Pourquoi interdire l’ouverture des boîtes de nuit après le laisser-faire de la Fête de la musique ?

Bonjour

22/06/2020. Les intellectuels parleront d’injonction paradoxale : faire la fête avec interdiction de s’attrouper. Ainsi donc, hier, des milliers de Français se sont rassemblés dans les rues en jetant aux orties les restrictions sanitaires officielles. Et l’exécutif a laissé faire. Hier il n’y avait plus ni « distanciation » ni gestes barrière. Des milliers de Français ont profité dimanche 21 juin de la Fête de la musique pour se rassembler et danser dans les rues. Pourquoi le gouvernement a-t-il toléré ces « relâchements » ? Combien de « clusters » sont-ils désormais à redouter ? A quand le parallèle avec l’autorisation donnée à la tenue du premier tour des élections municipales ?

« Sur les quais du canal Saint Martin à Paris, le coronavirus semble un lointain souvenir : sous une pluie intermittente, les abords du canal étaient bondés et dans le Jardin Villemin tout proche, les DJs enchaînaient les morceaux de house devant une foule compacte de danseurs, rapportent l’AFP et Le Monde. Scènes similaires rue de Paradis, toujours dans le 10e arrondissement, où une foule serrée a dansé dans l’après-midi, selon les images d’une journaliste présente sur place. »

Des images qui suscitaient et susciteront longtemps inquiétude et critiques sur les réseaux sociaux : « J’ai bien peur qu’on fonce vers une seconde vague »« c’est irresponsable »« une fête de la musique juste en sortie d’une crise sanitaire majeure, quelle idée de génie! », peut-on lire sur Twitter. Et le Dr Gilbert Deray (Pitié-Salpêtrière) : « Ce n’est pas du tout ce que le déconfinement dit progressif impliquait. Je comprends que la Fête de la musique soit libératoire mais ne pouvait-on l’éviter cette année ? Autoriser la fête de la musique était sanitairement une erreur. Demander aux participants de respecter les gestes barrières était un exercice de style. Maintenir l’ordre était impossible. Une apothéose de messages contradictoires. Ce virus rend fou.»

Mais comment « éviter » le « libératoire » sans être aussitôt accusé d’attenter aux libertés ? On mesurera le dénuement de l’exécutif à l’heure du solstice en écoutant la « mise en garde » du ministre de la Culture, Franck Riester : « J’appelle toutes celles et tous ceux qui s’apprêtent à se déplacer à être prudents et responsables. On peut célébrer la musique en gardant les distances et en étant prudents ». Qui peut entendre un tel discours ministériel ? Que signifie, pour ce ministre « célébrer la musique » ? Peut-on « faire la fête » sans « se rassembler » et ainsi renverser les barrières et leurs gestes.

Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur aujourd’hui en grand déséquilibre pouvait-il lancer la police contre la foule festive pour rétablir l’ordre sanitaire ? Le hasard, la fatalité voulaient que cette édition de la Fête de la musique soit marquée par un anniversaire funeste : la mort, il y a un an à Nantes, de Steve Maia Caniço. C’était  lors d’une « opération policière controversée » à la fin d’une soirée électro. Une marche blanche rassemblant plusieurs milliers de personnes était organisée, partie du château des Ducs de Bretagne pour rejoindre l’endroit en bord de Loire où s’était noyé cet homme de 24 ans. C’était pendant (ou après) une intervention de la police pour disperser des fêtards. Un an plus tard la même police a recensé 2 600 manifestants. Et n’est pas intervenue.

A demain @jynau

Une réflexion sur “Pourquoi interdire l’ouverture des boîtes de nuit après le laisser-faire de la Fête de la musique ?

  1. En effet pas très malin d’autoriser la fête de la musique en demandant de se tenir à distance.
    Les intellos des ministères ne cherchent pas à briller par la clairvoyance.

    D’autre part des spécialistes disent partout que dehors il n’y a pas de risque ou qu’on ne sait pas ce qui n’est pas pareil.

    Ce qui est étonnant (en fait non) c’est d’entendre les gens sans précautions (sans doute n’ont ils pas de vieux parents ou de personnes à risque dans leur entourage) interrogés par des journalistes se répandre en explications idiotes dignes d’enfants de 6 ans (à 6 ans c’est acceptable) et intolérants à la frustration. Oui mais il faut bien vivre oui mais il fallait que je sorte ddanser, oui on n’en peut plus …. oui j’assume ….

    Un problème d’intelligence ? Plus compliqué ?

    Quant on pense aux générations qui ont connu les suites de 14-18, la préparation de la deuxième, la deuxième ….

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