« Mais comment diable ont-ils pu, depuis Paris, classer ‘’rouge’’ notre département du Cher ? »

Bonjour

01/05/2020. Fête confinée du Travail et découverte des joies du centralisme épidémiologique. Le désormais omniprésent Olivier Véran vient de dévoiler la première carte dite du « déconfinement départemental ». Premières surprises, premiers grognements. Ainsi, à la lisière du Jardin de la France le doux département du Cher est-il soudain apparu en « rouge », symptôme d’une « circulation active » du virus. Incompréhensible et inacceptable, au point que même les représentants des services déconcentrés de l’Etat en sont venus à parler à la presse pour dire leur désarroi. La Haute-Corse et le Lot, indemnes ou presque dénoncent également un classement qu’ils jugent infamant.  

« J’ai été surpris, confie Jean-Christophe Bouvier, préfet du Cher au Berry Républicain. Quand on a vu cette carte, on n’a pas compris. On est un département où il n’y a pas une pression sensationnelle. Il y avait notamment un critère qui est le taux de Covid au passage aux urgences. C’est lui qui nous fait apparaître rouge au milieu d’une carte verte. C’était incompréhensible. J’ai eu l’explication par la directrice de l’hôpital qui m’a expliqué que les tests réalisés en grand nombre dans certains Ehpad ont été enregistrés dans la colonne des passages aux urgences. Forcément, nous avons donc un taux de Covid au passage aux urgences qui est important. La directrice m’a expliqué être en contact avec Santé publique France pour faire modifier cela. Santé publique France est venue se servir dans les statistiques de l’hôpital et ont trouvé ce chiffre qui a biaisé la classification. Normalement demain, cela devrait rentrer dans l’ordre. Je le souhaite car il y a une dynamique hyper positive entre tous les acteurs du territoire pour travailler sur le plan de déconfinement et on était tous assez sereins. C’est une mauvaise surprise, on essaie de corriger cela. »

Même colère rentrée chez Christophe Lugnot, chef de cabinet de l’Agence Régionale de Santé Centre-Val de Loire. Prudent il fait savoir que « ses équipes pensent que cela ne correspond pas aux données que nous avons à date. Des données enregistrées ne correspondent pas à la réalité du terrain ». D’ici le 7 mai – date à laquelle la carte et ses couleurs seront « cristallisées » (sic) le Cher pourra encore virer à l’orange (niveau 2) voire même espérer atteindre le vert (niveau 1). Le ministère de la Santé indique que ces premières cartes sont « consacrées à de la pédagogie ». Il reste, de ce point de vue, énormément à faire dans les bureaux centralisés de Paris.

La DGS aurait mandaté un cabinet de conseil privé

Pour l’heure on tente d’y expliquer les critères qui seront utilisés pour classer les départements selon le risque infectieux et moduler le déconfinement des populations en fonction des territoires. Première donnée : qui sera « l’intensité de la circulation du virus dans chaque département » estimée en fonction de la part des patients consultant les services d’urgence hospitalière pour une suspicion de Covid-19 (vert en-deçà de 6%, orange entre 6 % et 10 %, rouge au-delà). Deuxième donnée : « l’état de tension dans les établissements hospitaliers »  (capacité d’accueil dans les services de réanimation, au niveau de chaque département). Troisième critère : capacité à tester les personnes symptomatiques ou celles ayant été en contact avec des malades.

Mais décliner ces calculs au niveau des départements est une gageure, et aucune carte des tests n’a pu être présentée le 30 avril. Or si l’on en croit Mediapart, (Lucie Delaporte), cité par Le Monde (Stéphane Foucart)  la Direction générale de la santé (DGS) n’est aujourd’hui pas en mesure d’estimer précisément la capacité de tests PCR au niveau des territoires. Au point que la DGS aurait mandaté un cabinet de conseil privé pour réaliser cet audit.

« A partir du 11 mai, nous serons en mesure de présenter les tests réalisés au niveau des territoires », assure aujourd’hui Olivier Véran. Pourquoi pas avant ? Pourquoi tant et tant de confusion dans un pays à ce point jacobin ?  Les cartes aujourd’hui tricolores (sic), expliqué le ministre des Solidarités et de la Santé, ne sont qu’une indication qui ne préjuge pas de la situation au 11 mai – date retenue par Emmanuel Macron pour le début du prélude du grand déconfinement.

Pour l’heure nous sommes le 1er mai, jadis fête chômée, aujourd’hui jour confiné.

A demain @jynau

5 réflexions sur “« Mais comment diable ont-ils pu, depuis Paris, classer ‘’rouge’’ notre département du Cher ? »

  1. Avant d’annoncer le Lot et le Cher en « rouge » , pas un intellectuel n ´a fait de vérification de cohérence?!
    🥴

  2. Tester, tester ! Pourquoi pas, à la condition de ne pas se trouver en rupture de stock permanente sur un des éléments essentiels à ces tests, du kit de prélèvement au réactif de PCR ; et j’en passe. À la condition de trouver un système d’information pertinent et simple d’usage ; à la condition de trouver les agents de santé préleveurs en nombre suffisant ; à la condition d’adapter qualitativement et quantitativement l’offre à la demande etc. La bonne volonté ne suffit pas, le système en silo perdure et les acteurs ne communiquent pas. Le bureau de la décision 1 a fait le job, le bureau de la décision 2 aussi ; malheureusement les deux sont antinomiques…
    Vu, vécu et à vivre encore !

    Vu

  3. Il en est de même pour la Haute-Corse. Les données prises en compte via l’application OSCOUR semble-t-il, auraient amalgamé les passages aux urgences et les tests de dépistage du COVID-19 réalisés par le CH de Bastia. Il ne parait pas que ce soit une erreur du CH mais un problème dans le traitement des données par la suite. On peut s’étonner que ces données n’aient pas été validées régionalement avant publication…

  4. « données que nous avons A DATE. » Dit le docte ARS-iste.

    Ah le sot prétentieux ! Ah ça en jette !

    Faudrait considérer d’addresser (doubler le d s’impose) l’issue (de secours) du caractère pervasif (sic) des anglicismes des paresseux, illettrés et frimeurs qui ne savent pas traduire l’anglais.

    Quoique « à date », francisation ridicule façon précieuses de « to date », soit utilisé par mes amis québecois. Mais ils sont bombardés de près l-par les anglos.

    https://www.lefigaro.fr/langue-francaise/expressions-francaises/2017/11/27/37003-20171127ARTFIG00003-les-expressions-a-bannir-au-bureau-date.php

    Le Môhonde, journal autoproclamé de référence, n’est pas en reste dans l’improbable (très cool, ça « improbable ») néolangue bien-pensante.

    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/04/30/deconfinement-le-gouvernement-presente-une-premiere-cartographie-provisoire-et-incomplete-du-coronavirus_6038322_3244.html

    « n’est aujourd’hui pas en mesure d’estimer précisément la capacité de tests PCR au niveau des TERRITOIRES »

    Territoire ? Territoire ? Est-ce que j’ai une gueule de territoire ? .

    Tout ça pour ne pas dire « province », « région » . Comme si c’était mal « province ».
    Comme quartier. Qu’est-ce qu’un quartier ? C’est là où il y a des jeunes de quartiers.

    Ce n’est pas un peu ridicule ce gloubiglouba , que dis-je, ce gobbledygook linguistique dégénéré?

    Eh, les Français ! Que vous a-t-elle fait, votre langue, pourqu’ainsi vous la martyrisiez ? J’ai dû le vérifier, ce subjonctif .

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