Le Dr Agnès Buzyn va-t-elle rejoindre les rangs de ceux qui veulent sauver l’hôpital public ?

Bonjour

A chacun sa métaphore. Agnès Buzyn voyait en lui un « trésor national ». Six cent soixante de ses confrères hospitaliers n’ayant pas, comme elle, fait le choix de la politique l’accuse aujourd’hui de laisser ce trésor dépérir. Pire, ces six cent soixante médecins chefs de service (toutes spécialités, tous hôpitaux, toutes régions) d’accuser aujourd’hui cette minitre de laisser se mourir l’hôpital public, celui où elle a été formée, se mourir faute de moyens à même d’assurer la qualité des soins et de garantir la sécurité des patients. Ecoutons-les à la lecture de leur tribune dans le Journal du Dimanche 1 :

« Les médecins hospitaliers ont eu beau sonner l’alarme, la rigueur est devenue austérité, puis l’austérité, pénurie. La ministre actuelle ne manque pas de témoigner sa compassion, mais le vrai ministère de la Santé est désormais à Bercy. Nous devons donc nous résoudre aujourd’hui à un mouvement de ‘désobéissance’ inédit.

 « Comment forcer le gouvernement à ouvrir un Grenelle de l’hôpital public avec un vrai plan financé répondant aux besoins? Respectant leur éthique professionnelle, les médecins hospitaliers se refusent à la grève des soins. Il y a deux mois, à l’appel du Collectif Inter-Hôpitaux (CIH), rassemblant médecins, personnels non médicaux et représentants des usagers, s’est mise en place dans plusieurs établissements une ‘grève du codage’, c’est‑à-dire un blocage de la facturation des séjours hospitaliers à la Sécurité sociale. Le 14 novembre, les médecins ont manifesté dans la rue avec l’ensemble des personnels.

Le Dr Agnès Buzyn rejoindra-t-elle bientôt le Collectif Inter-Hôpitaux ? 

Las : les mesures gouvernementales se résument pour 2020 à moins de 300 millions supplémentaires alors que de l’avis général il manque 1,3 milliard d’euros pour répondre à la seule augmentation programmée des charges. L’hôpital se meurt et la ministre ne lui administre que des soins palliatifs.

Afin de crier leur désespoir, des chefs de service, responsables d’unités de soins et médecins participant à la gestion des hôpitaux nommés ou élus, ne demandant rien pour eux-mêmes, s’engagent à démissionner si la ministre n’ouvre pas de réelles négociations pour desserrer la contrainte imposée à l’hôpital public. À ce jour, nous sommes plus de 660 signataires de toutes spécialités, de tous hôpitaux et de toutes régions. Lorsque nous serons 1.000, nous adresserons notre lettre à la ministre pour lui enjoindre d’ouvrir les négociations avec le CIH… ou de nous rejoindre. »

La question ne manque pas de sel politique : le Dr Agnès Buzyn rejoindra-t-elle bientôt le Collectif Inter-Hôpitaux ? Ce serait là, au-delà de la métaphore, un symbole médical hautement signifiant.

A demain @jynau

1 Premiers signataires, pour le Collectif Inter-Hôpitaux : André Grimaldi, professeur émérite, et les chefs de service André Baruchel (hôpital Robert-Debré), Stéphane Dauger (hôpital Robert-Debré), Jean-Luc Jouves (hôpital de la Timone), Philippe Lévy (hôpital Beaujon), Agnès Linglart et Xavier Mariette (hôpital Bicêtre), Gilles Montalescot (hôpital Pitié-Salpêtrière), Antoine Pelissolo (hôpital Henri-Mondor), Ronan Roussel (hôpital Bichat).

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