Coronavirus, mort et symbole : Dr Li Wenliang, premier martyr chinois de l’épidémie

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Le vent tourne et, un jour prochain, Pékin devra rendre des comptes.  Il fut l’un des premiers à alerter sur les risques de propagation du nouveau coronavirus 2019-CNoV. Le Dr Li Wenliang, ophtalmologiste de 34 ans dans la ville de Wuhan – épicentre de l’épidémie -, avait tenté d’alerter des médecins chinois sur ce virus dès le 30 décembre 2019. Interpellé et visé par une enquête, il est décédé ce jeudi 6 février après avoir contracté lui-même le coronavirus, a indiqué l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

L’affaire est notamment rapportée en France par Le Figaro (Yohan Blavignat) :

« Alors que la rumeur de l’existence d’un mystérieux virus se propageait à Wuhan en décembre dernier, Li Wenliang a partagé ses soupçons dans une conversation privée avec ses collègues diplômés de l’école de médecine via la messagerie chinoise WeChat. Le médecin a notamment indiqué que sept personnes semblaient avoir contracté une maladie semblable au SRAS – la maladie respiratoire qui s’est propagée en Chine et dans une douzaine de pays, et fait des centaines de morts au début des années 2000. ‘’Un patient a été mis en quarantaine’’ dans l’hôpital où il travaillait à Wuhan, écrivait-il, selon le Washington Post , exhortant ses collègues à «faire attention».

« Mal lui en a pris. Li Wenliang et sept autres médecins présents dans le groupe privé où ils discutaient ont été convoqués par les autorités chinoises pour avoir propagé des ‘’rumeurs’’ sur des cas de type SRAS dans la région. Il fut l’un des premiers à sonner l’alarme sur ce nouveau coronavirus qui a, à l’heure actuelle, fait plus de 560 morts et contaminé plus de 28.000 personnes. »

Le 12 janvier, le Dr Li a été hospitalisé après avoir contracté le nouveau coronavirus au contact de ses nombreux patients. Une information qu’il confirmera sur le réseau social chinois Weibo le 1er février. Ce jeudi 6 janvier, l’OMS s’est dit sur Twitter «profondément attristé» par la mort de cet homme, poursuivant : «Nous devons tous célébrer le travail qu’il a accompli». Cette même OMS dont le Directeur général avait d’emblée fait confiance à Pékin.

Le vent tourne. L’ONG Human Rights Watch (HRW) accuse aujourd’hui Pékin de faire taire les critiques sur la riposte chinoise à l’épidémie de pneumonie virale, estimant que cette attitude ne faisait qu’aggraver la propagation de la maladie. Le directeur de HRW, Kenneth Rotha, a en particulier dénoncé l’«élimination» de rapports sur le virus en Chine au cours des premiers jours de l’épidémie, ainsi que les efforts de Pékin pour faire taire les critiques à son encontre sur les médias sociaux. «L’heure est à la transparence totale, même si elle est embarrassante, car la santé publique doit passer avant la préservation d’un pouvoir politique particulier. Malheureusement, ce n’est pas l’approche de Pékin», a-t-il dit.

Le gouvernement chinois a admis en début de semaine des «insuffisances» et des «difficultés» dans sa réaction à la crise sanitaire. Un jour prochain Pékin devra rendre des comptes.

A demain @jynau

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