Coronavirus, communisme et capitalisme : affolement des bourses et du pétrole mondial

Bonjour

3 février 2020. Injecter pour rassurer. La Banque Centrale de Chine (PBOC) injectera aujourd’hui 1,2 trillion de yuans (soit 150 milliards d’euros) d’argent frais. Les autorités chinoises ainsi tentent de rassurer et jurent que l’impact de la crise due au « 2019-nCoV » sera de « courte durée ». Pour l’heure c’est raté : les bourses chinoises, tétanisées par l’épidémie plongent. Celle de Shanghai a chuté de 8,1% à l’ouverture. L’indice de Shenzhen dégringolait lui de 8,6% – un symptôme de l’anxiété des investisseurs face aux répercussions économiques de la crise sanitaire, qui menace de mettre durablement à l’arrêt la seconde économie mondiale.

« Ces chiffres augurent une journée de baisse sans précédent depuis le krach de 2015 qui avait donné des sueurs froides au régime communiste, explique Sébastien Falletti, correspondant du Figaro à Pékin. C’est un premier test délicat pour les argentiers de Pékin, à l’heure où le monde ferme ses portes au géant asiatique, première puissance commerciale de la planète. » Plus généralement les économistes redoutent un déflagration majeure menaçant la croissance mondiale.

Aux chiffres des bourses s’ajoutent les chiffres épidémiques : cette première journée de marché (après la pause du Nouvel An chinois) est aussi celle qui voit le bila dépasser celui du SRAS : plus de 17 000 cas en dépit de gigantesques et drastiques mesures de protection-prévention.

« Cette mobilisation illustre la nervosité du pouvoir face à une crise sans précédent depuis l’arrivée au pouvoir du président Xi Jinping, en 2013, ajoute Le Figaro. Elle survient en plein ralentissement structurel de la croissance chinoise, nourrissant les craintes. Avant même l’éruption de la crise, la production manufacturière en janvier était à son niveau le plus bas depuis cinq mois, selon l’indice PMI calculé par Caixin/Markit. Les inquiétudes pèsent sur la reprise de la production industrielle dans l’usine du monde. La consommation et les services s’annoncent au plus bas alors que la population est sommée de s’enfermer chez soi et que la plupart des commerces sont fermés. »

Château de cartes en péril

Il est d ‘ores et déjà acquis que les conséquences dépasseront celles de l’épidémie de SRAS de 2003. « Désormais le services, et consommation sont un moteur de croissance clé pour la Chine. De plus, la confiance des investisseurs a été durablement érodée par la guerre commerciale et l’économie est entrée dans une décélération structurelle » explique au Figaro Alicia Garcia Herrero, chef économiste chez Natixis. En 2003, l’économie chinoise était en plein décollage, encore peu endettée et avait enregistré un une croissance annuelle de 10% malgré l’épidémie. Désormais Pékin espère atteindre environs 6% de croissance, et nombre d’économistes jugent que cet objectif devra être revu à la baisse. »

Il faut aussi anticiper et tenter de prévoir les conséquences sur ce château de cartes qu’est le capitalisme mondialisé. En Chine, nombre d’entreprises étrangères réduisent leurs activités et d’évacuer leur personnel expatriés paniqué par la mise en quarantaine du pays. Apple a annoncé la fermeture de ses boutiques en Chine jusqu’au 9 février tout comme de nombreuses multinationales. En dépit des recommandations de l’OMS de nombreuses compagnies aériennes (comme Air France, British Airways, United Airlines ou Lufthansa) ont suspendu leur vols vers la Chine « pour une durée indéterminée » – mesure rare qui isole de facto un peu plus la deuxième économie mondiale (près de 18% du PIB mondial).

La porte, la vache et son étable

L’impact sur le château de cartes touche aussi, dès aujourd’hui, le pétrole qui le nourrit. La consommation, brutalement, baisse et les prix chutent : 52 dollars le baril. Cette baisse est désastreuse pour les producteurs texans d’hydrocarbures, soutiens électoraux de Donald Trump. Les actions des majors du pétrole, Exxon, Mobil et Chevron ont perdu environ 4 %. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et son allié russe vont tenir une réunion technique les 4 et 5 février à Vienne. « Il s’agit  pour analyser la baisse des cours du brut en lien avec l’épidémie du nouveau coronavirus, a indiqué à l’AFP une source proche de l’organisation. »

« Les Américains sont particulièrement inquiets des conséquences économiques de l’épidémie née en Chine, observe Le Monde (Arnaud Leparmentier). Le secrétaire au commerce américain, Wilbur Ross, a suscité une polémique en prédisant jeudi sur la chaîne conservatrice Fox News que le coronavirus allait ‘’aider à accélérer le retour d’emplois en Amérique du Nord’’. Les propos de l’administration ont ensuite été plus apaisants. ‘’Le président Trump veut tout faire pour aider le président Xi’’, a déclaré le conseiller pour la sécurité nationale, Robert O’Brien. La Maison Blanche a proposé d’envoyer à Pékin une assistance médicale. »

Quant aux mesures de prophylaxie ont suscité le commentaire dubitatif du Dr Michael Osterholm, directeur du Centre de recherche sur les maladies infectieuses à l’université de Minnesota. « La vache est déjà en dehors de l’étable, et on parle d’en fermer la porte », a-t-il déclaré au New York Times. Seuls les cow-boys saisiront.

A demain @jynau

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