Zizanies à venir, grâce au gouvernement, sur la « prime Covid » octroyée aux soignants

Bonjour

20/05/2020. La promesse présidentielle sera donc à moitié tenue. Le Figaro : « Un quota envisagé pour la prime de 1500 euros dans certains hôpitaux. Versés sans distinction dans 40 départements, les 1500 euros de la ‘’prime Covid’’ maximale pourraient n’être attribués qu’à 40% des effectifs dans 79 autres hôpitaux.

C’était il y a deux mois. Relisons un instant les mots flamboyants d’Emmanuel Macron :

 «Durant plusieurs semaines, nous avons préparé, agi. Les personnels des hôpitaux, médecins, infirmiers, ambulanciers, les agents des Samu et de nos hôpitaux, les médecins de ville, l’ensemble des personnels du service public de la santé en France sont engagés avec dévouement et efficacité. Si nous avons pu retarder la propagation du virus et limiter les cas sévères, c’est grâce à eux parce que tous ont répondu présents.

« Tous ont accepté de prendre du temps sur leur vie personnelle, familiale, pour notre santé. C’est pourquoi, en votre nom, je tiens avant toute chose à exprimer ce soir la reconnaissance de la Nation à ces héros en blouse blanche, ces milliers de femmes et d’hommes admirables qui n’ont d’autre boussole que le soin, d’autre préoccupation que l’humain, notre bien-être, notre vie, tout simplement. »

Un mois plus tard les héros en blouses blanches apprenaient de la bouche du Premier ministre que le gouvernement allait octroyer une « prime » aux soignants qui étaient «en première ligne jour et nuit». Une prime qui serait versée en mai. Nous approchons de juin et rien n’est encore versé. Mais tout, depuis peu est couché sur papier à en-tête de la République française 19 mai : « Une prime exceptionnelle pour les soignants pendant l’épidémie du Covid-19 » :

« Par reconnaissance pour l’effort des personnels soignants mobilisés depuis le début de l’épidémie du coronavirus, une prime exceptionnelle leur sera versée en mai ou en juin. Le montant de cette prime pourra atteindre 1 500 euros nets pour les soignants travaillant dans les départements les plus touchés par le Covid-19 par exemple.

Le versement d’une prime exceptionnelle en faveur des professionnels de la santé mobilisés pour faire face à l’épidémie de covid-19 est précisé dans un décret publié au Journal Officiel le 15 mai 2020. Professionnels concernés, montant, liste des départements y sont définis. »

Restait à faire la part entre les héros immaculés et ceux qui l’étaient moins. Faire le décompte, en somme, parmi « les agents des établissements publics de santé et à certains agents civils et militaires du ministère des armées et de l’Institution nationale des invalides ».

Le directeur pourra relever  cette prime de 500 à 1500 euros …

Pour les 1500 euros, a priori tout est acquis : les départements concernés par la prime de 1 500 € sont essentiellement les département situés dans le nord et l’est du pays. Tous les départements d’Ile-de-France (8 départements), du Grand Est (10), de Bourgogne-Franche-Comté (8) et des Hauts de France (5). Quatre départements d’Auvergne-Rhône-Alpes (Drôme, Loire, Rhône, Haute-Savoie) ainsi que l’Eure-et-Loir, les Bouches-du-Rhône, les deux départements de Corse et Mayotte figurent dans la liste.

Tout se complique pour la petite prime de 500 euros « versée aux professionnels des établissements publics de santé situés dans les autres départements ou ne faisant pas partie de la liste des établissements Covid+. » Et c’est là que tout, brutalement, se complique :

« Le responsable d’un établissement pourra toutefois décider de porter le montant de la prime à 1 500 €« ‘’pour les services ou agents impliqués dans la prise en charge de patients contaminés par le virus Covid-19 ou mobilisés par les circonstances exceptionnelles d’exercice’’ ».

On imagine sans difficulté l’atmosphère créée par cette possibilité offerte au «directeur » de « pouvoir relever » cette prime de 500 à 1500 euros sur de tels critères….1  Et ce d’autant que tout est déjà plafonné : «Ce dispositif dérogatoire est mis en œuvre dans la limite de 40% des effectifs physiques», précise l’instruction rédigée par la Direction générale de l’offre de soins (DGOS).

Pour pimenter le tout le quota est assorti d’une recommandation aux directeurs d’hôpitaux, invités à présenter aux instances représentatives du personnel (comité technique, commission médicale) «les critères envisagés (…) notamment pour la liste des services éligibles» – document qui (pour simplifier) devra être transmise à l’Agence régionale de santé. Trois organisations syndicales ont déjà confirmé à l’AFP avoir eu connaissance de ce document ou de son contenu. Contactée dès lundi, la DGOS n’avait pas encore répondu le 19 mai….

Le « Ségur de la Santé » grand œuvre annoncé d’Olivier Véran, ne pouvait pas mieux commencer.

A demain @jynau

NB A écouter, sur France Inter, : « A l’hôpital, le monde d’avant est déjà de retour ? » avec le Dr François Salachas  neurologue et membre du collectif inter-hôpitaux (à l’origine d’une vidéo virale où il interpelle le président de la République, alors en visite à la Pitié-Salpêtrière) et Anne Thiollier, est infirmière à l’hôpital Robert-Debré de Paris.

Les passages concernant les relations entre soignants et administration hospitalières sont tout particulièrement éclairants quant à la crise majeure de l’hôpital public. Ils entre en pleine résonance avec l’opuscule essentiel  de Stéphane Velut : « L’Hôpital est une industrie » (Gallimard, Collection Tracts)  

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