Réquisitoire dérangeant pour le gouvernement «Ne plus être gouvernés par la peur»

Bonjour

12/09/20020. C’est un document d’importance, une tribune collective publiée par Le Parisien et signée par trente-cinq scientifiques, universitaires et professionnels de santé 1 critiquent avec une certaine virulence la politique et la communication gouvernementales. Selon eux, elles relèvent davantage d’un affichage d’une « posture protectrice » que d’une stratégie sanitaire précise. Un document dont Le Monde Hervé MorinPascale Santi et Nathaniel Herzberg) donne fort utilement la généalogie. Un document qui sera peut-être qualifié de « populiste » – où l’on retrouve des opinions et des prises de position rarement exprimées sur les plateaux de télévision. En voici quelques extraits :

« Nous, scientifiques et universitaires de toutes disciplines, et professionnels de santé, exerçant notre libre arbitre et notre liberté d’expression, disons que nous ne voulons plus être gouvernés par et dans la peur. La société française est actuellement en tension, beaucoup de citoyens s’affolent ou au contraire se moquent des consignes, et nombre de décideurs paniquent. Il est urgent de changer de cap.

Nous ne sommes pas en guerre mais confrontés à une épidémie qui a causé 30 décès le 9 septembre, contre 1438 le 14 avril. La situation n’est donc plus du tout la même qu’il y a 5 mois. Par ailleurs, si la guerre peut parfois justifier un état d’urgence et des restrictions exceptionnelles de l’Etat de droit et des libertés publiques qui fondent la démocratie et la République, ce n’est pas le cas d’une épidémie. Aujourd’hui comme hier, cette crise doit nous unir et nous responsabiliser, pas nous diviser ni nous soumettre. »

Complotistes en tout genre

C’est pourquoi les signataires appellent les autorités politiques et sanitaires françaises « à cesser d’insuffler la peur à travers une communication anxiogène qui exagère systématiquement les dangers sans en expliquer les causes et les mécanismes. Il ne faut pas confondre la responsabilisation éclairée avec la culpabilisation moralisatrice, ni l’éducation citoyenne avec l’infantilisation. »

Ils appellent également l’ensemble des journalistes « à ne plus relayer sans distance une communication qui est devenue contre-productive : la majorité de nos concitoyens ne fait plus confiance aux discours officiels, les complotistes en tout genre foisonnent sur les réseaux sociaux et les extrémismes en profitent ».

« Le confinement général, mesure inédite dans notre histoire, a eu des conséquences individuelles, économiques et sociales parfois terribles qui sont loin de s’être encore toutes manifestées et d’avoir été toutes évaluées. Laisser planer la menace de son renouvellement n’est pas responsable.

« Il faut évidemment protéger les plus faibles. Mais de même que l’imposition du masque dans la rue, y compris dans les régions où le virus ne circule pas, l’efficacité du confinement n’est pas démontrée scientifiquement. Ces mesures générales et uniformes, imposées sous surveillance policière, relèvent davantage d’une volonté d’afficher une posture protectrice que d’une stratégie sanitaire précise. D’où leur grande volatilité depuis six mois. Beaucoup d’autres pays agissent avec plus de cohérence. Une coordination européenne serait nécessaire. »

Supprimer (ou refonder) le Conseil scientifique

Les auteurs également le gouvernement « à ne pas instrumentaliser la science ». Et d’ajouter, ce qui ne manquera pas non plus d’irriter : « La science a pour condition sine qua non la transparence, le pluralisme, le débat contradictoire, la connaissance précise des données et l’absence de conflits d’intérêts. Le Conseil scientifique du Covid-19 ne respectant pas l’ensemble de ces critères, il devrait être refondé ou supprimé. »

Suivent des considérations qui nourriront de nombreuses critiques où l’on retrouve, entre les lignes, la promotion de l’usage de l’hyroxychloroquine – ce qui ne manquera pas de réduite la portée et le poids de cette initiative. « Il est urgent, concluent les auteurs, de nous remettre à penser ensemble pour définir démocratiquement nos stratégies sanitaires, redonner de la confiance à nos concitoyens et de l’avenir à notre jeunesse. »

« Nombre des critiques exposées ont déjà été exprimées, mais ce texte a la particularité de réunir des personnalités qui, sur certains aspects de la pandémie, et de sa prise en charge, ont parfois été diamétralement opposées » observe Le Monde. C’est, en d’autres termes, dire l’intérêt, plus ou moins distancié, que l’on pourra lui trouver.

A demain @jynau

1 Jean-François Toussaint, professeur de physiologie à l’Université de Paris ; Laurent Mucchielli, sociologue, directeur de recherche au CNRS ; Bernard Bégaud, professeur de pharmacologie à l’Université de Bordeaux ; Gilles Bœuf, professeur de biologie à Paris-Sorbonne Université ; Pierre-Henri Gouyon, professeur de biologie au Muséum national d’histoire naturelle ; Jean Roudier, professeur de rhumatologie à l’Université d’Aix-Marseille ; Louis Fouché, médecin, anesthésiste-réanimateur à l’Hôpital de la Conception ; Olivier de Soyres, médecin, réanimateur à la clinique des Cèdres ; Christophe Lançon, professeur de psychiatrie à l’Université d’Aix-Marseille ; Laurent Toubiana, épidémiologiste à l’Inserm ; Mylène Weill, biologiste, directrice de recherche au CNRS ; Anne Atlan, généticienne des populations et sociologue, directrice de recherche au CNRS ; Bernard Swynghedauw, biologiste, directeur de recherche émérite à l’Inserm ; Marc-André Selosse, professeur de microbiologie au Muséum national d’histoire naturelle ; Jean-Louis Thillier, médecin, immunopathologiste ; Jean-François Lesgards, biochimiste, chercheur au CNRS ; Alexandra Menant, biologiste, chercheuse au CNRS ; André Comte-Sponville, philosophe ; François Gastaud, chirurgien orthopédiste à Strasbourg ; Éric Desmons, professeur de droit public à l’Université Sorbonne Paris Nord ; Dominique Andolfatto, professeur de science politique à l’Université de Bourgogne Franche-Comté ; Charalambos Apostolidis, professeur de droit public à l’Université de Bourgogne-Franche-Comté ; Nicolas Sembel, professeur de sociologie à l’Université d’Aix-Marseille ; Dominique Crozat, professeur de géographie à l’Université de Montpellier ; Marnix Dressen-Vagne, professeur de sociologie à l’Université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines ; Thomas Hippler, professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Caen-Normandie ; Nicolas Leblond, maître de conférences en droit à l’Université Polytechnique Hauts-de-France ; Dominique Labbé, politiste, enseignant émérite à l’Université de Grenoble-Alpes ; Arnaud Rey, chercheur en psychologie au CNRS ; Mathias Delori, politiste, chercheur au CNRS ; Jacques Tassin, écologue, chercheur au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) ; Sylvie Gourlet-Fleury, écologue, chercheuse au Cirad ; Emmanuelle Sultan, docteur en océanographie physique, ingénieure de recherche au Muséum national d’histoire naturelle ; Christophe Leroy, biologiste, docteur en biologie moléculaire et cellulaire ; Bernard Dugué, docteur en pharmacologie, docteur en philosophie

4 réflexions sur “Réquisitoire dérangeant pour le gouvernement «Ne plus être gouvernés par la peur»

  1. Prise de position lucide et courageuse pour le réforme du pilotage de la santé publique et un réel pluralisme sans ostracisme, le débat sur la chloroquine ne doit pas être fermé sans reprise approfondie de tous les les éléments ainsi que la critique des promotions abusives du resemvisir.

  2. Le fossé ne cesse de se creuser entre un gouvernement quasi dictatorial imposant des mesures autoritaires d’un autre âge dépourvues de tous fondements logiques et une frange de la population qui commence à se réveiller devant l’absurdité des mesures qu’on lui impose. Masques en toutes situations quasi 24/24h-7/7j alors que le premier magistrat de France trouve le moyen de se donner en spectacle à ôter son masque pour tousser non dans son masque mais dans sa main et ce à plusieurs reprises. Dommage qu’il n’y ait pas eu un enfant pour faire observer que le roi était nu. Je félicite les auteurs de cette tribune pour le courage de publier leur opinion car dans notre société de moins en moins démocratique cela devient sinon un crime un quasi délit (cf les représailles à l’encontre des manifestants voire des passants lors des journées des Gillets jaunes). Cela déjà quelques jours boîtes quelques semaines que des médecins chevronnés expliquent, sans que les médias n’instillent le doute, qu’il n’y a plus d’épidémie car il n’y a plus de malades (il suffit de se reporter aux chiffres publiés par les ARS ou Santé Publique France), il n’y a plus que des cas positifs.
    Par ailleurs votre assertion concernant les « nombreuses critiques où l’on retrouve, entre les lignes, la promotion de l’usage de l’hyroxychloroquine – ce qui ne manquera pas de réduire la portée et le poids de cette initiative » est incompréhensible. La France est l’un des rares pays à dénigrer ce traitement, sans proposer autre chose ni mettre en avant ses résultats. Au contraire, l’on s’emploie à dénigrer ceux qui ont utilisé officiellement ou officieusement ce traitement ou des traitements approchants au lieu de s’en féliciter. J’en ai honte et mal pour tous ceux qui sont ou seront appelés à devoir se rendre dans les hôpitaux se faire soigner et à qui l’on offrira le choix (masqué) entre le Doliprane et le Rivotril. Je suis étonné de l’absence de réaction tant du teneur de blog que des lecteurs quant au fait d’imposer aux enfants le port de masque avec la surveillance devant les écoles de gendarmes et policiers armés jusqu’aux dents d’armes lourdes alors qu’ils n’osent pas faire régner l’ordre républicain dans certains quartiers de France. Même les terroristes ont droit à un régime plus souple. Je ne devrais guère être étonné quand on entend l’ancien leader de mai 68 dire d’un professeur marseillais qu’il devrait « fermer sa gueule » ou qu’il « devrait la fermer » , ce qui revient au même. Il a du oublié le slogan en vogue lorsqu’il a gagné sa célébrité « il est interdit d’interdire ». Je me lâche car je suis en colère en me remémorant le sourire arboré ce jour à 17h par Caste Ex au début de son allocution, le sourire du sadique qui vient en rajouter une couche. Toute cette tartufferie, le Président qui crache ses miasmes devant des gamins masqués obligés de faire de la figuration, le larbin qui doit lui tenir le micro et lui donner de l’eau et un masque « plus léger », le Commissaire au plan qui ne planifie rien sinon sa carrière sans masque, le Kastex masqué qui s’empresse de faire savoir que son test est négatif alors qu’il a passé plusieurs heures avec un positif…. tout cela alors qu’aux Pays Bas, la vie continue normalement sans masque sans suppression des libertés publiques. A croire que les français sont déjà biberonnés au Rivotril à faible dose, sauf les Complotistes, nouvel anathème du moment pour englober ceux qui émettent un doute ou qui tentent de comprendre ce qui se passe. Il y a quelques années une chanson passait régulièrement sur les ondes « le dormeur doit se réveiller » ; je crains que cela ne soit difficile pour beaucoup soit s’ils soient trop endormis soit qu’ils reçoivent des coups de crosse, de matraque ou des tirs de Lbd. Pauvre France ✝️

  3. Cette initiative a le mérite d’exister.Elle n’est cependant pas née de rien. Des lieux de lecture comme ( entre autres) le club des médecins bloggeurs y contribuent certainement, même si les auteurs de manifestes signés par des noms de personnalités « oublient » de signaler leurs sources.
    Elucubration de vieillard illuminé et titillé par la jalousie ? Voici juste un modeste indice https://www.exmed.org/archives20/circu1185.html

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s