Anne Hidalgo, Olivier Véran et le gouvernement : à qui le bras de fer «parcs et espaces verts» ?

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13/05/2020. Que restera-t-il, après demain de cet étrange épisode médiatisé qui voit la maire de Paris en guerre ouverte contre le gouvernement – et ce au nom de la santé publique. Nous avons déjà fait état de l’étrange colère qui, sur ce thème, anime Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé. Objet de la confrontation : la fermeture, imposée par le gouvernement, des 490 parcs et jardins de la capitale – Buttes-Chaumont et jardin du Luxembourg inclus. Et ce au nom de la récente règle gouvernementale, non écrite, qui veut que ces espaces sont interdits au public dans les départements classés « rouges ».

Anne Hidalgo ne comprend pas. « Compte tenu des besoins des Parisiens, car Paris est une ville très dense, je renouvelle ma demande d’ouvrir à la promenade les parcs et jardins avec port du masque obligatoire », a-t-elle tweeté, mardi 12 mai. Depuis plusieurs jours, la maire socialiste de Paris avance notamment l’argument, pour les Parisiens, d’une meilleure « distanciation sociale » – formule dénoncée par l’Académie française. Elle propose aussi que le port du masque soit obligatoire dans ces espaces verts. Elle annonce des « propositions très concrètes » et la transmission, au Premier ministre d’un « protocole qui permette de rassurer le gouvernement sur les conditions d’ouverture de ces parcs et jardins ».

A commencer par des dispositifs pour qu’il n’y ait pas de pique-niques et d’attroupements plus ou moins alcoolisés sur les pelouses. « Nous sommes en mesure de le faire respecter avec les agents du service municipal », ajoute Anne Hidalgo, appelant le gouvernement à faire vite. « Le beau temps arrive, on ne pourra pas contenir les Parisiens sur les trottoirs à proximité des jardins et des parcs qui seraient fermés » insistait-elle jusqu’à hier. Elle a récidivé ce 13 mai, sur RMC-BFMTV qui se régale de ce bras de fer : « Je pense que c’est une question de santé publique» a-t-elle déclaré, s’étonnant que l’on puisse «prendre le métro mais pas marcher dans un parc».

«Ça suffit, le bashing des Parisiens !»

Il ne s’agit pas d’autoriser le n’importe quoi, d’ouvrir les «aires de jeu», explique l’élue. Seulement de permettre aux habitants de «faire du sport», «marcher» et «respirer» – avec limitation du nombre de promeneurs et port du masque obligatoire. Et d’éviter ainsi les attroupements. «Paris est une ville très dense», «il nous faut vraiment gagner de l’espace», avance celle dont les listes sont arrivées en tête du premier tour des élections municipales le 15 mars dernier. Et d’en appeler à «faire confiance» aux habitants, qu’elle refuse de voir dépeints comme irrespectueux des règles sanitaires. «Ça suffit, le bashing des Parisiens», s’agace-t-elle, arguant que les 2,2 millions d’habitants de la capitale «ont été très raisonnables» pendant le confinement.

Face à elle, étrangement arc-bouté, Olivier Véran : « On peut comprendre le réflexe, mais attention, ça peut être dangereux. Non, nous n’ouvrirons pas les parcs et jardins à Paris et en Ile-de-France ainsi que dans les autres régions qui sont classées rouges. Non pas qu’on n’a pas envie que les gens puissent sortir prendre l’air, mais c’est peut-être extrêmement tentant de se regrouper. » Et le ministre d’imaginer le pire :  « que les gens s’amassent, ne respectent pas les groupes de dix, et ne puissent pas respecter les conditions des gestes barrières ».

Et désormais, au secours d’Olivier Véran, l’ensemble du gouvernement. Ce 13 mai, au sortir du conseil des ministres, Sibeth Ndiaye, porte-parole, a répété la position de l’exécutif : lors de précédentes communications du gouvernement, «nous avons considéré que l’ouverture des parcs et jardins était inopportune compte tenu de la vivacité de la circulation du virus à Paris et en région Île-de-France, et nous ne sommes pas revenus sur cette décision».

Certes. Mais comment comprendre, alors, que les bois de Vincennes et de Boulogne, le Champ-de-Mars et l’esplanade des Invalides ont, eux, bel et bien été déconfinés ? Le virus y est-il moins vivace qu’ailleurs, sur les pentes des Buttes-Chaumont ou dans les douceurs du Luxembourg ?

A demain @jynau

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