Covid-éthique : après la rumeur d’Orléans, le voile se lève sur les mystères des clusters

Bonjour

14/08/2020. Nous évoquions hier un scoop que, dans le Loiret, France Bleu peinait à confirmer (Antoine DenéchèreNoémie PhilippotFrance Bleu Orléans). Question centrale : pourquoi les responsables de l’Agence Régionale de Santé (ARS) Centre Val-de-Loire  se refusaient-ils à confirmer ou à infirmer les éléments avancés par les journalistes : « plusieurs dizaines de cas positifs au Covid-19 liés à un rassemblement conséquent à Orléans » ?

« Selon nos informations, ce foyer épidémique est consécutif à un mariage célébré le dimanche 1er août, quartier de la Source, annonçait France Bleu. Et il y a, à ce jour, plus de cinquante cas testés positifs.  Ce mariage a donné lieu à une grande fête avec un nombre très important d’invités (plus de 250 convives selon nos informations). Selon plusieurs sources, les gestes barrières ont été peu ou pas respectés lors de ce mariage. Il s’agissait d’une fête dans des conditions normales. »  

Silence à l’ARS. Pourquoi ? A quel titre ? De quel droit ? La réponse nous est, peut-être, fournie aujourd’hui par Libération (Emma Donada)Libé qui observe, concernant les clusters, que très peu d’informations précises sont délivrées au public, en dehors de leur nombre. Au niveau national, ce nombre est quotidiennement mis à jour par Santé publique France (SpF). Au 12 août, cette agence recensait, par exemple, en France, 217 clusters en cours d’investigation, hors Ehpad et milieu familial restreint, soit 25 de plus que la veille.

Des effets délétères, comme la stigmatisation et l’anxiété

« Pour obtenir un peu plus de détails sur ces foyers, il faut consulter un tableau de bord de Santé publique France, qui n’est qu’hebdomadaire, conseille Libé. On y retrouve le nombre de clusters en cours d’investigation, la répartition de ces derniers par «type de collectivité» (événements privés, entreprises ou encore écoles), mais aussi la répartition des clusters en cours d’investigation par département. Mais la localisation précise des clusters n’est pas renseignée. »

Pourquoi ? A quel titre ? De quel droit ? Cela s’explique, assure SpF, par le respect de la confidentialité exigée par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil). Selon SpF la communication de la localisation exacte de tous les clusters entraînerait «des effets délétères, comme la stigmatisation et l’anxiété, qui n’ont pas lieu d’être. Cela pourrait aussi faire baisser la garde à des personnes constatant qu’un cluster est identifié mais éloigné de leur domicile».

«Le système d’information MONitorage des Clusters (Monic), développé par Santé publique France, est un outil de signalement à visée d’alerte, avec un traitement à finalité épidémiologique. Le traitement de ces données […] s’appuie sur une autorisation permanente [délivrée] par la Cnil pour les traitements de données à caractère personnel dans le cadre des investigations urgentes. Santé publique France est ainsi garante de la confidentialité des informations du système»,

Libé note encore que la transparence « est parfois plus grande au niveau régional ». Certaines ARS donnent ainsi davantage de détails dans leurs communications. Mais si les pratiques demeurent hétérogènes, la seule constante est qu’aucune information strictement personnelle n’est, jamais, divulguée. Faudrait-il, à la réflexion, s’en indigner ?

A demain @jynau

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