Dès demain, fin des inhumations et autres crémations : vive le «compost humain» !

Bonjour

Avant de donner l’information qui justifie le titre de ce post, quelques rappels sont nécessaires.

1 Loin des tickets de transports le « compostage » est une opération durant laquelle des déchets organiques sont dégradés dans des conditions contrôlées, en présence de l’oxygène de l’air et d’humidité – et ce par l’action conjuguée des bactéries, champignons, micro-organismes et autres macro-organismes. Le produit obtenu,  riche en éléments nutritifs, peut ensuite être intégré au sol afin de l’enrichir.  

2 Le « compost » résulte de ce processus de transformation, ayant pour origine l’humain tandis que l’humus résulte d’une transformation naturelle. Pour autant l’humus partage avec le compost beaucoup de propriétés, notamment la capacité à retenir l’eau et les nutriments. De très nombreux types de sous-produits et de déchets organiques peuvent être compostés (plus ou moins bien) : déchets de cuisine, sous-produits de jardin, déchets de maison, mais aussi certains déchets et sous-produits de l’industrie abro-alimentaire – sans parler des boues d’épuration, des fumiers ou des digestats de méthanisation.

De même que le labourage et pâturage furent longtemps les deux mamelles de la France (et qu’un binage vaut deux arrosages) compost et compostage sont deux préoccupations de notre époque écartelée obsédée par le recyclage et l’obsolescence programmée.

Solutions alternatives à l’inhumation

L’information (AFP) : les habitants de l’Etat de Washington vont désormais pouvoir être transformés en « compost humain » et retourner, ainsi, littéralement à la terre. La loi autorisant la « réduction organique naturelle » – officiellement définie comme la « conversion, accélérée et en milieu clos, de restes humains en humus » – adoptée fin avril par le Parlement local a été promulguée mardi par Jay Inslee, gouverneur démocrate de cet Etat « très progressiste ». La mesure doit entrer en vigueur en mai 2020. Jay Inslee est candidat à l’élection présidentielle de 2020 sur un programme misant beaucoup sur l’écologie.

« La recomposition offre une alternative à l’embaumement et à l’inhumation ou à la crémation, elle est naturelle, sûre, durable, et permet des économies importantes en matière d’émissions de CO2 et d’utilisation des terres », plaide Katrina Spade, 41 ans, qui a vanté la loi auprès des élus locaux. La jeune femme s’est prise de passion pour ces solutions alternatives à l’inhumation voici plus de dix ans – et elle a créé à Seattle la société « Recompose », qui a mis au point un processus de compostage humain qu’elle s’apprête à commercialiser. Pour Katrina cette nouvelle option est aussi riche de spiritualité : « L’idée de retourner à la nature de manière aussi directe et d’être placé de nouveau dans le cycle de la vie et de la mort, est en fait assez belle. »

Epine et poussière

Mais il y a une épine : en dépit de la poussière qui doit redevenir poussière, la conférence épiscopale de l’Etat de Washington a officiellement pris position contre cette loi dans une lettre transmise au Parlement local : « L’Eglise catholique croit que traiter des restes humains de cette manière ne fait pas suffisamment preuve de respect pour le corps du défunt. » Il est vrai que l’Eglise a longtemps refusé la créamtion. Avant de s’incliner.

Mais il faudra aussi compter avec la concurrence au pays du capitalisme triomphant : les entreprises de pompes funèbres n’apprécient guère. « Recompose » prévoit de facturer 5 500 dollars pour une « réduction organique », davantage que le prix moyen d’une crémation mais moins qu’un enterrement avec cercueil de qualité.

A méditer : Soleil vert (1973). « Nous sommes à New York en 2022. La métropole est devenue une mégapole de 44 millions d’habitants. 33]C. L’eau est rare. La faune et la flore ont quasiment disparu. La nourriture issue de l’agriculture également. La plupart des habitants n’ont pas les moyens d’acheter des aliments naturels, les prix étant exorbitants. Ils en sont réduits à manger des produits de synthèse, fournis par Soylent Industries, sous forme de tablettes carrées de couleur jaune, rouge ou bleue. Un nouvel aliment vient d’être lancé, le Soylent Green ; beaucoup plus nutritif, cet aliment est cher et disponible uniquement le mardi (…) ».

A demain

@jynau

Justice et Dépakine® : victime anonyme, il reçoit 1,326 million d’euros d’indemnisation

Bonjour

Comment être juste quand il s’agit d’indemniser ? L’affaire est rapportée par Le Parisien (Elsa Mari et Florence Méréo) : Un jeune homme de 20 ans, handicapé en raison de la prise de Dépakine® par sa mère durant la grossesse a obtenu 1,3 million d’euros du fonds d’indemnisation des victimes des « accidents médicaux ». La somme a été révélée au quotidien (actuellement très affûté sur les questions de « santé ») par la mère du jeune homme qui vit avec lui. Tous deux « souhaitent conserver l’anonymat ».

Les diverses pathologies de ce jeune homme (« malformation cardiaque, autisme, dépendance ») corrélées à la prise in utero de Dépakine® ont été « reconnus ». Il fait partie, selon Le Parisien, des premières personnes indemnisées par le fonds mis en place par l’Etat pour dédommager les victimes de cet antiépileptique fabriqué par la puissante multinationale pharmaceutique française Sanofi – troisème géant mondial du secteur.

La somme obtenue (1 326 721 euros) a « soulagé » la victime et sa famille -elle permettra de faire l’économie d’une longue bataille judiciaire. La mère regrette toutefois que le fonds n’ait pas retenu le terme d’« autisme », mais lui ait préféré celui de « trouble du déficit de l’attention » ; une qualification utilisée, selon certains patients, pour tenter de minorer certains versements.

La roulette russe

Pour Marine Martin, présidente de l’Apesac (Association des parents d’enfants souffrant du syndrome de l’anticonvulsivant) cette indemnisation élevée ne doit pas masquer des décisions beaucoup moins favorables dans la plupart des dossiers. « Les premières indemnisations sont faibles, partielles, elles peuvent être de zéro, trente ou cent mille. C’est la roulette russe », a-t-elle déclaré au Parisien.

La Dépakine®  (valproate de sodium) est tenue pour être responsable, depuis 1967, de malformations (entre 2 150 et 4 100 cas)  et de troubles neurodéveloppementaux (entre 16 600 et 30 400 enfants) selon des estimations de l’Assurance-maladie et de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM).

 « 1 655 dossiers sont en cours d’évaluation par des experts de l’Oniam (Office national d’indemnisation des accidents médicaux), précise le quotidien.  Il y a deux ans, la création de l’Oniam était pleine de promesse. Enfin, les familles allaient être indemnisées sans passer par les tribunaux. L’idée, mettre en place un dispositif amiable destiné aux victimes de la Dépakine®, plus communément appelé ‘’fonds d’indemnisation’’. Le seul en France après celui du Médiator.  Mais alors que les premières propositions de chèque arrivent dans les boîtes aux lettres, les montants étonnent, voire suscitent l’incompréhension. Jusqu’à présent, sur 1655 demandes de réparation, 170 ont été examinées, 11 rejetées et 20 font l’objet d’une offre définitive. »

« Radin l’Oniam ? » Pour l’heure cet argent reste celui de l’Etat, Sanofi ayant refusé de s’acquitter de tout ou partie des indemnisations. Une position que nombre d’observateurs tiennent pour intenable – sans même parler de sa dimension morale. A chaque indemnisation versée l’Etat se retournera contre la firme, devant les tribunaux.

On aurait imaginé moins compliqué. Mais, il est vrai, comment être au plus juste quand il s’agit d’indemniser ?

A demain

@jynau

«Notre-Dame Mère de la Lumière» : compatible avec la médecine hospitalo-universitaire ?

Bonjour

Nous avions parlé de lui en juillet 2018, soit le cas édifiant d’un médecin urgentiste par trop catholique. Ce médecin comparaissait mardi 21 mai devant le tribunal correctionnel de Caen (Calvados), pour « abus de faiblesse et sujétion psychologique » , rapporte Le Parisien (Louise Colcombet). Un médecin, qui exerce au CHU de Caen. Un médecin qui préside de l’association Notre-Dame Mère de la Lumière (NDML) – une jeune pousse du « renouveau charismatique », mouvement religieux apparu dans les années 1960 au sein des églises traditionnelles. Est-ce compatible ? Et la justice peut-elle, ici, se prononcer ?

« D’origine Libanaise, Alberto Maalouf est médecin urgentiste au CHU de Caen et travaille aussi au SAMU. Avec un groupe de jeunes catholiques, ils annoncent l’évangile et l’amour de Jésus à travers leur témoignage, l’aide aux plus pauvres (distribution de nourriture et de vêtements) et l’organisation de rassemblements de louange et de prières pour la guérison des malades. Alberto Maalouf témoigne partout dans la Francophonie de sa rencontre forte avec le Christ ! »  (Soirée Miracles et Guérisons. 17 novembre 2017 à 19:30)

L’urgentiste est soupçonné d’avoir fait de ce groupe religieux une communauté sectaire, au sein de laquelle vivent une vingtaine de personnes (hommes et femmes séparément) dans deux maisons, à proximité de Caen. Une dizaine d’entre elles serait dépendante psychologiquement du médecin et consacrerait leur existence et la moitié de leurs revenus à l’association.

Le Parisien : « Fils d’un ancien soldat libanais devenu prêtre, Alberto Maalouf raconte avoir trouvé Dieu en 2008, lors d’une visite à Medjugorje, le Lourdes bosniaque – pèlerinage marqué par sa guérison miraculeuse. La justice lui reproche ainsi d’avoir, lors de soirées marquées par des expériences mystiques intenses avec transes et convulsions, pratiqué l’exorcisme. Il organiserait également des « prières de guérison » avec apposition des mains et tiendrait des propos très durs, au-delà du rigorisme. »

Exaltations mystiques

La justice reproche notamment au médecin d’avoir pratiqué l’exorcisme lors de soirées avec « des expériences mystiques intenses ». L’urgentiste aurait également organisé des « prières de guérison » avec apposition des mains et tiendrait des propos « très durs ». Les membres de l’association seraient par ailleurs obligés de prier jusqu’à des heures tardives au point d’être épuisés, de jeûner deux jours par semaine ou de rompre avec leur famille.

« Les avocats du médecin ont balayé les accusations d’emprise sectaire, évoquant plutôt ‘’des louanges et des choses un peu exaltées’’, résume Le Quotidien du Médecin . La plupart des membres de l’association Notre-Dame Mère de la Lumière ne se considèrent pas comme victimes. NDML compterait jusqu’à 300 sympathisants.

Mais le mode de vie des membres « consacrés » a pourtant de quoi inquiéter, estime Me Rodolphe Bosselut, défenseur de deux anciennes adeptes – dont l’une sous curatelle renforcée, et de l’Unadfi, une association de lutte contre les dérives sectaires. « Sous des dehors fréquentables, on retrouve tous les signes de l’emprise sectaire avec perte d’identité progressive, souligne l’avocat. Les membres prient jusqu’à des heures tardives au point d’être épuisés, jeûnent deux jours par semaine, rompent avec leur famille. Tous ceux qui critiquent le mouvement sont diabolisés… ».

Le Parisien :  « Vivant en communauté dans deux maisons différentes – l’une pour les femmes, l’autre pour les hommes – les membres de NDML doivent être ‘’chastes’’. Vêtements moulants et jupes au-dessus des genoux sont proscrits pour les femmes et plusieurs couples ont été séparés par Maalouf et son bras droit, une certaine Marthe Q. qui, elle, prétend entendre la Vierge. »

L’urgentiste encourt jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 750 000 euros d’amende, la peine maximale prévue par le Code pénal lorsque l’abus de faiblesse est commis par le dirigeant d’un groupement « qui poursuit des activités ayant pour effet de créer, de maintenir ou d’exploiter la sujétion psychologique ou physique ». Le conseil départemental de l’Ordre des médecins du Calvados s’est constitué partie civile.

A demain

@jynau

Vincent Lambert : nouveaux combats, vidéo et «remontada»; funestes polémiques médiatiques

Bonjour

Jusqu’où ? La régression médiatique n’épargnera pas ce drame familial devenu affaire judiciaire. Bientôt les humoristes s’empareront de l’affaire Vincent Lambert. Déjà Les Grosses Têtes, sur RTL, offrent une croisière gratuite à un auditeur « s’il peut dire le nom de l’un des avocats des parents de Vincent Lambert » -celui qui a osé, hier, « être en liesse » en apprenant la décision de la Cour d’appel de Paris. Et qui a osé parler de « remontada » 1 Plus que funeste expression dont s’est aussitôt emparé le député (Mouvement Radical, Charente-maritime) Olivier Falorni gagant ainsi quelques minutes de célébrité médiatique dans l’hémicycle.

Où l’on voit aussi Laurent Joffrin, directeur de Libération, céder délibérément à la passion en dénonçant les fanatiques.

« Paroles des avocats des parents de Vincent Lambert, à l’annonce de la décision de la cour d’appel prescrivant la reprise des traitements, le tout dans une ambiance de fin de match : «On a gagné !», «c’est la remontada !». Déclaration de la mère de Vincent Lambert, avant ce nouveau délai, quand la fin des traitements a été annoncée : «C’est un crime, ce sont des nazis !» Laquelle a filmé une vidéo de son fils pour mettre le voyeurisme de son côté et exigé la «radiation» du médecin dont le «crime» a consisté à appliquer la loi. On voit de quel côté se situent la délicatesse, la décence, le sens de l’intimité et, pour tout dire, la charité chrétienne, dans cette affaire à tous égards tragique.

La vérité, c’est que les autorités médicales et judiciaires, jusqu’à la décision de la cour d’appel incluse, ont scrupuleusement respecté la lettre et l’esprit de la loi Claeys-Léonetti sur la fin de vie médicalisée, votée à la quasi-unanimité par l’Assemblée nationale (une assemblée de «nazis»,sans doute…) et appliquée depuis dans des centaines de cas similaires. L’indécence est d’ailleurs contagieuse : plusieurs leaders de la droite ont pris le parti extrême des parents Lambert, en contradiction totale avec le texte qu’ils ont eux-mêmes voté.

Cette loi est claire, en effet : si la volonté du patient va dans ce sens et si famille et médecins sont d’accord, il est à la fois légal et humain de ne pas se livrer à un acharnement «déraisonnable» en faveur de personnes réduites l’état végétatif sans espoir d’amélioration. Il n’y a aucun «crime»,aucune «illégalité», et encore moins de «nazis» ou de « remontada ». L’usage de ce vocabulaire outrancier, agressif et vulgaire confirme ce qu’on sait depuis le début : les parents Lambert, membre d’une secte illuminée d’intégristes catholiques, la Fraternité Saint Pie X, avec laquelle Vincent Lambert avait rompu brutalement, ont instrumentalisé la souffrance de leur fils dans le but d’imposer leurs principes obscurantistes et de porter haut les dogmes dont ils sont les croisés enfiévrés.

La volonté de Vincent Lambert ? Son épouse Rachel, qui vit depuis dix ans un double calvaire, personnel et médiatique, en est l’interprète légitime : Vincent, dit-elle – sans que les beaux-parents puissent la contredire sur ce point – ne souhaitait en rien qu’un jour, en cas de malheur, on fasse preuve d’acharnement à son endroit. C’est l’obstination de sa mère et celle de son père, longtemps militant de l’association Laissez-les vivre, qui a bloqué le processus légal. Cette obstination aboutit maintenant à clouer au pilori le docteur Sanchez, honnête médecin qui s’est contenté d’agir dans les règles.

La décision de la cour d’appel, surprenante, prolonge cette situation absurde. Ainsi le chemin de croix de son épouse et de ses proches pourra continuer pendant des mois, sous l’œil impudique des caméras, au milieu des cris discordants de zélotes fanatisés. »

Et maintenant ? Les parents de M. Lambert demandent, à nouveau, sa prise en charge dans un autre établissement de santé. « Ce n’est pas un sursis, c’est un nouveau départ. Le combat, à partir d’aujourd’hui, c’est le transfert de Vincent dans une unité spécialisée où il sera pris en charge de manière bienveillante par des spécialistes et non plus par ce CHU qui n’a fait de lui qu’un mort en sursis », a déclaré l’un des avocats des parents, Me Jérôme Triomphe, reprenant une position maintes fois affirmée. Et un transfert qui (pourquoi ?) n’avait jamais été autorisé. La mère, Viviane Lambert, s’était exprimée dans le même sens plus tôt dans la matinée en arrivant au CHU : « Vincent va bien. Nous demandons qu’il sorte de cet hôpital. Vincent n’est pas en fin de vie. Regardez les vidéos. Tout se passe dans le regard. Vincent n’a besoin que de boire, manger et d’amour. »

A l’opposé, Me Francis Fossier, l’avocat de Rachel Lambert, l’épouse et tutrice de Vincent Lambert, a annoncé sur Franceinfo qu’une plainte allait être déposée à la suite de la publication sur le site de l’hebdomadaire Valeurs actuelles d’une vidéo vraisemblablement tournée par les parents de M. Lambert montrant le patient allongé sur le côté tandis que sa mère lui parle. « On est dans l’intime d’un couple, d’une famille, a dénoncé Me Fossier. Diffuser de telles images, parler de “remontada” , vous vous rendez compte ? Comme dans un match de foot… C’est inqualifiable ».

On ne qualifiera pas

A demain

@jynau

1 « Remontada ». « Remontada in Spanish language means comeback. The word is often used when a team is behind on goals and needs to turn things around in order to win. They need a big comeback or remontada.

One of the most famous comebacks in history is when Liverpool overcame the first half 3-0 deficit to AC Milan in the 2005 Champions League final, to even the game up at 3-3 and eventually win the tournament via penalties.

The more recent ‘Remontada’ for the history books is the 2017 Barcelona win over Paris Saint-Germain in the Round of 16 of the Champions League. PSG won the first game in Paris 4-0 and Barcelona won the return match with the score of 6-1. Barca scored three times in the last few minutes of the game
. »

Vie moderne. Téléconsultation pour surveiller ses embryons. Telesemen pour congeler son sperme

Bonjour

Attention : jargon, publicité et auberge espagnole. La « Paris Healthcare Week » vient d’ouvrir ses portes avec pour « thème phare » la téléconsultation. « Alors qu’elle peine à se déployer en France, en Espagne, l’Institut Marquès 1, ‘’clinique de référence internationale en Gynécologie, Obstétrique et Médecine de la Reproduction’’ réalise depuis près de quinze ans, 80% des premières visites médiacles via Skype auprès de leurs patients »  vient de faire savoir cette entreprise. Et, pour « aller plus loin », elle a imaginé l’Embryomobile [sic], une application permettant aux parents de suivre, en tout temps, l’évolution de leurs embryons.

« La technologie est pleinement intégrée à la société et fait partie de tous les domaines de notre vie. C’est pourquoi l’Institut Marquès, centre de référence en procréation médicalement assistée, intègre dans ses centres les technologies les plus avancées et les plus surprenantes, dans le cadre de traitements permettant de réaliser le rêve d’avoir un bébé. En effet, 80% des premières visites médicales à l’Institut Marquès se font par Skype et durent en moyenne une heure, bien que le médecin réserve dans son agenda une marge plus grande, d’une heure et demie ».

Première visite gratuite

Lors de la première visite (« gratuite »), les patients sont assistés par un gynécologue spécialisé dans la procréation assistée. Avant la vidéoconférence, l’expert demande des examens préalables afin de leur proposer un diagnostic professionnel et personnalisé. Lors de la visite, le médecin peut prescrire des médicaments ou un test médical. Sous certaines conditions, les patientes peuvent prétendre à une une prise en charge sous certaines conditions de la Sécurité Sociale française grâce au « dossier d’entente préalable de prise en charge des soins à l’étranger ».

Nouveauté : « En plus de vidéoconférences, l’une des grandes innovations technologiques de l’Institut Marquès est l’Embryomobile, une application développée par le centre qui permet aux parents de suivre, en temps réel et de n’importe où, l’évolution de leurs embryons. »

Le meilleur embron et les autres

Cette application est connectée à l’Embryoscope, un incubateur avec caméra intégrée qui reproduit les images des embryons en développement, afin que les parents puissent effectuer un suivi détaillé de l’évolution de leurs embryons. En plus d’être un exemple de transparence extraordinaire, l’utilisation de l’Embryomobile apporte la tranquillité, réduit considérablement l’anxiété et le stress et favorise l’implantation.

Une étude menée sur l’utilisation de cette application indique que « des milliers de patients » utilisent déjà Embryomobile : 43% d’entre eux se connectent plus de cinq fois par jour pour voir leurs embryons ; 27%, entre 2 et 4 fois ; 23%, une fois. Elle révèle également que 51% des participantes ont été en mesure de choisir le « meilleur embryon » pour obtenir une grossesse et que, parmi elles, 74% ont « correctement choisi l’embryon » qui serait (éventuellement) transféré ou vitrifié.

A venir : le Télésemen, développé et breveté par l’Institut Marquès (mais pas encore disponible). Le patient pourra  « congeler son sperme de n’importe quel point de la planète » et « le faire parvenir à la clinique, sans avoir à se déplacer ». « C’est une solution très pratique et confortable pour éviter les déplacements ou pour raisons de vie privée » plaide l’Institut Marquès.

Vie privée ?

A demain

@jynau

1 L’Institut Marquès se présente ainsi : « Centre de référence international en matière de gynécologie, d’obstétrique et de procréation assistée, basé à Barcelone, Londres, Irlande (Dublin et Clane), Italie (Rome et Milan) et Koweït. En Italie, grâce à son siège à Milan et à la collaboration avec la clinique Villa Salaria à Rome, l’Institut Marquès offre une solution complète pour les personnes souffrant de problèmes de stérilité. Le centre, fort expérimenté dans des cas particulièrement difficiles, aide des personnes du monde entier à réaliser leur rêve de devenir parents. L’Institut Marquès offre les taux de réussite de grossesse les plus élevés, avec 89% par cycle de FIV avec don d’ovocytes. Leader en innovation, il développe un important axe de recherche sur les avantages de la musique en début de vie et de la stimulation foetale. www.institutmarques.com »

Vincent Lambert et la « danse du scalp » : ce qu’Axel Kahn ne vous dira pas dans les médias

Bonjour

En parler ou pas ? Si oui comment ? Si non comment dire pourquoi ?  Voici ce que nous dit l’inépuisable Axel Kahn, médecin, ancien généticien et essayiste humaniste sur son compte twitter :

« J’ai refusé plus d’une demi-douzaine d’interviews sur le cas de Vincent Lambert dans les médias nationaux. Par décence. Je l’explique dans ce tweet : « Vincent Lambert est depuis onze ans dans un état végétatif. Il n’a pas laissé de directives anticipées. Ses plus proches s’opposent sur son sort, le laisser mourir ou le laisser vivre. Situation tragique et quasi insoluble. Aggravée par l’indécence de presque tous, insupportable »

La danse du scalp autour du corps sans vie relationnelle de Vincent Lambert est obscène. Oui, la situation est bloquée et, dans l’état de la législation, ne peut-être débloquée sans recours. Les dispositions de la Loi Léonetti sont applicables à Vincent Lambert. Celles d’une loi d’euthanasie le seraient si elle existait. Mais VL ne peut rien demander, il n’a pas de son vivant laissé de directives anticipées. Ses plus proches s’opposent. La loi n’établit pas de hiérarchie entre le poids de leurs avis concernant leur mari et leur fils. Dès lors, les juridictions ont toute latitude pour hésiter et s’opposer. Ce qu’elles font. Ce serait exactement la même chose avec une loi d’euthanasie, là n’est pas le problème.

Même d’un pont de vue moral, le dilemme est quasi-inextricable. La femme semble l’ayant-droit principal. « Tu quitteras ton père et te mère et prendras époux-se ». De plus, la vie d’une femme mariée à un mari vivant mais en état végétatif est doublement bloquée. Cependant, les situations où un(e) époux-se peut souhaiter la mort de son conjoint sont plus nombreuses qu’en ce qui concerne une mère vis-à-vis de son enfant. Pas de solution simple, la tragédie à l’état pur.

Alors, décence, oui, c’est bien la seule position digne. Voir l’extrême-droite et la droite d’un côté, LFI, Benoît Hamon et la mairie de Paris d’un autre, prendre position est douloureux et me semble profondément incorrect.

Je me retire sur la pointe des pieds.»

En parler ou pas ? Si oui comment ? Si non comment dire pourquoi ? Et savoir se retirer, si possible sur la pointe des pieds.

A demain

@jynau

Quand Libération et Le Figaro éclairent de manière exemplaire l’affaire Vincent Lambert

Bonjour

21 mai 2019. Il y a la solennité tragique du sujet. L’émotion nationale et internationale (« Vincent Lambert: Life support must resume after court reverses ruling », BBC) qu’elle suscite. Les rebondissements spectaculaire dont elle est l’objet. L’affaire Vincent Lambert a pour effet de conduire les médias généralistes à dépasser les propos attendus, à élargir leurs colonnes. C’est le cas aujourd’hui de Libération et du Figaro.

Pour Libé nous venons de citer le remarquable « message aux Français » du Pr  Steven Laureys, spécialiste belge de neurologie, à la tête  Coma Science Group centre pionnier du  CHU de Liège et expert de renommée internationale (on trouvera ici sa biographie résumée). Extrait

« Mon deuxième message est d’inviter chaque citoyen à rédiger un testament de vie ou des directives anticipées, ou à choisir une personne qui saura dire votre souhait si vous n’êtes plus en état de l’exprimer. C’est essentiel que la personne soit entendue et que, par exemple, le choix de Vincent Lambert soit entendu. Mais pourquoi est-il si difficile d’avoir un débat démocratique sur ces sujets ? Les situations ne sont jamais ni toutes noires ni toutes blanches. Avec Vincent, l’histoire s’est tant polarisée qu’elle est devenue une affaire de lobbys. Et cela des deux côtés. On oublie la complexité, la réalité biologique.

« Il n’y a pas un droit à la vie ou la mort, mais un droit à la qualité de vie. En vingt ans, j’ai fait un cheminement, je ne juge plus. Qui suis-je pour dire le bon choix ? C’est triste que ce débat soit si difficile en France. Vous avez d’excellents hôpitaux, des soins intensifs remarquables, mais il y a des choses qui nous échappent. Là est le défi : avoir un débat serein.»Et en écho, dans Le Figaro un texte également remarquable : « Vincent Lambert, l’otage de nos peurs ». Il est signé de Laurence de Charrette. Extrait

«  Vincent Lambert est la victime de cette grande opération de dénégation qu’a entreprise l’homme moderne, qui croit vaincre la mort en la donnant lui-même, ou bien la nie en chassant les mourants des maisons comme autrefois on éloignait les lépreux dont on craignait la contagion. Il est l’exutoire d’une nouvelle poussée de cet hygiénisme hostile à toutes les formes de faiblesse, vues comme autant d’affronts au progrès et d’obstacles à l’épanouissement. Et, plus profondément, il est l’otage de nos peurs

« Dans cette conception manichéenne du monde amputée de transcendance, les ‘’gentils’’ sont ceux qui nous feraient la politesse de s’en aller proprement, vite fait bien fait, s’il vous plaît – «dignement», nous dit-on. Non parce qu’ils seraient forcément si las de cheminer sur la terre, même lorsqu’il leur faut emprunter des sentiers escarpés, mais bien parce que, nous, nous ne voulons pas voir sur leurs visages et dans leurs corps les signes des maladies ou du temps qui passe et nous attend, quelque part, à notre heure.

« Les ‘’méchants’’, quant à eux, chercheraient à imposer une vie monstrueuse à des êtres déchus pour lesquels l’existence serait une humiliation – à moins que ce ne soit l’inverse, et que ce ne soit eux que l’on juge humiliants pour le monde. Ces rustres seraient pleins de cruauté pour les plus faibles et de ridicule dans leur obstination à chercher la grandeur de l’humanité dans ses blessures. Sans doute Romain Gary, si merveilleux poète des fragilités dont on loue l’entrée dans la ‘’Pléiade’’, devrait-il aujourd’hui être classé du côté obscur de la Force…« Aveuglés par cette sorte de dolorisme masochiste – qu’on attribue aux catholiques notamment -, les ‘’méchants’’, toujours, issus d’une caste désuète et ignorante qui n’aurait pas été suffisamment éclairée par les lumières du progrès, nourriraient un appétit malsain pour la souffrance – surtout chez les autres. Peu importe, aux yeux de leurs accusateurs, que de grands établissements de soins palliatifs, comme l’institut Jeanne-Garnier, où Jean Vanier s’est éteint il a deux semaines, aient été au contraire fondés sous l’impulsion des chrétiens… (…)

« Il ne faut pas s’étonner que cette vision tronquée et cruellement privée de compassion de l’humanité conduise à glisser, un jour ou l’autre, du désir d’«accompagner la fin de vie sans faire obstacle à la mort» (soins palliatifs) à la volonté de provoquer la mort en faisant obstacle, cette fois, à la vie. L’euthanasie, qui est au cœur du débat que soulève l’affaire Vincent Lambert, sorte de raccourci magique qui permettrait de passer de vie à trépas en court-circuitant l’agonie, serait ainsi une assurance contre toutes souffrances, espèrent ses partisans. Ils en font ainsi une ‘’liberté’’ (fondamentale, forcément), se refusant à admettre que, par nature, la liberté ne peut déprendre d’un événement et qu’elle ne se conquiert que par la voie intérieure. »

21 mai 2019. Il n’est pas interdit de lire le plus vieux quotidien de France encore en vie et, en même temps, celui créé par Jean-Paul Sartre. Pas plus qu’il est interdit d’imaginer que le message à nous adressé par le Pr Steven Laureys n’est pas incompatible avec les convictions exprimées par Laurence de Charrette.

A demain

@jynau