SOS Addiction : le gouvernement sommé de lutter contre la dépendance des Français aux carburants

Bonjour

Extension du domaine de la lutte. On connaît les liens entre le pouvoir politique et les addictions – que ces dernières soient légales et fiscalisées ou mafieuses et combattues. Et on connaît le prix considérable des ambiguïtés, jamais levées, dans ce domaine. Il faut désormais compter avec un nouveau chapitre addictif et esclavagiste : celui de la dépendance à une énergie désormais considérée comme mortifère. Une affaire qui se cristallise, en France, sous l’appellation « carburants ».

12 novembre 2018. Dans une tribune qui vient d’être publiée sur Franceinfo, le Réseau Action Climat et ses vingt-deux associations membres – parmi lesquelles Greenpeace, WWF ou Oxfam 1 – appellent le gouvernement à « sortir les citoyens de leur dépendance au diesel et à l’essence ». Un propos centré sur la « fiscalité écologique » qui ne va pas vraiment dans le sens du vent. Un propos qui sifflera aux oreilles de bien des responsables politiques.

« Depuis plusieurs jours, les prises de parole de plusieurs responsables politiques de tous bords alimentent les tensions autour de la hausse des prix des carburants, dénonçant à tout va la fiscalité écologique. Et ce, alors que ces mêmes responsables placent l’urgence climatique et la lutte contre la pollution de l’air parmi leurs priorités. Pour le Réseau Action Climat et ses associations membres, ces responsables devraient commencer par rappeler que la fiscalité écologique est un outil indispensable, en soi, pour répondre à la crise climatique que nous connaissons, et qu’il convient à tout prix de préserver les dispositifs mis en place via l’adoption de solutions concrètes additionnelles.

« Instrumentaliser la fiscalité écologique est irresponsable. Irresponsable alors même que le GIEC rappelait le mois dernier que sans efforts supplémentaires sans précédent pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre, nous ne pourrons nous mettre à l’abri des pires impacts du dérèglement climatique et que la pollution de l’air continue chaque année d’occasionner 48 000 morts prématurées dans notre pays. »

Incurie chronique

Pour les signataires de cette tribune le gouvernement français est également responsable de la crise en cours, « puisqu’il tarde à mettre en place des mesures rapides et suffisamment ambitieuses pour financer les alternatives à la voiture et aider ceux qui n’ont pas les moyens de se déplacer autrement ». Responsable aussi « parce que cette fiscalité qui touche les Français épargne les secteurs les plus polluants et émetteurs de gaz à effet de serre, comme le secteur aérien ou le transport routier de marchandises ».

On peut le dire autrement : à l’instar des précédents, le gouvernement actuel mène une politique des transports qui, à ce jour, n’est ni cohérente avec l’urgence climatique ni juste socialement.

On lira, dans cette tribune, les réponses proposées par les signataires et qui visent à permettre à terme de sortir les citoyens français de leur dépendance au diesel et à l’essence : transports en commun et vélo … développement de véhicules véritablement moins émetteurs et moins polluants … désenclavement des territoires via un réseau ferré opérationnel modernisé et accessible à tous les portefeuilles … lutte contre l’étalement urbain en rapprochant les lieux de vie des lieux de travail et de loisirs.

Soit un chapelet de réductions des risques qui doivent être actées et financièrement soutenues par le gouvernement dans une prochaine loi. Sans oublier toutefois ceux qui ne peuvent, pour l’heure se sevrer, ceux qui ne peuvent pas faire autrement : parce qu’ils ont peu de moyens mais qu’en plus, du fait de leur implantation géographique, ils ne peuvent se déplacer autrement qu’en prenant leur voiture. C’est à ces citoyens que le gouvernement doit apporter de manière urgente un soutien financier, pour leur permettre de faire face à la hausse du prix des carburants.

Issue constructive

Reste l’essentiel : libérer notre pays de son addiction au pétrole – une addiction qui trouve ses racines dans une politique des transports axée depuis des décennies sur le recours à la voiture et un aménagement du territoire qui a allongé les distances à parcourir. Une politique courageuse de réduction des risques existe, ici aussi. Comme les  solutions que le Réseau Action Climat a développées et porte depuis plusieurs années.

« Les recettes tirées de la fiscalité écologique devraient justement servir à les développer. Nous appelons les responsables politiques de tous bords à les défendre, et le gouvernement à les entendre. Ce sont elles qui permettront d’apporter une issue constructive à la crise en cours et d’éviter, comme cela a déjà été le cas par le passé, que la transition écologique ne se retrouve encore sacrifiée pour de mauvaises raisons. »

 Des raisons d’espérer ? On ne peut, ici, que rappeler l’embarras croissant du gouvernement concernant son propre plan, sans cesse annoncé, sans cesse reporté, de lutte contre toutes les addictions qui ne sont pas des carburants. Le prochain Houellebecq est annoncé.

A demain

@jynau

1 Le Réseau Action Climat et ses associations membres (350.org ; Agir pour l’environnement ; Alofa Tuvalu ; Alternatiba ; CLER – Réseau pour la transition énergétique ; CCFD-Terre solidaire ; 4D ; FUB ; Fnaut ; Fondation pour la Nature et l’Homme ; France Nature Environnement ; Greenpeace France ; Hespul ; Les Amis de la Terre ; Ligue de protection des oiseaux ; Oxfam France ; REFEDD ; Réseau Sortir du nucléaire ; Secours catholique-Caritas France ; WECF ; WWF France ; Zero Waste France).

 

Ethique sans frontières : un médecin français peut-il euthanasier en Belgique ?

Bonjour

Plus jamais de repos dominicaux ?  C’est une information de La Croix (Loup Besmond de Senneville). Le Conseil national de l’Ordre des médecins français se prononcera bientôt sur une question d’une particulière originalité : un médecin français est-il libre d’adresser (certains de) ses patients en Belgique (dans une  »maison de repos ») afin de pouvoir librement, ensuite, les euthanasier ? On connaît des sujets géo-éthiques moins compliqués.

C’est pourtant bien la question dont vient de se saisir, jeudi 8 novembre, le Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom). « C’est une question qui est à l’ordre du jour de notre réflexion » , a confié à La Croix le Dr Jean-Marie Faroudja, président de la section éthique et déontologie du Cnom. » Pourquoi à La Croix ? On ne le saura pas. En écho, La Croix, dans sa sagesse :

« Disons-le d’emblée : la question est pour l’instant purement théorique, et l’Ordre ne recense aucun médecin français exerçant de telles pratiques. Mais c’est un texte publié fin octobre en Belgique qui a poussé l’instance médicale française à engager la réflexion. Le Comité consultatif d’éthique de Belgique a en effet publié le 22 octobre un avis sur cette épineuse question.

« Dix-huit mois auparavant, il avait en effet été saisi par le ministre wallon de la santé, à la suite d’« un cas concret, qui lui a été signalé par ses services » : « Un médecin établi en France peut-il venir en Belgique avec son patient et le faire admettre dans un centre de court séjour belge ou dans une maison de repos et de soins belge afin de l’y euthanasier, à sa demande ? »

Et La Croix de nous expliquer que, dans un texte de trois pages, les experts du Comité d’éthique belge font état de leurs divisions. Les uns affichent leurs réticences, affirmant qu’un tel cas poserait « de sérieuses questions »« Le fait d’envoyer [dans un centre de repos belge] un patient dans le seul but d’y pratiquer une euthanasie ne correspond pas aux objectifs poursuivis par ces centres. » De même, craignent-ils encore, « l’acceptation occasionnellement donnée dans ces centres ouvre la porte à une pratique qui pourrait rapidement devenir une habitude ».

Assurance maladie, démocratie et euthanasie

A l’opposé d’autres estiment au contraire « qu’il n’y a aucun inconvénient éthique à ce qu’un médecin, de nationalité belge ou non, autorisé à exercer en Belgique, pratique en Belgique une euthanasie dans les conditions prévues par la loi ». Reste la dimension financière – sur laquelle rien ne nous est dit. Qu’en dira notre Assurance Maladie ?

 Faudrait-il, ici,  rappeler que chez nos amis vivant de l’autre côté de la minuscule bourgade de Quiévrain la pratique de l’euthanasie est légale depuis une quinzaine d’années ? Et que depuis 2005, une directive européenne permet aux médecins d’exercer dans les différents pays de l’Union. On peut le dire autrement : au plan strictement juridique, rien n’interdit aujourd’hui à un médecin français de franchir la frontière, la main dans la main avec un patient, pour euthanasier ce dernier. Puis de revenir dans exercer dans son cabinet français.Avant de recommencer.

Si l’on en croit La Croix (et le dernier rapport de la commission fédérale de contrôle et d’évaluation de l’euthanasie) vingt-trois personnes/patients sont venus de l’étranger pour se faire euthanasier en Belgique en 2016 et 2017. Et le quotidien catholique, en cette fin de dimanche de 11 novembre 2018, de citer le Pr Paul Cosyns, coprésident du Comité d’éthique belge, professeur émérite de psychiatrie de l’université d’Anvers :

 « Ce n’est pas du tout dans l’esprit de la loi de permettre ce genre de pratique. Cela s’assimilerait à une forme de tourisme d’euthanasie. »

Tourisme ? La belle affaire qui nous conduira bientôt, en charters offerts, au bord du Styx …  Où l’on voit, une nouvelle fois, que la Belgique  n’est pas la Suisse. Mais qu’elle pourrait bientôt, sous d’autres masques démocratiques et déontologiques, y faire songer.

A demain

@jynau

PMA « pour toutes/sans père » : l’affaire se politise tandis que l’atmosphère s’électrise

Bonjour

Informations politiques exclusives, aujourd’hui, dans le Journal du Dimanche (Sarah Paillou). Où l’on en sait un peu plus sur les choix  de la majorité et du gouvernement macroniens quant aux modalités de l’ouverture de la PMA  aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires. Il est depuis peu acquis que la promesse du candidat Macron, figurera dans le projet de loi qui sera adopté au plus tard au début d’année prochaine. Qu’en sera-t-il des décisions concrètes et majeures qui en découlent – décisions en cours d’arbitrage. Le JDD précise qu’Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé « se prononce sur les recommandations de Jean-Louis Touraine, le médecin rapporteur LREM de la mission d’information parlementaire – qui a terminé cette semaine ses auditions et qui présentera ses conclusions à la fin du mois. »

« Elle se dit notamment favorable à la reconnaissance préalable de la filiation des mères homosexuelles ayant recours à la PMA, mais s’interroge sur les modalités de l’ouverture de l’accès aux origines et veut rendre possible l’utilisation encadrée de gamètes post mortem. Agnès Buzyn souhaite aussi que la PMA pour toutes soit remboursée par la Sécurité sociale. Le terrain est politiquement miné, comme le rappelle Touraine : « Il ne faut pas humilier ceux qui sont contre l’ouverture de la PMA. Ce n’est pas la peine, comme l’ont fait ceux qui voulaient le mariage pour tous, de traiter les opposants d’homophobes intolérants. Ce qui compte, c’est le résultat. » Le député du Rhône compte sur la future commission de députés et sénateurs de tout bord, voulue par le chef de l’État, pour « apaiser le débat ». »

Apaiser le débat ? Après la prise de position argumentée, dans Le Figaro,  des cinq ténors parlementaires LRM  contre cette ouverture  voici que vingt sénateurs publient à leur tour une tribune indignée dans Valeurs actuelles pour s’opposer à la légalisation de cette extension. « Il ne s’agit plus de lutter contre une quelconque infertilité due à une pathologie, mais de satisfaire à tout prix un ‘désir d’enfant’, écrivent-ils. On prend ainsi le risque de faire perdre à la médecine son aspect curatif, d’instituer une sorte de ‘droit à l’enfant’ pour les parents, et de créer délibérément des orphelins de père ». Et ce au nom d’un « progressisme béat » qui leur semble « dangereux pour l’humanité ».

Rétropédalant dans le temps et l’espace ils estiment que « l’assistance médicale à la procréation continue à poser de graves problèmes éthiques, notamment en ‘produisant’ des dizaines de milliers d’embryons ‘sans projet parental’ – dont beaucoup finiront en ‘matériau de recherche’ ». Et les vingt s’interrogent : « Est-ce digne de l’être humain ? Est-ce la nouvelle conception de l’humanisme ? ». Et de mettre en garde contre la « pente glissante » qui conduira immanquablement vers l’acceptation, tacite puis légalisée, de la GPA. En dénonçant la vaste campagne de publicité qui accompagne le livre du journaliste Marc-Olivier Fogiel, faisant la promotion d’un acte pourtant délictuel en droit français, sans que Mme Belloubet s’en émeuve ».

C’est dans ce contexte qu’Agnès Thill, député LREM insoumise, après avoir ouvertement déclaré qu’elle ne soutenait pas la « PMA pour toutes » à contre-courant de son groupe parlementaire, vient de prendre une nouvelle initiative. Elle s’est élevée contre un « café citoyen » organisé par une autre député pour « débattre de la PMA ». A cette occasion, elle a dénoncé l’existence d’« un puissant lobby LGBT à l’Assemblée nationale »Dans une lettre, Philippe Grangeon, délégué général de LREM par intérim, et Gilles Le Gendre, président du groupe LREM à l’Assemblée, ont recadré une nouvelle fois l’élue pour ses propos, lui signifiant que ce serait « la dernière ». Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a pour sa part qualifié les propos tweetés d’Agnès Thill d’ « absolument inacceptables ».

Et ensuite ?

A demain

@jynau

 

Cigarette électronique : les buralistes sont-ils les mieux placés pour lutter contre le tabagisme ?

Bonjour

C’est une photo du tonnerre. On y voit Gérard Darmanin et Philippe Coy : le ministre des Comptes public coude-à-coude avec  le patron des buralistes – sous les ors de la mairie de Tourcoing. Et ce dernier d’arborer une grande affiche : « Chez votre buraliste, Novembre le mois de la Vape » Une cigarette électronique et ce sous-titre : « Le vapotage c’est aussi notre métier ». Ainsi donc le diable est dans ce détail, dans cet « aussi » qui sous-entend précisément son contraire.

Gérard Darmanin a-t-il été piégé, à Tourcoing, par le patron des buralistes ? Quelle est la position de l’exécutif sur ce sujet ? Où sont les choix politiques opérés en matière de santé publique sur ce chapitre essentiel de l’addiction fiscalisée ? Silence total.

Reste ainsi, entière, la question de la cigarette électronique, de sa distribution et de l’apprentissage de son usage. C’est là une question au cœur de la Révolution des Volutes ; une question soudain réactivée par Philippe Coy et son puissant réseau. La grande majorité des buralistes français est bien décidée, autant que faire se peut, à ne pas laisser échapper ce marché jusqu’ici le plus souvent développé par des militants experts dans le maniement de cet outil majeur de réduction des risques tabagiques.

Marisol Touraine et Agnès Buzyn

Une fraction des buralistes a compris l’ampleur du défi de leur survie. Celle-ci passe-t-elle par la cigarette électronique ? On peut très raisonnablement en douter. Buralistes et réduction des risques ne riment qu’en surface. Il leur faudra trouver ailleurs et avec l’aide de la puissance publique des raisons d’espérer. Elles ne manquent pas dans les territoires désertés.

Reste la découverte, l’apprentissage, le maniement de la cigarette électronique, le lent cheminement de cette itinérance mémorielle que sont ces  douloureuses désaccoutumances. C’est un sujet éminemment addictologique, éminemment politique. Jamais traité comme tel par l’exécutif (Cf Marisol Touraine et Agnès Buzyn) qui se suicide dans la fiscalisation des addictions légales.

« Photo du tonnerre », superbe cliché parlant. Contrairement à certaines lectures affûtées Coy n’a nullement « piégé » Darmanin. Le ministre des Comptes publics est consubstantiel du patron des buralistes. Une seule question : jusqu’à quand ?

PS. Conseil de lecture signé Sébastien Béziau , vice-président de Sovape:  la déclaration, majeure, de Ghyslain Armand,  de Vaping Post : « Indépendant de l’industrie du tabac Notre position face à la présence de l’industrie du tabac dans le monde de la vape »

A demain

@jynau

 

 

Homéopathie politique : un sondage du Parisien embarrassera au plus haut point Agnès Buzyn

Bonjour

Sur fond de grogne carburante montante voilà un sondage qui hérissera l’exécutif. Publié aujourd’hui dans Le Parisien il établit que près de trois Français sur quatre sont opposés au déremboursement des spécialités homéopathiques (assuré aujourd’hui par la Sécurité sociale à hauteur de 30 %). Des résultats politiquement bien embarrassants.

On connaît le contexte. Au départ, en mars dernier, une tribune au vitriol anti-homéopathie de cent-vingt quatre praticiens dans Le Figaro. Suivie d’une très mauvaise communication de la ministre de Solidarités et de la Santé. Puis l’organisation de la résistance médiatique du camp homéopathique.

Puis après mille et un atermoiements et propos contradictoires la décision prise par Agnès Buzyn de demander à la Haute Autorité de santé (HAS) d’évaluer l’efficacité de cette pratique et le bien-fondé de son remboursement par la collectivité. Et ce alors même que cette même HAS (hier encore présidée par Mme Buzyn) a d’ores et déjà fait connaître sa position « anti ». C’était en juillet dernier :

« La Commission s’étonne du maintien du taux de remboursement à 30% des médicaments homéopathiques à nom commun compte tenu du taux de remboursement à 30% voire 15% de médicaments ayant fait la preuve de leur efficacité ».

Et puis voici l’automne et ce sondage auprès de 2 000 citoyens  : 77% des Français ont déjà pris des spécialités homéopathiques et en ont une « bonne image » et 74 % sont opposés à l’arrêt de leur remboursement.

Radicalisation

« Il est clair que l’arrêt de n’importe quel remboursement génère une opposition de l’opinion mais celle-ci est tout de même à mettre en relation avec les bénéfices dont les Français disent tirer de l’homéopathie, qui a un véritable ancrage dans leur pratique de soins », analyse Luc Barthélémy, directeur santé d’Ipsos.  « Nous voulons porter le débat au niveau scientifique et interpeller le public, dire que le réflexe homéopathie peut créer des retards de prise en charge pour certaines pathologies », attaque le Dr Céline Berthié, porte-parole du collectif « anti » qui plaide pour le déremboursement.

Face à cette radicalisation peut-on imaginer que l’état de d’opinion publique soit pris en compte par un exécutif rationaliste ? Quels seront les ressorts politique de la prise de décision ? En avril dernier Agnès Buzyn déclarait sur RMC-BFMTV  que l’homéopathie continuerait à être remboursée. Et ce même si c’est « probablement un effet placebo » (sic).  « Les Français y sont attachés, si cela peut éviter le recours à des médicaments toxiques (re-sic), je pense nous y gagnons collectivement, expliquait-elle…  ça ne fait pas de mal ! ». Puis en mai, sur France Inter elle expliquait que si elle était utile, elle resterait remboursée. « Si elle est inutile, elle arrêtera de l’être, indiquait la ministre de la santé. Le problème de l’homéopathie est qu’elle n’a jamais été évaluée comme les médicaments. »

Puis à nouveau sur France Inter, en septembre :

 « La première question c’est : est-ce qu’il faut continuer à rembourser à 30 % l’homéopathie alors que tous les médicaments remboursés aujourd’hui par la Sécurité sociale sont évalués pour leur efficacité. J’ai simplement demandé à la Haute Autorité de Santé qu’elle évalue l’homéopathie comme n’importe quel médicament. Si elle montre que c’est efficace, ça continuera à être remboursé. Mais ce n’est pas parce que ce n’est plus remboursé que ça ne pourra plus être prescrit (…) moi je fais confiance à ce qui est évalué scientifiquement. « Car je suis rationnelle. Je suis incroyablement rationnelle. Je crois en la science et donc je crois en la preuve scientifique. »

 Quid, dans ce paysage, des méandres de la politique et de ceux de l’effet placebo ?

A demain

 

 

Microbiote : il nous faut désormais compter avec le charme discret, mais sans fin, de l’intestin 

Bonjour

Ce fut une thèse de médecine. Puis une anomalie éditoriale allemande. Puis un titre génial (en français). Puis un best-seller mondial. Puis une nouvelle édition augmentée. Et désormais, au rayon infini des déclinaisons, voici l’exposition.

Du 4 décembre 2018 au 4 août 2019, la Cité des sciences et de l’industrie présente à Paris l’exposition Microbiote, d’après Le charme discret de l’intestin de Giulia et Jill Enders (Actes Sud, 2015) vendu à 1 200 000 exemplaires en quarante langues.

Cet incroyable succès de librairie est aussi le reflet d’une série d’avancées et de nouveaux regards sur le corps : l’accélération de l’exploration du  microbiote  cette galaxie de micro-organismes (bactériesmicrochampignonsprotistesvirus) vivant dans le  microbiome . Et, pour ce qui nous concerne, dans un tube digestif, un ventre, devenu soudain une « deuxième cerveau ». La dernière en date de nos révolutions coperniciennes. L’espoir, peut-être, d’une « nouvelle médecine ». La garantie d’un nouveau regard sur le corps.

En attendant le film

Comment mettre en exposition un bouleversement microscopique ? Giulia et Jill Enders ont relevé le défi au sein de la Cité des sciences et de l’industrie. « Exposition originale qui bénéficie d’une scénographie expressive, nous assure-t-on. Comme un voyage au cœur de notre corps, pour découvrir l’une de ses régions les plus secrètes, ce “second cerveau” est d’une importance capitale pour notre santé. 600 m2. » Explications à l’entrée de l’exposition :

« Chacun possède son propre microbiote, véritable marqueur personnel en constante évolution à l’instar des empreintes digitales. Il faut ainsi se faire à l’idée que le corps humain est non seulement constitué de chair, de sang, d’os et de muscles, mais aussi de tout un monde de bactéries, de virus et de champignons hébergé en quasi-totalité par l’intestin, véritable écosystème! Le système digestif est en effet doté de son propre système nerveux et interagit avec l’organisme au cours de la digestion. Coach du système immunitaire, il entretient donc des relations étroites et déterminantes avec le cerveau. »

Une exposition conçue en partenariat avec l’Inra, Heureka (Helsinki) et le Pavillon de la connaissance (Lisbonne), avec la participation de l’afa Crohn RCH et le soutien du Biocodex Microbiota Institute, de Danone Research et de la Fondation Roquette pour la santé.

Du 4 décembre 2018 au 4 août 2019. En attendant le film.

A demain

@jynau

 

Temps modernes : le Crédit Agricole s’attaque au désert médical de la Place de la Concorde

Bonjour

Que restera-t-il demain du souvenir des années profondément houellebecquiennes que nous traversons ? Quelles images marquantes ? A coup sûr celles de la désertification médicale de la France – une France désormais constituée de cités et de territoires. Il ne restera plus qu’à dissoudre l’Assurance Maladie pour retrouver, hurlants, les loups du Moyen-Age.

Un symptôme nous est adressé depuis les luxueux bureaux en acajou du Crédit Agricole, cette chère vieille « banque verte » (sic) qui vogue sur son deuxième centenaire et sur plus de trente-deux milliards d’euros de chiffre d’affaire. Le Crédit Agricole qui a industrialisé nos campagnes, endetté à vie nos jeunes paysans avant de s’étendre à l’international. Et puis, soudain, ce mail du Crédit Agricole d’Ile-de-France:

« Avec seulement 93,2 médecins pour 100.000 habitants, Paris n’est que 20ème du classement des villes de France les mieux dotées en médecins généralistes. Le Crédit Agricole d’Ile-de-france, en tant que banque mutualiste et régionale, souhaite lutter contre les inégalités territoriales à l’accès aux soins et s’engage dans un partenariat exclusif. »

Lisons. En partenariat avec Initiative Ile-de-France et plusieurs collectivités, le Crédit Agricole d’Ile-de-France a mis en place un partenariat pour accompagner les professions libérales de santé et faciliter leur installation. Cette collaboration permet concrètement :

« 1. La création d’un fonds de dotation, alimenté par le Crédit Agricole d’Ile-de-France, la Région Île-de-France et la Caisse des Dépôts, dont le but est de distribuer des Prêts d’honneurs Santé Initiative (PSI) aux jeunes qui s’installent. Ils pourront bénéficier d’un prêt à taux 0% pouvant atteindre 30 000€ sur cinq ans, compléter par un prêt sur-mesure de la banque régionale pour financer le reste du projet d’installation.


« 2. Un accompagnement spécifique des jeunes professionnels de Santé par des experts spécialisés pour assurer le succès de leur installation et pérenniser leur activité. »

Prochaines étapes pour le Crédit Agricole dans le domaine de la Santé : « être davantage présents auprès des futurs professionnels de santé au cours de leurs études », conclut Alain Levallois, responsable du « marché des professionnels » (sic).

SansMonDoc

Que restera-t-il demain du souvenir de nos années profondément houellebecquiennes ? Ceci, peut-être, adressé aux journalistes étiquetés « santé ».

« Noël arrive à très grands pas et beaucoup de français profitent de cette période des fêtes pour se retrouver en famille. Mais, entre le froid, la neige ou la fatigue accumulée de l’année, c’est également à ce moment que beaucoup tombent malades. Grâce à MesDocteurs.com, l’unique plateforme interactive de téléconseil et de téléconsultation médicale en France, docteurs et spécialistes répondent 7 j/7, 24 h/24, sans prise de rendez-vous ou de délai d’attente de diagnostic, à toutes les questions d’ordre médical !

Médecine générale, mais aussi pédiatrie, gynécologie, ORL, dentaire, dermatologie ou encore psy… L’objectif premier de MesDocteurs est de délivrer des informations médicales fiables, de mettre en contact des personnes en attente de conseils médicaux et des médecins qualifiés. Les médecins de la plateforme sont donc diplômés en France et garantissent évidemment le secret médical.   Quel coût ?  Via le chat, ou par téléphone, les tarifs vont de 1,9 € à 5,9€ par question et le site offre la première question. Le patient n’a rien à craindre pour ses données qui sont entièrement sécurisées. »

Et d’ajouter : « Depuis le 15 septembre dernier, l’Assurance-maladie rembourse les téléconsultations pratiquées par les médecins traitants, au même tarif qu’une consultation classique : 25 euros pour un généraliste, 30 euros pour un spécialiste. MesDocteurs a, à cette occasion, développé son nouveau service, AvecMonDoc, qui permet aux médecins et à leurs patients d’effectuer des téléconsultations par visioconférence remboursées comme des consultations classiques (sic) ».

A demain

@jynau