Hydroxychloroquine : il est, enfin, démontré qu’elle n’est pas efficace chez les macaques …

Bonjour

24/07/2020. Nouvelle étape dans la polémique autour de l’efficacité de l’hydroxychloroquine dans le traitement du Covid-19 : un nouvel essai n’est pas parvenu à démontrer son efficacité chez le macaque. C’est un travail publié dans Nature : « Hydroxychloroquine use against SARS-CoV-2 infection in non-human primates » ; un travail mené  conjointement par le CEA, l’INSERM, l’Institut Pasteur, le CNRS, l’université de Paris-Saclay, l’AP-HM, l’université Claude-Bernard Lyon-1, sans oublier … l’IHU Méditerranée Infection ; un travail résumé par l’Inserm.

« En temps normal, ce genre de travail chez l’animal est un préalable aux essais chez l’homme » rappelle fort justement Le Quotidien du Médecin (Damien Coulomb). Mais on sait, désormais, que la situation sanitaire épidémique a conduit de nombreuses équipes à court-circuiter cette étape. « À la lumière de ces résultats chez l’animal, ajoute Le Quotidien, les études chez l’homme pourraient se révéler vaines : ‘’ Nos données ne sont pas en faveur de l’usage de l’hydroxychloroquine, seule ou en association avec l’azithromycine’’, concluent les auteurs.

En pratique les chercheurs ont évalué l’activité antivirale de l’hydroxychloroquine in vitro ainsi que chez des macaques infectés par le SARS-CoV-2. Sans surprise l’hydroxychloroquine a partiellement confirmé son activité antivirale in vitro. En revanche, aucune stratégie médicamenteuse impliquant l’hydroxychloroquine, seule ou en association, ne s’est révélée efficace chez le macaque – et ce en dépit du recours à plusieurs scénarios (prophylaxie précoce ou plus tardive, seule ou en association avec l’azithromycine. L’hydroxychloroquine n’induit pas de protection contre l’infection, et ne réduit pas la virémie quand elle était administrée rapidement après l’infection.

Thuriféraires

Des détails ? Huit animaux ont servi de contrôle qui ont présenté majoritairement des signes cliniques légers avec des lésions pulmonaires systématiquement observées à l’imagerie dès le 2e jour – aucun des animaux du groupe contrôle n’a développé de forme sévère de la maladie. Puis un premier groupe (cinq singes) a été traité dès le premier jour de l’infection, avec 90 mg/kg d’hydroxychloroquine en monothérapie le premier jour, suivi d’une dose de 45 mg/kg par jour pendant 10 jours. Un autre groupe (quatre singes) a lui bénéficié d’une prise en charge précoce, mais avec une dose plus faible : 30 mg/kg le premier jour et 15 mg/kg les jours suivant. Et pour le traitement tardif par hydroxychloroquine, quatre animaux ont reçu le traitement 5 jours après leur infection.

« Nos résultats illustrent parfaitement les contradictions fréquentes entre les résultats in vitro et in vivo », résument les auteurs, qui rappellent que des problèmes similaires avaient été observés lorsqu’on a tenté d’utiliser l’hydroxychloroquine pour traiter d’autres infections virales comme la grippe, la dengue ou le chikungunya. Le Quotidien rappelle par exemple, en 2008, le Pr Xavier de Lamballerie (Unité des Virus Emergents, Aix Marseille Univ, IRD 190, INSERM 1207, IHU Méditerranée Infection) et Roger Le Grand (CEA) – les deux derniers auteurs de la nouvelle étude publiée dans Nature –  avaient montré que, en dépit de résultats encourageants in vitro, l’hydroxychloroquine augmentait le risque de comorbidité en cas d’infection à chikungunya. Les essais cliniques lancés à l’époque avaient dû être arrêtés en urgence.

On ajoutera qu’une nouvelle étude, brésilienne, publiée dans The New England Journal of Medicine : « Hydroxychloroquine with or without Azithromycin in Mild-to-Moderate Covid-19 » confirme, chez l’homme les observations faites chez le macaque. On attend, bien évidemment, les commentaires des thuriféraires méditerranéens.

A demain @jynau

2 réflexions sur “Hydroxychloroquine : il est, enfin, démontré qu’elle n’est pas efficace chez les macaques …

  1. Une « synthèse » des connaissances sur l hydroxychloroquine basées sur les données antérieures à avril et publiée en juillet dans une revue à Facteur d impact élevé. Étonnant ce décalage! Should Clinicians Use Chloroquine or Hydroxychloroquine Alone or in Combination With Azithromycin for the Prophylaxis or Treatment of COVID-19?Ann Intern Med acpjournals.org/doi/10.7326/M2…

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