Quelles blouses blanches «héroïques» ne toucheront pas la «prime Covid» de 1500 euros ?

Bonjour

17/06/2020. Nous étions à la mi-avril. En reconnaissance de « l’incroyable dévouement de tout le personnel soignant », Edouard Philippe, Premier ministre annonçait qu’une prime exceptionnelle serait versée aux personnels hospitaliers dès le mois de mai. Le président de la République, Emmanuel Macron, s’y était engagé le 25 mars, depuis l’hôpital militaire de campagne installé à Mulhouse, en annonçant une « prime exceptionnelle pour pouvoir accompagner financièrement cette reconnaissance ». Ce serait une « réponse claire et forte de court terme ». Nous sommes à la mi-juin et rien n’est fait, rien n’est réglé. Un exécutif qui apparaît comme incapable de tenir ses promesses. Désillusion, polémique et discorde chez les premiers concernés.

Le gouvernement avait annoncé deux échelons : une prime de 1 500 euros pour les hospitaliers dans les quarante départements les plus touchés ; trois fois moins dans les autres. Avec toutefois chez ces derniers, une exception  « les agents ayant travaillé dans les services Covid + des 108 hôpitaux de référence percevront également la prime de 1 500 euros ». « Un mois plus tard pourtant, le décret d’application ne contenait plus que 79 établissements. Puis, le 11 juin, une nouvelle liste de 117 établissements est publiée, observe Le Monde (Ulysse Bellier). Entre les deux, 38 hôpitaux de différence et des jeux d’influence politique. Dans la Manche, en Ardèche, en Corrèze, dans l’Orne et ailleurs les élus s’indignent, écrivent au ministre de la Santé. »

Interrogée, la direction générale de l’offre de soin (DGOS), en charge du dossier au ministère de la santé, affirme au Monde que « chacun » des 117 établissements listés « a été identifié en raison, notamment, de l’impact du nombre de patients Covid + pris en charge sur ses capacités d’accueil » – sans plus de précision. Personne n’a connaissance des éléments précis sur lesquels se fonde le ministère.

Etrangement, à Pau, aucune difficulté. « On a rétabli la justice », note François Bayrou, maire de la ville et proche du président de la République. Il se félicite, sans mystère, d’« avoir pu obtenir une décision » en « faisant valoir le grand mérite » des équipes locales auprès du ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran : « Les critères étaient mal réfléchis, et ils ont été modifiés », assure M. Bayrou, président du MoDem, qui reconnaît qu’« avoir une certaine influence, ça aide à se faire entendre ». Comme une méchante fragrance de l’ancien monde.

Le directeur des ressources humaines et son adjointe

Ce n’est pas tout. Les organisations syndicales sont d’autant plus irritées qu’au sein des 117 hôpitaux listés, la hausse de 500 à 1 500 euros de la prime n’est possible que pour 40 % des effectifs au maximum. Qui en profitera ? La liste des bénéficiaires est laissée « à la seule appréciation des chefs d’établissement », précise la DGOS. Ambiance.

« A Montargis, dans le Loiret, la hiérarchie a choisi d’utiliser le maximum de son quota de 40 % : les fonctions supports, comme la logistique, les repas, la lingerie, en profiteront aux côtés des services les plus impliqués, précise Le Monde.  A Toulouse, la CGT du centre hospitalier universitaire (CHU) s’est émue de voir le directeur des ressources humaines et son adjointe toucher les 1 500 euros ‘’alors que certains soignant.e.s ayant pris en charge des patients Covid (…) n’auront que 500 euros.’’ ‘’Choisir ces personnes-là, qui ont de gros salaires et plein d’avantages, par rapport à d’autres, c’est explosif !’’, s’exclame Julien Terrié, secrétaire général local du syndicat. »

Face à lui le directeur général du CHU « assume » « Oui, cinq directeurs adjoints ont la prime [de 1 500 euros], parce qu’ils ont travaillé, se défend Marc Pénaud. Ils répondent aux critères. J’ai trouvé légitime de leur attribuer cette prime. » « C’est le fait du prince !, s’indigne Christophe Prudhomme, le porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France. « Les gens ne réclamaient pas cette prime mais une revalorisation salariale permanente.»

A Montargis et La Réunion, les primes seront versées sur le salaire de la fin juin prévient Le Monde. A Bordeaux, tout le monde aura sa prime de 500 euros à la fin du mois et le complément de 1 000 euros – pour ses bénéficiaires – sera versé en juillet. A Pau, « ce sera sur le salaire de fin juillet, au pire fin août ». Seule garantie, le coût total : 1,3 milliard d’euros. pour une prime de la discorde.

A demain @jynau

2 réflexions sur “Quelles blouses blanches «héroïques» ne toucheront pas la «prime Covid» de 1500 euros ?

  1. C’est une blague de très mauvais goût! Ces décideurs devraient avoir honte de leurs basses décisions! J’en souffre pour nos soignants qui n’ont pas failli à leurs tâches,ce qui n’est pas les cas de nos dirigeants!

  2. Une vraie honte !
    Les équipes COVID ont souvent été des volontaires, avec un engagement notable.
    Ces soignants se sentent trahis lorsqu’on leur annonce qu’ils ne sont pas eligibles à la prime revalorisée, ce qui est la cas dans mon établissement.
    Ils soulignent également que les personnels d’USLD, toujours dans le même CH, auront une prime qui sera elle de 1000 euros.
    Un traitement inégal qui souligne les petites (feuille de) calculs de nos autoritės.

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