Coronavirus : le gouvernement se doit de mieux nous expliquer ce que sera le «stade 3 »

Bonjour

07/03/2020. Dix semaines plus tard, symboliquement médiatique, le « cap » des 100.000 cas a été officiellement franchi. Près de  3 500 morts, mais combien de « totalement guéris » ?  Près de 60 000 nous répond aujourd’hui la Johns Hopkins. Combien de malades souffrant de pneumonie sévère en réanimation ? Nul ne semble le savoir avec précision.

Et demain ? Et en France ? « Coronavirus : On ferme tout ? » demande, en Une, Le Parisien (Florence Meréo) qui poursuit, jour après jours assez remarquablement, son travail d’information. Et le quotidien de tenter de répondre à la question que chacun se pose sans jamais pouvoir répondre : « Epidémie de coronavirus : ce que le stade 3 va changer pour nous ».

Le gouvernement ? Bien mal conseillée sa porte-parole, Sibeth Ndiaye, invitée du « Grand entretien » de France Inter (Salamé Léa, Demorand Nicolas)  avait eu ce mot, le 4 mars : « en stade 3 les métros continueront à circuler jusqu’à nouvel ordre, les transports en commun continueront à circuler jusqu’à nouvel ordre… la vie du pays ne s’arrêtera pas à cause du coronavirus ».

Le citoyen appréciera ce « nouvel ordre ».  Qui le donnerait ? Et quand ? Faut-il attendre l’avis du Comité national d’éthique et de son président, le Pr Jean-François Delfraissy ? Pour l’heure l’exécutif n’a fort malheureusement rien inventé en termes de communication destinée au plus grand nombre. Outre l’indispensable « numéro vert » c’est le retour aux messages publicitaires incitant mécaniquement, à user du « gel hydro-alcoolique » et à respecter les mêmes « gestes barrières » que ceux contre les « virus de l’hiver » (voir ici la vidéo gentiment scénarisée de l’assurance-maladie ».

Winston Churchill, 13 mai 1940

Pour autant rien sur le passage, devenu « inexorable » au « stade 3 ». Aucun message innovant, aucune utilisation gouvernementale des réseaux sociaux à des fins de pédagogie et de solidarité citoyenne, aucune émission télévisée de très grande écoute exposant, calmement, sans polémique, sans catastrophisme ni publicité hydro-alcoolique, le pourquoi et le comment du passage au stade 3. Pourquoi la menace sanitaire le réclame et comment nous allons, collectivement, y faire face. Comment agir au mieux et autant que faire se peut contre les rumeurs qui prolifèrent 1. Comment vulgariser ce qu’explique aux spécialistes le ministère de la Santé dans son guide de préparation au risque épidémique, inspiré du plan national « Pandémie grippale » de 2011 ?

Dépassons ce stade puisqu’il s’agit bien, ici, désormais, d’une course-poursuite. Où est, toute proportion gardée, le Churchill évoquant, il y aura bientôt quatre-vingts ans, le sang, le labeur, les larmes et la sueur (on oublie généralement de citer le labeur) ? Rien d’«inexorable », alors. Et très précisément le contraire. Un Churchill qui saurait galvaniser contre un ennemi pathogène émergent, insidieux et qui, bien au-delà du strict sanitaire, commence à mettre à mal l’ensemble de l’économie capitalistique mondiale.

Un simple virus qui justifie, contre l’évidence et les menaces populistes, un combat ne respectant pas les frontières nationales. Ni les autorités gouvernementales ni les organisations internationales continentales ou onusiennes ne sont, aujourd’hui, en situation de porter cette voix. Entendra-t-on, prochainement, Emmanuel Macron prendre la parole sein du conseil de sécurité des Nations unies ?

A demain @jynau

1 « Le coronavirus réveille les peurs, le racisme et l’antisémitisme » Crif, 5 mars 2020

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