Qui osera attaquer les parents anti-vaccins pour «mise en danger délibérée de la vie d’autrui» ?

 

Bonjour

Hospitalisé depuis le 15 mars dernier, un petit garçon âgé de six ans est mort des suites d’une rougeole. L’enfant atteint d’une leucémie lymphoblastique avait 85 % de chances de guérison avant d’être contaminé par ses frères qui n’étaient pas vaccinés. Cela vient de se passer en Italie et les détails du drame nous  sont donnés par Le Quotidien du Médecin (Ariel F. Dumont). Aucun doute quant au diagnostic. Selon le bulletin de santé publié par les médecins de l’hôpital San Gerardo de Monza (Lombardie), l’enfant est mort de complications pulmonaires et cérébrales liées à la rougeole.

« Cette mort démontre malheureusement une fois de plus, l’importance de la prophylaxie et de l’immunité de groupe, un schéma indispensable pour la protection de tous les enfants affaiblis en raison d’une maladie ou d’un traitement et qui ne sont pas protégés », a déclaré Giulio Gallera, conseiller régional de la santé lombarde. Pour la ministre italienne de la Santé Beatrice Lorenzin « le refus de la vaccination est inacceptable comme les parents qui refusent de vacciner leurs enfants et mettent la vie des autres en danger ».

Le Quotidien précise que la riche Lombardie fait partie des régions italiennes les plus touchées depuis le début de l’année par les épidémies de rougeole – 134 cas recensés depuis janvier dernier pour une couverture vaccinale de l’ordre de 92 %. A l’échelon national, 385 cas de rougeole ont été enregistrés durant le mois d’avril et 1 920 depuis le début de l’année – soit 50 % de cas de plus qu’en 2016. Le ministre de la Santé indique que le taux national de vaccination n’est plus que de 85% – contre les 95% nécessaire pour prévenir la circulation du virus.

« Fake news » pour les « no-vax »

Walter Ricciardi président de l’Institut supérieur italien de la santé alerte : « Pour 8 cas de rougeole, une otite. Pour 15 cas, une pneumonie. Pour 1 500 cas, une encéphalite. Pour 3 000 cas, un mort ». Mais rien n’y fait. « Pour le mouvement anti-vaccination, les ‘’no-vax’’ comme on les appelle en Italie, la mort de ce jeune garçon est prétexte à relancer le débat sur la vaccination, rendue obligatoire à partir de la rentrée prochaine pour l’inscription à la maternelle et à l’école primaire, explique Le Quotidien. Certains parents du mouvement vont jusqu’à parler de ‘’fake news’’, affirmant que l’enfant est mort de la leucémie. Le mouvement a également lancé une pétition en ligne pour demander la démission du gouvernement et l’abolition du décret sur la vaccination. »

Et en France ? Le temps court mais rien ne filtre. La nouvelle ministre de la Santé « réfléchit » toujours à l’idée de rendre obligatoire (comme en Italie) onze vaccinations pédiatriques. Et ce alors que la Cour de justice de l’Union européenne vient de prendre une décision d’une importance considérable en décidant que la relation de causalité scientifiquement établie n’était pas nécessaire pour indemniser une personne qui estimait être victime d’un dommage corporel dû à une vaccination 1. « Je ne serais pas étonnée que sur cette base surviennent des poursuites pénales pour mise en danger de la vie d’autrui, qui suppose simplement la preuve d’un risque de mort ou de blessures involontaires » nous a confié une magistrate spécialisée.

Mais on pourrait tout aussi bien imaginer des poursuites de parents ayant refusé de faire vacciner leurs enfants sur la base du délit de mise en danger délibérée de la vie d’autrui .  Il suffit ici de réunir l’ existence d’une obligation particulière de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou le règlement ; une violation manifestement délibérée de cette obligation ; l’ exposition directe d’autrui ; l’existence pour autrui d’un risque immédiat de mort ou de blessures de nature à entraîner une mutilation ou une infirmité permanente.

Ce délit a vu son champ d’application s’élargir dans le champ des infractions routières comme la conduite en état d’ivresse ou sous l’emprise de stupéfiants. On imagine sans mal qu’il puisse s’appliquer aux oppositions manifestes à des vaccinations obligatoires dès lors, notamment, que les enfants non vaccinés auront eu à souffrir des choix de leurs parents.

A demain

1 Sur ce thème : « Sclérose en plaques et vaccin contre l’hépatite B : aux racines d’un mal français » Slate.fr 25 juin 2017.

Vérité post-politique : Le Guen, Natacha Polony et le grand mercato de Roselyne Bachelot

Bonjour

Il y a une vie après la politique socialiste. Ainsi le Dr Jean-Marie Le Guen, 64 ans. Hier secrétaire d’État chargé du Développement et de la Francophonie, avant-hier Premier secrétaire du Mouvement de la Jeunesse Socialiste, membre fondateur de l’Unef-ID, vice-président de la Mutuelle nationale des étudiants de France. Ancien député au long cours ; toujours Conseiller de Paris.

A présidé le Conseil d’administration (juin 2008 – juin 2010)  puis le Conseil de surveillance (juin 2012-mai 2014) de l’AP-HP. Déjà recyclé chez Siaci Saint-Honoré, le premier courtier en assurance indépendant français. Il y occupe les fonctions de « conseiller du président ». Siaci Saint-Honoré, « une vision, des valeurs partagées ». Personne ne parle de conflits d’intérêts.

1400 euros par émission

La vie n’est pas toujours simple après la chronique politique. Ainsi Natacha Polony, 42 ans. Titulaire d’un DEA de poésie contemporaine, agrégée de lettres modernes, ancienne secrétaire nationale du Mouvement des citoyens, puis membre du bureau du Pôle républicain de Jean-Pierre Chevènement, chargée du droit des femmes. En 2002, candidate aux législatives dans la 9e circonscription de Paris (2,24 % des suffrages exprimés).

Puis journaliste à l’hebdomadaire Marianne, au Figaro, invitée dans l’émission Ce soir (ou jamais !), chroniqueuse sur France Ô. Chroniqueuse sur Europe 1. Engagée comme chroniqueuse dans l’émission On n’est pas couché présentée sur France 2. Confie au Nouvel Observateur qu’elle perçoit 1 400 euros par émission – ne participera pas à une quatrième saison.

« Talk d’actu »

« Après Paris Première, c’est au tour d’Europe 1 d’évincer la journaliste, vient de faire savoir puremedia.com. Depuis 2012, elle était en charge de la revue de presse dans la matinale de Thomas Sotto, mais également co-animatrice tous les samedis de l’émission Médiapolis avec Oliver Duhamel. Elle a reçu une lettre mettant un terme à tous ses contrats avec son employeur. ‘’Je suis surprise d’avoir reçu ce courrier. Je m’explique difficilement cette décision, affirme la journaliste. Pour l’instant, je suis donc sans rien. Je cherche du travail’’. a-t-elle confié au site média. Elle serait toutefois en discussion avec la chaîne C8 ainsi que Thierry Ardisson pour rejoindre sa bande du dimanche. »

Il y a une vie après un poste de ministre. Mais quelle vie ? Roselyne Bachelot , 70 ans. Reconvertie dans les médias depuis 2012 (D8, RTL, France 2 etc.) Elle « animait 100% Bachelot » sur  RMC. C’est fini, nous dit Le Point. Elle va rejoindre LCI à la rentrée. Avec Julien Arnaud ex-journaliste d’iTélé passé l’an dernier sur LCI, Roselyne présentera « un grand talk d’actu au sein de la tranche 10-12 heures du lundi au vendredi ». « Sa personnalité et sa liberté de ton vont renforcer LCI dans sa position de chaîne de débat d’idées », fait valoir Thierry Thuillier, directeur général de la chaîne. C’est mot pour mot (ou presque) ce que disait RMC avant de s’en séparer.

A demain

Cannabis au zénith : la consommation en progression ; le laisser-faire du politique

Bonjour

C’est un phénomène sociétal majeur. C’est une question sanitaire d’ampleur. C’est une loi bafouée au vu et au sus de tous. C’est un marché illégal autant que prospère. Et c’est une spécificité massivement française. Quelques chiffres pour situer cette réalité que les responsables politiques ne veulent pas voir :

« En 2016, on compte chez les 11 à 64 ans autour de 17 millions d’expérimentateurs de cannabis. Parmi eux 5 millions sont des usagers dans l’année, alors que 1,4 million fument au moins dix fois par mois. Enfin, 700 000 individus se déclarent usagers quotidiens de cannabis.

En 2016, 42 % des adultes âgés de 18 à 64 ans déclarent avoir déjà consommé du cannabis au cours de leur vie. Avec des premiers usages qui se déroulent principalement entre 15 et 25 ans et une proportion d’expérimentateurs de cannabis maximale entre 26 et 34 ans pour les deux sexes, l’usage de cannabis demeure avant tout un phénomène générationnel. »

Ce sont là les dernières données que vient de publier l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies. (OFDT). Il nous dit aussi que le niveau d’usage actuel de cannabis en France continue d’être très élevé comparativement à ceux constatés dans la plupart des pays européens. Ces dernières années, les niveaux d’usage sont apparus en hausse à la fin de l’adolescence en France. L’expérimentation du cannabis concernait en 2014 près d’un jeune de 17 ans sur deux (47,8 %), contre 41,5 % en 2011. Par ailleurs, près de un jeune de 17 ans sur 10 (9,2 %) consommait au moins 10 fois par mois (6,5 % en 2011). Ces différentes hausses concernaient aussi bien les garçons que les filles, même si les premiers restent plus consommateurs, et ce d’autant plus que la fréquence d’usage s’intensifie.

L’offre et le plaisir

Pourquoi consomme-t-on du cannabis ? Parce que cela procure du plaisir et que le produite est disponible. « Le niveau élevé d’usage de cannabis en France est en partie lié au fait que le pays se situe à proximité de pays producteurs, notamment le Maroc, précise l’OFDT.  Il s’inscrit également dans le contexte d’une réorganisation du marché du cannabis amorcée depuis la fin des années 2000. Le développement de l’offre de ce produit s’est poursuivi, avec un marché de l’herbe devenu plus dynamique (l’augmentation des saisies et de celles de plants atteste d’un accroissement des cultures sur le territoire). L’herbe est par ailleurs souvent perçue comme un produit « naturel » moins coupé avec des produits divers, contrairement à la forme résine, ce qui a pu aussi favoriser l’essor de sa consommation. Vraisemblablement pour répondre à cette nouvelle offre, la résine produite ces dernières années a vu sa teneur en tétrahydrocannabinol (THC) augmenter. »

L’OFDT ajoute que les adolescents et les jeunes adultes minimisent volontiers, voire ignorent, les dangers liés à l’usage. Le cannabis est utilisé à la fois pour faire la fête, gérer le stress, trouver le sommeil, dans un « cadre de sociabilité » etc. … Il s’est affirmé « comme un produit transculturel, qui trouve sa place dans tous les milieux socioculturels ». « À la différence de ce qui peut être constaté pour des substances telles que l’héroïne ou la cocaïne, perçues comme très dangereuses par la quasi-totalité de la population, la représentation de la dangerosité du cannabis se révèle assez volatile dans le temps » souligne encore l’Observatoire. Qui poursuit :

« Pourtant, les dommages associés à la consommation de cannabis s’avèrent de mieux en mieux documentés ; il peut s’agir de problèmes survenant à court terme (risque d’accident du fait de la perte d’attention associée à la consommation) ou à plus long terme dans le cadre d’une consommation régulière (troubles de la mémoire, de l’attention ou de l’apprentissage, précipitation de la survenue de troubles psychiatriques chez les individus présentant des prédispositions). »

Exécutif jupitérien

Conséquences : les niveaux d’usage élevés en France « appellent à renforcer les moyens consacrés à la prévention en les orientant vers le soutien d’actions dont l’efficacité a été démontrée. Des expérimentations de programmes reconnus, tels que le Programme de soutien aux familles et à la parentalité (PSFP) ou le Good Behavior Game, sont actuellement en cours en France, portées par des acteurs publics, universitaires et associatifs ; il s’agit de poursuivre et d’amplifier ces initiatives et d’en évaluer l’effet dans le contexte spécifique français ».

Mais qui, à Matignon ou chez Emmanuel Macron, s’intéresse à tout cela ? La seule initiative (annoncée fin mai par le ministre de l’Intérieur) vise à ce que les usagers soient passibles de contraventions immédiates. Une situation intenable qui nous dit l’incapacité avouée du pouvoir exécutif jupitérien à peser sur le réel. Ou, peut-être, son souhait de maintenir disponibles et les jeux et le pain.

A demain

PMA pour toutes : oui ou non ? C’est le président Macron qui, seul, répondra à la question

 

Bonjour

Samedi 24 juin 2017 :  quarantième anniversaire de la « Marche des fiertés » LGBT. A Paris ce sera entre les places de la Concorde et de la République. Formidable symbolique tricolore. Quatre catégories et un slogan unique : « La PMA pour toutes, sans condition ni restriction, c’est maintenant ».

Symbolique : Le Monde souligne que, pour la première fois, l’Etat français est partenaire de cet événement festif – et ce par le biais du soutien de la délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah). « On mesure le chemin parcouru, observe Yohann Roszéwitch, conseiller à la Dilcrah. Les premiers militants réclamaient le droit à la différence dans un contexte où l’homosexualité était encore pénalisée. Puis est venue la revendication du droit à l’indifférence. Aujourd’hui, c’est l’égalité de traitement qui est réclamée. »

C’est maintenant

« La PMA pour toutes, sans condition ni restriction, c’est maintenant ». Egalité de traitement ? « La PMA n’est pas un traitement qui guérit la stérilité, mais un accès à des techniques médicales qui permettent d’avoir des enfants, affirme Alexandre Urwicz, président de l’association des familles homoparentales (ADFH). Pourquoi la réserver aux couples hétérosexuels ? »

Telle est bien la question, politique, qui doit être posée : la PMA est-elle un « traitement qui guérit la stérilité » ? N’est-elle, au contraire, qu’un « accès à des techniques médicales qui permettent d’avoir des enfants ». L’autre question est de savoir qui doit, désormais, y répondre en France. Où l’on en revient aux responsabilités du politique face au questionnement éthique. On sait que durant le précédent quinquennat François Hollande n’a cessé de louvoyer autour du sujet. Et nous savons qu’une nouvelle dynamique semble être en marche avec Emmanuel Macron.

Monde meilleur

Le nouveau président se souvient-il du candidat qui se déclarait « favorable à une loi qui ouvrira la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires » ? Mais qui ajoutait en même temps : « afin de ne pas réitérer les erreurs du passé, le calendrier de cette réforme sera soigneusement préparé. J’attendrais que le Comité national d’éthique ait rendu son avis pour pouvoir construire un consensus le plus large possible ».

Nous y sommes : le CCNE rendra public mardi 27 juin son « avis » sur le sujet. Et des « indiscrétions » font que l’on sait que le fruit collectif de ses cogitations pencherait du côté de l’ouverture à laquelle le président est favorable. Où l’on voit que le monde est sinon le meilleur du moins assez bien fait, puisque jusqu’ici les sages du vieux Comité étaient opposés à ce que la PMA sorte du champ qui l’avait vu naître : celui de la thérapeutique de la stérilité.

Et ensuite ? « Nous attendons un signal fort du gouvernement,  dit Clémence Zamora-Cruz, porte-parole de l’Inter-LGBT, organisatrice de la marche. Il ne peut pas continuer à se cacher derrière un avis du CCNE. Ce n’est pas une question éthique, mais une question d’égalité des droits. » Le gouvernement Philippe II ? Personne ne semble être en charge du dossier. Et en toute hypothèse il faudra attendre la prochaine révision de la loi de bioéthique programmée, au plus tôt, pour l’année 2018. Et donc le vote d’une Assemblée où les nouveaux députés du Président sont omniprésents.

Combats farouches

« Seul Benjamin Griveaux, ancien porte-parole du mouvement du président, a montré de l’intérêt pour la cause LGBT, observe Le Monde. Il a été nommé au gouvernement mercredi 21 juin… secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’économie, donc sans possibilité d’intervenir dans ce dossier. En revanche, il n’a pas échappé aux militants que deux personnalités promues par M. Macron avaient farouchement combattu la loi ouvrant le mariage aux personnes de même sexe lorsqu’ils étaient députés Les Républicains : le ministre des comptes et de l’action publique, Gérald Darmanin, et le tout récent secrétaire d’Etat au Quai d’Orsay, Jean-Baptiste Lemoyne. Quant au député de Guadeloupe, Olivier Serva, il a conservé son investiture LRM malgré des propos homophobes passés – dont il s’est excusé depuis. »

Au final, démocratie ou pas, il apparaît que c’est bien le président de la République qui, en personne, décidera de l’issue de ce débat éthique majeur. Viendront, aussitôt, les questions majeures de réarrangement des dispositions historiques de filiation et de prise en charge (ou pas) par la collectivité d’une procréation médicalement assistée qui ne sera plus, stricto sensu, une thérapeutique.

A demain

Cigarette électronique : notre président Macron est-il informé des victoires britanniques ?

Bonjour

Les gazettes rayonnent de plaisir. Si l’on excepte Libération et un éditorial au canon sur Calais (Johan Hufnagel) toutes s’esbaudissent devant un nouveau phénomène : la macron-mania a franchi nos frontières, elle touche désormais une large fraction du Vieux Continent. Le vieux couple franco-allemand est en marche vers de nouvelles aventures. Corollaire : l’antique Angleterre redevient une île solitaire. Nouvelle séquence : la France ferme les yeux sur les réfugiés et retrouve une dynamique qui n’est pas sans mysticisme.

Tout cela ne va pas sans éclosion de paradoxes. Ainsi dans l’Hexagone les buralistes ne sont pas les derniers à s’occuper de santé publique. Ils viennent ainsi de relever les derniers chiffres britanniques du formidable Office for National Statistics. Ils sont ici : « Adult smoking habits in the UK: 2016 »

Brexit or not

« Nous avons l’habitude d’employer la formule, mais force est de constater que le paquet neutre (mis en place en mai) n’y aura été pour strictement rien, soulignent les buralistes français. Le pourcentage de fumeurs parmi la population adulte, au Royaume-Uni, est tombé à 15,8 % en 2016. En revanche, le pourcentage d’utilisateurs de cigarettes électroniques est monté à 5,6 %. Ces chiffres sont d’autant plus spectaculaires que cela signifierait une baisse de 4 points du pourcentage de la population ayant l’habitude de fumer, en six ans. Marisol Touraine aurait été contente d’avancer à un tel rythme … »

Pour les buralistes français l’apport de l’arrivée de la cigarette électronique dans cette évolution marquante apparaît clairement quand on juxtapose les statistiques brutes : les fumeurs de tabac « traditionnels » âgés de plus de 18 ans sont 7,6 millions au Royaume-Uni. Les vapoteurs de plus de 16 ans sont 2,9 millions. La ministre de la Santé a-t-elle transmis ces chiffres au Palais de L’Elysée. Brexit or not, la e-cigarette est d’ores et déjà l’une grande question de notre quinquennat.

A demain

 

Hépatite B et sclérose en plaques : Sanofi Pasteur comprend mais ne commentera pas

Bonjour

Quelles seront les conséquences pratiques de l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne dans une affaire française concernant le lien hypothétique entre la vaccination contre l’hépatite B et la survenue d’une sclérose en plaques ? Il s’agit ici, pour les juristes, de « l’interprétation de l’article 4 de la directive européenne sur la responsabilité du fait des produits défectueux, dans le cadre d’une procédure relative à un vaccin hépatite B ». Et en l’espèce il s’agissait d’un vaccin commercialisé par Sanofi Pasteur. Nous avons demandé à cette firme une réaction. La voici :

« Sanofi Pasteur comprend que la Cour de justice de l’Union européenne considère que les juridictions nationales disposent d’un pouvoir d’appréciation pour caractériser la responsabilité. Elle rejoint en cela la position actuelle de la jurisprudence française.

 « Il ne nous appartient pas de commenter cette décision de justice. Cependant Sanofi Pasteur tient à rappeler que ses vaccins sont efficaces et sûrs et protègent contre des maladies infectieuses. Nos vaccins hépatite B sont efficaces et bien tolérés. Ils ont été approuvés par les autorités de santé et sont commercialisés depuis plus de trente ans. »

Tout est dit, en somme. Ou presque. Reste l’ombre portée du juridique sur le politique : quel impact aura cette décision de justice sur la volonté (plus ou moins) exprimée par le nouveau gouvernement de rendre obligatoire onze vaccinations chez les jeunes enfants. Etant bien entendu que le pré-président Macron avait dit haut et fort toute l’importance qu’il entendait accorder à la prévention.

A demain

 

 

 

Jupiter- tabac : le prix n’augmentera pas avant les calendes de la seconde année du quinquennat  

Bonjour

Des politiques présentées comme différentes peuvent avoir les mêmes effets. Le 4 juillet, le Premier Ministre Édouard Philippe II prononcera devant l’Assemblée nationale son discours de politique générale. L’ancien maire du Havre a donc demandé expressément aux principaux ministres de faire remonter une note de dix pages détaillant la vision de leur propre travail ministériel ; une « feuille de route ». Et le Premier ministre d’en faire son miel politique : y puiser sources d’inspiration et imposer ses premiers arbitrages.

Agnès Buzyn, ministre de la Santé (et des Solidarités) a fait le travail demandé par Matignon et, curieusement, la feuille de route a « fuité » (sans que l’origine de la fuite soit encore localisée). Nous avons vu que L’Argus de l’assurance avait été privilégié. Le site des buralistes a aussi observé que L’Argus avait tweeté : « Feuille de route d’Agnès Buzyn : la lutte contre le tabagisme sera intensifiée en augmentant dès 2018 le prix du tabac ». Confirmation, ce vendredi 23 juin, par Les Echos : « Agnès Buzyn veut intensifier la lutte contre le tabagisme, en augmentant rapidement et fortement, dès 2018, le prix du tabac ».

On se souvient que Mme Buzyn avait expliqué au Parisien « ne pas être contre » la promesse du candidat Macron de passer à un paquet à 10 euros. On voit désormais que cette promesse (essentielle contre la principale cause évitable de mort prématurée) s’éloigne à grand pas. Où l’on comprend que des politiques présentées comme nouvelles, consensuelles et différentes peuvent, en même temps, être strictement équivalente aux anciennes.

A demain