Les médecins fument moins. Contrairement aux aides-soignants et à leurs patients

 

Bonjour

Le temps n’est plus où certains praticiens consultaient la cigarette aux lèvres. Où des mandarins s’affichaient ouvertement tabagiques. « Contrairement à ce qui est observé en population générale, la prévalence du tabagisme est en forte baisse parmi les médecins généralistes, passant de 29 % en 2003 à 16 % en 2015 » rapporte Santé publique France qui publie sur son site les chiffres clés du tabagisme des professionnels de santé en France. Cette tendance est observée aussi bien parmi les hommes que les femmes.

Si, dans son ensemble, le secteur de la santé est moins touché par le tabagisme il existe toutefois des disparités très fortes au sein de ce secteur. « Nos analyses  portent sur un nombre restreint de professions et révèlent que la prévalence du tabagisme varie de 16 % à 43 % selon les professions » précisent les auteurs de ce travail. Ainsi,en 2010, parmi l’ensemble des infirmiers, sages-femmes et professions assimilées, 23 % déclaraient fumer du tabac quotidiennement ; cette proportion était de 40% parmi l’ensemble des aides-soignants et professions assimilées.

Sans protection

« Cependant, les analyses multivariées révèlent que ces deux groupes de professionnels ne diffèrent pas des autres actifs occupés en ce qui concerne le tabagisme lorsque les structures sociodémographiques sont prises en compte » précisent le auteurs. Où l’on voit a contrario que le fait d’exercer ces professions de soignants ne protège nullement contre l’addiction au tabac.

Pourquoi les médecins d’aujourd’hui fument-ils moins que leurs anciens ? Les auteurs ne nous le disent pas. Ils rappellent qu’en 2016, 34,5  % des 15-75 ans fumaient du tabac – et 28,7 % quotidiennement. Des pourcentages qui ne varient pas depuis 2010. Quand ils n’augmentent pas, les pouvoirs exécutif et législatif semblant dramatiquement incapables de réduire ces chiffres. Incapables ou ne le souhaitant pas. Tabac : 75 000 morts prématurées chaque année.

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1 Raphaël Andler, Romain Guignard, Anne Pasquereau, Viêt Nguyen-Thanh (Santé publique France, Direction de la prévention et de la promotion de la santé, Saint-Maurice).

Rembobinage : faudrait-il en finir avec les politiques voulant censurer le tabac au cinéma ?

 

Bonjour

Le tabac fumé est le plus grand des serial killers. Pour autant, le Dr William Lowenstein, président de SOS Addictions, estime qu’Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, ne doit pas persister dans sa volonté de vouloir en censurer la représentation dans les films français. « Protéger n’est pas vivre sous un immense préservatif; prévenir c’est lutter contre toute propagande dangereuse mais en sachant raison garder, écrit-il sur Slate.fr. Ne pas faire de publicité pour le tabac est une évidence. Pour autant un film est une vision de la réalité pas un Photoshop sanitaire. »

Face à la polémique grandissante, précisé sur Twitter n’avoir jamais envisagé l’interdiction de la cigarette dans les films français. Elle souhaite «prendre des mesures, mais pas de manière imminente» (sic).  Quant à Michèle Delaunay, présidente de L’Alliance contre le tabac, elle explique sur le même réseau social qu’elle a simplement proposé «de refuser les subventions publiques aux films français nouveaux qui ne respectent pas la loi Evin c’est-à-dire avec des scènes de tabagisme (hors biopics)». Elle ajoute : «J’espère qu’Agnès Buzyn résistera dans ses convictions, qui sont grandes et forgées dans et par le réel.»

« Ces déclarations ne manquent pas d’inquiéter. À juste titre. Censurer est un symptôme d’infantilisme, écrit William Lowenstein. Entre censure et incitation à la consommation du plus grand serial killer de tous les temps –je parle bien du tabac fumé–, entre effacement des œuvres et «placement de produit» devrais-je, moi addictologue, choisir ?» Lire la suite sur Slate.fr.

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Fin du tabac au cinéma : Agnès Buzyn dit n’avoir jamais dit ce que tout le monde avait compris

Bonjour

Ce matin une question, sur ce blog : « Censurer le tabac au cinéma : quand la ministre Agnès Buzyn saisira-t-elle qu’elle se fourvoie ? ».  Et cet après-midi la réponse livrée gratuitement par Le Figaro : « Tabac au cinéma : Buzyn dit n’avoir jamais évoqué son interdiction ».

Rembobinons-donc. C’était il y a quelques jours au Sénat (voir la vidéo de Public Sénat) ; la parole est à  Nadine Grelet-Certenais(PS, Sarthe), sénatrice depuis quelques jours :

« Il faut aller au-delà du porte-monnaie (…) en s’intéressant notamment aux incitations culturelles à fumer. Je pense par exemple au cinéma qui valorise la pratique. La Ligue contre le cancer démontre dans une étude que 70 % des nouveaux films français mettent à l’image au moins une fois une personne en train de fumer.

« Ça participe peu ou prou à banaliser l’usage, si ce n’est à le promouvoir, auprès des enfants et des adolescents, qui sont les premiers consommateurs de séries et de films, sur internet notamment. Des solutions doivent être envisagées pour mener une véritable politique de prévention prenant en compte cette sorte de publicité détournée pour la consommation de tabac ».

Réponse d’Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé :

« Le deuxième plan [national de réduction du tabagisme] va travailler sur le marketing social, sur les réseaux sociaux, à la dénormalisation de l’image du tabac dans la société, notamment vis-à-vis des jeunes. Et je rejoins totalement ce qu’a dit Madame la sénatrice sur le cinéma français. Je veux qu’on ait une action ferme là-dessus. Je ne comprends pas l’importance de la cigarette dans le cinéma français. Il se trouve que j’en ai parlé au conseil des ministres ce matin à Françoise Nyssen [ministre de la Culture] pour l’alerter. Il y aura des mesures en ce sens. »

Liberté et responsabilités

Suivit une polémique qui ne cesse d’enfler dénonçant pour l’essentiel les propos ministériels. Aujourd’hui 21 novembre, sur Twitter, la ministre  tente de calmer le jeu. Elle affirme n’avoir jamais envisagé l’interdiction de la cigarette dans les films français. « Elle souhaite prendre des mesures, mais pas de manière imminente » (sic). Selon elle la polémique «n’a pas lieu d’être». Elle assure, dans son tweet, n’avoir «jamais envisagé ni évoqué l’interdiction de la cigarette au cinéma ni dans aucune autre œuvre artistique». «La liberté de création doit être garantie» assure-t-elle désormais.

Son cabinet vient d’affirmer au Figaro qu’elle avait simplement souhaité réagir à la remarque de l’élue de la Sarthe , «se sentant particulièrement concernée au regard de sa connaissance approfondie du sujet». Et on rappelle que la ministre fut un temps présidente de l’Institut national du cancer.

Puis, quelques minutes après le message niant sa volonté d’interdire la cigarette dans les œuvres cinématographiques, Agnès Buzyn a tenu à rappeler, dans un second tweet, qu’une majorité de films contient des scènes de consommation de tabac – ce qui pose tout de même la question de «l’indépendance des réalisateurs vis-à-vis des incitations à montrer la cigarette».

«Agnès Buzyn est contre les mesures coercitives. Elle veut préserver la liberté de création des cinéastes, précise-t-on encore au cabinet de la ministre de la Santé. Mais les réalisateurs doivent aussi prendre leurs responsabilités. La France est un cas particulier dans le monde. Comment peut-on faire autant de campagnes pour inciter les Français à arrêter de fumer et avoir une industrie cinématographique dans laquelle le tabac est aussi présent ?»

Où l’on comprend que personne n’avait compris ce que la ministre avait bel et bien dit. Et que chacun et libre de créer tout en ayant intérêt à savoir prendre ses responsabilités.

A demain

 

Gouverner post-vérité : «Le tabac de contrebande c’est l’ennemi de la santé des Français»

 

Bonjour

A 35 ans Gérald Darmanin ministre de l’Action et des Comptes publics. Cet homme de droite soudain devenu macroniste mesure-t-il précisément ce qu’il dit dans un entretien publié de jour par La Dépêche du Midi ? A la veille d’une minuscule augmentation du prix du tabac le quotidien lui demande s’il comprend la colère des « buralistes » frontaliers qui « ne voient plus comment s’en sortir ». Va-t-il aider ces vendeurs de tabac ? Réponse ministérielle :

 « La lutte contre le cancer est une priorité de santé publique. Mais lutte contre le tabagisme ne veut pas dire lutte contre les buralistes ! Au contraire : le tabac de contrebande, c’est l’ennemi de la santé des Français et de la profession de buraliste. »

Faut-il en déduire que le tabac qui n’est pas de contrebande est l’ami de la santé des Français ? Comment lutter véritablement contre le tabagisme sans nuire à la santé des bureau de tabac ?

 Santé publique et soutien au buralistes

 Gérald Darmanin précise qu’il avait déjà abordé le sujet le 20 octobre lors du dernier Congrès des buralistes. « C’est d’ailleurs à cette occasion que les professionnels de l’Ariège ont attiré mon attention sur la situation spécifique de leur département, ajoute-t-il. Je suis là aujourd’hui pour les écouter et leur dire que nous allons les accompagner. Concrètement, il s’agit de lutter efficacement contre le trafic de tabac de contrebande avec un plan de renforcement douanier, des actions plus efficaces de traçabilité, de mener une action volontariste au niveau européen pour plus d’harmonisation fiscale et enfin d’aider la profession de buraliste à se transformer tout en soutenant ceux qui en ont le plus besoin. »

Le 20 octobre un communiqué de Bercy avait alors fait le point sous le titre suivant : « Une action déterminée de lutte contre les trafics et de soutien aux buralistes dans le cadre de la politique de santé publique du Gouvernement » (sic). Le 12 octobre, dans un entretien au Dauphiné Gérald Darmanin déclarait :

« La lutte contre le cancer est une priorité de santé publique. En même temps, il ne faut pas caricaturer la profession qui tient parfois les derniers lieux de socialisation des villes et villages. Il y a chez les buralistes des gens qui gagnent correctement leur vie mais aussi des situations de détresse, notamment chez les frontaliers. »

 « Il faut les accompagner pour qu’ils continuent de se moderniser, en aidant davantage ceux qui en ont le plus besoin. Cela peut passer par des mesures budgétaires ou des modifications de réglementation lorsque c’est nécessaire : nous allons y travailler avec eux. Par ailleurs, nous allons lancer une action dans les prochains jours au niveau européen pour lutter encore mieux contre les trafics. »

Syllogisme

Où l’on percevait, déjà,  qu’une priorité de santé publique n’interdisait pas de défendre, en même temps, une position radicalement opposée. Aujourd’hui le ministre franchit un nouveau palier du syllogisme avec « le tabac de contrebande, c’est l’ennemi de la santé des Français ». Une position a priori radicalement incompatible avec celle du président Macron qui a fait de la prévention l’une des clefs de voûte de sa cathédrale politique. Gérald Darmanin, à La Dépêche du Midi qui lui demande s’il se sent « macroniste » :

 « Je soutiens évidemment avec force le président de la République ! J’ai le sentiment de contribuer à mettre en œuvre ce pour quoi je me suis toujours battu en politique. Mieux protéger ceux qui en ont le plus besoin, baisser les impôts pour redonner du pouvoir d’achat aux classes populaires et moyennes, faire que le travail paie mieux et puis tenir la parole de la France en respectant nos engagements envers nos partenaires européens et internationaux. Finalement servir mon pays. »

A demain

 

 

Cigarette électronique : comment observer son efficacité sans parvenir à la conseiller

Bonjour

Les statistiques décrivent-elles la réalité ? Peuvent-elles peser sur elle ? Le dernier numéro du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) consent à se pencher sur la cigarette électronique 1. Et parvient à ne pas répondre à une question sanitaire essentielle : la e-cigarette est-elle un outil efficace pour l’arrêt du tabac ?

« La réponse à cette question reste à ce jour controversée : d’un côté, les deux essais contrôlés randomisés publiés à ce jour montrent que la e-cigarette peut être efficace pour aider à l’arrêt du tabac, de l’autre, des études de cohorte en population générale sont plus réservées quant à son efficacité, résume Anne Pasquereau (Santé Publique France), première auteure. Dans ce contexte, cette étude est la première à apporter des résultats sur le rôle de la e-cigarette parmi les fumeurs Français. Notre objectif était d’évaluer si l’utilisation régulière d’e-cigarette parmi les fumeurs quotidiens était associée 6 mois plus tard à l’arrêt du tabac. »

L’étude publiée dans le BEH est, modestement, une étude observationnelle (devenir des fumeurs en conditions réelles) et non pas stricto sensu une étude d’efficacité. Les auteurs ont interrogé à six mois d’intervalle (en septembre 2014 et mars 2015) 2 057 fumeurs âgés de 15 à 85 ans, représentatifs des fumeurs français selon la méthode des quotas. Les fumeurs qui vapotaient régulièrement – 252 « vapo-fumeurs » (sic)-  ont été comparés aux 1805 fumeurs exclusifs. Les profils socio-économiques et les caractéristiques de consommation de tabac des fumeurs ont été pris en compte dans les analyses statistiques.

Réduire sans arrêter

Voici les trois principaux constats :

. Les vapo-fumeurs sont plus nombreux que les fumeurs exclusifs à avoir réduit de moitié ou plus leur consommation quotidienne de cigarettes : 26 % versus 11 %.

. Les vapo-fumeurs sont plus nombreux que les fumeurs exclusifs à avoir tenté d’arrêter de fumer au moins 7 jours au cours du dernier mois : 23 % versus 11 %.

. Concernant l’arrêt du tabac d’au moins 7 jours à 6 mois, il n’y avait pas de différence significative entre vapo-fumeurs et fumeurs exclusifs.

Conclusions des auteurs : « Parmi les fumeurs, ceux qui utilisaient régulièrement une e-cigarette ont plus souvent essayé d’arrêter de fumer et réduit leur consommation de cigarettes au suivi à 6 mois. L’efficacité de l’e-cigarette pour arrêter de fumer reste en débat ». Conclusion de 20 minutes : « Le vapotage permet de réduire sa consommation de cigarettes, mais pas d’arrêter de fumer ».

E-cigarette gratuite

Anne Pasquereau est prudente : « Comme toute étude scientifique, celle-ci comporte aussi des limites qu’il convient de rappeler : la durée du suivi est relativement courte, l’échantillon de vapo-fumeurs est de taille modeste. Enfin le fait d’être devenu vapo-fumeur peut refléter une volonté initiale de cesser de fumer qui se traduit in fine par des tentatives d’arrêt plus fréquentes ». Et elle ajoute ceci :

« Cette étude porte sur des fumeurs de la population générale suivis en conditions réelles. Un contexte différent des essais cliniques où les fumeurs sont suivis de près et où la e-cigarette est fournie gratuitement et peut être perçue comme l’outil qui va enfin permettre d’arrêter de fumer, ce qui peut influencer le comportement des fumeurs. »

Qu’attend Santé Publique France pour fournir gratuitement les cigarettes électroniques dans des essais cliniques qui permettraient, enfin, de sortir des insupportables impasses actuelles ? Et d’en finir avec cette antienne qui, une nouvelle fois, signe l’impuissance coupables de nos autorités sanitaires :

« Santé publique France continuera à suivre l’évolution de l’usage d’e-cigarette en France via ses enquêtes Baromètres santé. Ces données et celles du domaine de la recherche permettront d’avancer dans la réflexion sur la place de la e-cigarette dans le sevrage tabagique. »

A demain

1 « CIGARETTES ÉLECTRONIQUES, TENTATIVES D’ARRÊT ET ARRÊT DU TABAC : SUIVI À 6 MOIS »  Anne Pasquereau (anne.pasquereau@santepubliquefrance.fr), Romain Guignard, Raphaël Andler, Viêt Nguyen-Thanh Santé publique France, Saint-Maurice, France

* Adapté de : Pasquereau A, Guignard R, Andler R, Nguyen-Than V. Electronic cigarettes, quit attempts and smoking cessation: a 6-month follow-up. Addiction. 2017;112(9):1620-8.

Baclofène et maladie alcoolique : l’Agence du médicament visée par une action en justice

 

Bonjour

« Après mille ans et plus de guerre déclarée,
Les Loups firent la paix avecque les Brebis.

C’était apparemment le bien des deux partis :
Car, si les Loups mangeaient mainte bête égarée,
Les Bergers de leur peau se faisaient maints habits (…) »
1

Il est des conflits qui ne peuvent que durer. Pour bien des raisons (qui restent à analyser) c’est vrai de celui que nourrit depuis des années en France, l’usage du baclofène dans la prise en charge des personnes souffrant d’une dépendance à la molécule alcool.

Rebondissement aujourd’hui avec l’annonce, par l’association Aubes, d’une action en justice visant l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Cette initiative trouve son origine dans le refus, par l’ANSM, de réviser le plafonnement de la prise de baclofène à 80 mg par jour. Plafonnement dans le cadre d’une RTU qui permet la prescription hors AMM. Cette décision a, selon l’association été actée il y a peu par Dominique Martin, directeur général de l’ANSM lors d’un congrès organisé à Biarritz.

« Il n’y aura eu aucun dialogue avec les associations de patients, auxquelles il n’a jamais répondu malgré de nombreuses demandes de concertation tout au long de l’été et en ce début d’automne. La détresse actuelle des patients qui n’ont plus accès à leur traitement aux doses efficaces ne semble pas lui poser problème. Le cadre administratif avant tout. Tout au plus a-t-il répété que la prescription hors AMM et hors RTU restent possible, sous l’entière responsabilité du prescripteur et du délivrant. » 

L’association Aubes rappelle ici qu’un courrier de l’ ANSM datant du 11 août dernier exposant cette position « assouplie » avait été envoyé aux sociétés savantes et aux Ordres – sans être publié officiellement sur le site de l’ANSM. « Beaucoup de praticiens et de patients ne sont donc pas aux courant et des réductions brutales de posologie aux conséquences désastreuses (rechutes et problèmes liés au sevrage) nous sont signalés » souligne-t-elle. Une réunion de concertation entre deux des professeurs signataires d’une contre-expertise de l’étude CNAM-INSERM ayant conduit à la restriction, les Prs Bernard Granger et Catherine Hill, avec quelques-uns des auteurs de l’étude critiquée n’aura pas fait bouger les lignes d’un pouce, pas plus que la plaidoirie de la Société Française d’Alcoologie en faveur d’une révision de cette restriction. »

Sauver des vies

Enfin, toujours selon l’association Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé « reste sourde » à la pétition  » Le baclofène sauve des vies, sauvons le baclofène«  (près de 10 000 signataires) et aux courriers qui lui ont été adressés.

« L’action en justice est donc aujourd’hui l’unique recours pour contester cette restriction, qui prive actuellement des patients du traitement qui les a sauvés et jette un discrédit sur lui dans l’opinion publique, sans preuves tangibles de sa réelle dangerosité. L’étude CNAM / INSERM n’a étudié que les risques (du propre aveu de Dominique Martin), avec une méthodologie contestée, et non les bénéfices, alors que toute modification de RTU doit pourtant s’appuyer sur le rapport bénéfice / risque et qu’une demande d’AMM est en cours. » 

« L’auteur de la pétition et créateur du collectif BACLOHELP, Thomas Maës-Martin, juriste de formation, mène au nom de son épouse, un recours contentieux administratif qui, s’il reste sans réponse, ira au pénal (plainte contre X pour rupture dans la continuité des soins, mise en danger de la vie d’autrui, non-assistance à personne en danger, atteinte à l’intégrité physique, faux et usage de faux). Il est le seul à avoir contesté dans les délais légaux la décision de l’ANSM, c’est donc sur ses épaules seules que repose désormais le sort de plusieurs dizaines de milliers de personnes. »

Parallèlement l’association Aubes dit s’être associée à son action ainsi que le RESAB, association de médecins prescripteurs. Plusieurs courriers commun ont été adressés : à la Haute Autorité de Santé au sujet de la fin du remboursement de la prescription au-delà de 80 mg, décrétée il y a quelques jours, auquel elle peut opposer un veto ; en direction de l’Ordre des Pharmaciens pour les mettre en garde contre un refus de délivrance de plus de 80 mg sans l’avis du médecin prescripteur, selon toujours la directive de l’ANSM du 11 août 2017 dont beaucoup n’ont pas encore connaissance.

Une vaste étude « bénéfice-risque » du baclofène doit, d’autre part être entreprise.

A demain

1 « Les Loups et les Brebis ». Jean de La Fontaine, Livre III, fable 13

Tabac : les substituts nicotiniques moins chers sont interdits dans les magasins Leclerc !

Bonjour

A la veille du « Moi(s) sans tabac » c’est, bien évidemment, une opération publicitaire . Soit la présence, à compter de ce 23 octobre, dans les gazettes quotidiennes, nationales et régionales (« ainsi que dans de nombreux titres de la presse grand-public », sic) de grands placards  qui voient le « Mouvement E.Leclerc » 1 interpeller les pouvoirs publics. Objectif :  « obtenir l’autorisation de vendre les substituts nicotiniques moins chers ».  Argumentaire :

« L’Observatoire français des drogues et des toxicomanies fait apparaître sans équivoque l’impact du coût de ces substituts dans le choix des patients de tenter un sevrage tabagique. Le coût des substituts nicotiniques est un frein certain vers le sevrage. En novembre 2016, le remboursement forfaitaire de ces substituts est passé de 50 euros à 150 euros par an.

«Une action de santé publique salutaire qui a contribué à faire très sensiblement progresser la vente de traitements d’aide à l’arrêt au premier semestre 2017, en comparaison à la même période en 2016, soit + 36 % pour l’ensemble des traitements, et en particulier + 60 % pour les substituts sous forme de timbres transdermiques. »

Etat marchand de tabac

 Pour Leclerc la démonstration est limpide : si le taux de remboursement a un impact et encourage à l’arrêt du tabac, le coût d’achat du traitement y incite tout autant. D’où sa revendication : avoir le droit de vendre ces substituts moins chers dans son réseau de 250 parapharmacies, « toutes confiées à des docteurs en Pharmacie ».

Le marchand entreprenant rappelle que certaines de ses revendications ont déjà été entendues dans le passé : droit de vendre des tests de grossesse, des préservatifs ou encore des lentilles. D’autres, en revanche, restent pour le moment en attente : substituts nicotiniques et médicaments sans ordonnance aujourd’hui pourtant disponibles « n’importe où sur internet ». Distorsion de concurrence ?

Quelle que soit l’issue de ce combat commercial l’essentiel n’est pas là. Il est dans l’obtention de la gratuité des substituts nicotiniques à toutes celles et ceux qui veulent en finir avec l’esclavage tabagique. Or c’est là une mesure essentielle de santé publique que le pouvoir exécutif ne veut pas entendre. Il est vrai que l’Etat est un marchand de tabac.

A demain

1 « E. Leclerc » se présente ainsi : « Avec 662 magasins et 529 adhérents en France, E.Leclerc est leader de la distribution en France. L’enseigne a réalisé un chiffre d’affaires de 36,57 milliards d’euros (hors carburant) en 2016. Le leadership de l’enseigne est confirmé par une part de marché de 20,4 %. Ces performances résultent d’une politique menée depuis la création du Mouvement E.Leclerc en 1949 : son combat au quotidien pour des prix bas et un modèle économique unique, reposant sur une organisation décentralisée, coopérative et participative. »