Face aux nouveaux journalistes d’investigation, deux anciens directeurs généraux de la santé

Bonjour

28/05/2020. C’est une tribune originale, dérangeante, provocatrice. Un texte qui alimentera diverses polémiques dans les champs politique, judiciaire et journalistique. Il est publié dans Le Monde et signé de deux anciens directeurs généraux de la santé : Jean-François Girard (1986-1997) et Joël Ménard (1997-1999) ; deux fortes personnalités médicales.

Un texte que Le Monde présente et résume ainsi : « Pour les anciens directeurs généraux de la santé Jean-François Girard et Joël Ménard, les leçons à tirer de la crise sanitaire liée au Covid-19 ne le seront ni par le journalisme d’investigation ni par les commissions d’enquête ou des actions judiciaires collectives ». Incitons, ici, à sa lecture (et au débat ouvert par Le Monde) à partir de ces quelques extraits :

« La loupe médiatique a jeté son dévolu sur le champ de la santé. Le temps du « Monde de la médecine », sous l’autorité de Mme la docteure Claudine Escoffier-Lambiotte [1923-1996, responsable de la rubrique médicale du Monde de 1956 à 1988], est révolu. La génération de journalistes médicaux qu’elle a contribué à former a presque disparu.

« Des journalistes reconnus pour leurs investigations du monde politique enquêtent aujourd’hui sur l’étrange mélange de la médecine et de la politique, de la santé publique et de l’économie, qui s’est installé depuis février. De nos jours, la pression exercée au travers de la course aux nouvelles des multiples chaînes d’information continue est démultipliée par les interprétations que chacun propose ou invente sur les réseaux sociaux. Le démenti d’une fausse nouvelle est en soi une nouvelle de plus.

La défausse, la rancœur, la vengeance, la possibilité de faire parler de soi

« Il est donc normal pour deux anciens directeurs généraux de la santé (DGS) de suivre avec empathie la situation de leurs successeurs quand on les voit affronter une situation difficile (…)  Les personnalités prises dans les filets du journalisme d’investigation ont des doutes sur elles-mêmes. A aucun prix elles ne peuvent craquer sur leurs faiblesses.

« Volontairement ou non s’infiltrent dans la confrontation aux médias des biais comme la peur, la défausse, la rancœur, voire la vengeance ou la possibilité de faire parler de soi. Savoir que l’on est interrogé par des journalistes oriente les réponses, consciemment ou inconsciemment. La recherche de faits ne devrait pas dépendre de manière disproportionnée des aléas de formulation d’une question ou d’une réponse, ni d’un choix arbitraire des interlocuteurs. Il en sera de même pour les commissions dites « d’enquête » (…)

« Les narrations du journalisme d’investigation accompagnent l’actualité, ont un style particulier d’accroche, en particulier dans les titres, mais leur démarche narrative n’est pas l’histoire. Lire ces narrations est intéressant, creuser l’histoire est une tâche différente et plus difficile, où il faudra échapper aux risques de facilité induits par l’accès à un récit anecdotique antérieur bien écrit, qui influence les mémoires et les analyses critiques ultérieures (…)

« Le point majeur, selon nous, est que les leçons à tirer de la pandémie ne le seront pas par le journalisme d’investigation, ni par les commissions d’enquête, les actions judiciaires collectives ou les débats télévisés. La seule urgence est l’avenir du fonctionnement global de la France et de l’Europe, dans leur composante santé. »

A demain @jynau

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