A la rentrée, soyez fort.e comme un.e Aztèque : osez la Spiruline Végane Vitalité ! (publicité)

Bonjour

Végane – sans gluten – sans lactose – sans soja- sans OGM. L’Assomption passée, les attachées de presse commencent à rentrer. Et avec elles les innombrables communiqués du même nom. Aujourd’hui « Spiruline BIO Tonus & Vitalité Anti-fatigue de Nat & Form® ». Tout y est : un « véritable concentré de nutriments » ;  produit connu « en tant que superaliment » ; offre une « excellente biodisponibilité de ses éléments » (protéines, vitamines, minéraux et antioxydants).

C’est du lourd : sa concentration en fait un complément précieux tonifiant et stimulant de l’organisme ; utilisé en cas de fatigue ou convalescence et (ce qui ne gâte rien) « particulièrement apprécié des sportifs ». Ce n’est pas tout : « en raison de sa richesse en nutriments la spiruline est également utilisée dans plusieurs pays comme le Pérou, la Chine, le Vietnam ou encore le Togo pour lutter contre la malnutrition ». C’est dire.

Six comprimés par jour

En savoir plus ? Il suffit de demander : « La spiruline est une algue microscopique, aux bienfaits nutritionnels et thérapeutiques exceptionnels, apparue sur notre planète il y a plus de trois milliards d’années. Son nom vient de sa forme en spirales de ses filaments. Les Aztèques la récoltaient déjà, ainsi que certains peuples de la région de Kanem en Afrique durant les périodes de pénurie alimentaire. » Loin d’être une plante c’est aussi un concentré de cynobactéries.

Fini le temps des Aztèques. Cette algue est aujourd’hui produite « dans de nombreux endroits où le climat lui est favorable ». Quant à  Nat & Form, rien n’est à craindre : uniquement des produits naturels et biologiques « restitués » (sic) avec la plus grande attention.

« Certifié agriculture BIO / un couvercle en matière végétale / un pilulier en carton 100% recyclable. Poudre de spiruline biologique – 500 mg – 200 Gélules – en vente en pharmacies, parapharmacies et magasins bio – Six comprimés par jour – Sans colorant ni conservateur – Prix : 9,95 euros. Végane – Sans gluten – Sans lactose – Sans soja- Sans OGM – Non Ionisé – Sans additif ni conservateur. »

Calculer le prix du kilo d’algues et la rentabilité du sujet ? Ce serait compter sans la quintessence de l’algue, la magie du passé, le poids de la publicité.

A demain @jynau

Bien-être des animaux : quand un ministre tente de mettre de l’eau dans son vin tauromachique

Bonjour

Longtemps socialiste, il avait dit qu’il quittait la politique. Avant d’y revenir pour un maroquin de ministre macroniste. Il avait dit qu’il ne répondrait pas aux défenseurs des taureaux de combat, que c’était une « affaire privée ». Avant d’y revenir et d’en faire une affaire publique. Didier Guillaume, 60 ans, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation et du Bien-être animal aime se contredire. Partant il fait parler de lui. Comme ce lundi 19 août quand, sur France Info, il est revenu sur une image qui suscite un grand émoi au sein de la classe politique et l’ire des défenseurs des animaux. Une image qui le montrait avec sa collègue Jacqueline Gourault aux premières loges de la corrida de Bayonne.

« Didier Guillaume ‘’s’en branle’’ de la souffrance animale! Lamentable! » avait commenté, tout en nuances, l’eurodéputé vert Yannick Jadot. « Le ministre ne peut pas défendre la cause animale et d’un autre côté s’asseoir dans une arène de corrida, se divertir face à la torture d’un être vivant, sensible et innocent », avait ajouté sa collègue écologiste Karima Delli. « En assistant à une corrida, Didier Guillaume affiche son mépris pour la condition animale », avait poursuivi Manuel Bompard, chef des élus Insoumis au Parlement européen.  « Aucune limite dans l’indécence, avait conclu la Fondation Brigitte Bardot. C’est au-delà du scandaleux et de l’écœurement ! »

Tenir la barre et manier la cape

Quatre jours après avoir déclaré qu’il s’agissait d’une sortie privée le ministre a cherché à rétropédaler : « Je regrette que ça ait pu choquer un certain nombre de citoyens qui sont contre ces pratiques. Ce qui a été terrible sur les réseaux sociaux, ça a été la récupération politique, politicienne, faite par d’autres. » 

« Les Français attendent autre chose que de vaines polémiques (…), Ça suffit maintenant, regardons les choses tranquillement et rassemblons ce pays » #8h30Politique Ce que je ne voudrais pas, c’est que l’on résume la maltraitance animale ou la lutte pour le bien-être animal à une photo dans un spectacle. Je suis le premier ministre de l’Agriculture à avoir une collaboratrice, une conseillère au cabinet en charge du bien-être animal. Je suis le premier ministre de l’Agriculture en charge du bien-être animal qui a pérennisé le Conseil national de surveillance des abattoirs. »

Pour le ministre, ancien élu de la Drôme, la corrida est une «tradition séculaire ». Et faire durablement saigner, avant de les tuer, des taureaux au grand air ne tombe pas sous le coup de la loi française.  

« Je pense qu’il ne faut pas mélanger les choses, qu’il faut faire le distinguo entre ce qui a pu se passer un soir dans un spectacle et tout le travail qui est fait, les mesures qui seront prises à la rentrée -et qui ne l’ont jamais été- sur le bien-être animal »

Où l’on comprend que tuer peut, au-delà de l’art tauromachique, n’être qu’un spectacle. « Ça a duré 24 heures, ça a tapé fort… Mais c’est la vie, a-t-il conclu au sujet de la polémique. Nous avons fait la démonstration que ce gouvernement tient la barre, que le président de la République tient la barre. » Sans doute le ministre voulait-il parler de la cape.

A demain @jynau 

Stades alcoolisés : bien avant les macroniens le patron du ruby français les réclamait !

Bonjour

En pied de la page 26. C’est là, le 18 août, que le Journal du Dimanche (Philippe Kallenbrunn) cachait son information la plus croustillante : « Laporte voulait de l’alcool dans les stades du Mondial 2023 ». Loin des blondeurs de Brigitte Macron (et des embrouillaminis investigationistes post-Kadhafi) on y retrouve le cocktail sport-politique-argent-santé publique – cette ferveur qui nourrit les rangs macronistes et face à laquelle Agnès Buzyn semble tétanisée. Sans parler de l’actuel Directeur Général de la Santé.

Où l’on apprend que les têtes pensantes de la Fédération Française de Rugby (FFR) avaient, dès le printemps 2017 fait le forcing pour obtenir l’autorisation de vendre de l’alcool dans les stades lors des quarante-huit matches du Mondial 2023. Le célèbre Bernard Laporte, flanqué du Dr Serge Simon, son omnipotent premier vice-président, « souhaite alors que le ministère de la Santé s’engage à adopter un décret en ce sens ‘’pour les boissons alcooliques de troisième groupe’’ (bère, vin, cidre) ».

« Addictologie et psychopathologie des sportifs »

C’est (on s’en souvient) Marisol Touraine qui est aux commandes. Et c’est le Pr Benoît Vallet, alors Directeur Général de la Santé qui, d’un élégant trait de plume sanitaire et rugbystique, règle l’affaire : « Le cadre législatif actuel ne constitue pas un frein à la candidature de la France » (15 mai 2017).

Six mois plus tard le Pr Vallet l’emporte haut la main devant le duo Laporte-Simon : World Rugby choisit la France pour le Mondial 2023, la France et ses stades sans alcools industriels (du moins hors loges-VIP…). « La semaine dernière l’ancienne ministre socialiste Michèle Delaunay, amie politique de longue date du premier vice-président de la FFR Serge Simo, confiait au JDD que ‘’la vente d’alcool dans les stades entraîne quasi systématiquement la sponsorisation’’ » explique l’hebdomadaire dominical, page 26.

Médecin ou pas, le citoyen aimerait mieux comprendre la position de la Dr Michèle Delaunay sur le sujet. Mieux comprendre, aussi et surtout, le jeu joué par l’étrange Dr Serge Simon dont la biographie officielle rappelle qu’il fut  à l’initiative de la création du Centre d’addictologie et de psychopathologie des sportifs au sein du CHU de Bordeaux.  Et puis, ancien joueur ou pas, le citoyen ne peut manquer, deux ans après, de saluer le cadrage-débordement du Pr Vallet.

A demain @jynau

Pénurie de médicaments: le gouvernement va-t-il enfin s’attaquer aux géants de Big Pharma ?

Bonjour

Le JDD n’y va pas avec le dos de la cuillère : « Pénurie de médicaments : une bombe sanitaire » (Anne-Laure Barret). Un papier documenté, parfois accablant pour l’exécutif et pour l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Un texte accompagné d’une tribune  signée par près de trente personnalités médicales 1. Trente hospitalo-universitaires qui réclament à l’Etat d’engager un bras de fer sans précédent avec Big Pharma.

Pour sa part le JDD a recensé des situations intolérables de perte de chances pour lesquelles la responsabilité de l’Etat pourrait être engagée. « Selon l’Institut national du cancer, une quarantaine de médicaments essentiels en cancérologie font l’objet de tensions importantes, qui pourraient « conduire à des décès prématurés », affirment plusieurs responsables. Il y a des années que le Pr Jean-Paul Vernant, hématologue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, presse les autorités sanitaires d’endiguer un phénomène touchant principalement des médicaments génériques vendus à bas prix. « Certains malades sont morts à cause des pénuries, assure le lanceur d’alerte. Quand la carmustine, utilisée en chimiothérapie, a fait défaut, on a dû bricoler et nos malades atteints de lymphomes et ayant besoin d’une autogreffe de moelle ont été moins bien soignés. »

Ils sont aussi très mal informés. Cette omerta hospitalière interpelle la Ligue contre le cancer, qui lance un appel à témoignages.

Extraits de la tribune :

« Très rares il y a une dizaine d’années, les pénuries de médicaments se multiplient. En 2018, selon l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), on a noté 868 signalements de tensions ou de ruptures d’approvisionnement dont les malades sont les premières victimes lorsque cela concerne des médicaments d’intérêt thérapeutique majeurs (MITM) pour lesquels il n’y a, le plus souvent, pas d’alternative efficace disponible. C’est vingt fois plus qu’en 2008. Les malades ont ainsi subi de multiples pénuries concernant des médicaments du cancer, des antibiotiques, des corticoïdes, des vaccins, des traitements de l’hypertension, des maladies cardiaques, du système nerveux…

Ces pénuries ne touchent pas les très chères innovations thérapeutiques mais des médicaments peu couteux qui, bien qu’anciens et tombés dans le domaine public, constituent toujours l’essentiel de la pharmacopée (…) Le travail de signalisation et d’information concernant les ruptures d’approvisionnement est efficacement réalisé par l’ANSM. Plusieurs cadres juridiques ont été élaborés depuis 2012 afin de lutter contre ces ruptures d’approvisionnement. De nouvelles obligations ont été imposées aux laboratoires pharmaceutiques afin qu’ils mettent en place des plans de gestion des pénuries (PGP). Mais l’efficacité de ces mesures apparaît jusqu’alors dérisoire et surtout, comme leur nom l’indique, ces plans visent à gérer les pénuries et non à les prévenir. Il conviendrait donc de substituer aux PGP des PGPP (plans de gestion et de prévention des pénuries). »

A but non lucratif

Afin de prévenir les pénuries, ces doux rêveurs « soutiennent l’idée » que « soient imposées dans l’urgence, aux laboratoires pharmaceutiques titulaires de l’autorisation de mise sur le marché, la constitution et la gestion de stocks de MITM sous forme de produits finis ». « En effet les laboratoires travaillent, par soucis d’économie, à flux tendu -comme les industriels de l’électroménager! Le plus souvent responsables des pénuries, ils sont les mieux à même d’en connaitre les causes et d’en prévoir la survenue, expliquent-ils. Plusieurs mois de stocks permettraient d’amortir les défauts d’approvisionnement. La pénurie avec ses conséquences pour les malades serait ainsi prévenue. »

Ils « soutiennent également l’idée » que soit rapatriée en Europe la production des « principes actifs » – ceux qui y étaient fabriqués il y a une quinzaine d’années. Et « soutiennent l’idée » que « soit créé un établissement pharmaceutique à but non lucratif, si possible européen, sinon français, comme aux Etats –Unis ».

Où l’on apprend que de l’autre côté de l’Atlantique, « à l’initiative de médecins indignés par les conséquences des multiples pénuries pour les malades et choqués par les augmentations itératives de prix », plus de cinq cents établissements hospitaliers se sont réunis pour fonder un établissement pharmaceutique de ce type produisant des médicaments passés dans le domaine public ». La création d’une telle structure permettrait selon eux  de prévenir les pénuries et sera le garant de la qualité des médicaments et de prix justes et pérennes.

Prévenir la pénurie plutôt que la gérer ? Comment ne plus être, de fait, complice ? Interrogé Big Pharma, comme toujours, se taira. Ou jargonnera. On attend désormais les propositions des responsables hospitaliers français – à commencer par celle du directeur général de l’AP-HP et du patron de la Fédération Hospitalière de France.  Auront-ils le courage, eux et Agnès Buzyn, d’engager un bras de fer avec les géants de Big Pharma ? Qui, ici, l’emporterait : la logique capitalistique pharmaceutique ou l’exécutif sanitaire ?

A demain @jynau

1 Professeurs et médecins des hôpitaux signataires de la tribune : Jean-Paul Vernant, Gilles Montalescot, Véronique Leblond, Alain Astier, André Grimaldi, Philippe Grimbert, François Bricaire, Cécile Goujard, Richard Isnard, Jacques Young, Francis Berenbaum, Christine  Katlama, Alain Fischer, Corinne Haioun, Thomas Papo, Joël Ménard, Eric Caumes, Louis Jean Couderc, Jean-Philippe Spano, François Boué, Anne Gervais, André Baruchel, Sophie Crozier, Pierre-Marie Girard, Xavier Mariette, Didier Bouscary.

Démontré: le sperme humain congelé peut se rapprocher des frontières de l’éternité. Et après ?

Bonjour

Aux grands froids la PMA éternellement reconnaissante. Ce sont des données qui ont été présentées lors de la 35ème réunion annuelle de l’European Society of Human Reproduction and Embryology organisée à Vienne : « Long duration of sperm freezing makes no difference to live birth rates in large sperm bank study ».  Un travail présenté par le Dr Chuan Huang (Changsa-Hunan Sperm Bank, China). Des données reprise par la rédaction de santelog.com. Des données qui peuvent donner le vertige.

Où il apparaît que la durée du stockage par congélation du sperme humain ne semble pas affecter les taux de succès des FIV ; une conclusion tirée de l’analyse rétrospective de 119.558 échantillons de sperme de donneurs de la banque de sperme de Hunan. Pour cette analyse, les échantillons ont été répartis en trois  groupes : ceux conservés dans un cryostockage de six mois à cinq ans ; de six à dix ans ans ; de onze à quinze ans.

Conclusions : le taux de survie des spermatozoïdes congelés, après la décongélation, diminue au cours de la période d’étude de quinze ans, passant de 85% à 74% ; cette baisse n’a toutefois que peu d’effet sur le taux de grossesse et de natalité chez les femmes qui utilisent ces échantillons, avec des taux cumulés de naissances vivantes de 82,17%, 80,21% et 80,00% respectivement dans les trois groupes.

Précision : ces taux de réussite élevés ont été atteints avec du sperme de « donneur sélectionné », c’est-à-dire des donneurs évalués en bonne santé par examens physiques et psychologiques et exempts d’antécédents familiaux de maladie génétique.

 Ainsi donc le stockage du sperme chinois « à long terme ne semble » pas affecter les taux de natalité. Or de nombreuses autorités sanitaires ont fixé à dix ans le délai de conservation du sperme (et des ovocytes) -exceptions faites de certaines raisons médicales (comme la préservation de la fertilité avant traitement stérilisant). La littérature ne fournit cependant aucune donnée claire pour justifier cette limite de délais ; seule explication :  la crainte que les spermatozoïdes puissent subir des altérations génétiques dont la fréquence serait allée en augmentant avec le temps.

Pourquoi faudrait-il, ici, appliquer aveuglément un principe de précaution qui n’a pas de raison d’être ? A fortiori en situation de pénurie. On observera qu’en Chine il n’existe pas de limite de durée de stockage du sperme. Ce n’est là que l’une des questions soulevée par ces données. D’autres surgissent et surgiront dès lors que, parallèlement au réchauffement climatique, on prendra toute la mesure de ce que peuvent fournir les grands froids dans la conservation des cellules sexuelles de l’espèce humaine.

A demain @jynau

Après l’addictologie, le ministre Guillaume rattrapé par son appétit pour la tauromachie

Bonjour

Traitant de l’alcool il avait eu cette sortie mémorable : « Je veux lutter contre l’alcoolisme et lutter contre l’addictologie ». C’était en janvier dernier. Nous sommes en août et le ministre Guillaume fait à nouveau parler de lui. Didier Guillaume, 60  ans : ancien agent du Trésor Public, longtemps élu socialiste, annonce son abandon de la politique puis abandonne l’idée, devient le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation d’Emmanuel Macron.

A la veille de la fête de l’Assomption il assistait à une corrida de Bayonne, aux côtés de sa collègue Jacqueline Gourault (Cohésion des territoires). Didier Guillaume, également en charge du « bien-être animal »… C’est une « affaire privée », a-t-il évacué deux jours plus tard  interrogé par la radio France Bleu Drôme Ardèche, d’où il est originaire. « Je ne réponds pas aux réseaux sociaux », a-t-il également lancé. Pourquoi ?

La polémique est née d’un cliché publié sur Twitter dès mercredi par un journaliste de Sud Ouest : on y voyait Didier Guillaume assis au premier rang au côté du maire UDI de Bayonne, Jean-René Etchegaray, et de Jacqueline Gourault, ministre MoDem. Six mille personnes étaient présentes ce soir-là dans les arènes de Bayonne pour acclamer Daniel Luque (considéré comme l’un des meilleurs matador encore en piste), et le voir affronter six taureaux. Ces derniers ont bien été mis à mort et le torero est reparti avec quatre oreilles et une queue. Applaudissements.

Au-delà du scandaleux et de l’écœurement!

« Aucune limite dans l’indécence », a commenté la Fondation Brigitte Bardot, qui rappelle que le ministre de l’Agriculture a fait de la « lutte contre la maltraitance animale » une priorité de son action. « C’est au-delà du scandaleux et de l’écœurement! », a sobrement ajouté l’association.

Sur Europe 1, le porte-parole de la Fondation, Christophe Marie, indique que Brigitte Bardot va demander à Edouard Philippe de retirer la responsabilité de la « protection animale » du maroquin de M. Guillaume. Même ligne pour le collectif L214, qui diffuse régulièrement des vidéos pour dénoncer la maltraitance animale. Sa co-fondatrice, Brigitte Gothière, a ainsi demandé sur BFMTV à ce que ce sujet soit « sorti du ministère de l’Agriculture ».

Plusieurs élus politiques condamnent également les deux ministres macronistes. A commencer par les écologistes : « Didier Guillaume ‘’s’en branle’ » de la souffrance animale! Lamentable! » a commenté, tout en nuances, l’eurodéputé EELV Yannick Jadot. « Le ministre ne peut pas défendre la cause animale et d’un autre côté s’asseoir dans une arène de corrida, se divertir face à la torture d’un être vivant, sensible et innocent », a ajouté sa collègue écologiste Karima Delli. « En assistant à une corrida, Didier Guillaume affiche son mépris pour la condition animale », a ajouté Manuel Bompard, chef des élus Insoumis au Parlement européen. 

 Invité de la matinale d’Europe 1, mercredi 23 janvier, Didier Guillaume déclarait: « une molécule de vin et une molécule de whisky ont le même degré d’alcool, sauf que moi je ne bois pas des molécules, je bois des verres. » Que voit précisément le ministre du « bien-être animal » quand il se régale de la mort du taureau ?

A demain @jynau

Qui dit la vérité : les urgentistes grévistes ou le ministère des Solidarités et de la Santé ?

Bonjour

C’est un méchant communiqué de presse du Collectif Inter Urgences – un texte en réaction aux propos du Ministère des Solidarités et de la Santé. Extraits :

« Cette semaine la Direction Générale de l’Offre de Soins a fini par sortir du silence pour annoncer son propre décompte des services en grève, soit 195 services à comparer aux 218 inscrits sur la carte. Nous les remercions pour ces chiffres et félicitons le groupe coordination pour leur professionnalisme avec un décompte aussi proche. Si cette comptabilité témoigne du sérieux de notre travail, peut-être serait-il bon de considérer nos revendications et propositions avec tout autant de sérieux.

« Nous rappelons par la même occasion que rien n’est encore effectif pour l’amélioration des conditions d’accueil. De façon non exhaustive cette semaine : A Saint-Quentin le record de Saint-Etienne a été battu hier, avec un patient de 70 ans stagnant aux urgences pendant 6 jours et 12 heures. Un record dans un contexte où la direction fait la sourde oreille sur les revendications du personnel. Soyons rassurés, au 14 Août les enveloppes de renfort en personnel sont enfin arrivées, maintenant que les deux épisodes caniculaires sont passés.

« Dans un hôpital du nord parisien ce week-end, sept infirmiers étaient en poste au lieu de onze. Pour assurer l’accueil il n’y avait qu’une seule infirmière au lieu de trois, induisant des temps d’attente avant évaluation des patients de 40 minutes tandis que les sociétés savantes préconisent que « tout patient doit être vu dans les cinq minutes suivant son entrée ». Dans ce contexte un patient est tombé dans le coma avant d’être vu, et a été transféré en réanimation après les premiers soins d’urgences. L’encadrement, après avoir fait peser la responsabilité sur l’infirmière d’accueil, s’est voulu rassurant auprès des équipes en leur disant que l’affaire serait étouffée. Le patient étant sans domicile fixe, peu de chances en effet d’un recours au pénal.

« Nous souhaitons, à travers ce communiqué, remercier le management de culpabiliser les agents pour ne pas avoir su effectuer seul le travail de trois personnes. Il est donc un peu présomptueux de déclarer que « les situations ont été réglées localement ». La rentrée arrive à grand pas et nous appelons encore et toujours l’ensemble des soignants sur le territoire à se mobiliser pour remodeler un système de santé arrivé à son terme. »

Et pendant ce temps-là, à Tours (Indre-et-Loire)

On lira, en marge de ce conflit un papier édifiant de La Nouvelle République du Centre Ouest (Pascal Landré). Ou comment deux fractions de la communauté médicale tourangelle parviennent à travailler en harmonie complémentaire : « SOS Médecins à Tours :  » J’aurai vu 60 patients aujourd’hui  » ». Douze praticiens de SOS Médecins qui, de fait, aident leurs confrères urgentistes du CHU. Douze praticiens qui oeuvrent dans un local du centre ville remarquablement équipé. Douze praticiens qui nourrissent quelques regrets et dénoncent un scandale :

« Derrière la porte du cabinet de consultation n° 6, le Dr Grégory Melchior nous accorde dix minutes entre deux patients. Il ne cache pas son épuisement. ‘’Oui, nous sommes éreintés, aujourd’hui entre 8 h et 22 h, j’aurai vu plus de 60 malades. Nous avions anticipé en étant deux de plus, mais même à cinq médecins, nous avons du mal, on ne peut même pas assurer les visites à domicile.’’ Le Dr Melchior est l’un des douze praticiens de SOS Médecins. ‘’Avec le pont du 15 août, personne ne trouve de généraliste en ville, ils sont tous partis. Les gens sont raisonnables et ils essaient de ne pas encombrer les urgences. Mais du coup, nous sommes débordés. Et ça se dégrade d’année en année…’’. Et d’expliquer que le souci vient d’abord du fait de la pénurie de médecins en ville, ‘’ceux qui partent en retraite ne trouvent pas de successeur.’’ Il insiste sur un autre problème : ‘’Nous sommes assez remontés car la fac nous empêche d’être maîtres de stages pour des étudiants. C’est scandaleux.’’ » 

C’est l’été et le médecin et député macronien Thomas Mesnier, 33 ans, travaille sur le rapport que lui a commandé (à lui et à l’expérimenté Pr Pierre Carli) Agnès Buzyn. « S’il réserve ses suggestions à la ministre, qui le recevra à la fin août, l’ex-urgentiste a assuré à l’AFP  qu’il n’a ‘’pas de tabou’’ sur le sujet ». Tabou ? Pourquoi tabou ? Il  confie travailler, notamment, sur « le modèle de financement des urgences ». Et si l’on en croit son entourage MmeBuzyn « annoncera dès la rentrée de nouvelles mesures issues des premières recommandations » du rapport.

Veillée d’armes : la CGT appelle à une journée d’actions le 11 septembre. Et le collectif Inter-Urgences tiendra la veille une assemblée générale nationale à Paris. On connaîtra le contenu du rapport « Carli-Mesnier ». Qui nous dira, alors, la vérité sur le nombre de services en grève ?

A demain @jynau