Coronavirus et raison garder : le pouvoir exécutif est confronté au risque de peur panique

Bonjour

25/02/2020. La France commence à trembler. L’Europe s’affole. L’OMS installe l’idée de pandémie. La propagation rapide – et soudaine – en Italie avec déjà 230 cas dont sept décès, fait prendre une ampleur inédite à la crise du coronavirus. « Oui, ça change la donne sur le plan épidémiologique. Il y a de la transmission en Europe, analyse l’infectiologue Élisabeth Bouvet, cité par Le Parisien (Florence Méréo) Nous avons en Italie un premier cas mystère et, autour de lui, de nombreux malades secondaires. La leçon est qu’il faut se préparer à des cas comme cela en France, sans lien direct avec la Chine ». Et d’ajouter, catégorique : « S’il faut organiser les soins, il faut aussi raison garder. »

« Et pourtant, la tension est encore montée d’un cran toute la journée ce lundi, alors que l’OMS évoque désormais un risque de pandémie. Bourses qui dévissent à l’international, commissariat temporairement confiné dans le XIIIe arrondissement de Paris après une fausse alerte, panique à la suite de l’immobilisation d’un bus à Lyon en provenance de Milan…»  

Panique ? Le ministre de la Santé, Olivier Véran, vient de réaffirmer sur RTL qu’il n’était pas nécessaire de rétablir des contrôles aux frontières avec l’Italie ou d’annuler des événements publics. « Il n’y a aucun argument scientifique qui nous pousse à annuler des événements collectifs. L’Italie est en train de circonscrire les zones, elle n’en a pas identifié de nouvelles, a-t-il expliqué. Dans l’espace Schengen, avec des frontières ouvertes, un Italien pourrait passer par la Suisse. Ça n’a pas de sens à ce stade. Je remarque d’ailleurs que l’Italie est le seul pays à avoir interdit les avions chinois d’atterrir sur son sol et c’est aujourd’hui le pays européen le plus touché »

Selon le nouveau ministre il ne faut pas, en France, parler d’ « épidémie » « Non. Par contre, nous nous préparons, nous préparons l’ensemble des dispositifs de veille sanitaire et d’intervention en ville comme à l’hôpital dans l’hypothèse où l’épidémie viendrait, a-t-il expliqué. Nous sommes dans l’anticipation, dans l’adaptation, dans la concertation des professionnels. »

La  crédibilité de la parole de l’exécutif

Où l’on comprend, ici, que l’un des enjeux majeurs est bien, aujourd’hui, la crédibilité de la parole de l’exécutif face au risque de peur panique – phénomène que l’on observe déjà, ici où là, dans les pays directement touchés, comme dans ceux qui pourraient l’être. Un enjeu qui, bien évidemment, concerne également directement l’ensemble des médias.

C’est dire si l’on peut regretter l’émergence des premiers symptômes politiciens ; comme dans la bataille pour la mairie de Paris où s’affrontent notamment Agnès Buzyn (LREM) et Anne Hidalgo (PS). Invitée, hier, d’Europe 1 la candidate macroniste a jugé utile de s’en prendre à son adversaire socialiste. Agnès Buzyn :

 «Il est très important d’anticiper : il faut que l’ensemble des agents qui travaillent à la mairie de Paris, d’abord, soient préparés (et) formés (…). À mon avis ils ne le sont pas aujourd’hui. La question il faut la poser à Mme Hidalgo. Moi, si je suis maire de Paris, et si j’ai les moyens d’agir sur mon administration, la première chose que je fais, c’est de les former, de les préparer. (…) S’il y a une chose que je sais faire, c’est évidemment la gestion de crise. Je l’ai fait plusieurs fois dans ma vie. Et, en tant que maire, je saurais évidemment m’occuper des Parisiens. Vous demanderez (à Mme Hidalgo) si elle a pris en compte (les recommandations que j’ai faites) et si elle a formé ses agents».

Réplique immédiate dans la soirée.  Lors d’une conférence de presse le premier adjoint à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire, et l’élue en charge de la santé, Anne Souyris, ont fustigé les propos «irresponsables» et la «grave faute politique» de l’ancienne ministre de la Santé. Affirmant que «la ville de Paris est prête» à faire face à une éventuelle épidémie, ils ont accusé :  «Agnès Buzyn ment» avec un document à l’appui : ils ont fourni à la presse des copies de lettres échangées entre Anne Hidalgo, la maire de Paris, et Agnès Buzyn.

Ces courriers, qui portent sur la prévention de l’épidémie, datent des 31 janvier et 12 février derniers. Dates auxquelles Agnès Buzyn était bel et bien ministre de la Santé. Dès l’introduction de sa missive adressée à Anne Hidalgo, Agnès Buzyn rappelait que l’édile lui avait «fait part des dispositions prises par la mairie de Paris et ses équipes sur les informations et recommandations du ministère (…)». Puis elle ajoutait : «Je vous remercie vivement de votre mobilisation, ainsi que de celles de vos services».

L’ancienne ministre de la Santé aurait gagné, ici, à faire l’économie de cette triste sortie.

A demain @jynau

2 réflexions sur “Coronavirus et raison garder : le pouvoir exécutif est confronté au risque de peur panique

  1. Raison garder….

    Ce qui me fait penser à :

    « Vos yeux beaux d’amour me font, belle Marquise, mourir.  »

    http://www.toutmoliere.net/acte-2,405364.html

    http://www.expressions-francaises.fr/expressions-i/3032-il-faut-savoir-raison-garder.html

    Qui osera un jour écrire « garder raison » ? Serait-ce mal ?

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s