Coronavirus aux Etats-Unis. Donald Trump déraisonne, parle de lui à la troisième personne

Bonjour

29/02/2020. Le trouble gagne bien des esprits. Le virus s’inflitre dans les réseaux neuronaux, gagne les quartiers généraux. Partant, il amplifie les symptômes témoignant de la déraison. C’est tout particulièrement vrai de l’autre côté de l’Atlantique où Donald Trump semble plus déstabilisé que jamais face à cette épi-pandémie. Pour l’heure, elle n’a pratiquement pas touché les Etats-Unis mais elle met en péril la dynamique économique du pays et, corollaire, le bilan du président. Jerome Powell, patron de la Réserve fédérale vient ainsi de publier un communiqué de presse pour assurer que « les fondamentaux de l’économie américaine restent solides », bien que « le coronavirus pose un risque croissant pour l’activité économique » 1.

Le fils aîné du président, Donald Jr., a pour sa part soutenu, sur Fox News, que les démocrates espéraient que les Etats-Unis soient touchés et que « la pandémie (…) tue des millions de personnes, afin de mettre fin à la série de victoires de Donald Trump ». Slate.fr observe que Pete Hegseth, un républicain régulièrement invité chez Fox, a confirmé : les démocrates et les médias veulent que le virus se répande: «Ils veulent que ça s’empire, ils veulent des cas mystères, des villes en quarantaine, ils veulent une crise nationale pour une seule raison.» Le but est selon lui de tenter de faire perdre Trump en novembre 2020. Deux autres journalistes vedettes de Fox assènent la même chose.

« La veille, le président des Etats-Unis avait pesté sur son compte Twitter, parlant de lui, une fois de plus, à la troisième personne du singulier » rapporte notre confrère Gilles Paris (Le Monde) :

« Ainsi, le coronavirus, qui a commencé en Chine et s’est propagé à divers pays à travers le monde, mais très lentement aux Etats-Unis, parce que le président Trump a fermé notre frontière et a mis fin aux vols, TRÈS TÔT, est maintenant blâmé, par les démocrates-qui-ne-font-rien, comme quelque chose qui est la faute de “Trump” »

Il peut aussi se montrer évasif, absent, fataliste. « Ça va disparaître. Un jour, c’est comme un miracle, ça disparaîtra. Vous savez, ça pourrait empirer avant de s’améliorer. Ça pourrait peut-être disparaître. Nous allons voir ce qui se passe. Personne ne sait vraiment ».

En pratique la nomination du vice-président Mike Pence (opposé au préservatif comme mode de prévention du sida comme aux programmes d’échanges de seringues pour les toxicomanes) coordinateur des différentes agences de santé fait que ce sera ce dernier qui contrôlera étroitement la communication liée au nouveau coronavirus. Comment concilier les paroles fantasques du président et les mises en garde des experts sanitaires ?

Toujours sur Fox News, l’ancien gouverneur de l’Arkansas Mike Huckabee s’est lancé dans une tirade épique. Selon lui Trump «pourrait personnellement aspirer le virus de soixante mille personnes, le retirer de leurs poumons puis nager au fond de l’océan pour le recracher…il serait juste accusé de polluer la mer.» Dans le même temps les autorités californiennes confirmaient l’existence d’un deuxième cas de contamination d’origine inconnue. Un troisième cas, tout aussi étrange, a été signalé dans l’Oregon. Un premier décès a été enregistré.

Le président n’a pas tweeté. Mais il a annoncé qu’il rencontrerait lundi 2 mars des représentants des grands groupes pharmaceutiques pour évoquer la gestion de l’épidémie. La rencontre aura lieu à la Maison-Blanche et sera l’occasion pour le président d’interroger les laboratoires pharmaceutiques sur les avancées médicales concernant les traitements et un possible vaccin.

A demain @jynau

1 Dans Le Journal du Dimanche (à paraître demain 1er mars) l’économiste Daniel Cohen estime que le’épi-pandémie de coronavirus  » va certainement provoquer une baisse significative de la croissance mondiale ». Il juge que le FMI s’est montré « beaucoup trop optimiste » jusqu’à présent et redoute « que des foyers s’allument un peu partout [en Europe], à l’instar de ce qui s’est passé en Italie », aggravant encore la situation économique. Selon lui, « le monde va sans doute changer », les conséquences de l’épidémie s’ajoutant à celles de la guerre commerciale engagée par Donald Trump depuis le début de son mandat. Il juge en effet qu' »on a passé le pic de la mondialisation » et que « beaucoup de forces poussent » vers moins d’échanges. Et de conclure : « Il va falloir faire cesser ces tours du monde que la chaîne de valeur fait parcourir aux marchandises. »

Une réflexion sur “Coronavirus aux Etats-Unis. Donald Trump déraisonne, parle de lui à la troisième personne

  1. COVID 19
    Cette nouvelle dénomination est un panneau indicateur symbolique de la grande tragicomédie planétaire qui se joue en ce moment. Les pitreries trumpiennes en sont un symptôme clair.
    Ce qui saute aux yeux, c’est le VID(E) .
    Le CO, c’est quoi, alors. CO comme COQUILLE ?
    La coquille vide de notre possibilité de maitriser ce virus pas spécialement dangereux pour l’instant ?
    A moins que CO ne puisse qu’être C°, le sigle de compagnie. Homo Sapiens 2020 serait-il cette compagnie ?
    Quand au 19 final, aux numérologistes de nous en proposer des pistes de déchiffrage nous permettant de nous interroger encore un peu plus.

    PS : un symbole n’est pas une grandeur physique. C’est une étiquette d’un ressenti qui est d’un autre ordre que la réalité apparente. Tenter de démonter ce que les symboles peuvent cacher n’a rien d’irrationnel. Pas plus que poser des questions, et les laisser ouvertes, n’est contraire à l’esprit scientifique .

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