Alcool, gastronomie et espérance de vie : nouvelle dimension de l’équation d’Emmanuel Macron

Bonjour

Palais de Chaillot. Un mot sur le tabagisme (silence sur la cigarette électronique) et rien sur la lutte contre l’alcoolisme. Pour le reste, plus qu’évasif sur la crise majeure de l’hôpital public et la désespérance des EHPAD. Sur le front de la « santé » Emmanuel Macron n’a guère été bousculé, hier, par les deux journalistes-hommes-blancs-de-plus-de-60 ans qu’il avait choisis pour l’interroger face à la Tour Eiffel illuminée. Une étrange rencontre qualifiée de « physique » et de « virile » (de « combat de coqs, d’ego et d’ergots »). Une rencontre faire-valoir qui, déjà, semble destinée à se renouveler chaque année.

Rien, donc sur le conflit ouvert qui, sur le vin français, oppose depuis deux mois le président de la République et sa ministre de la Santé – et, par voie de conséquence, cette dernière au ministre de l’Agriculture. Une opposition politique et sanitaire qui fait malheureusement l’économie du rôle et de la responsabilité des grands alcooliers industriels. Et, à ce titre, une équation mal posée à laquelle il faut ajouter de nouvelles données publiées dans The Lancet :  « Risk thresholds for alcohol consumption: combined analysis of individual-participant data for 599 912 current drinkers in 83 prospective studies ». Une étude reprise par la BBC (Alex Therrien) et repérée par Slate.fr. (Léa Polverini).  Sans oublier Le Quotidien du Médecin.

Laxisme

Il s’agit, pour résumer, d’une vaste méta-analyse dirigée par le Dr Angela Wood (service de santé publique et soins primaires à l’Université de Cambridge, Royaume-Uni) et qui porte sur près de 600 000 consommateurs réguliers de boissons alcooliques (quatre-vingt trois études prospectives menées dix-neuf pays à haut revenu). On sait que que le niveau maximal de consommation « sans danger exagéré » est officiellement de 100 grammes d’alcool pur par semaine – soit 10 verres « standard » (25 cl de bière, 10 cl de vin, ou 3 cl d’alcool fort). Et ce alors que plusieurs pays européens ou américains fixent des seuils bien plus laxistes.

Dans ce travail ( 5,4 millions de « personnes-années ») la moitié des participants fait état d’une consommation d’alcool supérieure à 100 g par semaine – et, pour 8,4 %, de plus de 350 g. Les auteurs établissent une association claire entre la consommation d’alcool et la mortalité prématurée. À partir de 100 g d’alcool par semaine, le risque de mourir d’AVC, de maladie coronaire (à l’exception de l’infarctus du myocarde), d’arrêt cardiaque, de cardiopathie hypertensive, et d’anévrisme aortique augmente avec la consommation. Ce qui peut s’expliquer par les effets de l’alcool sur l’élévation de la pression sanguine et sur des facteurs liés aux taux élevés de lipoprotéines de haute densité cholestérol (HDL-C).

« A partir de 40 ans, on diminue son espérance de vie de six mois en consommant de 100 à 200 g d’alcool par semaine, d’un à deux ans avec 200 à 350 g, et de quatre à cinq ans avec plus de 350 g. À l’échelle de la population, il faudrait descendre sous le seuil de 100 g d’alcool par semaine pour voir l’espérance de vie augmenter jusqu’à 2 ans » résume Le Quotidien.

Efforts

Les auteurs estiment que l’Italie, le Portugal et l’Espagne devraient réduire de moitié les seuils fixés dans leurs recommandations et appellent les États-Unis (où la limite pour les hommes est fixée à … 196 g/semaine ), le Canada ou la Suède à faire des efforts. On peut aussi citer la Belgique (21 verres par semaine pour les hommes, 14 pour les femmes) ou la Suisse (10 à 15 verres par semaine pour les hommes).

Et la France ?  Actuellement, les repères définis par la Haute Autorité de Santé, reprise par la Société française d’alcoologie, suite à une préconisation du Programme national nutrition santé (PNNS) sont : jamais plus de 4 verres par occasion pour l’usage ponctuel, pas plus de 21 verres/semaine pour l’usage régulier chez l’homme et pas plus de 14 verres/semaine chez la femme. Mais Santé Publique France a, depuis, diffusé en mai 2017 une nouvelle recommandation préconisant 10 verres par semaine maximum.

Les experts à l’origine de cette recommandation soulignent que ces nouveaux repères de consommation « ne sont pour eux qu’un élément d’un discours public unifié qui se veut prévenir les risques liés à la consommation d’alcool tout en ne niant pas les intérêts économiques associés ». « Pour être cohérent, écrivaient-ils, ce discours doit également être lié à des actions sur la fiscalité, sur la disponibilité des produits et leur promotion, ainsi que des actions d’éducation, de communication et de marketing social. »

C’était il y a un an. On sait, depuis, que le président de la République a décidé que la loi Evin, détricotée par son prédécesseur, ne serait pas retricotée. Et l’on attend du gouvernement la solution qui ne niera pas les intérêts de la viticulture française tout en prévenant, en même temps et autant que faire se peut, les risques de dépendance à l’alcool.

A demain

 

 

Alcool et politique : après le fait divers de la rue Princesse, l’affaire Jean-Vincent Placé

 

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Depuis l’aube c’est une déferlante. Nous n’avions pas cité son nom. Il est désormais omniprésent : Jean-Vincent Placé – homme politique atypique qui paye sans doute ici ici une forme d’opportunisme associé à un cynisme peu fréquent dans ces sphères. Un homme désormais marqué et condamné à une « garde à vue prolongée ».

Libération est, ici, à la manœuvre . Des témoins lui ont raconté «  l’esclandre et l’arrestation nocturne de l’ancien ministre dans un bar du VIe arrondissement de Paris. Il aurait notamment proposé à deux clientes de les payer pour qu’elles dansent pour lui, avant d’insulter le videur puis les policiers ». Extraits :

« Il est 1h45 ce mercredi, rue Princesse, dans le VIarrondissement de Paris. Une voiture de police et une autre de la BAC bloquent le passage. Une bonne dizaine de policiers, en civil et en uniforme s’agitent autour d’un homme en état d’ivresse. Rien d’inhabituel pour une «rue de la soif», où chaque soir apporte son lot de fêtards plus ou moins contrôlables. Sauf que cet homme, ancien sénateur, a fait partie du gouvernement Valls. Il s’appelle Jean-Vincent Placé et à lui tout seul, il vient de retourner un bar comme une équipe de rugby.

 « Giffle de légionnaire »

 « Quelques minutes plus tôt, surexcité, Jean-Vincent Placé est entré dans l’un des nombreux établissements de la rue pour boire un coup. ‘’Il s’est pointé comme un roi, avec un melon pas possible, sans dire bonjour ni merci ni merde’’, nous a raconté quelques minutes après les faits un membre de l’équipe, encore un peu halluciné par la scène à laquelle il vient d’assister. Jean-Vincent Placé se serait ensuite accoudé au zinc, faisant signe au barman de venir le servir d’un air suffisant, selon notre témoin : ‘’Il a fait un vague geste de la main et a juste dit : « A boire ».’’  Puis il se serait dirigé vers la piste de danse où se trouvent deux jeunes femmes. ‘’Il leur a dit : « Dansez pour moi et je vous paie », explique le même témoin. Il a continué à faire chier tout le monde, on a dû appeler le videur.’’

 « Le videur en question culmine à quasiment deux mètres et dépasse largement les 100 kilos. Jean-Vincent Placé continue ‘’d’emmerder le monde’’ et finit par se prendre une ‘’giffle de légionnaire’’. Mais, toujours pas calmé, il aurait lâché au portier : ‘’Tu veux que je te mette un coup de boule ?’’. ‘’On lui a dit que ce n’était pas parce qu’il était un homme politique qu’il pouvait tout se permettre’’,précise le témoin. L’un des amis de Placé (non identifié), complètement dépité, aurait alors soufflé : ‘’Je suis parlementaire et je dois gérer ça’’.

 Mais Jean-Vincent Placé joue de malchance. Dans ce bar, ce même soir, se trouve un commissaire divisionnaire. Ce dernier appelle ses collègues. Collègues qui, à l’appel de leur supérieur hiérarchique, débarquent en trombe. Jean-Vincent Placé est alors exfiltré du bar et se retrouve encerclé par plusieurs agents. Les quelques noctambules alcoolisés de la rue s’agglutinent autour de l’attraction du moment. D’abord, l’ex-sénateur explique avec véhémence aux policiers qu’ils ne savent pas faire leur boulot. Puis leur crie carrément : ‘’Vous servez à rien !’’ »

Aucun témoin, selon Libération,  n’a évoqué des propos racistes. In fine un grand classique nocturne de la célèbre rue Princesse. Pourquoi, dès lors, cette déferlante ?

A demain

 

Alcool, faits divers et journalisme : pourquoi parler des ivresses des responsables politiques ?

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« En parler ou pas ? » « Mais tout le monde en parle, comment faire l’impasse ? » Et c’est ainsi que tous, en cette matinée du 5 avril, diffusent amplifient et répercutent une information nocturne d’Europe 1 : un ancien sénateur écologiste a été placé en garde à vue, après avoir été interpellé dans la nuit suite à un « incident dans un bar », à Paris. Par ailleurs ancien membre d’un réent gouvernement, il est soupçonné d’avoir importuné des femmes dans cet établissement, puis d’avoir proféré des insultes racistes à l’encontre d’un videur venu intervenir.

«Lors de son arrestation, il aurait proféré des insultes à caractère raciste à l’encontre des policiers de la BAC», ajoute Europe 1, d’où les faits d’«outrage à agent» retenu contre l’homme politique, dont l’alcoolémie a été mesurée à 1,16 g par litre de sang. Libération note que sur Twitter sa dernière action a été de retweeter le message suivant : «Ça fait 10 jours que je n’ai pas bu d’alcool. Mon teint est plus clair, mes cernes s’estompent, je dors mieux, et je m’emmerde prodigieusement». Un message publié le 1er avril.

Tout le monde en parle – y compris Le Monde à qui une « source policière » a « confirmé les informations d’Europe 1 et de RTL ».  Le Monde qui précise que, selon BFM,  l’homme a été « conduit au poste en raison d’injures raciales, outrage à agent et violences en état d’ivresse ». L’outrage à agent a justifié son placement en garde à vue au commissariat du 5e arrondissement où il a passé la nuit.

« Son alcoolémie a été mesurée à 1,16 g » assure Le Monde. France Inter et Le Point parlent du double – une question de  méthode.

 

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« Avec ses litres de pinard, le soir, c’était le démon incarné » (Marinette Pichon, L’Equipe)

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Résilience. Sport au sommet. Homosexualité assumée. Une triple « icône » : Marinette Pichon. Un symbole de notre époque. Marinette parle et c’est dans L’Equipe (Yohann Hautbois). 1 Une raison de plus pour ne pas désespérer de ce quotidien sportif.

Marinette Pichon, 42 ans, fut une joueuse football réputée. En octobre 2012, elle devint la deuxième femme homosexuelle en France à obtenir un congé de paternité pour la naissance de son fils que sa compagne avait porté et mis au monde. Football, homosexualité et alcoolisme. Triple « icône ». Le tout exposé dans un livre stupéfiant : « Ne jamais rien lâcher » (Editions First). Un livre justifiant le sujet de L’Equipe :

« Victime d’un père violent et alcoolique, l’ancienne attaquante des Bleues aurait pu sombrer mais, grâce au football, elle a trouvé la force de rebondir puis de se révéler. Elle témoigne dans un livre qui sort jeudi 4 avril. Dans sa jolie maison, au coeur de l’Essonne, Marinette Pichon a affiché son bonheur, partout : dans le couloir d’entrée, avec des photos de sa grande famille, sur le réfrigérateur où un calendrier réalisé par son fils Gaël côtoie un courrier de son école.

 « Sur le plan de travail de la cuisine, un verre de lait et une brioche avec de la confiture rappelle la douceur de sa vie familiale. Tout ne fut pourtant pas aussi rose durant son enfance. Elle le raconte dans son livre. L’ancienne internationale française (42 ans) n’élude rien : sa réussite aux États-Unis, où elle reste une icône, ses records, son homosexualité, la naissance de son fils par PMA. Ni, donc, son contexte familial extrêmement lourd.

« Victime, avec sa soeur et sa mère, d’un père violent, alcoolique et condamné à dix ans de prison pour viol, la meilleure buteuse de l’équipe de France féminine (81 buts en 112 sélections) s’épanouit aujourd’hui autant au conseil départemental de l’Essonne que comme consultante sur France Télévisions. »

Dans L’Equipe Marinette Pichon parle aussi de son père (mort le 14 janvier dernier). Elle en parle et l’on entend, au choix, Freud ou Zola. « Pour moi c’était un taré, un frustré des sentiments, dit-elle. On cherchait de l’amour, des gestes, un regard. On l’a cherché toute notre vie, jusque sur son lit d’hôpital. » Un père qui avait été condamné à dix ans de réclusion pour une agression sexuelle sur la grand-mère de Marinette.

« J’ai vu ma frangine prendre des raclées à ne plus pouvoir poser ses fesses sur une chaise. Dès que la porte était fermée, avec ses litres de pinard le soir, c’était le diable incarné ».

 Elle dit encore que l’écriture (avec le journaliste de France Télévision Fabien Levêque) « des choses sont remontées ». Elle dit aussi qu’avec sa compagne elle a eu un fils – via une PMA pratiquée en Belgique. » On peu être un parent isolé, handicapé, un couple homme-femme, homme-homme, femme-femme ey donner de l’amour à ses enfants. Il n’y a pas un seul schéma, ‘’un papa, une maman’’ ! Sauf un : un couple qui s’aime et des enfants qui héritent de ce bonheur et de cette affection. »

Une raison de plus, s’il en fallait, pour ne pas désespérer.

A demain

1 On peut lire aussi, sur footofeminin.fr : « Marinette Pichon sort son autobiographie, un récit qui dépasse le football » (Vincent Roussel)

 

Tabac, cigarette électronique et marijuana : Hampstead (Canada) nous montre la voie  

Bonjour

On respire mieux à la lecture d’une affaire qui n’est pas sans inquiéter les buralistes français. Elle est à découvrir dans Le Journal de Montréal et sur Radio Canada. Le conseil municipal de Hampstead (petite municipalité huppée de l’ouest de l’île de Montréal) vient d’adopter un projet de règlement qui interdit de fumer du tabac ou du cannabis dans tous les lieux publics – les trottoirs, les rues, les parcs et les édifices municipaux ainsi que les terrains adjacents à ces édifices.

«La fumée secondaire est dangereuse, particulièrement pour les personnes âgées qui ont des maladies pulmonaires et les enfants, a affirmé le maire de Hampstead, William Steinberg. C’est la raison pour laquelle nous interdisons de fumer en public à Hampstead. Et quand la marijuana deviendra légale, en fumer sera aussi interdit dans les endroits publics.»

La municipalité estime avoir l’autorité de pouvoir bannir le tabac et la marijuana en vertu de la Loi sur les compétences municipales, qui régit notamment ses pouvoirs en matière d’environnement, de nuisance, de paix, d’ordre et concernant le bien-être général de sa population.

Neige et cannabis

« Lorsqu’il est question de la légalisation du pot, nous avons assurément des craintes de voir un plus grand nombre de jeunes fumer la marijuana, a expliqué le maire. Alors, nous ne voulons pas que des gens donnent un mauvais exemple, nous ne voulons pas que des groupes d’adolescents ou de jeunes adultes aillent fumer des joints dans nos parcs ou sur nos trottoirs », avait-il fait valoir. »

Toute personne qui enfreint une disposition du règlement sera passible d’une amende. Les sanctions prévues ont été augmentées entre l’ébauche de règlement et le texte final. Ainsi, dans le cas d’une première infraction, cette amende variera de 250 $ à 750 $. Dans le cas d’une deuxième infraction ou d’une infraction subséquente, l’amende sera de 500 $ à 1500 $.

La cigarette électronique, qui n’est pas considérée comme un produit du tabac, n’est pas visée par ce projet de règlement. Où l’on voit que nos anciens arpents de neige ne sont pas incompatibles avec les politiques éclairées de réduction des risques.

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Politique et alcoolisme : comment justifier le rétropédalage de la ministre de la Santé ?

Bonjour

Etrange. Le jour même où Agnès Buzyn amorçait un rétropédalage alcoolique politique sur RTL, l’Institut national du cancer (INCA) metttait, sur le même sujet, les choses au point. On rappelera qu’avant d’être ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn présidait l’INCA.

Résumons – au risque d’énerver celles et ceux qui (le plus souvent très maladroitement) tente de faire la part entre les vins de qualité et les boissons alcooliques industrielles fermentées et, pire, distillées. La consommation d’alcool en France baisse de manière régulière depuis les années 1960. Pour autant elle demeure l’une des plus élevées d’Europe et dans le monde : en moyenne 2,6 verres « standards » ou « unité d’alcool » chaque jour, par habitant (un verre standard contient 10 g d’alcool pur). La consommation quotidienne diminue, tant chez les femmes que chez les hommes, la consommation plusieurs fois par semaine apparaît stable mais les « ivresses répétitives » (au moins trois dans l’année) concernent une part grandissante de la population : 13,5 % pour les hommes, 5 % parmi les femmes.

Les doses moyennes journalières au-delà desquelles la consommation d’alcool est jugée néfaste pour la santé sont estimées à « 3,4 verres par jour ». L’INCA, dans un avis  publié en 2017 appelle à une révision des repères de consommation d’alcool et recommandent aux autorités « un effort de cohérence du discours public » intégrant des actions sur la fiscalité, l’encadrement de la publicité, des actions d’éducation, de communication et de marketing social.

Pastille préventive

« Cohérence du discours public »… C’est bien ici que la bât blesse. Et qu’il blesse plus encore depuis les propos inconséquent d’Emmanuel Macron revandiquant haut et fort le fait de boire du vin « le midi et le soir ». Il faut désormais ajouter le retropédalage d’Agnès Buzyn. La ministre des Solidarités et de la Santé vient ainsi de refuser le remplacement de la mention « l’abus d’alcool est dangereux pour la santé » par « l’alcool nuit à la santé ». Interrogée sur RTL mardi 27 mars par Elisabeth Martichoux Agnès Buzyn s’est dite désormais opposée à ce remplacement qu’elle assimile à « une action de prohibition ». Et la ministre d’annoncer qu’elle préfère ici « privilégier l’information des Français ». Comme si l’information suffisait à dissiper les menaces de l’addiction.

Comment comprendre un tel virage ? « Le lobby de l’alcool a mis un holà très clair », a déclaré au Quotidien du Médecin (Damien Coulomb) le Pr Amine Benyamina, président de la Fédération française d’addictologie, le Pr Amine Benyamina. On a le sentiment que le bras [de la ministre] a été retenu, et qu’elle s’est repliée sur les deux seules populations que les lobbies ne peuvent pas inciter ouvertement à consommer : les femmes enceintes et les enfants. »

Des accusations que ne partage pas Jean-Pierre Couteron président de la Fédération Addiction. S’il regrette l’absence de mesure sur la publicité, l’accessibilité et le prix des boissons alcoolisées, il se réjouit des deux mesures du plan s’adressent aux publics les plus vulnérables. Et notamment de l’annonce d’une « augmentation de la taille » du pictogramme « interdit aux femmes enceintes » – un pictogramme présent sur toutes les bouteilles de boissons alcooliques mais dont tout le monde ou presque ignore l’existence (Agnès Buzyn dixit).

Quel sera le diamètre de cette pastille préventive ? Des négociations sont en cours. A partir de combien de centimètres sur l’étiquette pourra-t-on dire que c’est une victoire pour Agnès Buzyn ?

A demain

 

« Chère Agnès Buzyn, à quand la fin de votre déni des vertus de la cigarette électronique ? »

Bonjour

Ministre des Solidarités et de la Santé, vous venez (enfin !)  d’annoncer la gratuité des médicaments du sevrage tabagique. Merci. Il vous reste encore à sortir de votre déni des vertus de la cigarette électronique. Des dizaines de milliers de vies sont en jeu.

Un an déjà. Voilà bientôt un an que vous avez pris la place de Marisol Touraine à la tête de ce ministère-phare qui est en charge de la santé publique et de la protection sociale. Une petite année qui vous a vu, très prudemment, entrer dans les espaces médiatiques et faire vos premières armes politiques.

Un parcours chahuté face à un monde hospitalier en crise, des soignants prêts à entrer en guerre contre le casse-tête économique qui les épuise et la perte de sens que vous et votre gouvernement leur imposez. Un parcours marqué, dernièrement, par le camouflet d’Emmanuel Macron vous désavouant publiquement sur la question du vin et de la dépendance à l’alcool.

Bientôt un an donc, après la première lettre que nous vous avions adressée, que nous vous attendons sur l’autre sujet politique majeur de santé publique: celui de la lutte engagée par le pouvoir exécutif contre le fléau du tabagisme. (…)

Lire la suite sur Slate.fr :  « Chère Agnès Buzyn, contre le fléau du tabagisme, encore un effort! »

A demain