Coronavirus-19 et censure communiste : édifiante «quarantaine» du journaliste-blogueur

Bonjour

C’est le chaînon communiste qui manquait :  la « mystérieuse disparition » du citoyen Chen Qiushi, 34 ans, avocat devenu journaliste-blogueur bien connu qui enquêtait sur l’épidémie. « Les autorités chinoises affirment qu’il a été « mis en quarantaine » pour avoir passé trop de temps dans les hôpitaux de Wuhan. Mais cela ressemble fort à une détention au secret » observe Le Monde (Simon Leplâtre). ABC : « Chinese citizen journalist Chen Qiushi missing in Wuhan after critical reports on coronavirus outbreak » (Tasha Wibawa and Michael Li). Quartz : « Another citizen journalist covering the coronavirus has gone missing in Wuhan » (Jane Li).

On peut le dire autrement : ce journaliste-citoyen va-t-il s’inscrire dans la ligne du Dr Li Wenliang paradoxalement devenu en quelques heures héros et martyr ?  

Dans l’une de ses dernières vidéos, Chen Qiushi apparaissait à l’écran les yeux cernés. « J’ai peur. Devant moi, il y a le virus. Derrière moi, il y a le pouvoir légal et administratif de la Chine. » Cela faisait alors une dizaine de jours qu’il était arrivé à Wuhan et il avait visité tous les points chauds de la catastrophe sanitaire : hôpitaux, supermarchés, funérarium, familles de victimes, taxis volontaires…

Inlassablement, le journaliste citoyen arpentait la ville, smartphone et perche à selfie dans la main. Il semblait désespéré. « Il manque des masques, des vêtements de protection, du matériel, et surtout – le plus important – il manque des kits de diagnostic. Sans ces kits, pas moyen de vérifier que vous avez le virus, vous ne pouvez que vous mettre en quarantaine vous-même, chez vous. » Malgré la peur, il promettait de continuer à travailler tant que la crise se poursuivrait.

« Raconter les histoires émouvantes des gens qui combattent le virus » 

Mais, depuis le 6 février, Chen Qiushi n’a plus donné de nouvelles. Des proches, qui ont accès à son compte Twitter, ont publié une vidéo de sa mère appelant à l’aide.  « Plusieurs journalistes étrangers ont également été menacés d’être mis en quarantaine par les autorités locales, rapporte Le Monde. Un outil de censure plus qu’une réelle préoccupation sanitaire, puisqu’on leur a laissé le choix de rester en quarantaine là où ils enquêtaient, ou de rentrer à Pékin ou à Shanghai par le premier avion. »

Début février, Chen Qiushi annonçait que sa famille faisait l’objet de pressions de la police. Dès la publication de sa première vidéo depuis Wuhan, sur WeChat, le réseau social dominant en Chine, son compte a été suspendu pour un mois. Plus tard, il découvrait que la simple mention de son nom ou la publication d’une capture d’écran de ses vidéos pouvait entraîner la suspension de comptes sur WeChat ou Weibo, le Twitter chinois. »

Où l’on en revient, toujours, à Orwell 1. Depuis le 3 février, la censure a été considérablement renforcée en Chine. Des milliers de personnes ont vu leur compte WeChat suspendu pour avoir publié des commentaires au sujet du virus. Dans le même temps, le ministère de la propagande annonçait l’envoi à Wuhan de trois cents journalistes pour « raconter les histoires émouvantes des gens qui combattent le virus (…) et montrer l’unité du peuple chinois face au virus », 

 « Nous ne voulons pas d’un second Li Wenliang », a écrit un utilisateur de Weibo. Un commentaire rapidement supprimé.

A demain @jynau

 1 « Pour l’instant, la gestion du coronavirus par la Chine relève plus d’Orwell que de la glasnost » de Sylvie Kauffmann, Le Monde du 13 février 2020

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