Hydroxychloroquine : la voix du mensuel Prescrire, indépendant de l’industrie pharmaceutique

Bonjour

31/03/2020. C’est, aujourd’hui, une nouvelle pièce à verser au dossier de l’affaire : l’analyse consacrée à l’hydroxychloroquine que vient de publier Prescrire ;  mensuel qui n’est plus à présenter, « indépendant de l’industrie pharmaceutique » et, depuis des années, voix autorisée dans le champ des médicaments, leur efficacité et leur innocuité. Extraits de cette analyse :

« Le 23 mars 2020, nous n’avions pas recensé de résultat publié d’essai randomisé de l’hydroxychloroquine (Plaquénil°) dans l’infection par le SARS-CoV-2, dite covid-19. Or des résultats d’un essai randomisé chez 30 patients ont été publiés en chinois début mars dans un journal universitaire (Chen J et coll. « A pilot study of hydroxychloroquine in treatment of patients with common coronavirus disease-19 (covid-19) » Journal of Zhejiang University mars 2020 : 6 pages). Nous avons traduit ces résultats…

« Cet essai chez seulement 30 patients a comparé deux groupes déterminés par tirage au sort, sans différence majeure des caractéristiques des patients de ces groupes lors de l’inclusion. Entre autres, les patients ayant des antécédents cardiaques ont été exclus de l’essai. En moyenne, les patients étaient âgés d’environ 50 ans, avec une infection covid-19 symptomatique depuis 6 jours, sans détresse respiratoire. Le groupe témoin a reçu les soins courants. Le groupe intervention a reçu en plus 400 mg d’hydroxychloroquine une fois par jour pendant 5 jours.

« Au terme de 2 semaines de suivi, l’état de santé de tous les patients s’est amélioré sans différence notable entre les groupes. Aucun patient n’est mort. Le test de diagnostic virologique par PCR sur prélèvement de gorge est devenu négatif après un délai médian de 4 jours dans le groupe hydroxychloroquine versus 2 jours dans le groupe témoin. Le délai médian de disparition de la fièvre a été d’environ 1 jour dans les deux groupes.

« Au 3e jour après l’inclusion, une amélioration radiologique a été constatée (sur scanner thoracique) chez 5 patients dans le groupe hydroxychloroquine, versus 7 patients dans le groupe témoin. L’état de santé d’un patient s’est aggravé dans le groupe hydroxychloroquine versus aucun dans le groupe témoin. Les différences entre les groupes ne sont pas statistiquement significatives. »

Avant d’exposer les patients en routine

« En somme, écrit Prescrire, ces résultats ne montrent pas d’efficacité de l’hydroxychloroquine, sans l’exclure pour autant vu la faible puissance statistique de l’essai. Étant donné les limites de la PCR sur prélèvement de gorge et le constat qu’elle devient le plus souvent rapidement négative chez les patients atteints de covid-19, y compris en l’absence d’hydroxychloroquine, ce critère semble peu pertinent pour évaluer l’intérêt clinique des traitements. Il en est de même avec les études sans comparaison à un groupe témoin recruté comme le groupe traité. » Et Prescrire d’ajouter :

« Au total, dans cet essai randomisé chinois et dans une étude marseillaise médiatisée mi-mars 2020 (avec des résultats complémentaires rendus publics le 27 mars 2020), l’état de santé de plusieurs patients s’est aggravé, tous parmi les patients exposés à l’hydroxychloroquine. Cette donnée peut être interprétée comme un signal de risque d’aggravation du covid-19 par l’hydroxychloroquine, utilisée par ailleurs comme immunodépresseur faible dans certaines affections auto-immunes. »

 Conclusion : « avant d’exposer les patients en routine, la conduite d’autres essais comparatifs randomisés, de plus grande ampleur, est justifiée pour explorer cette hypothèse, tel l’essai en cours au niveau européen (essai dit Discovery) ». Où l’on voit que Prescrire rejoint ici la position et les recommandations de l’Agence nationale de sécurité du médicament.

Question : cette association sera-t-elle de nature à convaincre ceux qui continuent, sur les ondes et les réseaux,  à faire la promotion de l’hydroxychloroquine avant de connaître les résultats des essais comparatifs randomisés ?

A demain @jynau

2 réflexions sur “Hydroxychloroquine : la voix du mensuel Prescrire, indépendant de l’industrie pharmaceutique

  1. Peut-être serait judicieux de pointer le projecteur du blog sur un autre sujet que cette routine…?
    Les traitements alternatifs envisagés : quoi en dire ?
    Gageons qu’après tout ce foin, lassé de de tant de polémiques, impatients d’une solution rapide unanimement réclamée, on fera calmement la queue devant les gymnases pour recevoir un irréprochable vaccin .

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