Le couperet obstétrical va bientôt tomber : demain, à minuit, mort de votre maternité

Bonjour

Un communiqué de presse peut signer la fin d’une époque. Ainsi celui de l’ARS Centre-Val de Loire : « Suspension d’autorisation de la maternité [15 lits, 1 salle de pré-travail, 2 salles d’accouchement, 3 couveuses, une salle de bloc opératoire opérationnelle 24h/24, 3 tables de réanimation néonatales, 1 salle de photothérapie] du Centre hospitalier de Châteaudun ». On y apprend  que l’établissement  n’est plus « en mesure de garantir la sécurité et la qualité des prises en charge », que le Centre hospitalier « a confirmé une possible dégradation à court terme des effectifs d’anesthésistes réanimateurs et les risques d’un recours important à l’intérim » et que le « centre hospitalier de Châteaudun ne réunit plus les conditions pour l’exercice de l’activité de soins de gynécologie-obstétrique en hospitalisation complète ».

In fine, et « malgré le professionnalisme et les compétences des personnels » les portes seront fermées à compter du 28 mai 2018 minuit. Quid des femmes et des futurs nouveau-nés concernés ? Il revient au centre hospitalier de Châteaudun d’organiser, « en coordination avec l’ensemble des établissements les plus proches disposant d’une maternité », les modalités d’accompagnement et de prise en charge des femmes concernées par cette décision.

Et demain ? « L’ARS Centre-Val de Loire continue à travailler avec l’ensemble des acteurs concernés sur un projet qui permettra d’assurer à la population du bassin dunois une réponse satisfaisante aux besoins de soins. » On poursuit la lecture du communiqué de presse :

« La mise en place d’un Centre périnatal de proximité est un moyen efficace d’assurer une prise en charge en amont et en aval de l’accouchement et de garantir sur place une offre de gynécologie à tout âge de la vie en intégrant les dimensions de l’éducation à la santé et de la prévention. Un plan d’actions prioritaires a d’ores et déjà été lancé pour répondre à la décision récente de non certification prise par la Haute Autorité de Santé. La mobilisation et l’engagement des professionnels de l’établissement dans une dynamique active de qualité et de gestion des risques, permettra de construire pour le Centre hospitalier de Châteaudun un avenir solide, appuyé sur des coopérations et des complémentarités aptes à garantir une réponse de qualité aux besoins de la population. »

Où l’on voit, concernant la population du « bassin dunois », l’aisance de cette ARS dans le maniement de la langue de bois.

A demain

L’étrange courrier des Prs Joyeux et Montagnier au locataire du Palais de L’Elysée

 

Bonjour

« Le professeur Joyeux, médecin à effets indésirables », c’est le titre du portrait signé de la journaliste Zineb Dryef – portrait publié dans la dernière livraison de « M » supplément glacé du Monde. Actualité : la possible radiation définitive de l’Ordre des médecins de celui qui est progressivement devenu l’étrange porte-drapeau tricolore des innombrables militants opposés aux vaccinations forcées et à Big Pharma. Henri Joyeux, « le cauchemar du ministère de la santé ».

« Multipliant ouvrages et conférences, ce chrétien traditionaliste use de sa crédibilité de professeur en médecine pour prêcher sa bonne parole pseudoscientifique : contre l’industrie pharmaceutique, mais aussi contre la pilule, l’IVG et l’homosexualité, résume Le Monde. Une croisade idéologique qui pourrait bien lui valoir, le 24 mai, à 72 ans, sa radiation définitive »

 Nullement allergique aux passages sur les riants plateaux télévisés, porté aux nues par quelques stars (Sophie Marceau, Isabelle Adjani), auteur de best-sellers (Éditions du Rocher), conférencier adulé, souvent cité l’homme demeure mal connu, souvent insaisissable. De ce point de vue cet excellent  portrait fournit quelques enseignements essentiels à qui veut comprendre les racines les plus profondes des oppositions vaccinales. Il refuse généralement les rencontres avec les journalistes critiques de la presse généraliste. Faisant une exception pour Le Monde il a, en préalable, adressé un CV de vingt-quatre pages « sa vie (six enfants, huit petits-enfants), son oeuvre, ses combats (la famille, la nutrition, les vaccins), ses écrivains et philosophes préférés (Romain Gary, Friedrich Nietzsche, René Girard…) ».

Et de redire qu’il n’est pas un anti-vaccinal radical. Il se bornerait à « émettre des réserves ». C’est bien évidemment nettement plus complexe. Ses propres enfants ? Ils sont vaccinés contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite , mais  « il n’était pas question » de les vacciner contre l’hépatite B. Ses petits-enfants ? « En fonction de ce dont ils ont besoin, rougeole, oreillons, rubéole, parce qu’il n’y a pas d’aluminium dans le ROR, mais ils ne vont pas suivre la loi de Mme Buzyn. » Onze vaccins sont obligatoires depuis le 1er janvier 2018. Lesquels préconise-t-il ?  » « L’allaitement maternel, le meilleur des vaccins. »

Lette énigmatique à Emmanuel Macron

Tout est ainsi résumé d’une position qui, au-delà de l’aluminium et des vaccins, autorise finalement tous les discours, toutes les croyances, tous les amalgames.  Son site officiel le démontre à l’envi. Site où l’on découvre une étrange lettre ouverte en faveur du « principe de précaution » co-signée avec le Pr Luc Montagnier, prix Nobel de médecine – lettre énigmatique adressée à Emmanuel Macron, président de la République. Extraits :

« Il est désormais impératif et urgent d’inscrire le principe de précaution en matière de santé et de médecine dans la Constitution, à la place qui lui est naturellement due. Le président de la République doit être le premier protecteur de la santé des Français. Nous avons le droit le plus précieux d’exiger des médicaments sans danger.

Le principe de précaution le garantira. Les laboratoires pharmaceutiques seront d’autant plus vigilants qu’ils engageront leur responsabilité de façon renforcée ; ainsi leurs profits seront mérités et la recherche, encouragée.

Cette avancée restaurera la sérénité. La France doit montrer l’exemple dans le concert des nations. Ce n’est pas une affaire de religion, de tendance politique, d’appartenance ethnique, de catégorie sociale, de niveau de richesse ou d’orientation sexuelle : c’est l’affaire de tous, sans différence, dans le respect de la devise de la France : liberté, égalité, fraternité.

Nous, signataires de la présente lettre ouverte, vous demandons, Monsieur le Président de la République, d’exercer en conscience, avec autorité, sagesse et courage, vos prérogatives pour que le principe de précaution en matière de santé et de médecine soit inscrit dans la Constitution, par la voie parlementaire ou référendaire, afin de nous protéger. »

Un médecin peut-il tout dire ? Le 24 mai, à 9 heures, Henri Joyeux comparaîtra devant la chambre disciplinaire du Conseil national de l’ordre des médecins. La suite d’une affaire suivie sur ce blog et qui démontre que l’homme n’est pas sans soutiens. Le Pr Joyeux  aura pour avocat, cela ne s’invente pas, Me Jean-François Jésus. « On ne me fera pas taire, assure-t-il au Monde. Si je suis radié, j’irai au Conseil d’État. J’irai jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme. » Avec son confrère Luc Montagnier aura-t-il, d’ici là, reçu une réponse du locataire de l’Elysée ?

A demain

 

 

SAMU : le directeur du CHU de Strasbourg ne laisse aucune chance à l’opératrice. A quel titre ?

Bonjour

Trois enquêtes en cours mais – déjà- le méchant bruit du couperet tombé. Christophe Gautier, directeur général des Hôpitaux universitaires de Strasbourg, a choisi de s’exprimer sur l’affaire éclairante désormais célèbre qui, tardivement, le rattrape : celle des  conditions de prise en charge de l’appel de détresse de Naomi Musenga, décédée le 29 décembre dernier. M. Gautier vient de s’exprimer dans un entretien au Quotidien du Médecin. Echange prématuré ? Echange qui vaut, ici,  d’être rapporté. Extraits :

Le Quotidien :  En savez-vous maintenant davantage sur le déroulé des événements du 29 décembre, et sur les erreurs commises ce jour-là ?

Christophe Gautier :  Nous avons acquis la forte présomption d’un manquement aux procédures de la part de l’opératrice du SAMU. Outre son ton, qui ne correspond pas à l’empathie que l’on doit attendre de la part d’un personnel hospitalier, l’opératrice aurait dû transférer l’appel à un médecin régulateur, or elle ne l’a pas fait. Ce jour-là, l’activité était certes soutenue, mais pas exceptionnelle. Par ailleurs, l’opératrice en était à son 2e jour de travail consécutif après une période de 15 jours de congés. Dans le cadre de l’enquête administrative, j’ai prononcé le 9 mai la suspension à titre conservatoire de l’opératrice (…)

Le Quotidien :  La famille de Naomi a obtenu la bande magnétique de l’enregistrement de l’appel, diffusée plusieurs semaines plus tard. Une procédure de signalement d’événement indésirable n’aurait-elle pas dû être lancée immédiatement ?

Christophe Gautier : Cette procédure aurait dû être lancée, et ne l’a pas été ! Il était normal que la famille obtienne la bande, mais pas de cette manière. La question des conditions de transmission de cette bande à la famille est d’ailleurs au cœur des trois enquêtes qui sont actuellement en cours. La procédure de signalement de l’événement indésirable grave aurait quant à elle dû porter sur les conditions de traitement de l’appel. Une procédure de signalement aurait dû être enclenchée lors de la remise de la bande enregistrée à la famille de Naomi Musenga. La remise de cette bande aurait également dû faire l’objet d’un accompagnement auprès de la famille. »

Voilà qui est dit. M. Gautier est-il en partie impliqué ? Où sont les responsables ? Quels seront, in fine, les noms des coupables ? A quel titre M. Gautier parle-t-il ? Et ce méchant bruit du couperet, déjà, tombé.

A demain

A Montbazens, deux enfants tués par un tracteur conduit par un pompier en état d’ivresse

Bonjour

Lendemain de Pentecôte, journée de Solidarité. La France radiophonique se réveille avec ce que la presse range dans la catégorie des faits divers. Un « fait divers » qui, ici, a le visage du tragique. A Montbazens, dans l’Aveyron un garçon et une fille de sept et huit ans, qui faisaient du vélo, sont morts après avoir été percutés dans une rue par un tracteur conduit par un homme en état d’ivresse.

L’accident s’est produit le 19 mai peu avant 18 h. Les deux enfants, qui ont été percutés par ce tracteur équipé d’une remorque. Les décès ont été déclarés par les médecins du SMUR après de longues tentatives de réanimation, a précisé le chef de salle du centre opérationnel des pompiers du département. Un hélicoptère venu de Rodez avait été dépêché sur place, en vain. Une enquête a été ouverte par la gendarmerie. Le conducteur a été interpellé et placé en garde à vue et entendu « après dégrisement » a précisé le vice-procureur Chérif Chabbi.

Prévenir la tragédie

 On apprend aujourd’hui que ce conducteur est un pompier professionnel et avait « près de 2 g d’alcool dans le sang » au moment de l’accident. C’était après « un banquet familial ».  La garde à vue de cet homme de 27 ans, pompier dans une caserne parisienne, a été prolongée de 24 heures. Il sera « déféré le 21 mai devant la justice ».

Selon les premiers éléments de l’enquête, cet homme avait déjà été condamné, en 2011 et dans le département de l’Aveyron pour conduite en état alcoolique, a indiqué le vice-procureur.

Une cellule médico-psychologique a été mise en place le lendemain de l’accident dans les locaux de la mairie de Montbazens. Deux autres cellules seront ouvertes, demain 22 mai. L’une dans l’école de Montbazens où était scolarisée la fillette et  l’autre dans l’établissement scolaire du garçonnet, dans le département du Lot.

Faudrait-il, tragédie, ne voir ici que le destin et la fatalité ?

A demain

 

Fumeur, savais-tu que ta Nicorette-Skin® te sera bientôt remboursée par la collectivité ?

 

Bonjour

C’est un communiqué rédigé par des publicitaires et destiné aux journalistes qui œuvrent dans le vaste champ de la santé. Leurs confrères politiques et économiques ne semblent pas conviés. Ce qui ne manque pas d’interroger. Un communiqué de presse qui ne manque pas de sel – accroché à une publication du Journal Officiel  du 16 mai.

Nous sommes ici dans un domaine nouveau en France : le « remboursement des substituts nicotiniques  par la sécurité sociale ».

« Egalité pour tous face au sevrage tabagique : NICORETTESKIN®16h, deviennent suite à cette publication les premiers et seuls patchs nicotiniques à date, à répondre à l’appel ! » assure le fabricant : le « laboratoire Johnson & Johnson Santé Beauté France ». Ce dernier  s’engage désormais dans l’accès au sevrage tabagique pour tous en inscrivant au remboursement ses patchs NICORETTESKIN® 16h, premiers et seuls patchs nicotiniques à date, à être remboursés ».

Et de nous éclairer : « Dans le cadre du nouveau plan santé « priorité prévention », présenté le 26 mars dernier par le gouvernement, la prise charge ‘’classique’’ des substituts nicotiniques par la sécurité sociale a été annoncée. Il a toutefois été spécifié que « ce mouvement est progressif car il implique une démarche des laboratoires ». Et le laboratoire Johnson & Johnson Santé Beauté France est le premier. Pourquoi ? Comment ? Et, surtout, pourquoi si tard ? Nous ne le saurons pas à la lecture de ce communiqué….

Cigarette électronique

En savoir plus ? Le Dr Anne-Laurence Le Faou, responsable du centre ambulatoire d’addictologie, à l’hôpital européen Georges-Pompidou (APHP) à Paris et Présidente de la Société Francophone de Tabacologie, ainsi que le laboratoire Johnson & Johnson Santé Beauté France s’exprimeront (peut-être) sur ces sujets. Rendez-vous gratuit le 24 mai prochain, vers midi, dans un grand hôtel parisien.

Le « laboratoire Johnson & Johnson Santé Beauté France » y révélera « en avant-première » les résultats d’un sondage réalisé sur un panel de mille Françaisun sondage ayant pour objectif « d’évaluer l’impact du remboursement par la sécurité sociale des substituts nicotiniques ». La question aurait pu être posée différemment : les esclaves aimeraient-ils être aidés par la collectivité pour briser leurs chaînes addictives tabagiques qui, pour partie, profitent à l’Etat ?

On pourrait, aussi, s’intéresser, ici, à la cigarette électronique.

A demain

Deux morts dans l’attente des urgences : l’onde de choc, la réaction politique d’Agnès Buzyn

Bonjour

Accepter ou s’indigner ? Ce sont bien évidemment les réactions d’indignation qui affluent. L’annonce de la mort, de deux personnes de 90 ans, mi-avril et début mai, dans la salle d’attente des urgences du CHU de Tours a rapidement pris une ampleur nationale. On sait aujourd’hui que l’une des deux personnes est restée plus de six heures sur un brancard et la seconde plus de quatre heures.

Un infirmier aux urgences de nuit a déclaré à l’AFP : «Ces personnes ont été vues par les infirmiers d’accueil. Elles n’ont pas pu être placées en box pour être examinées médicalement et se voir prodiguer les soins nécessaires suffisamment tôt. Elles sont décédées dans une salle d’attente, post-triage, sur des brancards au milieu d’autres personnes qui attendaient d’être prises en charge». Cet infirmier dénonce «un goulot d’étranglement à l’entrée des urgences qui crée un temps d’attente inacceptable».

Le Pr Gilles Calais, président de la Commission médicale d’établissement et membre de la direction du CHU de Tours, a déploré également auprès de l’AFP que «ces patientes en détresse médicale importante, grave, soient décédées dans des délais entre 4 et 8 heures après leur admission». « Des patients en fin de vie doivent-ils mourir aux urgences? Non. Il faut réguler les flux en amont, explique-t-il. Nous avons deux cents décès aux urgences chaque année. La majorité surviennent dans ces conditions-là. Ce n’est pas une problématique spécifique au CHU de Tours. »

Droit d’alerte

Localement les soignants hospitaliers dénoncent un manque d’effectif, de moyens et de temps pour s’occuper des patients admis aux urgences.  Anita Garnier, infirmière de nuit à Trousseau, (syndiquée Sud) a résumé à La Nouvelle République sa vision de la situation :

« On dénonce l’impossibilité de prendre en charge correctement les patients dans ce service, qui enregistre en moyenne plus de 150 passages par jour. Des décès aux urgences, il y en a souvent, tous les jours malheureusement, mais ce sont les conditions de la mort de ces deux patients qui ne nous conviennent pas, dans la salle d’attente précisément. « Ces deux défunts n’ont pas eu le droit de mourir dans la dignité, avec un proche à leur côté, dans un box individuel, et n’ont pas pu avoir les soins d’hygiène nécessaires. Nos personnels n’ont pas eu la possibilité de leur offrir cela, à cause du flux et du manque de lits dans une salle bondée. » 

Sud Santé avait déjà, précisément, prévenu des risques aux urgences en déposant le 3 février dernier, un droit d’alerte portant sur les conditions de travail et d’accueil au sein des urgences. Ils dénonçaient alors des salles d’attente bondées, et les possibles conséquences dans la qualité de la prise en charge.

Insupportable

Accepter ou s’indigner ? Le fonctionnement du CHU de Tours est affecté depuis plusieurs mois par une série de mouvement de grève touchant différents services – sur fond de suppression de lits, de restructuration et de tension croissante entre la direction et les syndicats hospitaliers. François Braun, président de Samu-Urgences de France, dénonce une situation inacceptable et appelle justement à une réorganisation du dispositif. « Tout cela montre l’urgence de repenser tout le système, mais pas un petit bout du système., dit-il. Quand vous travaillez aux urgences, c’est pour sauver des gens. Quand il arrive un drame comme celui là, ils sont directement touchés dans leur chair. »

Accepter ou s’indigner ? Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé a jugé nécessaire, au vu de l’émotion suscitée par la découverte de ces deux décès, de prendre la parole, parole terrible reprise par France-Bleu  :

« Franchement, évidemment c’est insupportable. Moi même, je me rappelle quand j’étais médecin d’avoir vu des personnes âgées sur les brancards dont personne ne s’occupait. Je sais à quel point les conditions se sont dégradées depuis 10 ou 15 ans.  Ce n’est pas l’arrivée au pouvoir de ce gouvernement, qui fait que tout d’un coup, cela explose. On rabote les moyens de l’hôpital. Il faut revoir qui fait quoi entre la médecine de ville et la médecine hospitalière. Je m’engage à une transformation systémique de notre système de santé. »

La ministre pressent-elle qu’il faudra transformer plus, beaucoup plus, que « notre système de santé » ? Le Comité national nationale d’éthique vient de dénoncer la concentration, la «ghettoïsation» et l’abandon de nombreuses personnes très âgées au sein de notre société. Que pourra, ici, Agnès Buzyn ?

A demain

Mourir, à 90 ans, dans la salle d’attente des urgences d’un CHU. Accepter ou s’indigner ?

 

Bonjour

18 mai 2018. Nouvelle République : « Deux décès de nonagénaires mal vécus aux urgences » (Olivier Pouvreau). Où l’on apprend que deux femmes, âgées l’une et l’autre de 90 ans, viennent de mourir aux urgences du CHU Trousseau de Tours. Mortes dans la salle d’attente des urgences. La première y était venue adressée par un Ehpad de Tours. Elle y est morte dans la nuit du 11 au 12 avril, à minuit. La seconde avait été adressée par un service de soins de la commune voisine de Luynes, décédée à 20 h 45, le 3 mai. « Cela provoque beaucoup d’émotion chez les familles et dans les services, lit-on dans La Nouvelle République. La plaie reste ouverte. »

Le quotidien régional a interrogé le Dr Pierre-François Dequin, chef de pôle. « Nous avons régulièrement des décès aux urgences, malheureusement, explique-t-il. Le service s’est organisé car nous y accueillons de plus en plus de personnes en fin de vie. Il faut accompagner au mieux ces patients qui ont des pathologies lourdes parfois. Il ne serait pas raisonnable de les transférer dans d’autres services. Ces deux événements nous ont marqués, en effet, car ils ont eu lieu en salle d’attente. Ces personnes avaient déjà vu une infirmière de l’organisation de l’accueil. Les personnels et familles sont évidemment meurtris par cette situation. C’est un drame. Nous sommes de tout cœur avec eux.»

Soignants allongés au sol, sur les voies du tramway

Le Dr Dequin rappelle encore que le vieillissement de la population est un problème sociétal important, que l’hôpital n’est qu’un maillon de la chaîne, qu’il lui faut accueillir ces patients, de façon la plus humaine possible, « même si le cadre n’est pas idéal ». Et que son hôpital s’adapte le mieux possible à cette mission nouvelle.

Contactés par le quotidien deux représentants syndicaux du CHU établissaient un lien entre ces décès et « la suppression de lits et postes ». Et s’interrogeaient sur « les conditions de la prise en charge » des personnes. A leurs yeux, mourir en salle d’attente des urgences c’est « difficilement compréhensible ».

18 mai 2018. Nouvelle République : « CHU : ‘’jeudi de la colère’’ ». Où l’on entend le long « cri du cœur » lancé la veille par Anita Garnier, infirmière de nuit aux urgences au CHU Trousseau, syndiquée Sud. Elle s’exprimait devant ses collègues allongés au sol, sur les voies du tramway, place Jean-Jaurès à Tours, comme pour exprimer la mort de leurs métiers :

 « Mes conditions de travail, ça me tue, revenir sur mes congés, ça me tue, voir mes collègues souffrir, la maltraitance institutionnelle, les suppressions de postes, ça me tue, la fermeture des lits, l’attente aux urgences, le marchandising du soin, ça me tue… Le manque de temps auprès des patients, le mépris, les suicides de mes collègues, la pression au travail, les nursings à la chaîne, ça me tue… »

A demain