Cigarette électronique : le dramatique déni français face au génie pragmatique britannique

 

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Dans quelques jours débutera la célèbre campagne automnale britannique « Stopober » d’incitation à l’arrêt du tabac. Et pour la première fois la cigarette électronique sera présente, comme nous l’explique la BBC : « Quit smoking campaign Stoptober backs e-cigs for first time ». Et que l’on parle ou non l’anglais tout nous est dit dans cette vidéo : https://www.nhs.uk/oneyou/stoptober/home#SjYDLZWcyYTwUlVj.97. Où l’on apprend, encore, que l’Ecosse elle aussi se range à l’avis de Londres : la cigarette électronique est définitivement moins nocive que la consommation de tabac.

C’est une nouvelle fois la démonstration éclatante du pragmatisme britannique : même si la cigarette électronique n’est pas officiellement recommandée par le National Health Service elle figurera dans la campagne gouvernementale parmi les possibilités permettant d’arrêter de fumer ; une décision prise à la lumière des résultats de « Stopober » de l’an dernier où elle est devenue l’outil le plus populaire spontanément choisi par le volontaires souhaitant en finir avec le tabac.

Autre preuve de pragmatisme : la BBC précise que la nouvelle campagne Stoptober résulte du fait que les experts du gouvernement ont été encouragés par de nouveaux résultats plaidant en faveur de l’efficacité du recours à la cigarette électronique lors des tentatives d’abandon du tabac. « Les chercheurs de University College London ont constaté que 20% des tentatives ont réussi au premier semestre de 2017, contre 16% au cours des dix dernières années, précise la BBC. Le médecin-chef adjoint du gouvernement, la Pr Gina Radford, a déclaré que les cigarettes électroniques jouaient un rôle important et que, comme elles contiennent ‘’95% de moins de produits nocifs’’, il était juste d’en faire la promotion pendant ‘’Stoptober’’. »

L’invraisemblable déni du gouvernement français

Concernant les professionnels de la santé, le Pr Radford a déclaré à la radio de la BBC reconnaître que les autorités sanitaires reconnaissent désormais que les cigarettes électroniques sont utilisées par les fumeurs et peut les aider à abandonner le tabac. « Par conséquent, engagez les gens à discuter de la façon dont ils les utilisent, encouragez-les à les utiliser uniquement dans le cadre d’une tentative d’arrêt … dites-le clairement que bien qu’elles sont beaucoup moins nocives que les cigarettes de tabac, elles ne sont pas totalement sans risque. »

Selon les dernières données officielles on recensait, en Grande Bretagne, un peu plus de 15% de fumeurs en 2016, contre 21% en 2007 et plus de 26% en 2000. Et parallèlement à cette évolution le vapotage ne cessait d’augmenter : aujourd’hui une personne sur 20 de plus de 16 ans utilise régulièrement des cigarettes électroniques.

En France, tout aussi officiellement, près d’une personne sur deux âgée de 18 à 34 ans fume (et une sur trois entre 15 à 19 ans alors que la vente est interdite aux mineurs…). Toujours en France la prévalence du tabagisme atteint  46% chez les femmes de 20-25 ans, et  55 % chez les hommes de 26-34 ans : des taux parmi les plus élevés recensés dans les pays occidentaux et dans le monde. Et comme chacun sait le gouvernement français actuel, comme ceux du précédent quinquennat, reste enfermé dans un invraisemblable déni quant à l’intérêt de la cigarette électronique au service d’une politique de réduction des risques.

A demain

 

 

Addiction et politique : les dernières confidences de Marisol Touraine à La Nouvelle République

 

Bonjour

Qui a dit que l’exercice pouvoir politique ne devait pas être rangé au rayon des addictions et des passions ? Ainsi Marisol Touraine, ministre de la Santé durant cinq ans et qui avait quitté la scène par la petite porte des législatives après une volte-face politique ratée qui laissera des traces. Trois mois après sa défaite la voici à nouveau en course dans les médias. C’est La Nouvelle République qui l’a retrouvée dans son ancien « fief » tourangeau.

A Paris l’ex-ministre a réintégré le Conseil d’État où elle avait fait son entrée en 1991. Là elle participe au travail collégial de « conseil juridique du gouvernement pour la préparation des projets de loi, décrets etc. ». « Un travail stimulant intellectuellement » assure celle qui, pour autant, entend bien « continuer à peser politiquement ». Une confidence : elle n’a « vraiment pas » envie de briguer la direction de l’ENA…  Une autre confidence : le « sentiment d’immense liberté » qui l’habite.

« On m’avait dit, quand j’ai quitté le gouvernement, que j’allais connaître un moment de vide. J’avais peur de cela. Mais en réalité, c’est un sentiment de liberté incroyable que je ressens !, explique-t-elle, visiblement détendue. »  Une envie, un projet ? « Je réfléchis à la manière d’apporter ma contribution. Je vais jeter toutes mes forces dans la reconstruction intellectuelle et politique d’une gauche modernisatrice. »

Affres existentielles

Où l’on retrouve les affres existentielles des espaces confinés : comment respirer entre le pouvoir en place et Jean-Luc Mélenchon ? « Les socialistes réformistes doivent approfondir leurs propositions, car ils sont un peu pris entre Emmanuel Macron et une gauche plus radicale, dit-elle. Mais je n’ai jamais cru qu’En marche supprimerait la gauche et la droite ».

Alors, où est-elle ? Pour le quotidien régional Marisol Touraine garde le positionnement qui in fine lui avait fait perdre son poste de députée : compatible avec Macron, mais pas avec En marche. Et toujours cette attirance irréfragable vers l’incarnation de l’exercice du pouvoir, cœur de l’addiction. Après les premiers mois de présidence Macron, l’ex-ministre socialiste se réjouit :

« Incontestablement, le regard sur la France a changé depuis l’étranger. Emmanuel Macron a magnifiquement replacé la France au centre du jeu. Maintenant, il faut qu’il s’adresse davantage aux Français. Souhaiter son échec serait irresponsable. Mais pour qu’il réussisse, il faut aussi qu’il prenne mieux en compte les attentes sociales des Français, les besoins sociaux.»

Voilà qui est dit. Et qui devra être répété pour être entendu à l’Elysée.

A demain

Fumer dans les collèges et les lycées : face à la polémique, Edouard Philippe a tranché  

Bonjour

Suffirait-il donc parfois, sous l’ère Macron, de parler pour être entendu ? Quelques jours après la résurgence médiatique d’une invraisemblable polémique, le Premier ministre Edouard Philippe a tranché. Et il a, via l’AFP, tenu à ce que la France le sache. L’interdiction de fumer dans l’enceinte des collèges et lycées restera strictement appliquée, a indiqué Matignon – et ce en dépit des hypothétiques inquiétudes quant à d’éventuels attentats visant les attroupements (plus ou moins) tabagiques à la sortie des établissements.

« À l’heure où le gouvernement va engager une campagne de lutte contre le tabagisme, et alors que la sécurité aux abords des établissements a été renforcée dans le cadre de la nouvelle posture Vigipirate Attentats, il n’est pas question d’affaiblir le décret du 15 novembre 2006 qui interdit de fumer à l’intérieur des établissements », a indiqué Matignon à l’AFP.

Appel présidentiel discret

Où l’on voit, comme nous l’avancions, que Jean-Michel Blanquer ministre de l’Education nationale n’a pas été à même de prendre seul la décision. La décision, annoncée ce lundi 4 septembre, a été prise par Édouard Philippe à la suite d’une réunion avec la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, et Jean-Michel Blanquer, a précisé Matignon. Et rien n’interdit d’imaginer un appel discret d’Emmanuel Macron, président féru de prévention.

Le site des buralistes français rappelle que la piste avait été évoquée d’autoriser les chefs d’établissement à permettre aux élèves de fumer dans l’enceinte des lycées, afin d’éviter des attaques visant les élèves regroupés devant l’établissement, par exemple à la voiture-bélier. Il ajoute que depuis les attentats de 2015, les ministères de l’Éducation et de la Santé avaient envoyé des messages contradictoires aux chefs d’établissement, le premier vers un assouplissement, le second maintenant l’interdiction absolue. Avant que le Pr Benoît Vallet, Directeur général de la santé s’attaque au dossier et l’emporte, l’an dernier, devant la justice administrative.

Edouard Philippe et la cigarette électronique

Et maintenant ? Pourquoi ne pas rebondir et aller plus loin comme le suggèrent, fort opportunément la Fédération Addiction et son président Jean-Pierre Couteron ? « Réfléchir à la mise en sécurité des adolescents fumeurs, dans un contexte de menaces terroristes, ne peut être reproché à ceux qui en ont la charge. Cependant les dangers du tabac et l’importance de la période adolescente dans les addictions, justifient d’autres solutions que de les abandonner les lycéens dans des espaces fumeurs » expliquent-ils.

Sur ce terrain, les professionnels de la Fédération Addiction proposent de répondre par la logique de l’Intervention Précoce. Ils observent (c’est un méchant euphémisme) que « l’interdit de vente du tabac aux mineurs est encore trop souvent mal respecté ». Aussi suggèrent-ils la création « même ponctuelle » d’espaces pour l’arrêt du tabac et sa réduction des risques, présentant des outils comme les patchs, les substituts nicotiniques et le vapotage.

Où l’on en vient à s’interroger : que pense le Premier ministre Edouard Philippe de la cigarette électronique ?

A demain

 

Fumer dans les collèges et lycées : le ministre Blanquer va-t-il oser faire preuve d’autorité ?  

 

Bonjour

 C’est la polémique de la rentrée dans les collèges et les lycées : permettre ou non aux élèves de consommer du tabac au sein des enceintes scolaires ? Bafouer la loi pour prévenir le risque hypothétique d’une attaque terroriste visant les regroupements d’adolescents fumant devant les portes et grilles de leurs établissements.

« Le sujet a fait l’objet d’une réunion, jeudi soir 31 août, entre représentants des ministères de l’Intérieur, de la Santé et de l’Éducation nationale, indique le site des buralistes. Aucune mesure n’aurait été prise. Dans l’entourage du ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, on assure que pour celui-ci, ce serait « une véritable préoccupation (Le Figaro du 2 septembre). Mais on indique aussi qu’il ‘serait plutôt favorable à la possibilité de laisser les proviseurs choisir ‘’.»

Ce serait là un erreur majeur doublée d’une faute historique. Et une défausse qui cadrerait mal avec la volonté présidentielle de rétablir l’autorité et de faire acte de prévention, notamment contre le tabagisme. Où l’on voit, une nouvelle fois et sur un sujet sanitaire éminemment concret, les trois ministres concernés (sans même parler du premier) totalement silencieux. Faut-il, ici comme ailleurs, attendre un arbitrage jupitérien ?

Des cibles évidentes

 Laisser les proviseurs choisir ? Ces proviseurs ont le soutien de leur syndicat, le SNPDEN dont le secrétaire général, Philippe Tournier, demande toujours la levée de l’interdiction de fumer dans les lycées tant que perdurera l’état d’urgence. Et le site des buralistes de rappeler l’argumentaire syndicaliste : laisser aujourd’hui les jeunes dans la rue, c’est prendre, selon lui, des risques inconsidérés : « Ils sont des cibles évidentes et il faut prendre des mesures de bon sens. Je suis effaré de voir que les pouvoirs publics n’osent toujours pas intervenir… Alors qu’on s’est aperçu que les élèves ne fumaient pas davantage avec des espaces fumeurs dans l’enceinte de l’établissement ».

 A la veille de cette rentrée Philippe Tournier s’exprimait sur RTL. Voici ses propos :

« Depuis 2006, c’est interdit de fumer dans l’enceinte des établissements. En fait, cela n’a pas diminué du tout le nombre de fumeurs. Les élèves sont sortis fumer devant les lycées. Je rappelle qu’un certain nombre d’entre eux sont majeurs, donc on ne peut pas les empêcher de circuler librement. Et la situation est aggravée par le fait que les non-fumeurs qui autrefois étaient un peu séparés des fumeurs parce qu’ils n’allaient pas dans leurs zones … maintenant, ils sortent aussi avec les fumeurs. Il y aurait de quoi réfléchir sur l’efficacité de la mesure mais ce n’est pas le propos.

 « Le propos, il est très conjoncturel, il est lié aujourd’hui au risque terroriste alors que des centaines de jeunes sont agglutinés devant les lycées. Avec le principal syndicat des commissaires de police, nous avions fait une demande conjointe, à l’époque de Manuel Valls, pour donner, durant l’état d’urgence, la possibilité aux conseils d’administration de créer une zone à l’intérieur de leurs établissements de sorte à protéger les fumeurs.

Zone fumeur intérieure

« Nous nous sommes heurtés à une polémique qui nous semble un peu décalée de la part d’associations que l’on aurait plutôt voulu voir dans les lycées … On ne les voit jamais.

« Or, à peu près la moitié des lycées avaient recréé une zone fumeurs intérieure. Quasiment tous l’ont supprimée car il y a eu une décision de la justice administrative qui a eu pour effet d’annuler ces décisions.

 « Ce que l’on dit, c’est qu’il y a un risque évident, patent, qui est aujourd’hui le principal risque dans les établissements scolaires. Il faut que les autorités publiques prennent une décision applicable. »

Combien de temps faudra-t-il attendre pour connaître la décision des « autorités publiques » ? Et combien de temps faudra-t-il attendre avant que les mêmes autorités fassent appliquer les articles du code de la santé publique qui disposent qu’il « est interdit de vendre ou d’offrir gratuitement, dans les débits de tabac et tous commerces ou lieux publics, à des mineurs de moins de dix-huit ans des produits du tabac ou leurs ingrédients, y compris notamment le papier et le filtre » ? Plus d’un adolescent français sur trois consomme, aujourd’hui, du tabac.

 A demain

Le ministre de l’Education nationale ne peut pas rester muet : laissera-t-il fumer dans les lycées ?

 

Bonjour

C’est la rentrée, qui nous fait songer à l’une des polémiques les plus absurdes de l’an passé. Une polémique sanitaire et politique. Où l’on voyait des proviseurs et de hauts responsables de l’éducation nationale réclamer que des lycéens puissent fumer dans les enceintes scolaires : « Ubu est roi : les directeurs des collèges et lycées réclament une loi en faveur du tabac ! ». Créer des « zones provisoires fumeurs » dans les lycées pour éviter que les élèves se regroupent pour fumer à l’extérieur : sur le trottoir face aux établissements. Et ce en avançant le risque terroriste : ces regroupements étaient des cibles potentielles en contradiction avec les actuelles mesures et recommandations de prévention de l’état d’urgence.

C’est la rentrée : les mêmes causes vont-elles produire les mêmes effets ? Le Comité national contre le Tabagisme le redoute dans un communiqué daté du 31 août, communiqué délaissé par la presse généraliste mais repris sur le site des buralistes. Il révèle que plusieurs associations de santé ont été informées de la volonté supposée du ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, de permettre aux proviseurs de laisser fumer les élèves au sein des lycées. On mesure l’incohérence d’une telle situation dans un pays où 200 000 adolescents entrent chaque année dans l’enfer de l’addiction tabagique. Loin de mettre en place une indispensable prévention précoce on reviendrait sur les interdits en vigueur dans les espaces

 « Alors que le gouvernement s’est engagé avec force pour réduire la consommation de tabac particulièrement importante en France, notamment chez les jeunes, l’annonce d’un possible retour du tabac dans les lycées est de nature à mettre à mal tout cet effort. En droit, il s’agirait d’une remise en cause sans précédent de la Loi Evin et, même, de nos principes constitutionnels. N’oublions pas que la protection de la santé publique, ainsi que l’égalité devant la loi, ont valeur constitutionnelle.

« Pour la santé publique, ce serait porter atteinte à l’interdiction de fumer, indispensable tant à la protection contre le tabagisme passif qu’à la dénormalisation d’un produit mortifère. En outre, cette atteinte serait portée sur le terrain le plus sensible : les établissements scolaires. »

 C’est la rentrée. Pour le CNCT « la sécurité sanitaire de nos jeunes compatriotes ne peut être sacrifiée sur l’autel du risque terroriste ». Faut-il rappeler à M. Blanquer que, l’an dernier, la justice administrative avait donné raison au Pr Benoît Vallet, Directeur Général de la Santé : on ne touche pas à la loi, on ne fume pas là où l’on apprend. Le ministère de la Santé l’avait alors fort heureusement emporté sur les atermoiements coupables de l’Education nationale. Aujourd’hui les associations réunies au sein de l’Alliance contre le Tabac, demandent une clarification à ce sujet au gouvernement. On attend.

A demain

1 « Peut-on, oui ou non, s’en griller une à la récré? » (Slate.fr, 19 avril 2016)

Pourquoi les Allemands fument-ils moins que les Français ? Les dérangeantes réponses d’Arte  

Bonjour

C’est acté: le Premier ministre Edouard Philippe vient de faire savoir qu’un nouveau plan de lutte contre le tabagisme serait dévoilé en septembre. Plan de lutte national qui pourrait comporter une hausse d’un euro du prix du paquet à compter du 1er janvier – et qui évoquera la nécessaire « harmonisation européenne » dans ce domaine. Une formule vide dans une Europe marquée par de profondes différences quant à la prévalence du tabagisme. Un exemple en est donné par le remarquable travail diffusé il y a peu sur Arte visant à comprendre les écarts existant des deux côtés du Rhin : « L’Allemagne éteint sa cigarette, la France en rallume une ». Un documentaire éminemment politique.

 Les adolescents allemands fument aujourd’hui nettement moins que les adolescents français. Pourquoi ? « Cela est probablement dû à tout un travail, en profondeur, de prévention et d’accompagnement auprès des adolescents, menés par les différents länder » estime le site des buralistes français. Résumé des principaux chapitres abordés dans le documentaire d’Arte.

Les Allemands sont moins nombreux à fumer 

Il est plus facile d’acheter des cigarettes en Allemagne qu’en France. Il suffit d’aller au distributeur automatique ou au supermarché et, en moyenne, les cigarettes y sont moins chères. L’Allemagne est aussi le seul pays européen avec la Bulgarie où la publicité pour le tabac est encore partiellement autorisée (comme dans les salles de cinéma après 18 h). Et pourtant, le tabagisme recule : 25% de la population contre 35,1% en France.

« En faisant passer des lois visant à protéger les non-fumeurs, l’Allemagne a connu une profonde mutation, explique le Dr Ute Mons (Centre allemand de recherche sur le cancer). Fumer est moins bien vu qu’auparavant. Les jeunes sont moins nombreux à fumer depuis que l’usage de la cigarette est restreint dans les bars et restaurants et dans l’espace public. » Ce sont surtout les multiples augmentations du prix du tabac qui ont maintenu la jeunesse, plus sensible au prix, éloignée de la cigarette.

Les politiques anti-tabac n’empêchent pas les Français de fumer

« Les politiques menées en France ont conduit à l’interdiction de fumer dans les lieux publics et dans l’ensemble des bars et restaurants, résume Arte. Aucune publicité pour les cigarettes n’est autorisée et pour s’en procurer, il faut se rendre dans un bureau de tabac. Le prix du paquet dépasse largement les 4,74 euros que coûte en moyenne un paquet au sein de l’UE. Recouverts d’images chocs dans les deux pays, les paquets français sont standardisés en France depuis le 1er janvier. La loi qui a rendu les paquets neutres visait à réduire l’attractivité des cigarettes et, surtout, à dissuader les jeunes de fumer. En vain, pour le moment. »

Les jeunes Français fument plus, malgré des produits moins accessibles qu’en Allemagne où la limite d’âge peut être facilement contournée grâce aux distributeurs automatiques non surveillés. Dans les deux pays, l’âge minimum légal est de 18 ans. Une étude montre toutefois que 74% des buralistes français vendent du tabac aux mineurs.

Fumer, un besoin social français ?

« En théorie, les mesures de prévention fonctionnent toujours, déclare le docteur Ute Mons. Mais, quelles que soient les lois votées, le contexte culturel joue un rôle majeur. Et on a l’impression qu’en France, fumer est une pratique ancrée dans la culture. » C’est aussi la conclusion de l’historien Didier Nourrisson, auteur de Cigarette, histoire d’une allumeuse. La population française n’a réellement accès au tabac que depuis le 19e siècle, alors qu’on fume depuis plusieurs siècles en Allemagne.

« Aujourd’hui encore, fumer est un besoin social et quasiment démocratique. Ce besoin remonte à la Révolution française, moment où les Français ont non seulement réussi à accéder au pouvoir, mais aussi au tabac. C’est encore ancré dans l’esprit des gens. C’est une sorte d’héritage culturel qui se transmet inconsciemment de génération en génération » explique-t-il.

De ce point de vue la cigarette électronique constitue, selon lui, une occasion manquée. Du moins jusqu’à présent. Après les aveuglements de Marisol Touraine sur le sujet on attend, avec intérêt, le sort que lui réserve le Premier ministre Edouard Philippe et son gouvernement.

A demain

 

Baclofène et maladie alcoolique : Agnès Buzyn se devrait de mettre un terme à la polémique 

Bonjour

C’est une pétition qui court sur la Toile, une pétition comme il doit en exister des centaines. Celle-ci est adressée à Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé : « Le baclofène sauve des vies, n’interdisez pas le baclofène ». Où l’on retrouve le dossier à tiroirs, grand ouvert en plein été, du « baclofène-80mg ».

« A Madame la Ministre de la Santé,

« Proche d’une jeune personne dont la vie a été littéralement sauvée par le baclofène depuis 5 ans, et qui continue d’en avoir besoin à de très hautes doses pour ne pas retomber dans la spirale mortifère de l’alcool et de la drogue, j’en appelle à tous les utilisateurs dont la vie a été positivement bouleversée par l’arrivée de ce traitement et à tous ceux qui en ont été témoins.

« Ce mardi 25 juillet 2017, en plein été et s’appuyant – fait unique et troublant – sur une seule étude interne, extrêmement contestée et non signée (du jamais vu…), l‘Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a décidé, seule, sans avoir consulté aucune des organisations de médecins addictologues ni aucune structure représentative des patients usagers, d’interdire la prescription de baclofène à des doses supérieures à 80 mg par jour. Or nombreuses sont les personnes qui ont besoin de doses nettement supérieures pour maintenir l’abstinence dans leur addiction (…) »

Apaisement

On connaît, pour l’essentiel, la suite. Ou on la devine, qui accuse la direction de l’ANSM d’avoir pris, seule, « la lourde responsabilité de faire replonger les personnes concernées dans leur addiction » et « de mettre leur vie en danger et de ne pas leur porter assistance ».

« Avec cette décision, ce ne sera pas un risque statistique théorique de décès qui serait « multiplié par 1,5 pour une dose de 180 mg par jour » (chiffre vivement contesté par les spécialistes) qui sera constaté mais bien une augmentation réelle et catastrophique des rechutes de maladies psychiatriques et de leurs conséquences habituelles : suicides, morts par prises de risques inconsidérées ou agressions d’autres personnes. »

Tout commence, sur ce sujet médical, médicamenteux et polémique, à avoir été écrit et dit. Comme toujours à ce stade d’un conflit les regards convergent vers les hauteurs de l’exécutif. Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé lira bientôt la nouvelle supplique qui lui est adressée. On imagine ses conseillers pleinement au fait du sujet. On comprendrait mal qu’un geste pragmatique d’apaisement ne soit pas, discrètement ou pas, signifié. Au risque, en son absence, d’irriter la direction générale de l’Agence nationale de sécurité du médicament.

A demain