Hydroxychloroquine: après la publication du Lancet, Olivier Véran déclare la guerre

Bonjour

23/05/2020. Pourquoi une telle célérité ? C’est un simple tweet d’Olivier Véran Un tweet ministériel qui ne manquera pas de relancer une polémique qui n’a jamais cessé et qui ne cesse d’enfler :

« Suite à la publication dans @TheLancet d’une étude alertant sur l’inefficacité et les risques de certains traitements du #COVIDー19 dont l’hydroxychloroquine, j’ai saisi le @HCSP_fr pour qu’il l’analyse et me propose sous 48h une révision des règles dérogatoires de prescription. »

En d’autres termes le ministre des Solidarités et de la Santé demande en urgence, au lendemain de la publication déflagratoire du Lancet, que le Haut conseil de la santé publique (HCSP) de proposer «sous 48 heures une révision des règles dérogatoires de prescription» de divers traitements comme l’hydroxychloroquine.

C’est là une initiative sans précédent qui, dans le contexte actuel, soulèvera d’innombrables commentaires et dont il est encore difficile, à ce stade, de mesurer la somme des conséquences, médicales et politiques.

A demain @jynau

6 réflexions sur “Hydroxychloroquine: après la publication du Lancet, Olivier Véran déclare la guerre

  1. Où est la contradiction ? Il n’a jamais été dit que le traitement était efficace sur des patients hospitalisés ?

    • Etude du 3 avril 2020: une cohorte de »80 relatively mildly infected IN-patients »
      Moi je traduis « patients hospitalisés »

  2. Ben à partir du moment où une publication crédible selon les critères en vigueur dans notre médecine moderne indique une très vraisemblable inefficacité assortie d’un très possible risque de surmortalité importante lié à l’utilisation des deux antipaludéens, le ministre n’a pas le choix. Il ne peut qu’indiquer immédiatement qu’il ne cautionne en rien ces traitements, sinon il se verra accuser d’avoir peut-être causé la mort de tout patient décédé de CoviD-19 sous chloroquine ou hydroxychloroquine. Ce ne serait pas le cas si l’étude avait rendu un verdict neutre, pas vu d’effet du tout, mais là… Grosse perte de chance, même « à confirmer », c’est une autoroute vers le pénal. D’où l’importance de sérieusement botter en touche, comme dirait (peut-être) Oscar Wilde.

  3. Pour une fois je suis d’accord avec l’attitude d’Olivier Véran . En outre en ce qui concerne les effets indésirables de ces produits dont on sait qu’ils sont comme pour tous les médicaments, largement sous-estimés , surtout dans les ECR, ce sont les études dans la vraie vie, et particulièrement les études cas-témoins qui permettent de mieux les identifier . Ici ce sont les troubles du rythme ventriculaire ; La pharmacovigilance espagnole fait remonter des troubles psychotiques et des tentatives de suicide qu’il faudra vérifier . Ce que beaucoup de critiques ne veulent pas admettre, c’est que prescrire un traitement de ce type à des personnes dont la forme modérée ne nécessite pas d’hospitalisation, compte tenu de l’évolution bénigne dans l’écrasante majorité de ces situations , cette prescription risque d’avoir des effets indésirables pour un bénéfice quasi nul , et qu’il n’est pas éthique de le prescrire dans ces conditions . L’HCQ ne sera pas le Tamiflu du Covid 19 qui n’a jamais démontré la moindre efficacité clinique dans la grippe .
    Donc le reproche qui est fait aux auteurs du Lancet d’avoir choisi des patients hospitalisé depuis moins de 48 heures relève de la mauvaise foi . Quant à la surmortalité et à la plus grande fréquence des passages en réanimation des groupes traités, les auteurs prennent la précaution de ne pas conclure à un rapport de cause à effet; mais ils soulignent que les comorbidités et les facteurs de risques sont homogènes dans les 4 groupes traités et dans le groupe témoins; leur tableau est à ce sujet clair .

    • L’étude Lancet est une étude d’observation et non une étude clinique qui n’obéit pas à la fameuse méthodologie qui a été claironnée maintes fois pourtant . Elle précise également comme il vient d’ ‘être dit qu’il ne faut pas voir de cause à effet entre la prise de ces traitements et la survie mais précise également que les comorbidités cardiovasculaires pourraient expliquer en partie la toxicité de cette molécule. Donc pas nécessaire de se servir de cette seule étude pour décrier l’utilisation de ces traitements pour le moment.
      Le ministre Véran a vu là un prétexte politique pour faire actualiser les prescriptions de ce médicament . Il a confondu vitesse et précipitation! mais la cause est cousue de gros fils blancs

      • L’étude du Lancet vient après celles du JAMA ou NEJM ou BMJ …, sur des populations française ou américaine ou brésilienne ou chinoise ou multi-nationale …, qui sont des registres simples ou avec score de propension ou des études de doses ou des études randomisées contre placebo …, en curatif ou en préventif, et globalement toutes vont dans le même sens et résumé par le collège des médecins américains le 13 mai 2020 : pas HCQ (avec ou sans AZM) en prophylaxie ou curatif hors essai clinique ( https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M20-1998 )

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