Corbeaux, tabac et politique : l’humour de Christophe Castaner, ministre de la République 

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Tout commence sur franceinfo. On y apprend, le 10 août, que six corbeaux, spécialement dressés pour le ramassage des mégots de cigarettes et des déchets, participeront bientôt au nettoyage du parc de loisirs du Puy du Fou. Information donnée par son président, Nicolas de Villiers, fils de Philippe de Villiers. Explications données à l’AFP :

« L’objectif n’est pas simplement de nettoyer, car les visiteurs sont globalement respectueux de la propreté, mais aussi de mener une action pédagogique montrant que la nature elle-même peut nous apprendre à faire attention à l’environnement. L’idée a germéil y a plusieurs années, dans l’esprit de l’un des fauconniers du parc, à partir de l’observation des oiseaux. Le Corbeau freux, est un oiseau particulièrement intelligent, qui lorsqu’il est dans une atmosphère affective porteuse, aime communiquer avec l’homme et établir une relation avec lui par le jeu. »

C’est ainsi que Christophe Gaborit, spécialiste de l’« affaitage » des rapaces, a inventé un récipient contenant d’un côté des croquettes, « dont raffolent les corbeaux » et, de l’autre, un espace vide, destiné à « accueillir des mégots, ou autres petits déchets ». Et lorsque le corbeau dépose un mégot dans la boîte, un mécanisme se déclenche, et une croquette lui est délivrée. « Motivés par la récompense », les corbeaux ont « vite compris comment fonctionnait le jeu » se réjouit M. de Villiers.

 Et c’est ainsi qu’au célèbre Puy du Fou on a installé une seule boîte, « de la taille d’une brouette », permettant à tous les oiseaux de déposer le fruit de leur récolte – et à Christophe Gaborit de jouer les « chefs d’orchestre »En  moins de trois quarts d’heure, un corbeau est capable « de remplir un seau ».

Fumeurs, parias et croquettes  

L’affaire a beaucoup plu à Christophe Castaner, 52 ans, ancien responsable socialiste devenu un fidèle d’Emmanuel Macron.  Un homme de poids : délégué général de de La République en marche il est aussi, en même temps, secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement. Et M. Castaner de se gausser sur Twitter :

« Christophe Castaner‏Compte certifié @CCastaner Suivre @CCastaner

Et si on essayait avec les fumeurs: un mégot pas jeté par terre, une croquette! #Education Un mégot recyclé, deux croquettes? »

Le corbeau, freux ou pas n’est jamais très loin de l’augure.  « Depuis longtemps je m’indigne de cette opprobre constante sur les fumeurs, et de l’adoption de mesures stigmatisantes, plutôt que de chercher à les aider » nous fait observer Yvon Rolland :

« Je râle aussi de plus en plus sur cette étiquette que l’on colle aux fumeurs de ‘’nouveaux parias’’, sur lesquels on peut tout se permettre… Et l’actualité nous en propose une nouvelle démonstration. Comme par prémonition, j’avais senti le coup venir, avec cette histoire de corbeaux ramasseurs de mégots. Rabaisser les fumeurs, plutôt que de les aider et à leur permettre de relever la tête, est-ce donc la politique du gouvernement en matière de lutte contre le tabagisme qu’exprime là M. Castaner ? »

Ancien responsable socialiste le ministre Castaner goûte l’humour froid. Prochain sujet, sur Twitter:  comparer les hommes politiques à des corbeaux « friands de croquettes », des oiseaux motivés par la « récompense », et comprenant somme toute assez vite comment « fonctionne le jeu ». Succès assuré.

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Pragmatisme: pourquoi le Gérard Collomb britannique dit OK au cannabis thérapeutique

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Qui, en France, chantera les vertus du pragmatisme d’outre-Manche ? C’est un communiqué médical du ministre de l’Intérieur britannique : « Cannabis-derived medicinal products to be made available on prescription ». L’équivalent, outre-Manche, de Gérard Collomb, Sajid Javid, a annoncé, le 26 juillet, que le cannabis thérapeutique allait être autorisé au Royaume-Uni – sur ordonnance et à partir de cet automne.

« Rendre le cannabis thérapeutique disponible sur ordonnance va améliorer la vie des patients qui souffrent actuellement en silence. Il n’y a rien de plus difficile que de voir ses proches souffrir, c’est pourquoi j’ai pris cette décision », explique le ministre sur Twitter. Précision : « Cela aidera les patients avec des besoins médicaux spécifiques mais cela ne constitue en aucun cas un premier pas vers la légalisation du cannabis à usage récréatif »

Deux groupes d’experts indépendants s’étaient préalablement penchés sur la question. Le premier a conclu qu’il était suffisamment prouvé que le cannabis médical avait des intérêts thérapeutiques. Le second a estimé que les médecins britanniques devraient être en mesure de prescrire du cannabis thérapeutique.

Ancien Nouveau Monde

« Le Département des soins de santé et sociaux (DHSC) et l’Agence de réglementation des médicaments et produits de santé (MHRA) vont maintenant définir clairement ce qui constitue un médicament dérivé du cannabis. Les autres formes de cannabis seront strictement contrôlées et ne seront pas disponibles sur ordonnance » précise, en France, le site Pourquoi docteur ? (Mathilde Debry).

Précisément, pourquoi le Royaume-Uni et pas la France ? L’Allemagne, l’Autriche, la Finlande et l’Italie ont déjà légalisé le cannabis thérapeutique. La France ? Elle ne cesse de s’interroger – tout en refusant de trouver un accord sur le prix du Sativex – médicament auquel elle a donné, il y a quelques années, une autorisation de mise sur le marché. Depuis quelques mois Agnès Buzyn fait mine de l’oublier – et use du mode conditionnel pour évoquer la suite du dossier. Nous sommes ici aux prises avec l’idéologie et la politique, aux antipodes du pragmatisme de nos vieux ennemis britanniques.

Oublions un instant Agnès Buzyn. Imagine-t-on Gérard Collomb tweeter : « Rendre le cannabis thérapeutique disponible sur ordonnance va améliorer la vie des patients qui souffrent actuellement en silence. Il n’y a rien de plus difficile que de voir ses proches souffrir, c’est pourquoi j’ai pris cette décision » ?  Pour le coup nous serions bien, avec Emmanuel Macron et ses dévoués, entrés dans le Nouveau Monde. Mais, tout bien ramé, il semble que nous en soyons toujours assez éloigné.

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Etat, drogues et mafias : le ministre Darmanin rappelle l’existence des bureaux de tabac

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Sous les orages politiques de  l’affaire Benalla les travaux législatifs continuent. La réforme de la Constitution est certes reportée aux vendanges, mais le « projet de loi relatif à la lutte contre la fraude » est examiné par les commissions des Lois et des Finances de l’Assemblée nationale.

« Nous nous intéressons à ce projet puisqu’il inclut désormais les deux amendements gouvernementaux de Gérald Darmanin fixant une limite claire et sans ambiguïté au transport de tabac par les particuliers. Soit, pas plus de quatre cartouches pour les cigarettes, par exemple, peut-on lire sur le site des buralistes. Avec un renforcement des amendes. »

Et Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des comptes publics était, ce 24 juillet à l’heure des croissants au beurre, l’invité de France Inter. Extraits croustillants concernant la fraude au tabac :

 « La fraude au tabac est une fraude très importante. C’est des recettes en moins pour l’Etat. C’est tuer le réseau des buralistes qui est le seul, je voudrais le répéter ici,  où on peut acheter du tabac. Et c’est contraire à la politique de santé publique du gouvernement qui augmente le prix du tabac.

 « Nous devons lutter  contre toute forme de trafic. Et nous constatons de plus en plus que ces trafics de cigarettes ne servent seulement ‘’à la papa’’ – à avoir quelques cartouches quand on passe une frontière- mais, souvent, financent des réseaux qui étaient auparavant des réseaux de la drogue – parce c’est apparemment moins risqué et plus rémunéré de faire du trafic de cigarettes.

 « Et parfois ce trafic paye des réseaux criminels voire d’autres réseaux qui sont tout à fait inquiétants du point de vue de la sécurité nationale. Il est hors de question désormais de laisser prospérer une contrebande de tabac ! »

Le même jour, les services de Bercy annonçaient qu’en moins d’une semaine les brigades des douanes d’Hendaye, Arcachon, Narbonne et Perpignan avaient réalisé plusieurs saisies majeures de cannabis sur l’autoroute et les axes secondaires. Soit, au total,  5,2 tonnes de cannabis interceptées (3,9 tonnes de résine et 1,2 d’herbe de cannabis) par les agents des douanes dans divers véhicules en provenance d’Espagne.

La valeur totale de la marchandise saisie est estimée à près de 42 millions d’euros sur le marché illicite de la revente au détail de stupéfiant – en dehors du réseau des buralistes.

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Mondial, Neymar et Mbapé : pour vos tibias mieux vaut ne jamais avoir fumé de tabac

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Dans un monde idéal, idéal et rond ce serait un message à diffuser auprès de tous les Neymar en herbe. On le trouve sur le site santelog.com.  « Nous connaissons tous certains des effets négatifs du tabagisme, mais son effet néfaste sur la guérison osseuse est moins connu, peut-on lire. L’étude souhaite donc sensibiliser les patients victimes de fractures à l’arrêt du tabac, afin de réduire le risque de complications liées à leur fracture.

L’étude ? Elle vient d’être publiée dans Journal of Orthopaedic Trauma : « Tibial Fracture Nonunion and Time to Healing After Reamed Intramedullary Nailing: Risk Factors Based on a Single-Center Review of 1003 Patients ».

Dirigés par Charles M. Court-Brown les auteurs (Department of Mechanical Engineering and Mechanics, Lehigh University, Bethlehem, PA) expliquent avoir suivi 1.003 personnesayant subi une fracture tibiale – suivi sur une période de vingt ans. Leur analyse révèle douze cas de « non-consolidation » ou « arrêt de la guérison ». « Des cas considérés comme une complication sévère dans la guérison d’une fracture, avec des conséquences majeure, résume le site. Les patients qui présentent une pseudarthrose peuvent ressentir la douleur, suivre un traitement prolongé d’opioïdes, voire une dépression. Seulement environ 60% des patients pourront reprendre leur travail. »

George Orwell et Vincent Duluc

On peut résumer : Le tabagisme n’augmente pas le risque de pseudarthrose, mais prolonge significativement le temps de consolidation osseuse. Ou le dire autrement : le tabagisme retarde considérablement la cicatrisation osseuse. « Autre résultat surprenant, les femmes plutôt jeunes, âgées de 30 à 49 ans, semblent être à risque accru de non-consolidation précise le site. Une conclusion sans explication biologique évidente mais qui suggère qu’il existe d’autres facteurs dont le mode et l’environnement de vie, l’emploi, les niveaux d’exercice et l’alimentation qui contribuent également à la guérison osseuse.

Dans un monde idéal, idéal et rond on expliquerait aux Mbapé en herbe que, chez les adultes, les fractures du tibia sont généralement fixées par implantation chirurgicale d’une tige de métal mince appelée « clou intramédullaire » dans l’espace creux de l’os. Un traitement généralement efficace pour les fractures tibiales.Mais pas toujours. Dans un monde idéal et rond, demain, au Celtic, nous lirions, dans L’Equipe, un papier signé du journaliste Vincent Duluc, qui nous expliquerait tout cela, tout ce qu’il sait sur les tibias, sur les chevilles qui enflent et celles qui n’enflèrent pas.

Mais ce serait dans un autre monde, sans pôles. La beauté orwelienne, en somme, d’un monde réduit à un ballon définitivement rond.

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« Alcool zéro » pendant neuf mois : Agnès Buzyn et le vieux logo que personne ne voit 

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« Scoop » d’Agnès Buzyn. C’était sur franceinfo, le 26 juin : « Un logo zéro alcool pendant la grossesse sur toutes les bouteilles ». Pour quand ? « C’est pour… je dirais … la fin de l’année … on est en train de négocier’’ ».  Agnès Buzyn précise alors avoir « obtenu des alcooliers » qu’ils ne s’opposent pas à sa volonté (sic). Un logo « qui explique bien qu’on ne doit boire aucun alcool pendant la grossesse ».

La ministre des Solidarités et de la santé a simplement omis de dire que cette mesure est déjà en vigueur « sur toutes les bouteilles » et ce depuis 2006 – une  décision prise par Xavier Bertrand, alors ministre de… la Santé et des solidarités. Il s’agit depuis douze ans, sur tous les contenants de boissons alcooliques, d’une image minuscule tentant de montrer un profil de femme enceinte associé à un cercle barré. Un logo ou une « phrase d’information » : « La consommation de boissons alcoolisées pendant la grossesse, même en faible quantité, peut avoir des conséquences graves sur la santé de l’enfant ».

 Lire la suite sur Slate.fr  « ‘’Alcool zéro’’ pendant la grossesse, un nouveau logo qui existe déjà »

A demain

Tabagisme : va-t-on inscrire dans la Constitution le droit de pouvoir fumer à l’air libre ?

Bonjour

Régal des informations matinales. Aujourd’hui, 25 juin 2018 le conseil municipal de Strasbourg votera la généralisation de l’interdiction de fumer du tabac dans l’ensemble des parcs de la ville. Rien n’est dit quant à la cigarette électronique. L’interdiction pourrait ensuite être étendue aux « autres espaces verts puis aux forêts ».  D’abord limitée aux aires de jeux – puis testée depuis février 2014 dans trois parcs cette mesure fera de Strasbourg la première ville de France  à généraliser les « parcs sans tabac ». À la suite des premières expérimentations, une enquête avait établi que 71 % des non-fumeurs (mais aussi ….  57 % des fumeurs) étaient favorables à l’interdiction de fumer dans l’ensemble des parcs de de la ville.

Dans un premier temps la ville privilégiera « l’accompagnement » des contrevenants. Puis, à partir de janvier 2019,  l’amende prévue (68 euros) pourra commencer à être appliquée. Des cendriers seront installés aux entrées et les cigarettes ne pourront être consommées qu’à ces endroits. « Il n’est pas question d’empêcher ceux qui n’ont pas encore voulu ou réussi à être sevrés de ne plus pouvoir fumer sur l’espace public » a expliqué à 20 Minutes le Dr Alexandre Felz,  adjoint au maire en charge de la santé.

La municipalité strasbourgeoise prévoit aussi d’engager des « médiateurs santé » qui partiront à la rencontre des fumeurs dans les parcs et espaces concernés, et aborderont avec eux la question du tabac sur le modèle des « interventions brèves » effectués par les médecins. Ces « médiateurs santé » pourraient, dit-on, être recrutés parmi les étudiants en médecine effectuant leur « service national universel ».

L’objectif affiché est triple : aider les fumeurs à ne plus fumer, protéger les enfants et leurs parents fréquentant les parcs mais aussi améliorer la qualité de l’environnement. « Les filtres de cigarettes jetés dans la nature mettent 12 ans à se décomposer et un seul mégot avec ses composants chimiques peut polluer jusqu’ à 500 litres d’eau potable » a précisé à 20 Minutes Christel Kohler, adjointe au maire « en charge de ville en nature et ville nourricière ».

Révision de la Constitution

Tout cela ne va pas sans susciter quelques réactions à l’échelon national. Le site des buralistes rappelle ainsi que « les espaces verts sont, par définition, des lieux largement ouverts au public et à l’air libre » (sic). Et de poursuivre :

 « Que l’on prenne des dispositions pour assurer leur propreté est une chose. Et en l’espèce, il est normal que toutes les mesures soient prises pour y opérer correctement la collecte de mégots, au même titre que celle des emballages et déchets alimentaires par exemple. Tout comme il est souhaitable de sanctionner de façon significative les contrevenants. Mais interdire de fumer à l’air libre dans tous les parcs, sans laisser la moindre autorisation de le faire dans certains parcs – ou, à tout le moins, dans des zones délimitées à l’intérieur des parcs – en est une autre. Fumer de façon responsable, sans importuner, dans un parc, ce n’est pas « agresser les enfants et leurs parents. » C’est le droit légal de fumer qui est remis en cause. Le droit de fumer d’une façon responsable en prend un coup. »

 Et le site de se demander qui pourrait empêcher une municipalité de prendre un arrêté d’interdiction de fumer, en plein air, sur tout un quartier ou dans certaines rues ? Sans parler des terrasses … « On regrettera qu’à Strasbourg, ou ailleurs, il n’existe pas association de défense des droits des fumeurs, conclut lemondedutabac.com. Non pour assurer la moindre promotion du tabac, première cause évitable et identifiée de mortalité prématurée. Mais pour faire respecter les droits du fumeur adulte, responsable, le faisant – à l’air libre – en connaissance de cause et après s’être procuré légalement des produits autorisés par la loi. »

Où l’on pressent l’émergence de la question de fond : faut-il inscrire les droits du fumeur adulte et responsable dans la prochaine et imminente révision de la Constitution ?

À demain

Cannabis et thérapeutique : pourquoi Agnès Buzyn fuit-elle ses responsabilités politiques ?

 

Bonjour

Le cannabis ? Un formidable sujet médiatique et politique – médical et économique. Avec cette interrogation récurrente : « Où en sont les Français avec le cannabis ? » C’est, aujourd’hui, le sujet d’une enquête « inédite » réalisée par l’Ifop pour « Terra Nova » et « ECHO Citoyen ». On y apprend, sans surprise,  que l’opinion a évolué ces dernières années : depuis la « condamnation » jusqu’à « l’ouverture ». D’un côté, la dangerosité du cannabis a été clairement révisée à la baisse et les politiques actuelles sont jugées inefficaces par l’immense majorité des sondés. De l’autre, l’opinion reste partagée sur les politiques alternatives qui devraient être mises en place à l’avenir. En somme, ce n’est plus le besoin de changement qui fait débat, mais sa nature.

Reste un acquis consensuel : les Français plébiscitent (82%) l’autorisation du cannabis thérapeutique sur ordonnance médicale, quelle qu’en soit la forme (médicamenteuse, fleur séchée, huile, extraction, etc.). Hasard ou fatalité la question a été posée (15-18  mai ; échantillon représentatif de 2 005  personnes de 18  ans et plus) soit quelques jours avant une étrange prise de parole d’Agnès Buzyn. Fin mai, sur ce sujet, la ministre des Solidarités et de la Santé  avait déclaré sur France Inter :

« Je pense que nous avons du retard. Je ne peux pas vous dire à quelle vitesse nous allons le développer mais en tous les cas, j’ouvre le débat avec les institutions responsables de ce développement. Il n’y a aucune raison d’exclure, sous prétexte que c’est du cannabis, une molécule qui peut être intéressante pour le traitement de certaines douleurs très invalidantes.  J’ai demandé aux différentes institutions qui évaluent les médicaments de me faire remonter l’état des connaissances sur le sujet. »

Toupet amnésique

La ministre ne manquait pas alors d’un certain toupet amnésique 1. Demander aux différentes institutions qui évaluent les médicaments de lui faire remonter l’état des connaissances sur le sujet ? Ces institutions se feront un plaisir de rappeler à notre ministre des Solidarités et de la Santé que le « cannabis thérapeutique » peut, depuis longtemps, être utilisé en France. Et ce sous le nom de Sativex®. Cette spécialité pharmaceutique associe delta-9-tétrahydrocannabinol (THC) et cannabidiol (CBD). Elle dispose d’une autorisation de marché, en France, depuis 2014.

« En  2013, au même poste, Marisol Touraine avait fait un premier pas en autorisant la commercialisation de médicaments à base de cannabis, rappelle aujourd’hui (enfin) Le Monde (Laetitia Clavreul et Chloé Hecketsweiler). En  2014, une autorisation de mise sur le marché avait été accordée au Sativex, destiné à soulager les malades atteints de sclérose en plaques. Quatre ans plus tard, ce spray contenant du tétrahydrocannabinol (THC, psychoactif) et du cannabidiol (CBD) n’est toujours pas commercialisé, en raison d’un désaccord sur son prix – et d’un manque de volonté politique, disent certains. »

Le laboratoire espagnol Almirall demande 240 euros par boîte, mais le Comité économique des produits de santé, qui négocie le prix, souhaite plafonner les ventes pour éviter l’envol des dépenses pour la  » Sécu « . De qui, ici, se moque-t-on ? Sollicité depuis fin mai par Le Monde, le ministère des Solidarités et de la Santé n’a apporté aucun éclaircissement quant aux déclarations radiophoniques de Mme Buzyn. On rappellera que l’affaire est depuis peu instruite devant le  Comité éthique et cancer après la saisine récente d’une patiente sur le caractère « inéthique » de l’interdiction du cannabis dans un contexte thérapeutique. Et on conseillera aux conseillers de Mme Buzyn le visionnage (3’47’’) d’un vidéo virale et politique. Un microscopique bijou pédagogique signé William Lowenstein et Johan Hufnagel.

Combien de temps avant la suite politique ? Quand la ministre acceptera-t-elle ne prendre, publiquement, les responsabilités qui sont les siennes ?

A demain

1 Tous les article de ce blog consacrés au  Sativex® sont disponibles à cette adresse : https://jeanyvesnau.com/?s=sativex