Elle avait étouffé son bébé jusqu’à ses deux ans: cinq ans de prison, dont trois avec sursis

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Elle avait « caché son bébé dans le coffre de sa voiture pendant deux ans ». Dissimulé cet enfant dans cet espace lui infligeant des privations invraisemblables à l’origine des handicaps désormais irréversibles.  Rosa Maria Da Cruz a été condamnée, ce vendredi 16 novembre, à cinq ans de prison, dont trois avec sursis, par la cour d’assises de la Corrèze. Si rien ne change elle restera emprisonnée le temps durant lequel elle avait étouffé son bébé.

Rosa Maria Da Cruz  était poursuivie pour « violences suivies de mutilation ou infirmité permanente sur mineur de 15 ans par ascendant, privation de soins ou d’aliments compromettant la santé d’un enfant et dissimulation ayant entraîné atteinte à l’état civil d’un enfant ». Huit ans de prison avaient été requis par l’avocat général Olivier Kern. Ce dernier  avait souligné « la nécessité impérieuse de cette condamnation » pour que l’accusée, mère de trois autres enfants, « comprenne que Séréna n’est pas un non-événement ».

« Ce procès n’est pas le procès du déni de grossesse », avait-il également déclaré – référence à la thèse plaidée par la défense de l’accusée. « Songez bien, deux ans, ce n’est pas quelques semaines (sic) avait-il ajouté. ll en faut de l’organisation, de la réflexion pour cacher un enfant à ses proches directs, son conjoint, ses enfants. Elle fait le choix de la dissimulation de cet enfant. » Est-ce bien aussi simple ?

L’AFP nous dit que Mme Da Cruz est restée, face aux réquisitions, comme pendant l’essentiel du procès, figée, parfois prostrée, voire recroquevillée auprès de son avocate, dos tourné à la salle, la tête appuyée sur sa main, et le visage masqué par un épais rideau de cheveux bruns. « Je voudrais demander pardon à Serena pour tout le mal que je lui ai fait », a-t-elle déclaré d’une voix faible et lasse, alors que son avocate venait de plaider l’acquittement. « Je me rends compte que je lui en ai fait beaucoup, et que je ne reverrai plus jamais ma petite fille ».

Auparavant, les parties civiles avaient bien évidemment appelé à ne pas « psychologiser le débat à outrance », comme on peut être tenté de le faire pour comprendre « comment une mère peut-elle faire ça ». Séréna est aujourd’hui âgée de 7 ans et vit en famille d’accueil depuis cinq ans. Comment peut-on, collectivement et sans psychologie, comprendre comment on peut en arriver là ?

A demain

@jynau

 

«PMA pour toutes/sans père» : Emmanuel Macron ne maîtrise plus les aiguilles des horloges   

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Le décryptage politique affûté reste à faire – mais c’est à l’évidence un symptôme signifiant des tâtonnements récurrents de  la Macronie.  Nous l’évoquions hier, sur la foi d’une indiscrétion de Libération. C’est aujourd’hui acté par l’AFP. « Pressé par sa majorité et toute la gauche, mais faisant face aux bruyantes réticences de la droite, le gouvernement a décidé de reporter aux alentours de l’été l’examen à l’Assemblée nationale du texte controversé qui ouvre la procréation médicalement assistée à toutes les femmes. Une décision qui a suscité la colère des militants. »

 « Il y a un décalage de quatre mois et demi ou cinq mois [par rapport au calendrier initial] en raison de l’encombrement du calendrier parlementaire », a fait savoir, jeudi 16 novembre, à l’AFP, le rapporteur de la mission d’information sur la bioéthique, Jean-Louis Touraine, médecin et député (La République en marche, Rhône). Le Pr Touraine est bien bon de justifier le recul temporel par l’encombrement calendaire. Et ce spécialiste reconnu d’immunologie en ignorerait-il les effets ?

« Une stratégie électorale avant l’intérêt des familles », a sèchement dénoncé le président de SOS-Homophobie, Joël Deumier. Ce dernier y voit une manière d’éviter des débats polémiques avant les élections européennes de mai 2019 – tandis que l’exécutif souffre depuis plusieurs semaines d’une baisse continue de sa popularité.

Qu’en dit Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, récente partisane de la « PMA pour toutes/sans père » ? On ne le saura pas. Son ministère a toutefois assuré à l’AFP que « l’objectif est de présenter le projet de loi au premier trimestre [2019], quitte à ce que le débat ait lieu plus tard pour des raisons de calendrier ».

Le pouvoir exécutif avait initialement annoncé qu’il présenterait le projet de révision de la loi de bioéthique avant la fin de l’année 2018 – pour un débat au Parlement au premier trimestre 2019. On se souvient aussi que l’ouverture de la PMA/IAD à « toutes les femmes » figurait dans le programme du candidat Emmanuel Macron – qui l’avait toutefois conditionné à un avis favorable du Comité consultatif national d’éthique.

L’affaire Benalla !

On se souvient enfin que cet avis obtenu, ainsi que celui de l’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, tout était soudain apparu nettement plus compliqué que prévu – à commencer par les hésitations publiquement exprimées par Edouard Philippe, Premier ministre hier encore opposé à cette évolution.

« Il faut créer les conditions pour un débat le plus apaisé possible, pour un projet de loi aux enjeux complexes, dont la PMA n’est pas le plus difficile » confie l’entourage d’Agnès Buzyn, citant « la congélation des ovocytes, les recherches sur l’embryon, le droit de la filiation. On souhaiterait que l’examen soit précédé d’un travail en commun entre les députés et les sénateurs. » Ce dont ne veut ni M. Larcher ni M. Ferrand.

L’annonce du report dans le temps suscite l’ire des associations LGBT (lesbiennes, gays, bi, trans). « Nous sommes furieux, a tonné auprès de l’AFP Laurène Chesnel, déléguée famille de l’Inter-LGBT. On nous fait passer après la réforme constitutionnelle. (…) Ce n’est pas à nous de payer l’affaire Benalla ! ».

Comprenne qui pourra.

A demain

@jynau

 

Face à la paralysie des antibiotiques, que penser des phages thérapeutiques de Géorgie ?

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16 novembre 2018. « Se soigner sans antibiotiques c’est possible ! » clame la manchette du Parisien (Elsa Mari). Qui ajoute : « Un traitement étonnant : la phagothérapie » Et Aujourd’hui en France de vanter les possibles mérites d’une thérapeutique « très répandue en Géorgie » et qui « apparaît comme une solution crédible ». Tout en mentionnant l’existence d’un circuit actif de tourisme médical (« Se soigner en Géorgie » 1).

Le cadre promotionnel est parfait avec la « Semaine mondiale pour le bon usage des antibiotiques » et les innombrables interventions médiatiques expliquant l’épuisement progressif de ces médicaments et la gabegie dont il font l’objet. Le Parisien :

 « Alors, dans ce tableau si noir, des patients se chuchotent un traitement de la dernière chance, miracle pour certains, la phagothérapie. De quoi parle-t-on ? De la médecine des phages, des virus naturels que l’on trouve partout, dans les sols, les eaux des lacs, des égouts et capables de manger les bactéries mêmes les plus coriaces, responsables d’infections des os ou des poumons. »

Médecine abandonnée

C’est aussi, un siècle plus tard, la redécouverte d’une approche pasteurienne. Et le quotidien de citer le Dr Alain Dublanchet, médecin microbiologiste :  « Avant d’être enterrée définitivement, en France, dans les années 1980, face au succès des antibios, elle avait guéri des milliers de patients. On avait des collections de phages dans les labos de Pasteur, tout a été jeté. On a abandonné cette médecine ». « En 2016, une société française est parvenue à fabriquer des phages de bonne qualité, testés, chez quelques malades graves principalement à l’hôpital de la Croix-Rousse, à Lyon, en complément des antibiotiques, ajoute Le Parisien. La plupart souffraient d’infections très sévères. ‘’Sur les 5 traités, 4 n’ont plus de signe d’infection, se réjouit Tristan Ferry, chef du service adjoint adjoint au département des maladies infectieuses. C’est un énorme succès, on est dans un tournant de l’histoire de la phagothérapie’’. ».

Pourquoi ne pas importer les phages thérapeutiques de Géorgie ? Le Dr Caroline Semaille (Agence nationale de sécurité du médicament) explique n’avoir  « aucun moyen de connaître leur qualité ». « Si cette thérapie suscite encore beaucoup d’interrogations, elle est pleine d’espoir. Dès qu’il y aura une production plus importante, on délivrera des autorisations temporaires d’utilisation ».

 A demain

1 Site où l’on peut lire ceci :

« Puis-je être soigné par phagothérapie ? Contactez-nous, communiquez nous de quelle infection (bactérie) vous êtes atteint, et fournissez nous le plus d’informations possibles sur vos antécédents médicaux. Nous vous répondrons dans un premier temps pour vous dire si vous êtes a priori éligible à ce traitement. Si la réponse est favorable, nous vous ferons passer des tests pour trouver le phage virulent contre votre infection et vous soigner.

 « La phagothérapie est interdite en France, Parce qu’en dépit des recherches en cours qui lui sont toutes favorables (lisez les nombreux exemples, et visionnez les vidéos), cela ne rentre pas dans les cases administratives de nos pays occidentaux. La phagothérapie n’est pas un médicament, il n’y a qu’à se baisser pour trouver des phages, sa validation, non brevetable, couterait très cher sans rien rapporter!  »

Rosa Maria Da Cruz a étouffé son enfant pendant deux ans dans un coffre. Vous la condamnez ?

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Accusé de « viols » Georges Tron, 61 ans, ancien secrétaire d’Etat éphémère et depuis toujours maire de Draveil, vient d’être acquitté. Dans un procès à très grand spectacle le procureur  avait requis six ans de prison ferme contre lui, comparant l’homme au « comte Dracula ». Où l’on voit que l’outrance ne sied ni à la manifestation de la vérité ni à la proportion des peines.

Même jour (15 novembre 2018) devant une autre cour d’assises, à Tulle (Corrèze), des  experts tentent d’éclairer, pour les jurés, le profil psychologique d’une femme qui a « caché son bébé dans un coffre de voiture pendant deux ans ».

« Déni absolu de grossesse », « dénégation d’enfant », « incapacité parentale » ? Comment une « bonne » mère de trois enfants en est-elle venue à « cacher le quatrième aux yeux du monde, avec des soins a minima entraînant des handicaps irréversibles » (AFP). Cela donne, comme toujours, à la lisière du droit, de la médecine et de l’étrange médical.

« Indemne de toute pathologie psychiatrique », « pas psychotique », manifestant « une certaine normalité », une intelligence « d’une bonne moyenne », « pas manipulatrice », et « absolument pas perverse ». Mais aussi « très immature », présentant une « immaturité affective », et une « identité féminine floue et incertaine ».

La description ainsi flottante de la personnalité de l’accusée Rosa Maria Da Cruz n’aura guère éclairé la cour sur le « pourquoi » d’une affaire de dissimulation hors normes. Mais plusieurs experts, parfois s’opposant, en ont décrit les mécanismes, évoquant une « genèse » possible dans ses maternités traumatiques précédentes (sic).

Mais encore ?  L’AFP : « L’accusée a fait preuve d’un « déni de grossesse total », a estimé le Dr Jacques Bertrand, psychiatre. Un déni caractérisé par « l’inconscience de l’état de grossesse, l’absence de signe extérieur ou physiologique, par la transparence au regard de l’entourage, et par des antécédents similaires ».

Ce déni de grossesse, a-t-il poursuivi, a été suivi d’un « déni d’enfant ». Matérialisé, pour Séréna, par « la chosification de l’enfant », la « négligence de l’enfant », avérée [ vingt-trois mois de confinement] et la « nécessité de « mise au monde » symbolique par un tiers découvrant ». [C’est un garagiste qui a trouvé l’enfant dans le coffre, en 2013]

Michel-Henri Delcroix, président de l’Association française pour la reconnaissance du déni de grossesse (AFRDG) a évoqué à la barre un « déni absolu » jusqu’à l’accouchement, un cas exceptionnel selon lui, car non suivi de néonaticide.

Parmi les nombreux experts entendus à Tulle : Emmanuelle Bonneville-Baruchel, psychologue clinicienne et professeur de psychopathologie. Selon elle  une « incapacité parentale ». L’AFP : « est revenu, à maintes reprises au procès, le premier déni de grossesse. L’’’accouchement catastrophe’’ de son deuxième enfant, en 2004 au Portugal au terme d’un déni total, déjà. Mais cette fois-là, la famille sauva la mise. »

Condamner ? Acquitter ?  La psychiatrie pencherait ici, paradoxalement pour un refus de l’hypothèse de l’abolition du discernement. Rosa Maria Da Cruz encourt vingt ans de réclusion, pour violences suivies de mutilation ou infirmité permanente sur mineur de 15 ans par ascendant. Sa fille Séréna ? Placée en  famille d’accueil depuis sa découverte dans son coffre elle souffrirait, dit-on aux jurés, d’un « déficit fonctionnel à 80 % » et d’un « syndrome autistique irréversible ».

Où l’on en vient, à Tulle comme à Draveil à la même question de l’existence des monstres 1. Suivie de celle de leur condamnation par les hommes

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1 Conseil de lecture : « Les monstres n’existent pas » (Editions Stock) de la journaliste Ondine Millot.

« Entre 1989 et 2000, Dominique Cottrez, mère de famille, aidesoignante, a caché huit grossesses à son entourage, et tué ses huit nouveau-nés. À chaque fois, elle a accouché seule et étouffé les bébés. Elle a gardé leurs corps à côté de son lit. Ondine Millot rencontre Dominique Cottrez cinq ans après son arrestation. Une relation se noue, elles se revoient. Sans jugement, mais non plus sans indulgence, la journaliste cherche à comprendre : l’enfance, les épreuves et le chemin qui ont mené aux crimes. Elle interroge la mère infanticide, son mari, ses deux filles adultes, ses proches. Au-delà du fait divers, son récit au coeur de l’intime avance au fil de ses découvertes : les monstres n’existent pas. Seuls existent le silence, la détresse, la violence que l’on reçoit, et que l’on transmet ensuite aux autres, aux autres et à soi. »

Information-intoxication : Libération annonce que, tout bien pesé, la Macronie reculera sur la PMA

Bonjour

« La PMA attendra ». Selon les informations distillées par Libération, le projet de révision de la loi  de bioéthique – comprenant l’ouverture de la procréation médicalement assistée aux femmes homosexuelles et célibataires sera (sans être abandonné) reporté : examiné à l’Assemblée nationale après le 26 mai, date des élections européennes, et non pas en janvier, comme avait cru pouvoir l’annoncer le décidément bien jeune porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux.

« Officiellement, pas de motif politique à cela : la Macronie explique par de simples raisons ‘’de calendrier’’ ce report de la promesse de campagne d’Emmanuel Macron, confie Libé à ses abonnés.  De fait, plusieurs projets de loi doivent être examinés dès le début de l’année 2019. ’On aura le projet de loi de révision constitutionnelle, reporté cet été à cause de l’affaire Benalla, la réforme des retraites, la loi école…’ énumère le député (LR, Ain)  Xavier Breton, co-président de la mission d’information. Mais d’autres y voient une manœuvre politique. ‘’Je suppose en effet que c’est pour éviter un débat lourd et potentiellement clivant avant les européennes’’, note de son côté le député (LR, Bas-Rhin) Patrick Hetzel, qui a assisté à de nombreuses auditions de la mission d’information de l’Assemblée sur la bioéthique.

Et puis, comme toujours omniprésente sur mille et un médias, Marlène Schiappa. La secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les femmes et les hommes a, le même jour, cru pouvoir annoncer que la « PMA pour toutes/sans pères »  serait « bien évidemment » remboursée par la sécurité sociale. Voilà un bien  bel exercice d’anticipation économique à la frontière du démocratique.

A demain

@jynau

Cent ans après : réparer les « gueules cassées » avec les cellules souches de la pulpe dentaire

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Quel média en parlera ? Ce sera, loin des tumultes et des polémiques militaires du 11 novembre. Le 21 novembre prochain, à midi, le Général Hubert Chauchart du Mottay, président de la Fondation des Gueules Cassées et le Professeur Jacques Philippon, président du Comité scientifique remettront le Prix de la Fondation 2018 au Pr Catherine Chaussain et à son équipe – pour le projet « Les cellules souches de la pulpe dentaire pour réparer les os crânio-faciaux ».  Siège de la Fondation 20 rue d’Aguesseau – 75008 Paris

Catherine Chaussain.  Chirurgien-dentiste, titulaire d’un doctorat en biologie, exerce à l’hôpital Bretonneau. Elle dirige, à la faculté de chirurgie dentaire de l’université Paris Descartes, le laboratoire de recherche dédié aux « Pathologies, imagerie et biothérapies oro-faciales ».

Général Hubert Chauchart du Mottay. « Carrière militaire complète, malgré un long séjour dans les formations sanitaires, jusqu’au grade d’Officier Général.  Grièvement blessé à la face, le 14 décembre 1961 en Algérie. Une balle lui emporte la partie inférieure du visage. Il sera hospitalisé durant sept ans à l’hôpital Foch de Suresnes qui reçoit de nombreuses « Gueules Cassées », au sein d’un service de chirurgie maxillo-faciale de pointe. Servira, ensuite, dans un régiment de chars, puis à l’Etat-major de l’Armée de Terre, puis à l’Etat-major du 2° Corps d’Armée et des Forces françaises en Allemagne ; quitte le service à la fin de 1993. »

Fondation des « Gueules Cassées ». Reconnue d’utilité publique. « Par la pratique du mécénat, soutient financièrement les institutions de toute nature s’intéressant en priorité au traumatisme de la face et de la tête et à leurs séquelles, ainsi que des actions de Mémoire des sacrifices consentis pour la France. »

Union des Blessés de la Face et de la Tête « Les Gueules Cassées ». « Association reconnue d’utilité publique par décret du 25 février 1927. Remplit une triple mission d’entraide entre ses membres, tous blessés à la face ou à la tête, de développement du devoir de Mémoire et d’aide à d’autres associations d’anciens combattants, aux associations à vocation sanitaire ou humanitaire œuvrant dans le même sens que le sien. »

Qui sera là ?

A demain

@jynau

Née homme, elle souhaitait devenir la mère de sa fille. Elle ne sera que son parent biologique

Bonjour

Quelques lignes de l’AFP nous disent parfois le droit et le temps qui passe. C…, est née homme il y a un demi-siècle. Elle souhaitait être reconnue comme la mère de sa fille – une fille née de sa relation avec S…, son épouse depuis 1999. Mercredi 14 novembre 2018 la cour d’appel de Montpellier (1, rue Foch) a rejeté sa demande. Pour autant elle lui a accordé le statut de « parent biologique ».

C…  avait obtenu en 2011 du tribunal la modification (en tant que femme) de son état civil. « Sans néanmoins se faire opérer pour changer de sexe, précise l’AFP.  Le couple avait donné naissance, trois ans plus tard, à son troisième enfant – le premier sous l’identité de femme de C… ». Un enfant né de deux femmes ?

La cour d’appel a estimé dans son arrêt  qu’il était « de l’intérêt général » de voir le « lien biologique retranscrit » sur l’acte de naissance de l’enfant « sous la mention “parent biologique” », et a exigé que les modifications soient apportées sur les registres. Me Clélia Richard, avocate de C… :

 « C’est inédit que le lien de filiation biologique soit reconnu. C’est bien le nom de ma cliente sous son prénom féminin qui sera écrit sur l’acte de naissance, même si le tribunal n’utilise pas le mot de mère. Ma cliente est soulagée, c’est un très grand pas pour elle qui craignait en cas de décès de ne pas avoir de droit ou de déshériter sa fille. »

Ainsi va le temps qui passe et le droit qui, parfois, l’accompagne.

A demain

@jynau