suis ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation (sic). Je vous dis simplement que je lutte contre toutes les formes d’addiction. Je pense qu’on peut faire la fête et boire des coups et que boire du vin français c’est très bon. Mais quand on boit on ne conduit pas. »

« Mois de Janvier sans Vin’’

Sans doute les commentaires, ici, ne s’imposent-il pas. On observera toutefois la progression ministérielle. En janvier dernier il luttait contre l’addictologie (« Je veux lutter contre l’alcoolisme et lutter contre l’addictologie ») – aujourd’hui il lutte contre toutes les addictions.  « Zéro degré au volant, vraiment ? « Je ne me mets à dos personne » prévient-il  en référence aux viticulteurs qui risquent de ne pas apprécier l’alignement de leur ministre sur la position d’Agnès Buzyn. « Je me suis suffisamment exprimé sur le vin. Je suis très opposé au ‘’mois de Janvier sans Vin’’ (re-sic), je trouve ça aberrant. Je préfère la modération toute l’année, que la prohibition et l’interdiction un mois de l’année. Mais je pense que lorsqu’on conduit c’est mieux de ne pas avoir bu. »

Invité de BFM-TV et RMC le 16 janvier, Didier Guillaume :

 « Le vin n’est pas un alcool comme un autre. (…) L’addiction à l’alcool est dramatique, et notamment dans la jeunesse, avec le phénomène du “binge drinking. Mais je n’ai jamais vu un jeune qui sort de boîte de nuit et qui est saoul parce qu’il a bu du côtes-du-rhône, du crozes-hermitage, du bordeaux, jamais. Ils boivent des mélanges, de l’alcool fort. »

Ces propos du ministre lui avait valu une sèche réplique de sa collègue Agnès Buzyn. « Le vin fait partie de notre patrimoine, avait-elle concédé sur France Info, avant de souligner le caractère identique des molécules d’alcool éthylique présentes dans le côtes-du-rhône, dans les apéritifs anisés et toutes les autres boissons alcoolisées. Une semaine plus tard M. Guillaume persistait. Invité de la matinale d’Europe 1, mercredi 23 janvier, il  déclarait : « une molécule de vin et une molécule de whisky ont le même degré d’alcool, sauf que moi je ne bois pas des molécules, je bois des verres. » Et surtout ne pas insiter « se saouler ».

« Abstème » sera-t-il le mot du quinquennat ?

A demain

Une réflexion sur “Zéro degré d’alcool au volant: Didier Guillaume main dans la main avec Agnès Buzyn ?

  1. Mais parler de l’alcoolémie zéro est simplement… médicalement impossible.
    Nos amis biologistes nous disent simplement alcoolémie inférieure à 0,10 , jamais égale à zéro.
    Non pas par défaillance technique de ce dosage fort ancien ( Pasteur?), mais parce que notre sang contient toujours un peu d’alcool éthylique. Son origine ? Toute fermentation, notamment dans le tube digestif, en produit.
    Alors avec 5 fruits et légumes chaque jour, notre alambic interne travaille sans cesse !
    Des doutes sur ce propos ? Regardez simplement la composition de n’importe quel soda ou jus de fruit. La mention alcool inférieur à … y figure. En tout petit, mais elle est là.
    Cela dit, les arguties législatives sur les seuils de consommation n’ont strictement aucun sens pour les malades souffrant d’addiction à l’alcool. Au contraire, ils les enfoncent un peu plus dans leur incontrôlable dépendance . Tout comme un mois sans tabac pour celui qui a besoin de fumer dès le réveil.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s