Découvrez comment le langage managérial en vient à étouffer les espaces hospitaliers français

Bonjour

Répétons-nous. Voilà un opuscule (3,90 euros) essentiel pour qui veut comptendre la crise majeure dont souffre le monde hospitalier français : « L’hôpital une nouvelle industrie. Le langage comme symptôme ». Editions Gallimard, collections Tracts. Un document majeur signé du du Pr Stéphane Velut, chef du service de neurochirurgie du CHU de Tours.

On sait que cette crise ne cesse, depuis un an, de prendre de l’ampleur et d’inquiéter le plus grand nombre. Nous observons aussi que face à ce mouvement sans précédent en France, le président de la République et le gouvernement semblent désormais comme dépassés. Les quelques réponses techniques et financières annoncées au fil des mois par Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, sont vite apparues comme déconnectées de la réalité et des ressentis. Et la ministre, formée dans ce monde hospitalier, apparaît désormais sinon comme discréditée du moins comme ne pouvant plus être sérieusement écoutée.

C’est ainsi que nous commençons, collectivement, à prendre conscience d’un mal plus profond : après avoir incarné la charité, puis avoir développé la compétence voici que l’hôpital public français est, pour la première fois de son histoire, en quête de son identité, de sa raison d’être. C’est dans ce contexte que nous est offerte cette analyse originale – une réflexion qui intègre le foisonnement, rarement exploré, d’un  langage managérial qui a envahi et étouffe l’hôpital public français. Où l’on retrouve quelques-unes des perversités du/de la novlangue imaginé.e par George Orwell dans son 1984.

Répétons-nous, une document essentiel dont Slate.fr vient de publier un extrait : « La novlangue managériale a infesté l’administration hospitalière ».

A demain @jynau

2 réflexions sur “Découvrez comment le langage managérial en vient à étouffer les espaces hospitaliers français

  1. Bonjour,

    Du document en extrait, < Cette croyance étant d'ordre dévotionnel, il ne sera pas facile de la réfuter sans preuves accumulées sur le long terme; elles viendront, il suffira d'attendre.

    Preuves à longs termes …

    … Alors 'Well very well", dira t-on que l'en faire n'est pas vrai de ses bonnes intentions ???

    Mercis pour la publication et les liens.

  2. Je ne suis pas sûr.

    Le principe de Rocard (si il ne l’a pas piqué à un autre) me parait plus probable. Au moins en partie.

    « En matières de grandes catastrophes publiques, toujours privilégier la connerie au complot : la connerie est à la portée de tous, c’est donc assez largement répandu ; le complot nécessite beaucoup d’intelligence et d’organisation, c’est très rare. »

    En l’occurence, la connerie pourrait se décliner en:

    – frime : je manie des mots mystérieux qui en jettent, je jargonne ça me donne de l’importance et cela habille mes concepts flous,

    – paresse et incompétence linguistique: je ne sais pas exprimer clairement mes actions et concepts,

    – paresse et inconpétence linguistique en français et en anglais: je truffe mon discours d’anglicismes, ça fait style ,

    – méconnaissance de la nature et complexité « créative » du métier de soigner,

    – illusion sur la possibilité de remplacer les bons cliniciens/ciennes par des algorithmes,

    – illusion sur la validité des algorithmes, et des « recommandations de bonne pratique » ou autres lignes directrices, qui , fondées sur des données dites de médecine basée sur les preuves, oubie trop vite la proportion effarante de recommandations de faible force et la valeur souvent faible des données qui en sont la base. Alors que « c’est écrit dessus ».

    – méconnaissance du fait qu’il faut , pour entrer dans un algorithme, avoir parmi les données, des symptômes, et que extraire les symptômes d’un entretien avec un patient c’est de l’artisanat laborieux plus ou moins reproductible, qui requiert de l’attention et de l’intelligence des deux côtés,

    – méconnaissance du fait que recueillir des données d’examen physique, cela nécessite un humain entraîné sachant s’adapter.

    – persuasion de ce que l’objectif prioritaire est autre que le bon soin, qu’il est avant tout économique.

    – croyance que les indicidus sont interchangeables qu’il n’existe pas de degré de qualité et formation à prendre en compte.

    – ignorance de la valeur professionnelle des soignants et réunération insuffisante (aides soignants/tes, infirmiers/ères secrétaires hospitalier/ères payés avec parcimonie à mauvais escient,

    – arrogance : on va leur aprendre à ces médecins et autres « soignants ».

    On note que dans la parlance ( puisse que c’est comme ça moi aussi je crée des anglicismes*) hospitalière les médecins ne sont pas des soignants.
    Est-ce que cela dit quelque chose ? Est-ce que cela informe quelque chose ?

    – quelqu’un complète ? Ce serait bien d’ajouter des éléments plus pertinents des miens (ça c’est un italianisme)

    * Comme l’anglicisme est pervasif et versatile (attention : faux ami) je saute sur le bandwagon. Et de quatre ! Il faut rester ahead !

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