7 000 % : c’est la première mesure chiffrée de l’audience pharmaceutique du Pr Didier Raoult

Bonjour

04/05/2020. Depuis Marseille il parle haut et fort, séduit, mais est-il écouté ? Le groupement d’intérêt scientifique (GIS) EPI-PHARE vient de mesurer son audience nationale. Cette structure est constitué par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et par la CNAM. Elle vient de publier les premiers résultats après 5 semaines de confinement ; une étude de pharmaco-épidémiologie portant sur la dispensation de médicaments remboursés sur ordonnance en pharmacie d’officine depuis le début de l’épidémie en France.

Réalisée à partir des données nationales de remboursement de l’Assurance Maladie, cette étude a pour objectif de caractériser les comportements de consommation des Français vis-à-vis des médicaments prescrits, qu’ils soient en lien ou non avec le Covid-19, dans le contexte particulier du Covid-19 et du confinement. Elle compare, pour 58 classes thérapeutiques, le nombre de personnes ayant eu une délivrance remboursée en pharmacie chaque semaine depuis mars 2020 au nombre “attendu” estimé sur la base de la même période en 2018 et 2019. Extraits :

« Pour le traitement du Covid-19, les achats sur prescription médicale de chloroquine et hydroxychloroquine ont été limités dans le temps en lien avec la médiatisation de ce traitement potentiel (pics respectivement le 27 février et le 8 mars) ; l’association hydroxychloroquine et azithromycine, qui n’était qu’exceptionnellement utilisée avant l’épidémie de Covid-19, a bondi de 7 000 % en semaine 13 pour atteindre environ 10 000 patients. »

Communication officielle et médiatisation parallèle

Avec quels prescripteurs ? Via quels pharmaciens ? Pour quels résultats ? On ne le sait pas. On apprend aussi que la dispensation d’ibuprofène a été quasiment arrêtée à la suite des messages des autorités sanitaires, tandis la délivrance sur ordonnance de paracétamol a atteint jusqu’à 1 million de patients par jour (pic le 16 mars). Les résultats montrent aussi « la très forte diminution de la délivrance de produits qui nécessitent une administration par un professionnel de santé ». A commencer par les vaccins (entre ‑35 et ‑71% semaine 16 ; entre -15 et -78% sur les semaines 12 à 16) – entraînant possiblement une prise de retard dans le calendrier vaccinal – mais aussi les produits destinés aux actes diagnostiques médicaux tels que coloscopies (-82% semaine S16), scanners (-66 % semaine S16)  et IRM (-67 % semaine S16).

« Les examens non pratiqués, indispensables pour diagnostiquer certains cancers ou maladies graves, pourraient entrainer des retards de prise en charge » souligne l’ANSM. D’autre part une moindre prise en charge pour la contraception d’urgence et la procréation médicalement assistée perdure depuis le début de l’épidémie de Covid-19. »

Elle constate également une forte baisse de consommation, durant le confinement, pour d’autres traitements médicamenteux : la corticothérapie orale (jusqu’à -70%) et les anti-inflammatoires non stéroïdiens ou AINS (jusqu’à ‑75%) – « diminution probablement en lien avec la mise en garde concernant l’utilisation des anti-inflammatoires émise précocement par les autorités sanitaires françaises pour un risque potentiel d’aggravation du Covid-19 ».

Où l’on voit que les effets de la communication pharmaceutique officielle peuvent coexister avec ceux induits par une médiatisation parallèle.

A demain @jynau

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