Nouvelle affaire du masque: face à quatorze médecins, le pouvoir va-t-il le rendre obligatoire?

Bonjour

12/07/2020. Voilà une tribune-choc, opportune, édifiante quant aux nouveaux rapports établis entre le pouvoir médical et l’exécutif. Depuis qu’il a été publié dans Le Parisien ce texte ne cesse de prendre de l’importance médiatique – et, corollaire, politique. Il est signé par quatorze médecins parfois présentés comme « de renom » et dont la plupart sont, depuis quelques mois, les invités réguliers des médias généraliste 1. Extraits de cette tribune « #MasquésMaisEnLiberté ! »:

« La première vague du Covid-19 est passée, avec toutes les conséquences humaines, économiques et sociales que nous connaissons. Pour nous tous, la tentation est grande et compréhensible de reprendre une vie normale, d’oublier le virus, de profiter de l’été, des plages, des soirées entre amis et de la proximité retrouvée. Malheureusement le virus, lui, ne nous oublie pas, et cherche encore à se répandre partout où il le peut (…)

Dans le monde le pic de la première vague de la pandémie n’est pas encore atteint, et tous les pays n’ayant pas assez confiné connaissent un nombre de décès considérable et croissant. En France, les indicateurs sont encore au vert pour la plupart, mais des signaux faibles commencent à apparaître et doivent nous alerter sur un possible redémarrage massif des transmissions.

Or, c’est à ce stade qu’il faut agir pour éviter une nouvelle vague massive et meurtrière. Quand les clusters  seront plus nombreux et non contrôlables, il sera trop tard pour éviter un nouveau confinement, plus ou moins complet. La deuxième vague de demain se prépare donc aujourd’hui. Nous, soignants, serons à vos côtés pour vous prendre en charge comme nous l’avons fait pendant la première vague, mais nous ne voulons plus compter les morts comme nous avons dû le faire. »

On attend désormais la réponse de Jean Castex et d’Olivier Véran

Ils ajoutent que « contrairement au début de l’année » (sic) nous savons maintenant qu’une mesure de prévention efficace est le respect des gestes barrières dans les lieux clos très fréquentés. « Le port du masque est ainsi une condition importante pour limiter la diffusion du virus, soulignent-ils. Nous y sommes habitués, même si cela reste inconfortable, et nous avons aujourd’hui les stocks nécessaires. Le port du masque ne vise pas qu’à se protéger soi-même, mais aussi à empêcher la diffusion du virus ; à condition que tout le monde le porte ! Si vous ne le faites pas pour vous, faites-le pour vos parents plus âgés, votre frère ou sœur hypertendus ou vos proches fragiles chez qui le virus pourrait être mortel. « 

Résumé : utiliser ces moyens efficaces et accessibles que sont le port du masque obligatoire dans tous les lieux publics clos, la distanciation physique autant que possible, et le lavage des mains. Beaucoup d’entre nous ont relâché leurs efforts depuis quelques jours ou semaines, nous voulons leur dire et leur redire, pour éviter un nouveau confinement : #MasquésMaisEnLiberté ! »

Au-delà du conseil et de l’exhortation citoyenne la question est bel et bien, désormais, politique. Les auteurs réclament en fait que « le port du masque dans tous les lieux publics clos » deviennent bel et bien obligatoire. Un décret suffirait. Rappelons que l’exécutif, il n’y a pas si longtemps, au lieu d’invoquer la pénurie, expliquait que le port du masque était sans intérêt. On attend désormais la réponse de Jean Castex et d’Olivier Véran confrontés à cette tribune-choc, opportune, édifiante.

A demain @jynau

1 Pr Antoine Pelissolo (psychiatre) et Dr Jimmy Mohamed (médecin généraliste). Cosignataires : Pr Philippe Amouyel, médecin de santé publique; Dr Francis Berenbaum, rhumatologue; Pr Eric Caumes, infectiologue; Pr Robert Cohen, pédiatre; Pr Anne-Claude Crémieux, infectiologue; Pr Gilbert Deray, néphrologue; Pr Vianney Descroix, odontologue; Pr Philippe Juvin, urgentiste; Pr Axel Kahn, généticien; Pr Karine Lacombe, infectiologue; Pr Bruno Megarbane, réanimateur; Pr Christine Rouzioux, virologue

6 réflexions sur “Nouvelle affaire du masque: face à quatorze médecins, le pouvoir va-t-il le rendre obligatoire?

  1. La question est politique mais également économique : le gouvernement peut-il décemment rendre obligatoire les masques dans les lieux publics clos sans qu’ils soient gratuits ? Combien peuvent acheter des masques pour eux et leur famille sans préjudice pour leurs autres besoins ? Va t-on les renvoyer une fois de plus à la fabrication de « masques maison », évidemment cousus par des femmes et n’apportant aucune garantie d’efficacité (il faut en outre voir les gens plier leur masque et les ranger qui dans son sac qui dans sa poche de pantalon pour pouvoir s’en servir une ou plusieurs autres fois …).

    • Je tendrais à répondre que oui le gouvernement le peut.
      Cela se fait en Lombardie , en Belgique et encore ailleurs.

      Le permis de conduire et l’assurance auto et habitation sont obligatoires et non gratuits, la carte d’identité aussi.

      Il serait bon de prévoir pour les personnes et familles à trop faible revenu la fourniture de masques gratuits ou d’une indemnité. Mais certainement pas le masque gratuit pour tous.

      Voilà pour répondre à votre commentaire.

      A part celà, il faut savoir ce que l’on veut. Laisser le lait bouillir jusqu’au débordement ? En Mayenne des cas de Covid ne s’explique pas , on ne retrouve plus leur contact contaminant. Mulhouse à l’envers. Peut-être un début d’échappement à l’américaine.

      Le concept de traçage à partir de « cas » C1, sachant que

      —> les personnes C-0 qui ont contaminés ces « cas » en ont contaminé d’autres depuis plusieurs jours
      —> Les C1 ont déjà contaminé des C2 qui ont peut être eu le temps de contaminer des C3

      … à cette heure nocturne , ce concept me parait logiquement voué à l’échec sans l’application strictissime de mesures barrières .

      Les personnes qui entrent faire leurs courses sans masque ou avec un masque mal utilisé (c’est quand même pas compliqué!!!) font preuve :

      —> d’une extrême incivilité,
      —> d’une absence totale de civisme et de résponsabilité
      —> d’un mépris de l’avenir économique du pays,
      —> d’un manque de respect total envers les « héros de la seconde ligne » que sont les personnels de magasins d’alimentation ou supermarchés,
      —> d’une acceptation de tuer indirectement sans voir leur mort,
      —> d’une ignorance regrettable
      —> ou d’une intoxication par les réseaux asociaux.

      Et que dire des personnes qu arborent des masques à valve,, valve expiratoire qui permet de souffler à la face d’autrui une haleine non flitrée riche de son éventuelle cargaison de virus ?

      Que dire des participants à ces « fêtes et concerts » agglomérants ?

      Oui je suis de mauvaise humeur ce soir .

      Délit de mise en danger de la vie d’autrui.

      Et non je n’ai pas envie de recommencer à m’occuper de malades de la covid-19 au mois d’aout ou à la rentrée, aucun soignant n’a cette envie.

      Macron peut agacer mais le concept de « nous sommes en guerre » n’est pas faux l’évolution de l’épidémie qui à l’évidence n’est pas finie le montre, et en guerre on accepte pour survivre des sacrifices, on fait avec la frustration , le « il faut bien se libérer » « oui mais j’avais envie de faire la fête » et autres discours convenu ou réponses de gamins immatures, c’est affligeant.

      • « Certainement pas le masque gratuit pour tous » ?
        Il faut je pense comparer l’hypothétique gratuité des masques à d’autres décisions prises dans des objectifs de santé publique (et non au permis de conduire ou assurance auto) : aujourd’hui les substituts nicotiniques sont pris en charge par l’assurance maladie au même titre que les traitements de substitution aux opiacées ; des préservatifs sont remboursés sur prescription médicales ; la gratuité de la contraception est assurée sans autorisation parentale aux jeunes filles mineures ; des seringues et l’ensemble du matériel utilisés par des usagers de drogues injecteurs ou sniffeurs sont dispensés gracieusement dans des établissements médico-sociaux ou expédiés par voie postale … Il faut savoir ce qu’on veut : tenir une position de principe ou permettre de façon pragmatique à la population, en se protégeant, de protéger l’ensemble de la communauté humaine de maladies induites ou infectieuses.

        « c’est quand même pas compliqué » : je partage votre irritation, mais je sais également que les gouvernants de notre pays « préfèrent » soigner que prévenir. Il faut croire que le CAC40 réside plus dans le soin que dans la prévention, et que soigner est électoralement plus efficace que prévenir. Soigner bénéficie de dotations reconductibles, prévenir demande de répondre à des appels à projets sur « actions ».
        Nous avons lu dans la presse (Médiapart notamment) à quel point les français.es sont infantilisé.es par le discours gouvernemental alors que la prévention passe par l’implication pleine et entière des populations concernées, et l’éducation à la santé. Je n’entre pas dans les détails, ce serait trop long et fastidieux : lire à ce sujet une tribune publiée dans Libération https://www.liberation.fr/debats/2020/05/05/prevenir-ou-guerir-un-modele-a-depasser_1786946

  2. La question est effectivement politique ; une minorité qui masque ses conflits d’intérêt veut imposer à la majorité de la population un dispositif quasi inutile voire nuisible pour ceux qui auront à le porter. Cela s’appelle une dictature. L’on entend guère ces tribunards s’en prendre aux hommes et femmes politiques qui se poignent la main ou s’embrassent à qui mieux mieux lors du remaniement ou de leurs rencontres diverses et variées (certaines donnant lieu à des photos). Le bas peuple doit-il comprendre qu’ils sont immunisés (peut être grâce au produit interdit en France depuis 6 mois antérieurement en vente libre depuis plus de 50 ans et consommé à grande échelle dans le monde entier) ? L’auteur de ce blog que je lis avec intérêt depuis plusieurs années me surprend par la mise en avant systématique de tout ce qui plaide pour les positions officielles, exception faite des masques dont il est difficile de masquer les incohérences d’argumentation. Silence radio sur les remèdes qui ont fonctionné dans ce pays ou dans d’autres, relayage d’articles systématiquement contre ce qui était présenté par certains comme un produit miracle (ce qui n’était pas le cas de celui dont on a fait le promoteur), sans esprit critique. Or je me souviens des nombreux articles relatifs à la vapote où le Dr NAU rendait attentifs ses lecteurs sur l’avantage de troquer un risque certains de maladies graves et de morts (plus du double chaque année que le nombre actuel du COVID) contre un risque, non avéré de la vapote. Pour le COVID, combien de cas nouveaux chaque jour ? Ces cas détectés ont-ils des symptômes ? Sont ils malades ? Quels médicaments leur administre-t-on ? Qui sont-ils ? Age, sexe, profession ou activité, ont-ils d’autres pathologies ? Quel est le nombre de consultations de malades du COVID : en médecine de ville ? dans les hôpitaux ? les cliniques ? les Ehpad ? Voila des informations qui éclaireraient le citoyen plutôt que de tenter de nous faire peur ….. afin de nous vendre un vaccin comme en des temps lointains l’on vendait des indulgences….Bientôt, nous pourrons lire dans Astérix que les Gaulois se préparaient à se faire vacciner pour éviter que le ciel leur tombe sur la tête. J’ai nettement l’impression que mes compatriotes sont déjà en partie tombés sur la tête et surtout qu’ils ont abdiqué leur faculté de réflexion. Bon dimanche à tous

    • En effet, on peut dire que les politiques, et en premier lieu les membres du gouvernement, font régulièrement preuve de négligence et non d’exemplarité. Les messages visuels, oraux, sont brouillés depuis le début de la crise.
      L’hydroxychloroquine, s’il s’agit d’elle, n’est pas interdite mais délivrée sur ordonnance comme son homologue la chloroquine, et doit être prescrite comme tout médicament dans le respect des indications pour lesquelles elle a reçu une « autorisation de mise sur le marché » (AMM). Les médecins ont donc été rappelés à l’ordre quant aux indications de l’hydroxychloroquine, et les pharmaciens soutenus dans ce rôle méconnu du grand public : contrôler la prescription du médecin, et refuser de délivrer s’il estime que la santé du patient est en danger.
      La vapote est un outil de « réduction des risques » : voir ma réponse à Umberto Ucelli. Il s’agit de prendre en compte le moyen dont les usagers de tabac eux-mêmes se sont dotés pour « limiter la casse » (http://www.annecoppel.fr/limiter-casse-presentation-on-civiliser-les-drogues-annexes/). L’ensemble des addictologues reconnaissent qu’il vaut mieux vapoter que continuer de fumer. Ça ne signifie pas que vapoter soit bon pour la santé.
      Il n’y a pas de remède qui ait fonctionné dans notre pays ou dans d’autres concernant le covid. On en est encore à la recherche. L’hydroxychloroquine n’est pas un « outil de réduction des risques ». Comment s’y retrouver dans l’afflux pléthorique d’infos plus ou moins sérieuses sur le sujet ? Il n’est pas question de se faire son opinion : comment le pourrions-nous sur des sujets complexes pour lesquels nous ne sommes pas spécialistes ? Ma réponse, que je vous laisse explorer :
      https://www.prescrire.org/Fr/203/1845/PositionsList.aspx, des synthèses courtes, accessibles aux non abonnés, par une revue médicale critique et indépendante des lobbies pharmaceutiques. Cette revue est régulièrement citée par Jean-Yves Nau … !
      https://formindep.fr/quelques-lecons-de-la-crise/, sur les conflits d’intérêt.
      Bonne lecture.

      • Vous propagez beaucoup de fake-news. (Les pays n’ayant pas assez confiné, ont plus de morts)? C’est faux. Ensuite, 14 médecins (de renom), c’est faux. Ce sont des médecins sur-médiatisés, mais aucun même Karine Lacombe n’a jamais été médecin « de renom » avant la pandémie Covid19. Vous parlez de 14 médecins, dont aucun n’a de publications concernant la virologie ou l’infectiologie. De plus, vous propagez une autre fausse information concernant la protection des virus avec des masques. Premièrement, nous sommes très loin d’un concensus scientifique à ce sujet. Et deuxièmement, aucune étude ne prouve qu’un masque chirurgical ou artisanal utilisé hors des blocs chirurgicaux et donc dans des conditions de températures bien précises ne protège des virus. Bien au contraire, il y a actuellement un débat qui penche entre une dangerosité concernant l’infection par bactéries et moisissures, ainsi que l’hypoxie.

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