« 180 euros » et une invitation à venir admirer l’absence de défilé sur les Champs Elysées

Bonjour

010/07/2020. Comment l’Etat peut-il honorer ses héros ? Réponse du Palais de l’Elysée : à Paris la cérémonie militaire du 14 juillet (prévue en format réduit sur la place de la Concorde) « comprendra un hommage aux soignants et à la société civile, dont 1400 représentants invités dans les tribunes ».

Plus précisément, et dans le respect des règles de distanciation physique, la cérémonie sera réduite à 4500 personnes, dont 2500 participants et 2000 invités en tribune – parmi lesquels « 1400 soignants et représentants de la société civile, en hommage à l’ensemble des acteurs mobilisés pendant la crise sanitaire ».

Parmi les invités :  les familles de soignants ayant perdu la vie durant l’épidémie, des soignants de toutes les régions, ainsi que des représentants de métiers très sollicités pendant l’épidémie (enseignants, caissiers, agents funéraires, policiers, gendarmes, pompiers, agents de collectivités locales, personnels ayant travaillé à la fabrication de biens liés à la crise, comme les tests et les masques), sans oublier des soignants des armées de « l’opération Résilience ».

Mieux encore, la France invitera aussi les ministres de la Santé de quatre pays qui ont accueilli des malades français (Allemagne, Suisse, Autriche, Luxembourg). Trois précisions : 1 les soignants ne défileront pas, mais la cérémonie comprendra un «tableau d’hommage» aux professionnels de santé ; 2 il n’y aura pas, cette année de blindés ni des troupes à pied descendant les Champs-Elysées – en revanche, une cinquantaine d’avions et une vingtaine d’hélicoptères défileront dans les airs, dont l’emblématique Patrouille de France ; 3 l’événement (qui rassemble d’habitude une foule compacte tout le long de l’avenue des Champs-Elysées pour voir défiler plus de 4000 militaires) ne sera pas ouvert au public, mais uniquement retransmis à la télévision.

Un ministre ancien syndicaliste

Comment l’Etat peut-il honorer ses héros ? Réponse du Ségur de la Santé : après sept semaines de négociations un premier accord ; du moins pour les personnels hospitaliers – hors médecins – qui devraient bénéficier d’une revalorisation salariale de 180 euros net mensuels. Projet d’accord. Olivier Véran propose à l’ensemble des salariés de l’hôpital public paramédicaux (infirmiers, aides-soignants) et non médicaux (techniciens, brancardiers, etc.) une augmentation de salaire en deux temps. Une première revalorisation de 90 euros net mensuels devrait intervenir dès septembre avant une seconde du même montant en mars 2021. Les médecins, internes et étudiants, font l’objet de négociations séparées.

En outre, seraient prévues 15 000 embauches dans les établissements publics – pour une moitié des créations de postes, pour l’autre des recrutements sur des postes non pourvus. Au total, le gouvernement débloquerait une enveloppe de 7,5 milliards d’euros. Les intéressés demandaient 300 euros mensuels dans l’immédiat.  « On a été au bout de ce qu’on pouvait faire », mesure Didier Birig de FO Santé. « Même si ce n’est pas suffisant pour rattraper le retard accumulé depuis des décennies, ça a le mérite d’exister », analyse Ève Rescanières de la CFDT. Seule la CGT Santé déplore qu’une partie de l’enveloppe – de l’ordre de 1,6 milliard d’euros – soit destinée aux salariés des établissements privés. Tous doivent se prononcer d’ici à lundi sur cet accord. Le texte « conduit à une revalorisation significative des métiers hospitaliers », s’est félicitée Zaynab Riet, déléguée générale de la Fédération hospitalière de France (FHF).

Reste l’abcès chez les praticiens hospitaliers en revanche. Les syndicats de PH sont sortis frustrés d’une nouvelle réunion de négociation avec Olivier Véran,. Jacques Trévidic, le président d’Action praticiens hôpital (APH) parle même de « rupture ». Le ministre de la Santé aurait refusé de dépasser 400 millions d’euros alors qu’en face on réclame 680 millions d’euros répartis entre l’indemnité d’engagement de service public exclusif (IESPE), une refonte de la grille salariale et la création d’une cinquième plage de présence par 24 heures de travail effectuées.

« Nous méritons mieux que ça », a déploré le Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes réanimateurs élargi (SNPHARe) qui se dit inquiet de « l’absence de réel dialogue social entre les praticiens et leur ministre, pourtant ancien syndicaliste ». Un ministre peut-il encore avoir la fibre du syndicaliste ? Qui fixe le prix du mérite ? Comment l’Etat doit-il honorer ses héros ?

A demain @jynau

2 réflexions sur “« 180 euros » et une invitation à venir admirer l’absence de défilé sur les Champs Elysées

  1. Si je comprends bien la CGT qui fédère les soignants des hôpitaux publics est quasiment absente des cliniques privées et souhaite que les soignants du privé (qui souvent travaillent plus) n’aient pas droit aux revalorisations à titre égal, c’est la démocratie gauchiste?

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