Assistants sexuels pour personnes handicapées : le Comité d’éthique va-t-il enfin dire oui ?

Bonjour

Ce serait le « dernier tabou » d’une société qui s’est largement évertuée à tenter de les briser. Et c’est une exclusivité du JDD (Emmanuelle Souffi) . Où l’ on apprend que Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat en charge des Personnes handicapées vient de saisir le Comité national d’éthique. Et ce « au sujet du droit aux relations intimes, dont sont souvent privées les personnes handicapées ». Et le JDD de donner des extraits de la lettre envoyée par Mme Cluzel à Jean-François Delfraissy, président de ce comité chargé de réfléchir à la morale en marche.

Dignité

« Force est de constater que certains de nos concitoyens, parce qu’ils sont en situation de handicap, en sont privés, pour certains à vie. Sans aucune solution adaptée, ils sont condamnés à vivre dans une abstinence non choisie, écrit la secrétaire d’État (…) » Où l’on est soudain replongé vers le passé. Sept ans et ce texte sur ce blog : « « Assistants sexuels » pour handicapés : le niet des gardiens de l’éthique tricolore ». Sept années et les mêmes questions :

– Quelles prestations la société serait-elle susceptible d’offrir pour atténuer les manques ressentis dans leur vie affective et dans leur vie sexuelle par les personnes handicapées et notamment celles « dont le handicap ne leur permet pas d’avoir une activité sexuelle sans assistance » et qui interrogent sur « la mise en place de services d’accompagnement sexuel ? »

– Quelle analyse faire alors sur la mise en place éventuelle de ces services par les professionnels du secteur sanitaire et médico-social, qu’en serait-il dans ce cadre du droit à la compensation ?

– Quel état des lieux et quelles propositions le CCNE pourrait-il faire sur les moyens susceptibles de promouvoir chez les personnels du secteur sanitaire et social les bonnes pratiques relatives à la vie privée, au respect de la liberté et de la dignité des personnes handicapées ?

Proxénétisme

Les réponses figuraient alors dans l’avis n° 118 intitulé « Vie affective et sexuelle des personnes handicapées ; question de l’assistance sexuelle ». Un avis ambigu, un refus de répondre clairement. En substance : la question posée est importante. Mais le Comité ne peut fournir aucune réponse. Il faudrait pour cela revoir la législation sur le proxénétisme.

« La déception est d’autant plus grande que l’interdit de facto de l’accès des personnes handicapées à des pratiques sexuelles  commence à soulever un vrai débat en France tant au sein des associations que des professionnels de santé concernés » écrivions-nous alors. Un débat qui entrait alors en résonance avec la diffusion du film américain The Sessions qui traite précisément de cette question question que nous venions de traiter dans ce blog    Et d’annoncer : « Nous y reviendrons ».

Sept ans après nous y voilà. Que pourront bien nous dire de différents les sages de l’éthique tricolore ? Que pense notre pouvoir exécutif du proxénétisme ?

A demain @jynau

Une réflexion sur “Assistants sexuels pour personnes handicapées : le Comité d’éthique va-t-il enfin dire oui ?

  1. « – Quelle analyse faire alors sur la mise en place éventuelle de ces services par les professionnels du secteur sanitaire et médico-social, qu’en serait-il dans ce cadre du droit à la compensation ? »

    On lit ailleurs que des infirmier/ères ou des kinésithérapeute/te/s pourraient proposer caresses et relations sexuelles.
    On parle à ce propos de tabou.

    MAis le tabou, c’est mal ? Ou c’est bien ?
    L’inceste est tabou . Le mariage consanguine aussi , le patricide , le cannibalisme.

    Proposer cette mission à des infirmiers/ères ou kinés me parait pour être poli , absurde. Pourquoi pas les médecins d’ailleurs ?

    Ce qui laisse pensif.

    On lit en effet dans une rubrique Wikipedia francophone d’un sérieux non évident, dont le paragraphe sur l’Allemagne est trompeur si on le compare à la page Wiki en Allemand:

    « L’accompagnement sexuel est assuré par des hommes et des femmes, quelle que soit leur orientation sexuelle, pratiquant la prostitution ou exerçant dans les milieux paramédicaux, sociaux et médico-sociaux. Cela peut aller du simple corps à corps à la pénétration, en passant par la masturbation3. Pour instaurer un climat apaisant et de confiance, l’assistant sexuel peut utiliser de la musique d’ambiance, des bougies ou encore des huiles. En Suisse ce service est rémunéré entre 100 et 150 francs suisses, quelle que soit la nature de la prestation fournie7. Les « assistants sexuels » sont sélectionnésnote 1 et sont censés recevoir une formation. Cependant le titre « assistant sexuel » n’est pas protégé, et peut recouvrir de nombreuses réalités.  »
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Assistant_sexuel#Le_m%C3%A9tier_d'assistant_sexuel

    Les grands principes et les bons sentiments sont invoqués largement. Il est facile et souvent évident de les approuver.

    En fait ne faut-il pas commencer au pied du mur: qui sont les professionnels devant être chargés de ces actes physiques ? Quelles limites mettre à l’affectif ? Sexe sans affectif c’est une autre question.
    Faut il avoir une formation de kinésithérapie ou soins infirlmiers pour pratiquer cette aide ? Comment surveiller et prévenir des déviations ? des abus ?
    Les volontaires pour accomplir ces missions sont ils existants ? Assez nombreux ? Comment s’assurer de leurs saines motivations ?

    Et les « travailleurs du sexe » ? Ils n’ont pas d’existence légale, il me semble, et les « clients » non plus selon la grande sagesse incomparable d’un précédent gouvernement vis à vis d’une profession plus que millénaire dont la persistance à à faire oeuvre d’utilité publique relève quasiment de la sélection darwinienne.
    Ces travailleurs du sexe ne sont-ils pas les plus aptes à pratiquer ces soins avec le détachement que j’imagine les caractériser ? Et à se reconvertir exclusivement dans ce nouveau métier ? Pourront-ils en vivre ? Comment les nommer pour ne pas en faire la cible d’insultes mépris et pire ?
    Avec une formation, avec une exfiltration du mlilieu qui les « soutient » ?

    Il faut travailler la base avant de solliciter le conseil national d’éthique.

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