La Bétadine® d’Agnès Buzyn et la fracture ouverte : une belle métaphore hospitalière du PCF

Bonjour

L’heure médiatique est à la métaphore et au placement de produits. Le vaste tumulte autour de l’hôpital public incite à user des images. Soignants, économistes et politiques s’y emploient sur les ondes – avec plus ou moins de bonheur. Généralement la métaphore est datée : on ressort le « garrot » et le « cautère » qui ne peut, comme chacun sait, qu’être posée sur une « jambe de bois ».

Mais nous sommes en 2019 et le Parti Communiste Français a enfin choisi d’innover. Ainsi, invité de RTL Fabien Roussel, journaliste et jeune secrétaire général du PCF vient-il, ce matin, d’accuser le Dr Agnès Buzyn de ne pas agir comme un médecin devrait le faire. L’hôpital public français, a-t-il dit en substance, souffre d’une fracture ouverte béante et la ministre des Solidarités et de la Santé le traite avec de la Bétadine®. Sans doute songeait-il à la « rouge ».

Pourquoi la Bétadine® ? Cet étrange placement politique pharmaceutique ne manquera pas d’irriter la ministre. Mais aussi celles et ceux qui connaissent les mérites de ce médicament,  antiseptique local qui contient de l’iode. Mais peut-être faut-il aller plus loin et creuser cette métaphore. C’est que la Bétadine® est utilisé pour l’antisepsie de la peau avant une opération, des plaies, des brûlures superficielles peu étendues. Elle l’est aussi dans le traitement d’appoint des lésions de la peau et des muqueuses, infectées ou exposées à un risque d’infection.

Où l’on voit que l’usage de cet antiseptique par Agnès Buzyn, loin d’être un geste dont on pourrait se moquer, ne fait peut-être que précéder une approche autrement chirurgicale – et ce pour sauver un hôpital public dont le politique découvre soudain qu’il est gravement malade.

Interrogé sur le même sujet quelques minutes plus tard sur le concurrent France Inter, le Premier ministre Edouard Philippe s’est bien gardé d’user de métaphores. Il a simplement, modestement, fait comprendre aux auditeurs qu’il espérait pouvoir, un jour prochain, desserrer le garrot hospitalier. Où l’on comprend que le pouvoir exécutif est encore loin d’avoir porté le bon diagnostic.

A demain @jynau

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