Hydroxychloroquine : comme le discret parfum d’un début de commencement de la fin

Bonjour

20/06/2020. Tout se délite, à qui se fier ?  A Marseille Didier Raoult revient sur ses premières annonces quant à une possible « nouvelle vague ». Et à Bâle le géant pharmaceutique suisse Novartis annonce qu’il met fin à l’essai clinique avec l’hydroxychloroquine pour traiter des malades du Covid-19.  Le 20 avril, ce géant avait annoncé avoir conclu un accord la Food and Drug administration américaine, pour procéder à des essais cliniques de phase III de l’hydroxychloroquine sur des malades souffrant de Covid-19 hospitalisés. Ces essais visaient à évaluer l’utilisation de ce traitement auprès d’environ 440 malades sur une dizaine de sites aux Etats-Unis.

Effet ou pas des convictions chloroquinesque de Donald Trump la FDA avait donné le 28 mars son feu vert pour que la chloroquine et l’hydroxychloroquine puissent être prescrits, uniquement à l’hôpital, à des patients souffrant de la Covid-19. contaminés par le nouveau coronavirus.

Or dans un communiqué publié le 19 juin, Novartis explique avoir pris «la décision d’arrêter et de mettre fin à l’essai clinique avec l’hydroxychloroquine contre la Covid-19 – et ce en raison de graves difficultés de recrutement de participants, rendant «impossible» la finalisation de l’étude. Le groupe précise qu’au cours de l’étude, «aucun problème de sécurité n’a été signalé», et qu’elle n’a pas permis «de tirer des conclusions sur l’efficacité» de l’hydroxychloroquine contre le nouveau coronavirus.

Il y a quelques jour l’Organisation mondiale de la santé a renoncé aux essais qu’elle dirigeait, arrivant à la conclusion que l’hydroxucloroqiuen ne réduisait pas le taux de mortalité des malades hospitalisés. « La France, conclut l’AFP, où un médecin controversé, le Pr Didier Raoult, a défendu l’hydroxychloroquine, en a officiellement banni l’usage contre le Covid-19 . » C’était le 27 mai via un décret publié au Journal officiel,  à la suite d’un avis défavorable du Haut Conseil de la santé publique.

Depuis  la fin mars, l’hydroxychloroquine pouvait être prescrite à titre dérogatoire en l’absence d’autre traitement, à titre compassionnel ou dans le cadre d’essais cliniques « sous la responsabilité d’un médecin, aux patients atteints de Covid-19, dans les établissements de santé qui les prennent en charge, ainsi que, pour la poursuite de leur traitement si leur état le permet et sur autorisation du prescripteur initial, à domicile », selon un premier décret datant du mois de mars. Le nouveau décret annulait cette disposition.

Puis vint la publication, dans  The Lancet, d’une étude pointant son inefficacité et les risques entraînés par ce médicament qui devait précipiter son interdiction en France.  Puis l’étude du Lancet fut contestée, puis finalement rétractée. Puis les arrêts successifs des essais…. Comme le début du commencement de la fin d’une série bien trop mal engagée à Marseille. Une série certes addictive mais qui, finalement, n’aura sans doute que trop duré.

A demain @jyanu

3 réflexions sur “Hydroxychloroquine : comme le discret parfum d’un début de commencement de la fin

    • Des clous bien plus définitifs semblent devoir arriver dans les prochaines semaines (et peut-être avant la fin du mois de juin vu qu’au moins deux papiers sont en cours de révision, dont un dans « Science » !) quant à l’inefficacité de l’administration très précoce de l’HCQ.
      1/ https://www.sciencemag.org/news/2020/06/three-big-studies-dim-hopes-hydroxychloroquine-can-treat-or-prevent-covid-19 : « Carried out in Barcelona, Spain, that study randomized more than 2300 people exposed to the virus to either hydroxychloroquine or the usual care. There was no significant difference between the number of people in each group who developed COVID-19, says Oriol Mitjà of the Germans Trias i Pujol University Hospital. Mitjà says he has submitted the results for publication. »
      2/ https://www.factcheck.org/2020/06/azar-trump-mislead-on-fdas-hydroxychloroquine-decision/ : University of Minnesota infectious disease specialist Dr. David Boulware, who led the first published prophylaxis trial, said no studies have reported results yet for pre-exposure prophylaxis. (…). But he said the results of his university’s trial of hydroxychloroquine in outpatients had been reported to the FDA.[and] There are no positive data supporting hydroxychloroquine having a clinical benefit in humans with coronavirus ».
      3/ https://theprint.in/health/not-sure-if-hcq-works-but-adverse-effects-dont-seem-to-be-a-problem-say-indian-doctors/444487/ : « Dr Sujeet Jha, consultant endocrinology at Max Healthcare in the national capital, just completed a study on the efficacy of HCQ as a prophylactic on healthcare workers. The study is currently under review for publication in a medical journal. “We did the study among healthcare workers in May when the prevalence was very low. I cannot reveal the data as it has been accepted for publication, but all I can say is that the results were not impressive,” said Jha. »

  1. pourquoi faire un n-ième article à charge ? méfiez-vous de l’effet boomerang !
    et vraiment ça ne vous gêne pas que l’HCQ, et ensuite l’AZIT ne puissent pas être prescrits par les médecins de ville ? La France est le seul pays au monde ayant pris cette décision honteuse. Et ça ne vous dérange pas vous qui êtes médecin , bien que journaliste ?

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