Ici, désert médical : « Il est formellement interdit de décéder sur le territoire communal »

Bonjour

Comment médiatiser la pénurie médicale dans les « territoires » ? Comment user d’une symbolique ? Isabelle Dugelet, maire de La Gresle (Loire) a trouvé une solution : frapper les esprits. Elle vient de prendre un arrêté interdisant aux 850 habitants de sa commune de mourir certains jours. « Il est interdit aux habitants de décéder à domicile sur le territoire communal les samedis, dimanches et jours fériés pour une durée indéterminée », précise cet arrêté publié le 7 décembre.

« Sans être un authentique nœud de communication La Gresle dispose d’un réseau de voies routières dont l’importance reste locale mais qui met la commune en relation selon quatre directions cardinales avec son environnement régional. L’axe principal est constitué par la route départementale 45 qui relie Écoche à Montagny entrant dans la commune au lieu-dit le Château (de Sevelinges) en sortant à l’Étang de Traizette et courant dans la commune sur près de 9 km selon une direction grossièrement nord-est-sud-ouest en desservant le bourg de La Gresle. »

« Un décès récent un dimanche midi a apporté la preuve de l’absurdité d’un système auquel le maire répond par un arrêté absurde », indique dans un communiqué Isabelle Dugelet, maire de ce village d’environ 850 âmes. Le 1er décembre, elle avait mis 2 h 30 à trouver un médecin pour faire constater le décès d’un résident de l’Ehpad local, précise Le Progrès (Kevin Triet) qui a révélé l’information. « C’est un manque de respect pour le défunt et pour les familles », a-t-elle déclaré à l’AFP.

Isabelle Dugelet reconnaît avoir pris cet arrêté pour dénoncer plus globalement « une situation sanitaire catastrophique » dans sa commune et les communes avoisinantes. Le « territoire » est dépourvu de garde médicale car les médecins, trop peu nombreux, en sont dispensés. « Les gens ont du mal à se faire soigner, à trouver un médecin traitant et sont obligés de faire parfois des kilomètres. Conséquence : ils sont mal remboursés, car ils ne sont pas dans un parcours de soins, explique-t-elle. Il y a beaucoup d’inquiétude à ce sujet dans ma commune, la santé est l’enjeu majeur des zones rurales et j’interpelle les politiques depuis des années à ce sujet, mais rien n’évolue. »

En mai 2017, à  Laigneville, l’affaire été rapportée par Le Parisien.   Le maire avait publié cet arrêté : « Il est interdit aux Laignevillois de décéder en leur domicile ». Pourquoi en arriver à cette extrémité ? Pour, via les médias, « interpeller les pouvoirs publics ». Prenons le pari que d’autres maires suivront.

A demain @jynau

5 réflexions sur “Ici, désert médical : « Il est formellement interdit de décéder sur le territoire communal »

  1. 2h30 pour trouver un médecin.
    Quel est le délai moyen pour la réalisation du certificat de décès ?
    Dans quelle mesure est ce un manque de respect ?

    • D’autant qu’il faut aussi respecter les vivants malades et qui est plus à respecter, la vie de la vieille ou jeune dame qui étouffe dans son village ou un mort et sa famlille ? Si on est en désert médical il n’y a pas de choix. Les choix sont cruels.

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