«Lundi noir». Face au coronavirus, peut-on avoir confiance dans une Union européenne ?

Bonjour

09/03/2020. Rituel nocturne : le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon vient d’annoncer que la France compte aujourd’hui 1412 cas confirmés, soit 286 de plus qu’hier. Parmi eux, 66 patients sont considérés comme des « cas graves » et 25 décès liés au coronavirus sont à déplorer. Sept regroupements de cas ont été détectés en France, dont le dernier à Ajaccio, en Corse. La France est toujours au « stade 2 » avec « une évolution inéluctable vers une épidémie » même si «  il demeure de nombreuses incertitudes (…) sur l’impact des mesures prises pour contenir la progression de l’épidémie».

Et puis ce tweet qui pourrait laisser espérer, signé d’Emmanuel Macron, président de la République française :

« Pour faire face au Covid-19, l’union fait la force. J’appelle nos partenaires européens à une action urgente pour coordonner les mesures sanitaires, les efforts de recherche et notre réponse économique. Agissons ensemble dès maintenant. » 

Coordonner les efforts de l’Union face à l’épidémie de coronavirus ? En pratique les 27 dirigeants européens participeront demain, « probablement dans l’après-midi », à une visioconférence. Dans le même temps, à Genève, l’OMS est toujours aussi difficile à décrypter. Elle annonce que « la menace d’une pandémie est devenue très réelle » – tout en ajoutant que « plus de 70% des malades en Chine ont guéri » et que ce pays  «est en train de maîtriser l’épidémie». Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’organisation onusienne : « Maintenant que le coronavirus a pris pied [sic] dans de nombreux pays, la menace d’une pandémie est devenue très réelle. Mais ce serait la première pandémie de l’histoire qui pourrait être contrôlée». Comprendra qui pourra.

Lutte ouvrière

Les marchés mondiaux ont vécu une journée-catastrophe, un « lundi noir ». « Les principales Bourses européennes se sont écroulées, lundi 9 mars à la clôture, en proie à la panique face à l’accélération de l’épidémie mondiale provoquée par le coronavirus et de l’effondrement historique du marché du pétrole, résume Le Monde. A Paris, le CAC 40 a perdu 8,39 %, sa plus lourde chute depuis 2008. A Francfort, la bourse a plongé de 7,94 %, sa plus forte baisse depuis le 11 septembre 2001, tandis que celle de Londres a fini sur un plongeon de 7,69 %, le pire depuis 2008. La Bourse de Milan finit elle sur une dégringolade de plus de 11 % et celle de Madrid sur une chute de 7,96 %. Depuis le début de l’année, les grandes places européennes ont perdu entre 18 et 20 %.

Que peut, ici, la seule Union européenne alors même que les principales Bourses d’Asie ont essuyé de lourdes pertes ? Que les transactions à Wall Street ont dû être interrompues juste après l’ouverture, comme à Sao Paolo, en pleine panique alimentée par l’accélération de l’épidémie et le décrochage des prix du pétrole ?

Que pourra le Vieux Continent alors que le pétrole a, le même jour, connu sa pire chute depuis la première guerre du Golfe en 1991, s’effondrant de plus de 30 % en Asie ? Et ce alors que la Bourse d’Arabie saoudite, la plus importante du Golfe, a chuté de 9,2 % à l’ouverture des échanges, alors que le titre du grand groupe pétrolier Saudi Aramco plongeait de 10 %, bien en dessous de son prix de lancement en décembre.

A Paris, dès l’aube, Bruno Le Maire, ministre de l’Economie annonçait sur France Inter que l’impact du coronavirus sur la croissance de l’économie française sera « de plusieurs dixièmes de points de produit intérieur brut ». Pour les militants de Lutte ouvrière, tout est plus simple, et il y a « pire » : « Pire que le coronavirus, le capitalisme ! ». Pour l’heure on en restera là, à cette ridule d’espoir :

« « Pour faire face au Covid-19, l’union fait la force. J’appelle nos partenaires européens à une action urgente pour coordonner les mesures sanitaires, les efforts de recherche et notre réponse économique. Agissons ensemble dès maintenant. »

A demain @jynau 

5 réflexions sur “«Lundi noir». Face au coronavirus, peut-on avoir confiance dans une Union européenne ?

  1. Et les media de se complaire en toute irresponsabilité dans la prophétie quasi-souhaitée autoréalisatrice.

    Les bourses ne baissent pas elles « dévissent », elles sont en chute « vertigineuse ».
    Etc .

    On veut pousser les petits porteurs à vendre pour aggraver la chute ? Ou simplement on fait le super-buzz ?

  2. Enfin, on parle de (l’absence de) l’Europe dans cette histoire !
    Comme le nuage de Tchernobyl que l’on a tellement raillé car il s’arrêtait aux frontières, près de 35 ans plus tard aucune leçon n’a été tirée, et cette fois ci, c’est le virus qui s’arrête aux frontières. Chaque pays fait sa petite sauce personnelle, à qui ses masques, à qui ses fermetures d’école … à qui son petit bilan quotidien

  3. Les cas de Covi authentifiés virologiquement ( avec les erreurs en plus ou en moins que cela comporte) depuis qu’on les a mis en route en France sont lancés au public sans explication.
    Ils sont assimilés au nombre de cas soignés au temps T. Ce qui est faux, la majorité des premiers dépistés étant déjà guéris.
    Pas sorcier de préciser ce qu’est « une file active » quand même.

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