Covid et chloroquine: un spécialiste dénonce «l’union de l’incompétence et de l’arrogance»

Bonjour

14/06/2020. On ne l’avait pas vu sur les plateaux médiatiques ; il s’exprime aujourd’hui haut et fort dans un ouvrage qui se veut « choc » et dont il donne la substance dans un entretien accordé au Figaro Magazine (Charles Jaigu). L’ouvrage :  « Y a-t-il une erreur qu’ILS n’ont pas commise ? : Covid-19, l’union sacrée de l’incompétence et de l’arrogance » (Albin Michel).  Quatrième de couverture :

« Vous croyez savoir ce qui s’est passé ? Un médecin réputé raconte à quel point la crise du Covid-19 a été un désastre sanitaire. Le président ? Le premier ministre ? Les ministres de la santé ? Les experts ? Ils n’ont rien vu venir. Plus grave : certains savaient. Un témoignage féroce, incontestable, inquiétant. Un livre nécessaire sur tout ce qui n’a pas été dit. »

On pourrait tourner la page. Mais le Pr Christian Perronne, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital de Garches, a été président de la Commission spécialisée Maladies Transmissibles du Haut Conseil de santé publique. Et celui qui « ne retient pas ses coups dans le livre qu’il publie » est aussi une personnalité controversée dans son cercle professionnel – au vu notamment des positions qu’il défend dans le champ de la maladie de Lyme. Il se dévoile un peu plus dans l’entretien accordé au Figaro.

Aucun mea culpa : « Tous les médecins spécialistes des maladies infectieuses savent que l’on est toujours surpris. Cela a été beaucoup dit, et à juste titre. J’ai dit, dès le mois de février, que cette épidémie ne serait pas une grande tueuse, mais qu’il y aurait beaucoup de victimes parmi les personnes à risque. Finalement, c’était à peu près ça. Il suffisait de regarder ce qu’il se passait en Chine! »

Attaque frontale du Pr Jérôme Salomon, Directeur général de la santé . «  Il a été médecin dans mon service et j’ai poussé sa nomination comme professeur. Je le connais bien: il est carré, méticuleux, il aime les procédures solides. Je lui faisais confiance. (…)  J’ai été troublé, puis consterné par ses choix opérationnels. Après l’interview d’Agnès Buzyn accordée au Monde, nous avons appris qu’elle aurait alerté le directeur général de la santé dès le 20 décembre d’un risque de pandémie potentiellement sérieuse. Pendant tout le mois de janvier, la pression est montée. Et il n’a pas bougé. Il a laissé venir. Et c’est seulement le 30 qu’il se réveille, pour ne commander que 1,1 million de masques, à savoir une quantité dérisoire. (…)

« S’il avait pris conscience de l’erreur commise pendant le quinquennat Hollande, pourquoi ne l’a-t-il pas aussitôt corrigée une fois aux responsabilités avec Emmanuel Macron? Bien au contraire, il laisse les stocks en l’état. Puis il est alerté dès le 20 décembre, comme l’affirme Agnès Buzyn. Et il attend quarante jours avant de passer une commande très insuffisante. Il n’a pas pris les précautions auxquelles on aurait pu s’attendre. »

Où l’on en vient à sa colère quant au dossier «chloroquine» et à sa conviction : l’administrer sous une forme préventive aux patients fragiles aurait permis de réduire le nombre de morts.

« J’en suis convaincu. Il était criminel de ne pas la prendre au sérieux, alors qu’on savait par la Chine et par les résultats, certes insuffisants au début, de Raoult, qu’elle était efficace. Encore fallait-il l’administrer de la bonne manière. J’ai été sidéré par le nombre d’études bidon qui étudiaient ses effets dans des conditions défiant tout bon sens. »

Le Pr Perronne accuse d’autre part des membres du Conseil scientifique ou du Haut Conseil de la santé publique d’avoir écarté la chloroquine à cause de liens d’argent avec des laboratoires concurrents.

« Je connais le règlement intérieur du Haut Conseil. Plusieurs médecins n’auraient pas dû participer à la délibération sur la chloroquine. Rien n’a été fait dans les règles. Les procédures accélérées existent, mais elles sont sous contrôle. Le Pr Franck Chauvin a rendu deux avis bâclés. Pas de vote, pas de déclaration d’intérêt: ce n’est plus le Haut Conseil que j’ai connu.

Et pour finir attaque du Conseil scientifique du gouvernement (et de son président) dont il moque les « avis contradictoires » et les « commentaires évasifs »

« Ce n’est pas parce qu’ils n’avaient pas de certitudes qu’ils ne pouvaient pas prendre certaines mesures énergiques. Ils ont immobilisé toute la France et gravement mis en péril l’économie. J’étais hostile au confinement total, jusqu’au moment où il n’a pas été possible de faire autrement. Mais, justement, on aurait pu éviter cela. Cette pandémie ne touchait pas la population active ou les jeunes – contrairement à H1N1, en 2009 -, mais les populations âgées ou fragiles. S’ils avaient fait des tests au lieu d’attendre. S’ils avaient eu les masques, ils auraient isolé les Ehpad, les patients fragiles et les malades infectés. C’était possible et ils ne l’ont pas fait. Pourtant, à les entendre, ils sont très contents d’eux. C’est aussi cela que je dénonce, leur autosatisfaction ! »

Quelles suites pourront connaître ces différentes accusations ?

A demain @jynau

7 réflexions sur “Covid et chloroquine: un spécialiste dénonce «l’union de l’incompétence et de l’arrogance»

  1. < Plus grave : certains savaient. Un témoignage féroce, incontestable, inquiétant. Un livre nécessaire sur tout ce qui n’a pas été dit.

    Alors … comme ça … ils savaient , pour certains … depuis décembre 2019 …

    Mmh … et pour les soignants, RIEN ….pas de masques, pas de protections … l’héroïsme des charges légères ??? C’était ça ??? … Donc pas la guerre, mais une dite folie ???

    Souvenirs * …

    « Il n'y a pas à discuter / Il n'y a pas à s'interroger / Il n'y a qu'à agir et mourir » ¡!

    « Fonçant tout droit
    sur une demi-lieue
    les six cents ont chevauché
    dans la vallée de la mort.
    « En avant la brigade !
    Chargez les canons ! »
    Les six cents s'élancèrent
    dans la vallée de la mort. (…) Alfred Tennyson (1809-1892)

    Ah …
    Note * : https://fr.wikipedia.org/wiki/Charge_de_la_brigade_l%C3%A9g%C3%A8re

  2. Je ne suis pas un spécialiste en quoi que ce soit, et certainement pas en maladie infectieuse, ni en politique. Mais j’ai un cerveau, et j’ai la faiblesse d’essayer de m’en servir à peu près correctement. Comment est-il possible de tirer de telles conclusions alors que l’épidémie est possiblement loin d’être finie, qu’on manque de recul sur ses mécanismes (et que l’écheveaux des faits ayants amenés à telle ou telle décision politique est profondément emmêlé) ? Le temps de la science n’est pas celui de l’impatience, et ça ressemble furieusement à une tentative d’occuper l’espace médiatique plutôt que de faire avancer la compréhension des éventuelles erreurs et manquements qui ont pu être commis.
    Mais je ne suis pas un spécialiste…, et il me manque beaucoup d’outils pour réellement juger de tout cela. Cependant ma mère avait un diction bien à elle pour ce genre de situation : « Quand ça pu la merde, c’est souvent qu’il y en a pas très loin ».

    • Bonjour,

      < un diction bien à elle … Question d'habitudes ?

      … ou le long feuilleton chloroquiné comme révélateur de manières de penser ???

      Pour ceux qui aiment les sciences et la médecine, Léo COUTELLEC, Maître de conférences en Éthique, Épistémiologie et coordinateur scientifique de « Covid ethics », livre un très long entretien, dans le n°161 de la revue « ÉGORA », du 15 au 21 juin, pages 14 à 16 : (…) Je pense que l’hydroxychloroquine est devenue le symptôme d’une difficulté à accueillir la pluralité à l’intérieur de l’espace scientifique. Elle est devenue le symptôme d’un problème de fond : on pense la science de façon binaire, soit si vous n’avez pas raison vous avez tort, et si vous n’êtes pas pour, vous êtes contre. NON ! On peut être d’accord pour plusieurs raisons, et contre pour des raisons différentes. Il faut travailler sur cette conflictualité dans la science. Et ça, on n’a pas l’habitude ! (…)

      Source: https://www.egora.fr/

      Et une question : comment fait -on en médecines des pensées, pour se familiariser aux conflictualités qui pressentent un gros effort ???

  3. Que ne feraient pas certains pour faire le buzz afin que l’on parle d’eux . Le Pr Perronne est un habitué de ce système déplorable et mortel pour la recherche médicale . Après ses propos percutants et dénués de fondements sur la prévalence de la maladie de Lyme et l’existence d’une forme chronique introuvable , il se lance avec la même fatuité pour affirmer l’efficacité de la Chloroquine pour réduire la mortalité du Covid 19 avec toujours la même vacuité que ses affirmations précédentes et se présente quasiment comme un lanceur d’alerte à propos de cette épidémie . Lamentable!

  4.  » Tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler  » , c’était pas mal observé.
    Combien de fois sept fois faut-il tourner sa plume dans l’encrier pour laisser le réel dire qui il est en vérité ?
    Sinon l’arrogance et l’incompétence se font un plaisir de vous tomber sur la gueule dans l’inépuisable scenario de l’arroseur arrosé.

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