Interdire la pratique «de l’étranglement» : pourquoi avoir attendu si longtemps ?

Bonjour

08/06/2020. Pourquoi aura-t-il fallu attendre si longtemps ? «Je veux une tolérance zéro contre le racisme dans les forces de l’ordre», vient de déclarer Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur. Il souhaite notamment que «chaque soupçon avéré de racisme» dans les forces de l’ordre entraîne une suspension.

«Aucun raciste ne peut porter dignement l’uniforme de policier ou de gendarme (…) Aussi, j’ai demandé à ce qu’une suspension soit systématiquement envisagée pour chaque soupçon avéré d’actes ou de propos racistes».

Dns le même temps le ministre a annoncé que la méthode d’interpellation policière controversée de la «prise par le cou, dite de l’étranglement sera abandonnée. » 1

« Elle ne sera plus enseignée dans les écoles de police et de gendarmerie. C’est une méthode qui comportait des dangers. Si un policier ou un gendarme doit maintenir quelqu’un au sol lors de son interpellation, il sera désormais interdit de s’appuyer sur sa nuque ou son cou. Le principe que lorsque vous interpellez une personne au sol elle doit le rester le moins longtemps, reste en vigueur».

« La France, ce n’est pas les Etats-Unis »

Ces annonces font suite à la demande d’Emmanuel Macron à son gouvernement: se saisir (enfin) du dossier des « violences dans la police » – alors que plusieurs manifestations sont actuellement organisées en France dans le sillage des mobilisations aux États-Unis et dans de nombreux pays après la mort de George Floyd.

Christophe Castaner a toutefois nié toute similitude entre les situations américaine et française : 

« La France, ce n’est pas les Etats-Unis. (…) Face aux amalgames et aux slogans orduriers, je n’accepterai jamais les accusations permanentes d’une partie bien minoritaire, mais hurlante de la population. Il n’y a pas d’institution raciste ou de violence ciblée. J’ai pour nos forces de l’ordre une exigence particulière (…). Je le dis avec fermeté : le racisme n’a pas sa place dans notre société et encore moins dans notre police républicaine ».

« Je ne laisserai pas les agissements odieux de certains jeter l’opprobre sur toute une institution. Ces dernières semaines, trop ont failli dans leur devoir républicainDes propos racistes ont été proférés, des discriminations révélées. C’est inacceptable. Je veux une tolérance zéro contre le racisme dans notre République. »

« Je ne serai satisfait que lorsque nous pourrons cesser de nous demander comment nous sommes passés des “Vive la police !” scandés lors des manifestations suivant les attentats contre Charlie aux slogans et horreur de ces derniers jours », a encore dit le ministre.

Combien de temps faudra-t-il pour que nous cessions de nous poser la question ?

A demain @jynau

1 «On est dubitatifs sur l’ensemble des déclarations du ministre et notamment sur la suppression de la technique d’étranglement», a déclaré à l’AFP le délégué national du syndicat des gardiens de la paix, Alliance, Frédéric Lagache. «Dès lors qu’elle est faite dans un court instant, c’est la seule technique qui permette aux agents de maîtriser un individu dont le poids est supérieur, observe M. Lagache. Sinon, on en sera réduit au combat de rue ou à l’utilisation du taser.».

3 réflexions sur “Interdire la pratique «de l’étranglement» : pourquoi avoir attendu si longtemps ?

  1. Dommage de ne pas voir de quoi il s’agit, de quel étranglement il s’agit.
    De quel étranglement s’agit-il ?

    Les pratiquants du judo ou autres sports ou techniques de combat ont plusieurs techniques à disposition et je me souviens que les professeurs faisaient des démonstrations notamment d’un étranglement que l’on appelle vasculaire, avec un nom japonais bien sûr, une qui ne touche pas au larynx ni à la trachée et ne laisse pas de séquelle si il est bien fait (aië aië aië !) : en principe il devrait s’agir de ça:
    – Grosso modo c’est le même effet, plus bref, même, qu’une syncope par malasie vagal.
    En principe . Voir plus bas.
    – on arrête ou ralentit le flux sanguin par les artères carotides (théorie classique)
    – et l »étranglé » perd connaissance (il devient tout mou)
    – et alors insistaient les professeurs: il faut tout de suite relacher l’étranglement ! Ils inssitaient bien là dessus mais dans mon souvenir seul le professeur le faisait, pas les élèves entre eux. Les élèves entre eux faisaient semblant (pas de pression).
    « Et surtout ne faites ça à personne qu’en cas de danger absolu » disaient-ils et « ne jouez pas à faire ça à l’école ou à la maison.Ca peut être mortel ». De fait.
    Peut-être que dans certaines autres disciplines on est moins prudent.

    On peut comprendre qu’une technique comme celle là est inoffensive si on la pratique dans le calme sans adrénaline , peur ou coups qui pleuvent.
    Dans le chaud de l’action c’est j’imagine bien plus délicat de doser la durée de l’étranglement et d’appliquer la pression sur les carotides et pas sur le larynx, avec un interpellé qui se débattrait.
    CEla nécessite sûrement un entraînement très réaliste et très régulier avec un entraîneur qui surveille; dans les compétitions de judo les étrangmements sont peu pratiqués, les combattants sont de force et poids à peu près égaux, en général le combattant étranglé sait vite qu’il est cuit et « tape » (3 tapes sur le sol ou le corps de l’autre, l’étrangleur lâche. Si il ne « tape pas » c’est l’arbitre qui voit la syncope et fait lâcher.

    Dans l’exercice légitime de la force c’est sûrement beaucoup plus délicat.

    Donc il parait évident qu’il faut interdire cette méthode.

    Oui mais alors quoi ?

    Ici intervient la « Law of Unintended Consequences » ou Loi des Effets Pervers.

    Que va -t-il se passer lors d’une interpellation ou la personne justement arrêtée (supposons le, ce n’est pas péché) ne se laisse pas faire ?

    Recours au taser ? c’est dangereux aussi, il faut qu’il y ait menace contre me policier ou d’autres personnes
    L’arme à feu ? Idem en pire.

    Bon il faut laisser courir l »ex-interpellé.

    QUelles sont les conséquences de laisser un suspect s’enfuir ?

    Les suspects objets d’interpellations peuvent certes être des innocents qui résistent mais parfois il doit bien s’agir de délinquantgs voire de crilinels , ne croyez-vous pas ? Certes ils ne relèvent pas de la peine de mort.

    Est-ce sans danger pour autrui / la société de laisser s’enfuir un voleur, un voleur avec violences, un agresseur ? Un violeur ?

    Laissons le courir mais si on le recherche ensuite commen l’érrêyter s’il n’est pas d’accord ?

    Même le filet du rètre est sûurment dangereux comme il l’est pour les dauphins .

    Tout ça pour dire qu’il faut bien réfléchir
    – à tous les aspects , aux conséquences violentes possibles d’une non arrestation,
    – aux conséquences de l’interdiction d’une technique qui bien faite est inoffensive,
    – à savoir si il est facile de pratiquer cette technique de façon inoffensive, ou pas,
    – sur la solution que serait un meilleur entraînement à cette technique potentiellement létale,
    – à savoir s’i le risque de l’escalade vers des techniques pluus radicale n’est pas réel

    Et que enfin il faudrait savoir de quelle technique on parle , peut-être n’est-ce pas la technique dont je viens de parler peut-être inutilement

    En fait la technique de l’étranglement vasculaire n’est pas si simple.

    Apparemment elle doit sa popularité à sa réversibilité à l’absence de dommage.
    L’étranglement « repsiratoire » ou la pression est appliquée avec une pertie dure : os radius ou cubitus, sur le larynx ou la tréchée, est très douloureuse, étouffe, et peut fracturer les voies respiratoire.

    Problème: les carotides et le larynx se trouvent dans un mouchoir de poche et quand on appuie sur les unes on appuie sur l’autre. Surtout dans le feu de l’action où on appuie surtout ouù on peut selon ses propres qualités techniques , la résistance du méchant, par exemple.

    Des médecins se sont penchés sur l’étranglement certaiuns avec un peu d’humour et d’expériementation sauvage d’autre par létude de la « littérature  » médicale.

    Pas de la grande science mais ça donne des idées :

    https://www.athletesonthemat.com/etranglement-sanguin/
    Amusant il s’agit de la même techique que au judo, dans un sport dérivé. Mais ils résument pas mal les choses plausibles; accès libre, regardez les images)

    There Is More to the Mechanism of Unconsciousness From Vascular Neck Restraint Than Simply Carotid Compression
    DOI: 10.1080/00207454.2019.1664520
    https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31487214/?from_term=judo+choke%C2%A3&from_sort=date&from_size=200&from_pos=1
    (accès restreint)

    En fait les 2 références rappellent :
    – la région attaquée est petite (sauf chez le grizzli) et comporte notamment plein de choses sensibles :
    * artères carotides qui conduisent le sang oxygéné au cerveau
    * veines jugulaires qui évacuent le sang désoxygéné du cerveau
    * larynx qui permet de parler , et respirer
    * récepteurs divers sur les carotides dont des « senseurs » de pression. Appuyez et c’est la réaction vagale : coeur ralenti, pession artérielle qui baisse, syncope (en fait on est en syncope sans doute avant par l’effet dur les jugulaires)

    – l’étranglement « sanguin » ou « vasculaire » en fait ne fait pas que diminuer le flux dans les carotides:
    * il obture d’abord et facilement les veines jugulaires (le sang qui revient du cerveau) : accumulation de sang dans le cerveau => augmentation de la pression dans le cerveau => diminution de l’arrivée du sang dans le cerveau
    * comme les artères carotides sont plus resistantes, elles ne sont pas nécessairement bouchées mais un peu aplaties => moins de sang vers le cerveau où du fait du phénomène précédent, il a du mal à rentrer
    * comme on appuie sur les recepteurs à pla pression des carotides : éventuellement, baisse de pression artérielle et ralentissement du coeur: moins de sang arrive aux carotides, majoration de l’hypoxie cérébrale.

    Donc c’est pas si simple, ce n’est pas forcément bon.

    Sans oublier que en premier et en principe on ne doit pas résister à la police (au contraire de l’adversaire au judo )

  2. Le problème n’est pas l’étranglement en soi, mais son utilisation outrancière. Mais il est plus facile d’interdira que de former réellement je suppose ?
    Quant aux interpellés ? Bah, la police leur demandera gentiment de se laisser arrêter, voilà tout. Auront-ils le choix de procéder autrement ? Et dans quelques temps il y aura un nouveau scandale au sujet d’une police peu efficace. Qu’est ce qu’on interdira alors pour résoudre ce problème…?

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