Cannabis et thérapeutique : pourquoi Agnès Buzyn fuit-elle ses responsabilités politiques ?

 

Bonjour

Le cannabis ? Un formidable sujet médiatique et politique – médical et économique. Avec cette interrogation récurrente : « Où en sont les Français avec le cannabis ? » C’est, aujourd’hui, le sujet d’une enquête « inédite » réalisée par l’Ifop pour « Terra Nova » et « ECHO Citoyen ». On y apprend, sans surprise,  que l’opinion a évolué ces dernières années : depuis la « condamnation » jusqu’à « l’ouverture ». D’un côté, la dangerosité du cannabis a été clairement révisée à la baisse et les politiques actuelles sont jugées inefficaces par l’immense majorité des sondés. De l’autre, l’opinion reste partagée sur les politiques alternatives qui devraient être mises en place à l’avenir. En somme, ce n’est plus le besoin de changement qui fait débat, mais sa nature.

Reste un acquis consensuel : les Français plébiscitent (82%) l’autorisation du cannabis thérapeutique sur ordonnance médicale, quelle qu’en soit la forme (médicamenteuse, fleur séchée, huile, extraction, etc.). Hasard ou fatalité la question a été posée (15-18  mai ; échantillon représentatif de 2 005  personnes de 18  ans et plus) soit quelques jours avant une étrange prise de parole d’Agnès Buzyn. Fin mai, sur ce sujet, la ministre des Solidarités et de la Santé  avait déclaré sur France Inter :

« Je pense que nous avons du retard. Je ne peux pas vous dire à quelle vitesse nous allons le développer mais en tous les cas, j’ouvre le débat avec les institutions responsables de ce développement. Il n’y a aucune raison d’exclure, sous prétexte que c’est du cannabis, une molécule qui peut être intéressante pour le traitement de certaines douleurs très invalidantes.  J’ai demandé aux différentes institutions qui évaluent les médicaments de me faire remonter l’état des connaissances sur le sujet. »

Toupet amnésique

La ministre ne manquait pas alors d’un certain toupet amnésique 1. Demander aux différentes institutions qui évaluent les médicaments de lui faire remonter l’état des connaissances sur le sujet ? Ces institutions se feront un plaisir de rappeler à notre ministre des Solidarités et de la Santé que le « cannabis thérapeutique » peut, depuis longtemps, être utilisé en France. Et ce sous le nom de Sativex®. Cette spécialité pharmaceutique associe delta-9-tétrahydrocannabinol (THC) et cannabidiol (CBD). Elle dispose d’une autorisation de marché, en France, depuis 2014.

« En  2013, au même poste, Marisol Touraine avait fait un premier pas en autorisant la commercialisation de médicaments à base de cannabis, rappelle aujourd’hui (enfin) Le Monde (Laetitia Clavreul et Chloé Hecketsweiler). En  2014, une autorisation de mise sur le marché avait été accordée au Sativex, destiné à soulager les malades atteints de sclérose en plaques. Quatre ans plus tard, ce spray contenant du tétrahydrocannabinol (THC, psychoactif) et du cannabidiol (CBD) n’est toujours pas commercialisé, en raison d’un désaccord sur son prix – et d’un manque de volonté politique, disent certains. »

Le laboratoire espagnol Almirall demande 240 euros par boîte, mais le Comité économique des produits de santé, qui négocie le prix, souhaite plafonner les ventes pour éviter l’envol des dépenses pour la  » Sécu « . De qui, ici, se moque-t-on ? Sollicité depuis fin mai par Le Monde, le ministère des Solidarités et de la Santé n’a apporté aucun éclaircissement quant aux déclarations radiophoniques de Mme Buzyn. On rappellera que l’affaire est depuis peu instruite devant le  Comité éthique et cancer après la saisine récente d’une patiente sur le caractère « inéthique » de l’interdiction du cannabis dans un contexte thérapeutique. Et on conseillera aux conseillers de Mme Buzyn le visionnage (3’47’’) d’un vidéo virale et politique. Un microscopique bijou pédagogique signé William Lowenstein et Johan Hufnagel.

Combien de temps avant la suite politique ? Quand la ministre acceptera-t-elle ne prendre, publiquement, les responsabilités qui sont les siennes ?

A demain

1 Tous les article de ce blog consacrés au  Sativex® sont disponibles à cette adresse : https://jeanyvesnau.com/?s=sativex

 

Après les supermarchés suisses, à quand le cannabis «light» chez les buralistes français ?

 

Bonjour

On peut imaginer les buralistes ronger leur frein. « Le leader des supermarchés low-cost en Europe va ajouter à son catalogue suisse deux types de tabac à rouler, confectionnés avec ce cannabis « light » et produit localement, peut-on lire sur leur site. Ces packs seront vendus aux côtés de cigarettes classiques, de tabac à rouler et de petits cigares. Le coût d’un paquet est estimé à 17,99 francs suisses, soit l’équivalent de 13,20 euros. En Suisse, cela représente le double du prix moyen du tabac à rouler. »

On sait qu’il est possible, en Suisse, de commercialiser des produits à base de cannabis « light » (moins d’1% de THC) à des majeurs. En 2011, le gouvernement suisse a autorisé l’utilisation médicinale du cannabis. En autorisant à la vente du chanvre contenant 1% de tétrahydrocannabinol (THC), la Suisse souhaite conserver les effets relaxants et anti-inflammatoires de la plante tout en se débarrassant des effets psychoactifs néfastes.

Une entreprise du canton de Thurgovie, The Botanicals, produit et fournit ces fleurs séchées à l’enseigne allemande. Le cannabis est cultivé dans des serres en partie automatisées et en indoor, sans ajout de substances chimiques ou synthétiques.

Léman

Selon une ordonnance de 2011, le ministère suisse de l’Intérieur définit le cannabis comme une « plante de chanvre ou parties de plante de chanvre présentant une teneur totale moyenne en THC de 1 % au moins ». Par défaut, la législation suisse considère donc que du cannabis n’est pas une drogue tant que son taux de THC est inférieur à 1 % – et qu’il peut être vendu légalement.

« Depuis l’entrée en vigueur de la loi, de nombreux acteurs se sont positionnés pour investir le marché du cannabis légal, expliquait Le Monde il y a un an. Avec un message : même privé de son pouvoir psychoactif, l’herbe reste intéressante à consommer dans la mesure où elle contient du cannabidiol (CBD). Les propriétés de cette molécule restent peu étudiées par les scientifiques. Mais selon Barbara Broers, chef du service de toxicologie des Hôpitaux Universitaires de Genève interrogée par la Radio Télévision suisse, il est surtout connu pour ses effets ‘’ antianxieux’’ et ‘’calmants’’

En Suisse, plusieurs entreprises vendaient déjà ce cannabis « light » – à consommer en infusion, dans des gâteaux, à fumer ou à vapoter. Elles s’appellent DrGreen, Wallis’Roots ou Cannaliz. Jusqu’à présent, le marché se développait surtout en Suisse allemande, à Bâle et à Zurich. Et, depuis un an le marché s’était développé en Suisse romande et à Genève. A quand le franchissement, en toute légalité, de la frontière du Léman ?

A demain

Alcool, gastronomie et espérance de vie : nouvelle dimension de l’équation d’Emmanuel Macron

Bonjour

Palais de Chaillot. Un mot sur le tabagisme (silence sur la cigarette électronique) et rien sur la lutte contre l’alcoolisme. Pour le reste, plus qu’évasif sur la crise majeure de l’hôpital public et la désespérance des EHPAD. Sur le front de la « santé » Emmanuel Macron n’a guère été bousculé, hier, par les deux journalistes-hommes-blancs-de-plus-de-60 ans qu’il avait choisis pour l’interroger face à la Tour Eiffel illuminée. Une étrange rencontre qualifiée de « physique » et de « virile » (de « combat de coqs, d’ego et d’ergots »). Une rencontre faire-valoir qui, déjà, semble destinée à se renouveler chaque année.

Rien, donc sur le conflit ouvert qui, sur le vin français, oppose depuis deux mois le président de la République et sa ministre de la Santé – et, par voie de conséquence, cette dernière au ministre de l’Agriculture. Une opposition politique et sanitaire qui fait malheureusement l’économie du rôle et de la responsabilité des grands alcooliers industriels. Et, à ce titre, une équation mal posée à laquelle il faut ajouter de nouvelles données publiées dans The Lancet :  « Risk thresholds for alcohol consumption: combined analysis of individual-participant data for 599 912 current drinkers in 83 prospective studies ». Une étude reprise par la BBC (Alex Therrien) et repérée par Slate.fr. (Léa Polverini).  Sans oublier Le Quotidien du Médecin.

Laxisme

Il s’agit, pour résumer, d’une vaste méta-analyse dirigée par le Dr Angela Wood (service de santé publique et soins primaires à l’Université de Cambridge, Royaume-Uni) et qui porte sur près de 600 000 consommateurs réguliers de boissons alcooliques (quatre-vingt trois études prospectives menées dix-neuf pays à haut revenu). On sait que que le niveau maximal de consommation « sans danger exagéré » est officiellement de 100 grammes d’alcool pur par semaine – soit 10 verres « standard » (25 cl de bière, 10 cl de vin, ou 3 cl d’alcool fort). Et ce alors que plusieurs pays européens ou américains fixent des seuils bien plus laxistes.

Dans ce travail ( 5,4 millions de « personnes-années ») la moitié des participants fait état d’une consommation d’alcool supérieure à 100 g par semaine – et, pour 8,4 %, de plus de 350 g. Les auteurs établissent une association claire entre la consommation d’alcool et la mortalité prématurée. À partir de 100 g d’alcool par semaine, le risque de mourir d’AVC, de maladie coronaire (à l’exception de l’infarctus du myocarde), d’arrêt cardiaque, de cardiopathie hypertensive, et d’anévrisme aortique augmente avec la consommation. Ce qui peut s’expliquer par les effets de l’alcool sur l’élévation de la pression sanguine et sur des facteurs liés aux taux élevés de lipoprotéines de haute densité cholestérol (HDL-C).

« A partir de 40 ans, on diminue son espérance de vie de six mois en consommant de 100 à 200 g d’alcool par semaine, d’un à deux ans avec 200 à 350 g, et de quatre à cinq ans avec plus de 350 g. À l’échelle de la population, il faudrait descendre sous le seuil de 100 g d’alcool par semaine pour voir l’espérance de vie augmenter jusqu’à 2 ans » résume Le Quotidien.

Efforts

Les auteurs estiment que l’Italie, le Portugal et l’Espagne devraient réduire de moitié les seuils fixés dans leurs recommandations et appellent les États-Unis (où la limite pour les hommes est fixée à … 196 g/semaine ), le Canada ou la Suède à faire des efforts. On peut aussi citer la Belgique (21 verres par semaine pour les hommes, 14 pour les femmes) ou la Suisse (10 à 15 verres par semaine pour les hommes).

Et la France ?  Actuellement, les repères définis par la Haute Autorité de Santé, reprise par la Société française d’alcoologie, suite à une préconisation du Programme national nutrition santé (PNNS) sont : jamais plus de 4 verres par occasion pour l’usage ponctuel, pas plus de 21 verres/semaine pour l’usage régulier chez l’homme et pas plus de 14 verres/semaine chez la femme. Mais Santé Publique France a, depuis, diffusé en mai 2017 une nouvelle recommandation préconisant 10 verres par semaine maximum.

Les experts à l’origine de cette recommandation soulignent que ces nouveaux repères de consommation « ne sont pour eux qu’un élément d’un discours public unifié qui se veut prévenir les risques liés à la consommation d’alcool tout en ne niant pas les intérêts économiques associés ». « Pour être cohérent, écrivaient-ils, ce discours doit également être lié à des actions sur la fiscalité, sur la disponibilité des produits et leur promotion, ainsi que des actions d’éducation, de communication et de marketing social. »

C’était il y a un an. On sait, depuis, que le président de la République a décidé que la loi Evin, détricotée par son prédécesseur, ne serait pas retricotée. Et l’on attend du gouvernement la solution qui ne niera pas les intérêts de la viticulture française tout en prévenant, en même temps et autant que faire se peut, les risques de dépendance à l’alcool.

A demain

 

 

Alcool et politique : après le fait divers de la rue Princesse, l’affaire Jean-Vincent Placé

 

Bonjour

Depuis l’aube c’est une déferlante. Nous n’avions pas cité son nom. Il est désormais omniprésent : Jean-Vincent Placé – homme politique atypique qui paye sans doute ici ici une forme d’opportunisme associé à un cynisme peu fréquent dans ces sphères. Un homme désormais marqué et condamné à une « garde à vue prolongée ».

Libération est, ici, à la manœuvre . Des témoins lui ont raconté «  l’esclandre et l’arrestation nocturne de l’ancien ministre dans un bar du VIe arrondissement de Paris. Il aurait notamment proposé à deux clientes de les payer pour qu’elles dansent pour lui, avant d’insulter le videur puis les policiers ». Extraits :

« Il est 1h45 ce mercredi, rue Princesse, dans le VIarrondissement de Paris. Une voiture de police et une autre de la BAC bloquent le passage. Une bonne dizaine de policiers, en civil et en uniforme s’agitent autour d’un homme en état d’ivresse. Rien d’inhabituel pour une «rue de la soif», où chaque soir apporte son lot de fêtards plus ou moins contrôlables. Sauf que cet homme, ancien sénateur, a fait partie du gouvernement Valls. Il s’appelle Jean-Vincent Placé et à lui tout seul, il vient de retourner un bar comme une équipe de rugby.

 « Giffle de légionnaire »

 « Quelques minutes plus tôt, surexcité, Jean-Vincent Placé est entré dans l’un des nombreux établissements de la rue pour boire un coup. ‘’Il s’est pointé comme un roi, avec un melon pas possible, sans dire bonjour ni merci ni merde’’, nous a raconté quelques minutes après les faits un membre de l’équipe, encore un peu halluciné par la scène à laquelle il vient d’assister. Jean-Vincent Placé se serait ensuite accoudé au zinc, faisant signe au barman de venir le servir d’un air suffisant, selon notre témoin : ‘’Il a fait un vague geste de la main et a juste dit : « A boire ».’’  Puis il se serait dirigé vers la piste de danse où se trouvent deux jeunes femmes. ‘’Il leur a dit : « Dansez pour moi et je vous paie », explique le même témoin. Il a continué à faire chier tout le monde, on a dû appeler le videur.’’

 « Le videur en question culmine à quasiment deux mètres et dépasse largement les 100 kilos. Jean-Vincent Placé continue ‘’d’emmerder le monde’’ et finit par se prendre une ‘’giffle de légionnaire’’. Mais, toujours pas calmé, il aurait lâché au portier : ‘’Tu veux que je te mette un coup de boule ?’’. ‘’On lui a dit que ce n’était pas parce qu’il était un homme politique qu’il pouvait tout se permettre’’,précise le témoin. L’un des amis de Placé (non identifié), complètement dépité, aurait alors soufflé : ‘’Je suis parlementaire et je dois gérer ça’’.

 Mais Jean-Vincent Placé joue de malchance. Dans ce bar, ce même soir, se trouve un commissaire divisionnaire. Ce dernier appelle ses collègues. Collègues qui, à l’appel de leur supérieur hiérarchique, débarquent en trombe. Jean-Vincent Placé est alors exfiltré du bar et se retrouve encerclé par plusieurs agents. Les quelques noctambules alcoolisés de la rue s’agglutinent autour de l’attraction du moment. D’abord, l’ex-sénateur explique avec véhémence aux policiers qu’ils ne savent pas faire leur boulot. Puis leur crie carrément : ‘’Vous servez à rien !’’ »

Aucun témoin, selon Libération,  n’a évoqué des propos racistes. In fine un grand classique nocturne de la célèbre rue Princesse. Pourquoi, dès lors, cette déferlante ?

A demain

 

Alcool, faits divers et journalisme : pourquoi parler des ivresses des responsables politiques ?

Bonjour

« En parler ou pas ? » « Mais tout le monde en parle, comment faire l’impasse ? » Et c’est ainsi que tous, en cette matinée du 5 avril, diffusent amplifient et répercutent une information nocturne d’Europe 1 : un ancien sénateur écologiste a été placé en garde à vue, après avoir été interpellé dans la nuit suite à un « incident dans un bar », à Paris. Par ailleurs ancien membre d’un réent gouvernement, il est soupçonné d’avoir importuné des femmes dans cet établissement, puis d’avoir proféré des insultes racistes à l’encontre d’un videur venu intervenir.

«Lors de son arrestation, il aurait proféré des insultes à caractère raciste à l’encontre des policiers de la BAC», ajoute Europe 1, d’où les faits d’«outrage à agent» retenu contre l’homme politique, dont l’alcoolémie a été mesurée à 1,16 g par litre de sang. Libération note que sur Twitter sa dernière action a été de retweeter le message suivant : «Ça fait 10 jours que je n’ai pas bu d’alcool. Mon teint est plus clair, mes cernes s’estompent, je dors mieux, et je m’emmerde prodigieusement». Un message publié le 1er avril.

Tout le monde en parle – y compris Le Monde à qui une « source policière » a « confirmé les informations d’Europe 1 et de RTL ».  Le Monde qui précise que, selon BFM,  l’homme a été « conduit au poste en raison d’injures raciales, outrage à agent et violences en état d’ivresse ». L’outrage à agent a justifié son placement en garde à vue au commissariat du 5e arrondissement où il a passé la nuit.

« Son alcoolémie a été mesurée à 1,16 g » assure Le Monde. France Inter et Le Point parlent du double – une question de  méthode.

 

A demain

« Avec ses litres de pinard, le soir, c’était le démon incarné » (Marinette Pichon, L’Equipe)

Bonjour

Résilience. Sport au sommet. Homosexualité assumée. Une triple « icône » : Marinette Pichon. Un symbole de notre époque. Marinette parle et c’est dans L’Equipe (Yohann Hautbois). 1 Une raison de plus pour ne pas désespérer de ce quotidien sportif.

Marinette Pichon, 42 ans, fut une joueuse football réputée. En octobre 2012, elle devint la deuxième femme homosexuelle en France à obtenir un congé de paternité pour la naissance de son fils que sa compagne avait porté et mis au monde. Football, homosexualité et alcoolisme. Triple « icône ». Le tout exposé dans un livre stupéfiant : « Ne jamais rien lâcher » (Editions First). Un livre justifiant le sujet de L’Equipe :

« Victime d’un père violent et alcoolique, l’ancienne attaquante des Bleues aurait pu sombrer mais, grâce au football, elle a trouvé la force de rebondir puis de se révéler. Elle témoigne dans un livre qui sort jeudi 4 avril. Dans sa jolie maison, au coeur de l’Essonne, Marinette Pichon a affiché son bonheur, partout : dans le couloir d’entrée, avec des photos de sa grande famille, sur le réfrigérateur où un calendrier réalisé par son fils Gaël côtoie un courrier de son école.

 « Sur le plan de travail de la cuisine, un verre de lait et une brioche avec de la confiture rappelle la douceur de sa vie familiale. Tout ne fut pourtant pas aussi rose durant son enfance. Elle le raconte dans son livre. L’ancienne internationale française (42 ans) n’élude rien : sa réussite aux États-Unis, où elle reste une icône, ses records, son homosexualité, la naissance de son fils par PMA. Ni, donc, son contexte familial extrêmement lourd.

« Victime, avec sa soeur et sa mère, d’un père violent, alcoolique et condamné à dix ans de prison pour viol, la meilleure buteuse de l’équipe de France féminine (81 buts en 112 sélections) s’épanouit aujourd’hui autant au conseil départemental de l’Essonne que comme consultante sur France Télévisions. »

Dans L’Equipe Marinette Pichon parle aussi de son père (mort le 14 janvier dernier). Elle en parle et l’on entend, au choix, Freud ou Zola. « Pour moi c’était un taré, un frustré des sentiments, dit-elle. On cherchait de l’amour, des gestes, un regard. On l’a cherché toute notre vie, jusque sur son lit d’hôpital. » Un père qui avait été condamné à dix ans de réclusion pour une agression sexuelle sur la grand-mère de Marinette.

« J’ai vu ma frangine prendre des raclées à ne plus pouvoir poser ses fesses sur une chaise. Dès que la porte était fermée, avec ses litres de pinard le soir, c’était le diable incarné ».

 Elle dit encore que l’écriture (avec le journaliste de France Télévision Fabien Levêque) « des choses sont remontées ». Elle dit aussi qu’avec sa compagne elle a eu un fils – via une PMA pratiquée en Belgique. » On peu être un parent isolé, handicapé, un couple homme-femme, homme-homme, femme-femme ey donner de l’amour à ses enfants. Il n’y a pas un seul schéma, ‘’un papa, une maman’’ ! Sauf un : un couple qui s’aime et des enfants qui héritent de ce bonheur et de cette affection. »

Une raison de plus, s’il en fallait, pour ne pas désespérer.

A demain

1 On peut lire aussi, sur footofeminin.fr : « Marinette Pichon sort son autobiographie, un récit qui dépasse le football » (Vincent Roussel)

 

Tabac, cigarette électronique et marijuana : Hampstead (Canada) nous montre la voie  

Bonjour

On respire mieux à la lecture d’une affaire qui n’est pas sans inquiéter les buralistes français. Elle est à découvrir dans Le Journal de Montréal et sur Radio Canada. Le conseil municipal de Hampstead (petite municipalité huppée de l’ouest de l’île de Montréal) vient d’adopter un projet de règlement qui interdit de fumer du tabac ou du cannabis dans tous les lieux publics – les trottoirs, les rues, les parcs et les édifices municipaux ainsi que les terrains adjacents à ces édifices.

«La fumée secondaire est dangereuse, particulièrement pour les personnes âgées qui ont des maladies pulmonaires et les enfants, a affirmé le maire de Hampstead, William Steinberg. C’est la raison pour laquelle nous interdisons de fumer en public à Hampstead. Et quand la marijuana deviendra légale, en fumer sera aussi interdit dans les endroits publics.»

La municipalité estime avoir l’autorité de pouvoir bannir le tabac et la marijuana en vertu de la Loi sur les compétences municipales, qui régit notamment ses pouvoirs en matière d’environnement, de nuisance, de paix, d’ordre et concernant le bien-être général de sa population.

Neige et cannabis

« Lorsqu’il est question de la légalisation du pot, nous avons assurément des craintes de voir un plus grand nombre de jeunes fumer la marijuana, a expliqué le maire. Alors, nous ne voulons pas que des gens donnent un mauvais exemple, nous ne voulons pas que des groupes d’adolescents ou de jeunes adultes aillent fumer des joints dans nos parcs ou sur nos trottoirs », avait-il fait valoir. »

Toute personne qui enfreint une disposition du règlement sera passible d’une amende. Les sanctions prévues ont été augmentées entre l’ébauche de règlement et le texte final. Ainsi, dans le cas d’une première infraction, cette amende variera de 250 $ à 750 $. Dans le cas d’une deuxième infraction ou d’une infraction subséquente, l’amende sera de 500 $ à 1500 $.

La cigarette électronique, qui n’est pas considérée comme un produit du tabac, n’est pas visée par ce projet de règlement. Où l’on voit que nos anciens arpents de neige ne sont pas incompatibles avec les politiques éclairées de réduction des risques.

A demain