«Crash test» pour l’hôpital français ; l’appel solennel et politique de Martin Hirsch

Bonjour

25/03/2020. Pourquoi, pour quelles raisons politiques en sommes-nous là ? Il y a quelques jours le Pr Jean-François Delfraissy avait eu cette formule : cette vague épidémique constituera un « crash test » pour l’hôpital public français. Bien dit. Nous sommes au stade du test. « Hier en Île-de-France, nous avons passé le cap des 1 000 patients graves pris en charge dans les réanimations des hôpitaux, a déclaré, mercredi 25 mars, sur franceinfo Martin Hirsch, directeur général de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) qui, avec la Fondation de France et l’Institut Pasteur, lance « Tous unis contre le virus », un appel aux dons pour soutenir les soignants, les chercheurs et les personnes fragiles.

« Oui, les équipes tiennent, mais elles ont besoin de quatre fortes assurances. Dans mes interventions précédentes, je savais devant moi que j’avais une visibilité d’une semaine sur la capacité d’en prendre davantage. Là, j’ai une visibilité de trois jours » ajoute l’ancien président d’Emmaüs France  (2002-2007).

Il demande aujourd’hui de pouvoir mettre un respirateur pour chaque malade grave, et rapidement. « Je ne veux pas qu’on connaisse les difficultés qu’on a connues sur les masques, car les respirateurs permettent de sauver des vies. Les réanimateurs, qu’on a réunis jusqu’à tard hier soir pour recenser nos besoins, me disaient que ça aller piquer fort les yeux… Quand ils disent ça, c’est que la situation est grave ».

Deuxième demande du directeur de l’AP-HP : obtenir davantage de soignants au sein des hôpitaux. « On a besoin de toutes les équipes, de tous les personnels, qu’ils soient volontaires ou qu’on fasse appel à la réquisition. Aujourd’hui, les techniciens, les médecins, les infirmiers, travaillent tout le temps. Je ne veux pas qu’on soit face à un épuisement, affirme un directeur général qui ne redoute plus de tenir le discours d’un général d’armée. Il faut qu’on ait les milliers de personnes supplémentaires dont on a besoin pour être auprès des patients, auprès des malades, auprès des malades graves. »

Avant tout, ne pas dégringoler

Sa troisième demande concerne la reconnaissance envers les personnels soignants : « On a aujourd’hui des soignants qui font des efforts qu’on peut qualifier de surhumains. Des primes ? Je ne sais pas, mais il faut qu’on leur dise aujourd’hui ‘merci’. Il ne faut pas mégoter avec eux. C’est moral, c’est pour le moral des troupes. Ils en ont besoin. »

Enfin, quatrième demande : que les médicaments ne soient pas « en manque » au sein de l’AP-HP et que les industriels et pouvoirs publics puissent se coordonner au mieux. « Il va falloir produire des médicaments essentiels et assurer l’approvisionnement. On est dans un moment qu’on peut qualifier de moment ‘charnière’, poursuit Martin Hirsch. Je ne veux pas que ça soit un moment de bascule, ce qu’on appelle quand on est dans une escalade difficile le ‘crux’, le moment où toutes les prises comptent pour ne pas dégringoler, ne pas se casser la gueule. On peut y arriver, mais il faut que ces assurances soient là.

« C’est plus qu’un appel à l’aide. Je le dis avec solennité : jusqu’à présent, on tient, encore une fois. Il y a quelques temps, je pouvais dire : je vois ce qui va se passer dans un délai d’une semaine. Là, on est mercredi. Je sais que pendant les trois jours qui viennent, ça devrait aller. Mais je ne veux pas me retrouver ce week-end avec toutes celles et tous ceux qui font des efforts surhumains, à leur dire : on n’a pas tout fait, la France n’a pas tout fait, les moyens de vous soutenir, de vous aider et de vous donner des assurances n’ont pas été suffisants. On peut le faire ! »

Voilà donc les demandes pour l’AP-HP. On peut imaginer qu’elles sont similaires dans d’autres établissement hospitaliers dont les directions ne disposent pas de la même puissance de feu, du même porte-voix. « Crash test ». Plus le temps passe et mieux on mesure que la formule du Pr Delfraissy ne concernait pas seulement l’hôpital public français mais bien le système médico-social français dans son ensemble, l’hospitalier et le libéral, les médecins et l’ensemble de ceux dont la mission est, au sens le plus large, de soigner. Tenir, bien évidemment. Mais aussi, demain comprendre pourquoi.

A demain  @jynau

Rituels, les fenêtres, les balcons, l’Annonciation

25/03/2020 L’heure est aussi au rituel, ancien et nouveaux. On découvre, chaque soir, en lieu et place du début de l’antique messe télévisée du « 20 heures », les applaudissements et les cris pour saluer et soutenir les soignants. On apprend que la conférence des évêques de France a décidé de faire sonner les cloches des églises sur tout le territoire national ce mercredi 25 mars, jour de l’Annonciation, à 19h30. Les évêques entendent ainsi témoigner du soutien de l’Église catholique à «la nation toute entière», a déclaré le président de la conférence des évêques, Mgr Eric de Moulins-Beaufort. Les évêques appellent aussi les Français à déposer une bougie à leur fenêtre «en signe d’espérance, une marque de communion de pensée et de prière avec les défunts, les malades et leurs proches, avec tous les soignants et tous ceux qui rendent possible la vie de notre pays».

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