Impensable mais vrai : Agnès Buzyn, pour conquérir Paris, va quitter Solidarités et Santé

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Ainsi donc elle n’aura pas pu, pas voulu, résister. Agnès Buzyn, ministre plus qu’à plein temps des Solidarités et de la santé, et en dépit de ses innombrables dossiers, va devenir la tête de liste du parti présidentiel dans la course à la Mairie de Paris. Faut-il rappeler que Benjamin Griveaux avait jeté l’éponge « après la diffusion en ligne de vidéos intimes » ?

Emmanuel Macron et La République en marche (LRM) lui ont trouvé une remplaçante : Agnès Buzyn a annoncé dimanche 16 février à l’Agence France Presse qu’elle se présentait dans la capitale sous l’étiquette du parti présidentiel aux élections municipales de mars. « J’y vais, j’en ai envie. J’y vais pour gagner », a-t-elle sobrement déclaré.

Comment comprendre ? Il y a deux jours Agnès Buzyn, était l’invitée de France Inter pour parler de la mobilisation dans les hôpitaux et de la crise du coronavirus. Elle n’avait pas, alors, souhaité faire de commentaires sur le retrait de Benjamin Griveaux. Interrogée sur son éventuelle candidature aux municipales parisiennes, Agnès Buzyn elle avait, une nouvelle fois, redit qu’elle ne « pourrait pas être candidate aux municipales » en raison de son agenda ministériel très chargé. « J’ai beaucoup de réformes aujourd’hui dans le ministère et s’est rajouté un surcroît de travail inattendu, malheureusement, qui est cette crise du coronavirus qui aujourd’hui m’occupe énormément. » Et de clore : « Et j’avais dit à Benjamin, malgré mon soutien, que je ne pourrais pas m’engager auprès de lui. »

Quarante-huit heures auront suffi pour que ces paroles s’envolent.

«J’ai toujours vécu dans cette ville, j’y ai élevé mes enfants, je la connais, je connais aussi ses problèmes, il faut les régler avec calme et détermination… Je suis venue chercher la confiance des Parisiennes et des Parisiens pour améliorer leur qualité de vie.»

Quid du maroquin auquel elle assurait hier encore être très attachée ? Allait-elle, comme Édouard Philippe (candidat au Havre), faire campagne tout en conservant et épais maroquin ? L’abandonner pour se consacrer totalement à Paris, alors que la réforme des retraites, le coronavirus et la crise à l’hôpital occupent plus que son temps ? « Madame Buzyn quitte le gouvernement », et doit être remplacée dans les prochaines heures au ministère de la Santé, ont précisé des sources au sein du parti présidentiel.

Ce qu’elle a vite confirmé. Combien seront-ils, demain, pour la remplacer ? Qui pour lutter contre le coronavirus puisqu’elle n’aura, finalement, pas su résister.

A demain @jynau

Perversité ou pas, le pédophile tourangeau restera emprisonné loin des Philippines

Bonjour

Loin du Flore et de la littérature, c’est une scène de la justice ordinaire. Mandé depuis la chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Orléans le papier est publié dans La Nouvelle République du Centre Ouest (Vincent Baranger). « Il avait filmé ses « ébats » avec une philippine de 9 ans » Pied de page 4, édition d’Indre-et-Loire.

L’affaire trouve ses racines antipodiques dans une cyber-enquête de la police australienne qui, en 2017 avait permis de remonter à deux hôtels ayant servi de lieu de tournage à des scènes de viol sur mineur. Sur une vidéo filmée avec un portable, les enquêteurs sont parvenus à identifier « un quadragénaire tourangeau ayant des relations sexuelles avec une fillette des Philippines, âgée de 9 ans ».

« Aujourd’hui âgé de 48 ans, l’homme soutient avoir accepté cette proposition d’exploitation sexuelle d’une mineure… par un souteneur, qui serait l’oncle de la victime, moyennant de l’argent ‘’pour subvenir aux besoins de la famille’’, rapporte le quotidien régional. Il ne conteste pas les faits mais les relativise :‘’J’étais attaché à cette jeune fille.’’ » On peut voir là un grand classique du déni.

Jusqu’ici jamais condamné, l’homme a subi deux expertises psychiatriques. On apprend que la première le présente comme « un déviant, un pervers », qui exploite sexuellement des mineurs vulnérables car défavorisés.  Quant à la seconde, plus nuancée, elle observe  « des tendances pédophiles mais pas de dangerosité psychiatrique ». Là encore, un grand classique pour qui s’intéresse à la définition de la perversité 1 et aux divergences idéologiques des experts de la psychiatrie médico-légale.

Pour la défense :  Me Louise Thome, assure que son client « a un sentiment de honte » et souligne que « l’incarcération actuelle n’est pas le seul moyen de réinsérer son client ». Et d’insister sur la nécessité de « soins plus poussés » en contrôle judiciaire. Il faut aussi tenir compte de son projet de sortie :un hébergement à La Riche (Indre-et-Loire), chez sa nouvelle compagne ; une promesse d’embauche. Ajoutons une caution de 30.000 € est proposée pour appuyer ses garanties de représentation et la remise de son passeport. 

Pour la partie civile : Me Emmanuelle Descot, conseil de la partie civile administrateur ad hoc « France Victimes 37 » craint une reprise de contact du suspect avec Internet « qu’il maîtrise ».

Pour l’avocat général : Alexandra Pethieu, s’oppose à la libération. Il entend prévenir « un renouvellement de l’infraction ». Il évoque une déviance pédophile « ancienne » (admise par le Tourangeau et par les deux experts psychiatriques) « déviance » qui s’est accentuée au fil du temps. Quant à la caution proposée, la magistrate aimerait détenir des garanties sur la situation financière. De plus, dans cette belle région de « tourisme sexuel » des Philippines, la dimension internationale de trouble à l’ordre public subsiste : « L’inconcevable a été réalisé ! » Elle requiert une confirmation de l’ordonnance de refus de liberté.

Le détenu : il clame sa volonté de rester en France et de ne pas récidiver, indiquant qu’« aux Philippines, c’est un contexte de prostitution ».

Loin des Philippines, du Flore, des médias nationaux et de toute forme de littérature la cour d’appel d’Orléans a rejeté la demande de mise en liberté.

A demain @jynau

1 Perversité(psychopathologie) : « Anormalité de la conduite générale et spécialement des comportements à l’égard d’autrui et de la Société conduisant à des actes asociaux et inhumains accomplis avec indifférence affective à l’égard de la souffrance d’autrui, absence complète de culpabilité et satisfaction personnelle » (Mucch. Psychol. 1969). « Il n’y a perversité véritable que dans une indifférence morale rebelle prolongée: il ne faut donc pas confondre avec les pervers, les impulsifs ou les nonchalants moraux » (Mounier, Traité caract.,1946, p.728).

− P. méton., rare. Action, pratique immorale ou contre nature d’une telle personne. « L’une des perversités (…) en usage au commencement de ce siècle, était le luxe des rats. Un rat, mot déjà vieilli, s’appliquait à un enfant de dix à onze ans, comparse à quelque théâtre, (…) que les débauchés formaient pour le vice et l’infamie » (Balzac, Splend. et mis., 1844, p.18).

Emmanuel Macron va-t-il ou non trancher la question de l'obligation de l’éthylotest au volant ?

Bonjour

Jamais les médias généralistes n’ont autant parlé d’alcool. Ou plus précisément d’alcool-politique. C’est l’un des effets induits de la volonté d’Emmanuel Macron de ne pas voir émerger un « Janvier désalcoolisé » soutenu par le ministère des Solidarités et de la Santé.

Un paradoxe qui, dans les médias, conduit à amplifier un discours associatif jusqu’ici inaudible – ou presque. Un paradoxe éclairant qui, par médias interposés, conduit à une « guerre des tranchées » entre les « bons vivants » et toutes celles et ceux qui entendent bien le rester sans pour autant « se priver ». Une situation qui met l’exécutif devant ses responsabilités.

Aujourd’hui nouveau « sujet alcool » éminemment politique. C’est dans Le Parisien (Frédéric Mouchon, Aymeric Renou et Julien Muller) : « Alcool au volant : faut-il généraliser l’éthylotest antidémarrage ? ». Où l’on apprend, à quelques jours des festivités du Nouvel An, un sondage montre qu’une majorité de Français est favorable à l’installation d’un appareil de mesure de l’alcoolémie dans les véhicules automobiles.

Où l’on découvre, aussi, les résultats de l’enquête réalisée par le comparateur d’assurances « Quel-assureur.com » auprès de plus de 2200 conducteurs : 11 % des personnes interrogées « avouent » qu’elles prendront le volant malgré une alcoolémie « sans doute trop élevée » après avoir fêté l’arrivée de la nouvelle année. 10 % « admettent même qu’elles emprunteront des itinéraires secondaires afin de tenter d’éviter les contrôles ».

Rappel : Si le débat sur l’éthylotest obligatoire resurgit régulièrement en France, c’est notamment parce que 30 % des accidents mortels sont dus à une consommation excessive d’alcool. Et que cette proportion n’a jamais baissé. Plus de mille morts par ans clame, en une, Le Parisien.

« Face à ces comportements irresponsables, la grande majorité des Français se dit favorable à ce que l’on ait la main plus lourde durant les fêtes de fin d’année pour réprimer ceux qui conduisent en état d’ivresse, peut-on encore lire. Et fait nouveau : ‘’59 % cautionnent l’idée de généraliser le système d’éthylotest antidémarrage (EAD) pour tous les véhicules.’’ »

On sait que ce dispositif (1 000 à 1 500 euros) obligatoire depuis 2015 dans les bus scolaires et autocars, empêche le démarrage du véhicule si alcoolémie il y a. On sait que depuis septembre 2018, les préfets peuvent proposer son installation comme alternative à une suspension de permis, parfois synonyme de perte d’emploi. « Cette mesure peut durer six mois et permet d’éviter la récidive. Selon les premières études, 30 % des gens optent pour l’équipement d’un EAD plutôt que de voir leur permis être suspendu. »

Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur (lors d’un déplacement consacré à la sécurité routière, le 26 décembre, au péage de Fleury-en-Bière (Seine-et-Marne) : « L’éthylotest antidémarrage préserve l’emploi et, en même temps, sanctionne le contrevenant financièrement. C’est cher, 100 euros par mois, mais c’est une mesure de substitution qui prend en compte la réalité humaine et ne cherche pas à sanctionner bêtement. »

Dr Philippe Lauwick, président de la commission alcool et stupéfiants au Conseil national de la sécurité routière (CNSR) : « L’alcool au volant est le fléau numéro 1 sur la route et on n’a absolument pas progressé dans ce domaine depuis les années 1960 »,

Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la sécurité routière : « Même si les prix des éthylotests baissent, pourquoi imposer à un conducteur qui ne boit jamais d’en installer un dans sa voiture? »

Anne Lavaud, déléguée générale de l’association Prévention routière : « Cette technologie a fait ses preuves, il faut la généraliser à tous les véhicules. »

On sait les difficultés, pour le pouvoir exécutif confronté à l’alcool, de concilier les intérêts économiques et ceux de santé publique. Pour autant le sujet, est désormais public. On attend de connaître le point de vue, sinon la décision du président de la République.

A demain @jynau

Cigarette électronique: l’Académie de médecine accusée de collusion avec la presse grand public !

Bonjour

L’Académie et les académiciens vont-ils blémir sous l’outrage ? On croyait être en marche sur le chemin du progrès vers la réduction des risques tabagiques. L’Académie nationale de médecine faisait peau neuve, retrouvait sa lucidité et ouvrait la voie à une nouvelle compréhension de l’usage et des vertus relatives de la cigarette électronique.

Las. Cinq jours plus tard voici une méchante attaque des militants radicaux d’Alliance contre le tabac  (nous soulignons) :

« L’Académie nationale de médecine attribue à l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) des intentions qui ne sont pas les siennes en insinuant qu’elle discrédite « sans arguments », dans son rapport de 2019, l’usage « indubitablement nocif » de la cigarette électronique. Pour l’Alliance contre le tabac, l’OMS est une institution éminemment respectable (sic), qui mesure avec grand soin ses déclarations en s’assurant qu’elles sont fondées sur des preuves et un consensus scientifiques.

« Il est naturellement possible de ne pas être en accord avec toutes ses prises de position. Cependant, nous pensons que la santé publique en France et dans le monde n’a rien à gagner d’une controverse stérile issue de la lecture partiale et fragmentaire du récent rapport de l’OMS, qu’en a fait une certaine presse. Plutôt que de se fier aux articles de la presse grand public pour analyser les propos de l’OMS, l’Académie nationale de médecine aurait dû prendre son information à la source, en se référant directement au rapport (en anglais) « WHO Report on the Global Tobacco Epidemic, 2019 – Offer help to quit tobacco ».

« L’Académie aurait alors pu constater qu’il s’agit d’un rapport très pondéré sur le sujet. Certes, l’OMS y déclare que la cigarette électronique est nocive, mais elle ne le fait pas « sans arguments » et elle prend toutes les précautions nécessaires pour relativiser cette nocivité. En pratique, le rapport de l’OMS de 2019 recommande au monde entier de mettre en œuvre les mesures de bon sens qui ont été préconisées en France à propos de l’utilisation de la cigarette électronique : produit formellement déconseillé chez les non-fumeurs, ne devant être utilisé que pour aider à sortir du tabac et ne pouvant être spécifiquement mis en avant dans ce contexte jusqu’à preuve formelle de son équivalence ou supériorité d’efficacité par rapport aux autres aides au sevrage scientifiquement validées.

Et l’Alliance contre le tabac de rapporter, dit-elle,  « les propos exacts de l’OMS » :

 • Dans son rapport complet (publié en anglais durant l’été 20194 ), il est dit que les cigarettes électroniques sont moins toxiques que le tabac mais que les données sont insuffisantes pour chiffrer la diminution du risque associée à leur utilisation (ce qui est aussi parfaitement acceptable) (« ENDS’ – Electronic Nicotine Delivery Systems – aérosols are likely to be less toxic than cigarettes but there is insufficient evidence to quantify the precise level of risk associated with them. »)

• Dans les fiches techniques, publiées en français, il est dit : « les inhalateurs électroniques de nicotine ne sont pas sans danger mais sont généralement moins dangereux que les cigarettes » et qu’il faut « éviter que les non-fumeurs…ne se mettent à utiliser des inhalateurs électroniques », ce que disait déjà aussi l’Académie nationale de médecine dans son avis de 2015.

Ces militants consentent à l’Académie nationale de médecine le droit de défendre la cigarette électronique comme une voie possible d’arrêt du tabac. « Mais, même s’il est justifié de rassurer les vapoteurs dans le contexte actuel de désinformation, il est important de ne pas laisser croire que la cigarette électronique n’a aucun inconvénient concluent-ils. En effet, c’est en fonction du rapport bénéfice/risque que doit être évaluée toute mesure de santé car aucun médicament ni aucune mesure thérapeutique n’a un risque nul. »

Cette mise au point étant faite, l’Alliance contre le tabac « réitère sa reconnaissance et son respect pour l’important travail fait par l’Académie nationale de médecine pour faire régresser le fléau sanitaire du tabagisme. Après une telle charge on en vient à imaginer qu’il, ici, d’humour grinçant. Et on regrette que le concept de réduction des risques soit à ce point incompatible avec un certain militantisme.

A demain @jynau

L’étrange histoire de l’athlète endormie qui a été dopée à l’EPO à l’insu de son plein gré

Bonjour

Qui doit-on croire ? 

L’athlète française Ophélie Claude-Boxberger, 31 ans, est une athlète française atypique et de grand talent. Fille du spécialiste des courses de fond, Jacky Boxberger. Une personnalité hors du commun :  

« Elle débute l’athlétisme en septembre 2001 après avoir pratiqué plusieurs sports : danse, équitation, tennis, escalade et gymnastique au niveau national. Parmi les meilleures minimes françaises sur 1 000 m en 3 min 3 s, elle se consacre plus à ses études — ce qui engendre une progression assez lente — ainsi qu’à la musique qu’elle débute à l’âge de 5 ans jusqu’à obtenir son diplôme au conservatoire de Montbéliard après plus de douze années de piano. Après avoir obtenu un baccalauréat scientifique avec mention en 2006, elle devient professeur d’éducation physique et sportive après avoir réussi le CAPEPS et un master langage et intervention en 2010 à l’Université de Besançon. »

 Devient ensuite spécialiste des douloureuses épreuves de demi-fond ; rapides progrès ; quatre titres de championne de France espoirs sur 800 m et 1 500 m ; deux sélections en équipe de France jeune ; cinq fois championne de France Élite sur 1 500 m et 3 000 m en salle ainsi que sur 3 000 m steeple ; neuf sélections internationales A avec l’équipe de France ; une sélection en équipe d’Europe.

Puis, catastrophe : contrôlée positive à la célèbre érythropoïétine (EPO) le 18 septembre dernier ; annonce faite un mois plus tard. Son domicile est perquisitionné ; le pôle santé du parquet de Paris ouvre une enquête préliminairepour « détention et utilisation de substances vénéneuses » et « aide à l’utilisation de ces substances ». Elle se retrouve impliquée dans une controverse liée au médecin de l’équipe de France d’athlétisme, Jean-Michel Serra, blâmé pour s’être plaint du trop grand nombre de contrôle subis par l’athlète – dont il évoquait la fragilité psychologique et dont il est le compagnon.

« Injection lors d’un massage durant lequel elle s’était endormie » 

L’athlète, depuis, ne cesse de clamer son innocence, de démentir avoir eu recours au dopage. Puis, rebondissement : les déclarations d’une personne de son entourage aux gendarmes de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp). Alain Flaccus, compagnon de la mère de l’athlète (et qui fait partie de l’encadrement sportif de celle-ci) a déclaré lui avoir injecté de l’EPO à son insu. Information communiquée au Monde des sources proches de l’enquête, confirmant une révélation de L’Equipe.

M. Flaccus était entendu dans le cadre d’une garde à vue de quarante-huit heures, dans les locaux de la gendarmerie de Montbéliard (Doubs) – tout comme l’athlète. Il a précisé avoir « piqué » Ophélie Claude-Boxberger avec une seringue d’EPO la veille de la fin de son stage en altitude à Font-Romeu (Pyrénées-Orientales) – et ce « lors d’un massage durant lequel elle s’était endormie ». Il a dit s’être procuré lui-même l’EPO.

Pour l’heure l’athlète est toujours suspendue par l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD). Interrogée par l’Est républicain à l’issue de sa garde à vue, Ophélie Claude-Boxberger a dénoncé « une machination » : « J’ai enfin compris des choses, compris comment on avait retrouvé de l’EPO dans mon corps. Les faits sont là. Cette personne a profité d’un instant de faiblesse psychologique et physique. Il y aurait préméditation, volonté de nuire à ma carrière sportive et exercice illégal de la médecine (sic)».

Les déclarations d’Alain Flacus suscitent toutefois des interrogations chez les enquêteurs. L’intéressé a en effet changé plusieurs fois de version durant sa garde à vue. Ces nouvelles révélations n’éteignent d’ailleurs pas la procédure ouverte par l’AFLD, qui dit continuer « de mener l’enquête préalable à la saisine de la commission des sanctions ». « La sportive pourra apporter toute explication et tout élément matériel de preuve dans le cadre de sa défense », a expliqué l’instance dans une déclaration à l’Agence France-Presse.

Qui croira-t-on ?

A demain @jynau

L’argent de la bière peut-il soutenir la lutte contre les violences faites aux femmes ?

Bonjour

Il est des communiqués de presse qui, désormais, ne peuvent plus ne pas interroger, troubler, déranger. Ainsi, celui du  Paris Beer Club annonçant qu’il « sera présent à la Nuit des Relais pour soutenir la Fondation des Femmes ». Ce sera le 25 novembre, à 20 heures.

Le Paris Beer Club (ex-“Bières et Papilles”) est une « association engagée depuis sa création contre les préjugés misogynes et le sexisme ordinaire ».  Aussi a-t-elle « spontanément répondu présent à la « Nuit des Relais », la « grande course contre les violences faites aux femmes organisée par la Fondation des Femmes ». Précision : lors de la Paris Beer Week, l’association célèbre non seulement la diversité des brasseries artisanales, mais aussi l’ouverture d’esprit dont il faudrait faire preuve quand on parle de bière (sic).

Il faut ici entendre que la « lutte contre le sexisme » est « heureusement très soutenue dans la communauté de la bière artisanale ». « Petit à petit, nous essayons de mettre fin aux stéréotypes de genre autour de la bière, car ils sont offensants en plus d’être potentiellement dangereux, explique-t-on encore. Percevoir les femmes comme des objets qui servent à accomplir le désir des hommes engendre beaucoup de réelles violences faites contre elles, d’autant plus si celles-ci contrarient cette fausse utopie masculine. »

Extrait du communiqué :

« Lors de la dernière course à Paris, sous la nef du Grand Palais, grâce à la mobilisation sans précédent de plus de 4 000 parisien.ne.s, plus de 230 000 € ont été collectés et ont ainsi permis la réalisation d’une quarantaine de projets de lutte contre les violences partout en France. ‘’Une course bon esprit, à la finalité fédératrice, couplée à une levée de fonds qui a été un réel projet d’équipe, très motivant’’, témoigne Marie, capitaine de l’équipe Les Germaines à la Nuit des Relais 2018. Cette année, l’objectif reste le même pour la Fondation des Femmes avec la Nuit des Relais 2019 : rassembler des équipes de 5 à 10 personnes jusqu’au 15 novembre, date de clôture des inscriptions, qui collectent chacune 1 000 € avant la course ensuite intégralement redistribués aux initiatives associatives à fort impact. »

Applaudir ? Sourire ? Ignorer ? On ne peut manquer de se souvenir de deux « lettres ouvertes » 1 récemment publiées dans Le Figaro : «Violences contre les femmes: n’oublions pas le rôle de l’alcool !». Ces deux textes étaient été adressés à la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn et à la secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa. Dans les deux cas les signataires dénonçaint l’absence de mesures de prévention et de prise en charge de l’alcoolisme et des addictions dans la lutte contre les violences conjugales.

On ne connaît pas, si elles existent, les réponses de Mmes Schiappa et Buzyn.

A demain @jynau

1 La première lettre ouverte est signée par: Pr Michel Reynaud (psychiatre et addictologue, président du Fonds Actions Addictions), Pr Laurent Bègue (professeur de psychologie sociale à l’Université Grenoble Alpes), Bernard Basset (vice-président de l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie – ANPAA), Pr Amine Benyamina (psychiatre, addictologue, Président de la Fédération Française d’Addictologie), Pr Mickaël Naassila (Professeur de physiologie à l’université de Picardie Jules Verne et Président de la Société française d’alcoologie) et Dr Jean-Michel Delile (psychiatre addictologue, président de la Fédération addiction).

La seconde lettre ouverte est signée par: Betty Morisset pour le CoPMA (Collectif de proches de malades alcooliques), Françoise Gaudel pour la FPEA (France patients experts addictions), Felix Le Moan pour la CAMERUP (Coordination des associations et mouvements d’entraide reconnus d’utilité publique – aide et accompagnement des personnes en difficulté avec l’alcool et de leur entourage), Jean-Claude Tomczak pour les Amis de la Santé.

L’Inde (1,3 milliard d’habitants) vient de condamner à mort la cigarette électronique

Bonjour

C’était une bouffée américaine sur fond de « maladie sans nom ». C’est désormais une épidémie : le gouvernement indien a, le 18 septembre 2019,  annoncé sa décision d’interdire interdit la cigarette électronique dans ce pays de 1,3 milliard d’habitants Et ce au nom de la santé publique (sic) et de la lutte contre les addictions (re-sic). Nirmala Sitharaman, ministre indienne des Finances (re-re-sic) en conférence de presse :

« La décision a été prise avec à l’esprit l’impact que les cigarettes électroniques ont sur la jeunesse aujourd’hui », C’est devenu très à la mode de les essayer, de les utiliser ».

Une ordonnance du gouvernement de Narendra Modi interdit désormais la production, l’import ou l’export, le transport, le stockage et la vente de cigarettes électroniques. « Cette mesure améliorera la politique de contrôle du tabac, donnant de meilleurs résultats en termes de santé publique », croit pouvoir avancer ce gouvernement sur le compte Twitter de son service de presse. Toute infraction à cette nouvelle réglementation (qui vise la distribution et n’évoque pas l’utilisation même de cigarettes électroniques) est désormais passible d’un an de prison et/ou 100 000 roupies (1 270 euros) d’amende, puis jusqu’à trois ans et/ou 500 000 roupies (6 300 euros) en cas de récidive.

Nocivité incontestable

Cette décision majeure, à l’opposé du concept de réduction des risques survient au lendemain de celle de l’Etat de New York de commercialiser des cigarettes électroniques aromatisées sur son territoire. Elle s’inscrit dans le contexte plus général voulu par l’OMS qui, de manière proprement incompréhensible, dénonce le caractère « incontestablement nocif » de ces outils. On notera (sans en tirer de conclusion trop hâtive) que l’Inde est, avec la Chine et le Brésil l’un des plus gros producteur mondial de tabac.

« Le vapotage consiste à inhaler des vapeurs créées par le chauffage à haute température d’un liquide, qui contient la plupart du temps de la nicotine, à l’intérieur de la cigarette électronique, résume l’AFP. Il connaît une popularité grandissante depuis son apparition au milieu des années 2000. Le procédé est présenté par ses défenseurs comme nettement moins dangereux pour la santé que les cigarettes traditionnelles. Mais législateurs et autorités sanitaires du monde entier craignent qu’il ne conduise les jeunes à fumer du tabac. »

« Législateurs et autorités sanitaires du monde entier » semblent ne pas avoir à leur disposition tous les éléments de l’équation. Ou ne pas vouloir en disposer. Dans les deux cas, incontestable nocivité.

A demain @jynau