Hystérie et Covid-19 : les journalistes doivent-ils désormais « travailler » avec l’OMS ?

Bonjour

17 février 2020, après bien des atermoiements l’OMS) estime que la propagation du Covid-19 est désormais «impossible à prévoir». Dernier décompte officiel : plus de 71 000 cas – 1775 décès.

Et, pour la première fois dans ce dossier, une question ouvertement dérangeante : face à une épidémie quelle est, quel doit être le rôle de la presse, celui des journalistes ? Pour le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS les choses sont claires. « Nous demandons à tous les gouvernements, toutes les sociétés et tous les organismes de presse de travailler avec nous pour déclencher le niveau d’alarme idoine sans souffler sur les braises de l’hystérie », vient-il de déclarer lors de la « Conférence de sécurité » de Munich.

Il s’agit ici une enceinte créée en 1962 par Ewald von Kliest un ancien officier allemand et l’un des comploteurs contre Hitler en 1944. Idée-pivot de cette conférence : promouvoir la paix par le dialogue.

Médias ayant pignon sur rue et sur écran.

« Déclencher le niveau d’alarme idoine sans souffler sur les braises de l’hystérie ». On peut le dire autrement. Les journalistes doivent-ils se limiter à diffuser les bulletins de l’OMS ? Répercuter les propos tenus sur les estrades des conférences de presse ? S’interdire de commenter, de critiquer, d’éditorialiser ? Soutenir les pouvoirs exécutifs en place ?

Un exemple : fallait-il ou non s’interroger publiquement sur les atermoiements du Dr Tedros Adhanom quant à la nécessité de déclencher une alerte de niveau mondial ? Se museler face à une OMS en perte de vitesse 1 ? Où sont aujourd’hui les journalistes qui « soufflent sur les braises de l’hystérie » ? Et comment ne pas voir que si souffle et braises il y a, on le trouvera sur ces « réseaux sociaux » que l’on ne saurait confondre avec le travail des journalistes oeuvrant dans des médias ayant pignon sur rue et sur écran.

Depuis le Dr Théophraste Renaudot, inventeur du journalisme, l’appel à l’aide de la presse par le pouvoir en situation de crise est un grand classique 1. C’est, pourrait-on, dire une expression inversée de la tentation de censure. On ne peut, ici, que souhaiter que le pouvoir se limite à lancer cet appel – et que les journalistes puissent continuer à exercer leur passionnant métier. Avec souffle – mais sans braises.

A demain @jynau

1 Nau J-Y « Informations à caractère médical dans la presse écrite d’audience nationale. Education sanitaire ou journalisme. Thèse de médecine. Université François-Rabelais. Faculté de médecine de Tours. 1984.

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