Publicité : des plantes injectées en sous-cutané et 149 euros pour ne plus jamais smoker®

Bonjour

C’est un message adressé aux médias : avec les trois premiers StopSmoking Centers® en France la StopSmokingTherapy® est désormais accessible en France. « Situées à Villepinte (Seine-Saint-Denis), Le Plateau d’Assy (Haute-Savoie) et Castelmaurou (Haute-Garonne), ces trois cliniques sont les premiers établissements médicaux français habilités à dispenser la StopSmokingTherapy®, « thérapie de sevrage tabagique par injection auriculaire sous-cutanée ».

Ecran publicitaire I :

« La StopSmokingTherapy® est une solution de sevrage tabagique contenant des substances actives à base de plantes, permettant un arrêt du tabac efficace, durable et sans effets secondaires. Sa formule a été inventée et brevetée par le Professeur Robert Aboudaram, professeur en chirurgie maxillo-faciale, addictologie et stomatologie, après trente ans de recherches

« La thérapie consiste en plusieurs injections intra-auriculaires sous-cutanées sur des points spécifiques liés à l’addiction, effectuées lors d’une seule et même séance. Ces injections sont exclusivement réalisées dans le cadre des StopSmoking Centers®, par du personnel médical formé spécifiquement à ce geste.

« Sur dix patients traités, neuf disent ne plus ressentir l’envie de fumer après une seule séance de StopSmokingTherapy®. Ayant acquis le brevet auprès du Professeur Robert Aboudaram, Edelweiss Laboratory S.A., société spécialisée notamment dans la recherche en addictologie 1 est désormais détentrice de cette formule. C’est dans ce cadre qu’elle œuvre au référencement de cliniques et médecins experts, qui, une fois formés, peuvent administrer le traitement en toute sécurité et le rendre accessible au plus grand nombre de Français.

Dans ce cadre Edelweiss Laboratory S.A. a formalisé des partenariats avec des cliniques spécialisées en addictologie. L’un d’eux, signé avec un groupe hospitalier européen de premier plan, a permis l’ouverture sur le territoire national des trois premiers StopSmoking Centers®. Les rendez-vous sont réalisés exclusivement au sein de ces cliniques partenaires, afin d’offrir aux fumeurs un accompagnement et un encadrement médical adaptés dans le cadre de leur sevrage tabagique. »

Ecran publicitaire II :  

« La StopSmokingTherapy®, comment ça marche ?

« 1/ En quelques clics, le fumeur localise, via la plateforme internet (https ://www.stopsmokingtherapy.com/), le StopSmoking Center® le plus proche de son domicile, et réserve un rendez-vous au créneau de son choix.

2/ Il règle en ligne (paiement sécurisé) un forfait de 149 euros, comprenant : – Un entretien médical individuel, réalisé le jour J au sein du StopSmoking Center®. Celui-ci permet notamment de répondre à toutes les questions du patient. – Les injections intra-auriculaires sous-cutanées par le personnel médical spécifiquement formé à la StopSmokingTherapy®.

3/ Le jour J, le fumeur se rend au StopSmoking Center®. Sur place, il est pris en charge par l’équipe médicale.

 4/ Une fois les injections réalisées, quelques recommandations : – Il est interdit de conduire dans l’heure qui suit, aussi vaut-il mieux être accompagné sur place.  Pendant les dix jours suivants, le patient doit boire trois litres d’eau par jour, et s’abstenir de consommer du café, du thé et de l’alcool. »

On observera que rien n’est dit quant aux plantes à l’origine des « substances actives ». Rien non plus quant au nombre et à la localisation des points d’injections intra-auriculaires. On postulera que les autorités sanitaires françaises et la si sourcilleuse DGCCRF ont autorisé cette pratique et ces allégations. Comment, sérieusement, pourrait-il en être autrement ?

A demain

@jynau

1 La société se présente ainsi : Fondée en 1989, Edelweiss Laboratory S.A. est une société anonyme située à Sion, dans le Canton du Valais (Suisse). Elle est spécialisée notamment dans la recherche en addictologie, et est détentrice de différentes formules brevetées, dont celle de la StopSmokingTherapy®. Pour plus de précisions : http://www.edelweisslab.ch

Publicité pour la cigarette électronique : jusqu’à quand la France pourra-t-elle l’interdire ?

Bonjour

C’est un information sanitaire de taille. Elle est relayée en France par le site des buralistes et la précieuse association #sovape. Au Québec un juge de la Cour supérieure vient d’invalider une disposition législative qui interdisait toute publicité extérieure en faveur du vapotage ; sur les vitrine des « vaporistes » ou via tout média s’adressant au grand public. Et ce juge donne six mois au gouvernement pour changer la loi dans le sens de son jugement.

« Au Québec, certaines limites ont une portée excessive. La loi actuelle viole la liberté d’expression en muselant les commerçants, fait valoir ce juge. Il existe des solutions moins drastiques : soit autoriser la publicité pour la cigarette électronique pourvu qu’elle cible clairement et uniquement les fumeurs et qu’on la présente comme un moyen de cessation tabagique. Rien d’autre. »

« C’est une grande victoire pour les acteurs du vapotage et de la réduction des risques du monde entier, fait valoir #sovape.  En effet, la Cour a estimé qu’il est d’intérêt de santé publique que la publicité sur le vapotage soit autorisée pour faciliter l’accès à l’information et à une solution reconnue pour aider les fumeurs à sortir du tabagisme. Elle a donc invalidé plusieurs articles de la loi de 2015 qui interdisaient la publicité, ainsi que d’autres restrictions contre le vapotage, notamment l’interdiction d’essayer les produits en magasins ou dans les centres d’aide à l’arrêt tabagique. »

Extraits édifiants de la décision de justice :

 « Que la publicité – interdite par les articles 24 (4), (8) et (9) – soit autorisée en autant qu’elle cible, clairement et uniquement, les fumeurs et qu’on la présente comme moyen de cessation tabagique. Rien d’autre.

Autrement dit, qu’on la décrive et qu’on en fasse la promotion à une seule fin soit celle d’alternative à la cigarette ordinaire et au tabac qui tue. Bien évidemment, cette publicité pourra être lue et vue par des non-fumeurs, le tribunal en convient. Mais ceux-ci sauront que c’est une solution pour arrêter de fumer et pourront faire la part des choses. Des fumeurs pourront être informés qu’il existe une méthode de cessation tabagique qui mérite d’être mieux connue. Les non-fumeurs sauront que le produit est destiné aux fumeurs. Tous sauront à quoi s’en tenir.

Parallèlement à cela, les interdictions de publicité destinée aux mineurs, de type style de vie, etc. demeurent. On est loin d’une absence de limites où tout est permis. », Cour Supérieure du Québec, extrait [367-369] du jugement du 3 mai 2019 – affaires n° 200-17-023732-167 et n° 500-17-093397-167. »

Vapotage juvénile

L’association #sovape observe ce procès québécois mené suite à des requêtes de l’Association Québécoise des Vapoteries et l’Association Canadienne du Vapotage n’est pas sans rappeler l’action qui avait été entamée par cinq associations françaises (SOVAPE, Fédération Addiction, SOS addictions, Respadd et Tabac & Liberté) auprès du Conseil d’Etat.

Mais rien n’est encore acquis de l’autre côté de l’Atlantique – où prévalent les mêmes radicalisations sectaires que de ce côté-ci. Ainsi la « Coalition québécoise pour le contrôle du tabac » estime qu’il «y a non seulement matière à aller en appel de ce jugement, mais urgence d’intervenir à tous les niveaux pour contrer le phénomène du vapotage juvénile». Et ce alors que plus le temps passe et moins la cigarette électronique apparaît être une porte d’entrée dans l’enfer tabagique.

En France la publicité en faveur du vapotage est interdite : les contrevenants s’exposent à une amende pouvant aller jusqu’à 100 000 euros. Où l’on en revient à la question centrale, médicale sinon psychiatrique : pourquoi notre pouvoir exécutif (à la différence notable du britannique) est-il à ce point immunisé contre le concept de réduction des risques ?

A demain

@jynau

Démocratie psychogène : le Colorado s’autorise la consommation des champignons hallucinogènes

Bonjour

Un papier de Slate.fr et  dépêche de l’Agence France Presse nous éclairent sur l’évolution des mœurs au-delà de l’Atlantique. Le gouverneur de l’État américain de Géorgie vient de signer un projet de loi interdisant l’avortement à partir du moment (environ six semaines) où les battements de cœur d’un fœtus pouvaient être détectés. Dans le même temps Denver, capitale du Colorado, est devenue, mercredi 9 mai, la première ville des Etats-Unis à dépénaliser l’usage des champignons hallucinogènes.

Appelés à se prononcer par référendum, les électeurs ont dit oui à 50,56 %. « Les partisans de cette mesure avaient d’autant plus de mal à en croire leurs yeux que les chiffres provisoires publiés dans la nuit laissaient penser qu’elle serait rejetée par une courte majorité, résume l’AFP. Au total, plus de 176 000 électeurs se sont exprimés sur cette « initiative 301 » qui vise à ce que l’arrestation pour possession et consommation de champignons à psilocybine – pour les personnes de plus de 21 ans et à titre personnel – devienne ‘’la moindre des priorités des forces de l’ordre dans la ville et le comté de Denver’’. »

Elévations spirituelles

Les « champignons » resteront toutefois techniquement « illégaux » et leur vente constituera toujours un délit. Une initiative similaire avait échoué l’an dernier en Californie et n’avait pu être soumise au vote populaire. Denver était devenue en 2005 la première grande ville américaine à légaliser (déjà par référendum)  la possession de petites quantités de cannabis. L’usage récréatif de cannabis est légal depuis 2014 dans l’ensemble de l’Etat du Colorado. Puis une traînée de poudre : le cannabis est aujourd’hui légal à titre récréatif dans dix Etats américains, dont la Californie, et dans plus de 30 Etats (sur 50) à titre médical.

Selon diverses études, la psilocybine, principe actif des « champignons », ne serait pas source d’addiction voire permettrait « de lutter contre la dépression et la dépendance aux opiacés ». « Les êtres humains utilisent ces champignons depuis des milliers d’années comme traitement, rite de passage, vecteur d’élévation spirituelle (…) », affirme sur son site le groupe Decriminalize Denver, qui avait annoncé en janvier avoir recueilli suffisamment de signatures pour que son initiative fasse l’objet d’un référendum.

« Denver est en train de devenir la capitale mondiale de la drogue, avait alors regretté auprès de CNN Jeff Hunt, un responsable de l’université catholique du Colorado. Nous n’avons à vrai dire aucune idée de l’effet à long terme de ces drogues sur les habitants du Colorado ». Où l’on voit que, parfois, les religions ne sont d’aucun secours pour prédire notre avenir.

A demain

@jynau

 

Alcools et politique : quand l’Académie nationale de médecine étrille le pouvoir exécutif

Bonjour

A Paris, entre Seine et Saint-Germain, la rue Bonaparte reverdit : avril, soudain, redonne des vigueurs à la vieille Académie nationale de médecine. Ainsi, aujourd’hui, ce communiqué de presse tonique, adresse en forme de manifeste – pour ne pas parler de contribution citoyenne au Grand Débat : « Alcool : l’Académie nationale de médecine appelle les pouvoirs publics à prendre des mesures plus fortes ».

 Où l’on revient sur les coupables incohérences du pouvoir exécutif français 1 face aux addictions en général, au vieux fléau de l’alcoolisme en particulier : pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, la consommation d’alcool ne baisse plus en France. « C’est une défaite majeure pour la santé publique car l’alcool en est un déterminant fondamental » résument les académiciens qui ne redoutent pas d’entrer dans l’arène :

« Des effets coronariens (et non pas cardiovasculaires) favorables de l’alcool (et non pas du seul vin) ont permis au lobby alcoolier d’instiller le doute sur les ravages de l’alcool. Ce sera plus difficile après la revue approfondie du Lancet sur les conséquences sanitaires de l’alcool.   Les analyses convergentes de l’Académie, l’OMS, l’INCA, la Cour des Comptes, la Haute Autorité de Santé, nombre d’associations et de spécialistes ont contribué à attirer l’attention de façon répétée sur la nécessité d’une action efficace contre l’alcoolisation dans un pays qui reste un des plus forts consommateurs d’alcool au monde. »

 Et les académiciens de se souvenir que nombre de modalités efficaces ont été proposées, toutes retoquées : bannir la publicité pour l’alcool suivant les principes initiaux de la loi Evin ; imposer des indications claires, lisibles et contrastées sur les contenants (de la quantité d’alcool en grammes, du nombre de calories – les boissons alcooliques en sont exemptées alors que l’alcool d’un verre apporte à lui seul environ 70 calories ; taxer les boissons alcooliques au gramme d’alcool : établir un prix minimum de vente par gramme d’alcool (comme en Ecosse).

Palais de l’Elysée

Sans oublier le célèbre « pictogramme alcool femme enceinte ou qui désire l’être ». « L’avertissement sanitaire destiné aux femmes enceintes est obligatoire sur les étiquettes des boissons alcooliques depuis 2006, rappelle la rue Bonaparte. Cependant, trop petit, difficile à trouver et à comprendre sans explications préalables, il ne remplit guère la fonction qui lui était destinée. Malgré l’enjeu de prévenir la première cause de retard mental évitable du nouveau-né et de l’enfant, les discussions pour l’agrandir et le contraster s’enlisent depuis des années face à l’opposition farouche du lobby alcoolier. »

Et les académiciens français de cibler « le lobby de l’alcool », ce lobby multiforme qui a l’oreille des politiques, puissance présente à tous les étages de la République, jusqu’au sein du Palais de l’Elysée :

« De plus, que dire de la reconnaissance de la filière viticole comme un acteur crédible de la prévention ? De la diffusion de dépliants scolaires pour les 3-6 ans sur la vigne sans parler d’alcool ni de ses effets ? De l’acharnement à favoriser la consommation de vin des femmes (So Femmes & Vin ) ? D’interventions ministérielles répétées donnant au vin un rôle particulier alors qu’il représente la moitié de l’alcool consommé ? De l’extension du fonds tabac abondé par une taxe sur le tabac à l’ensemble des addictions sans la moindre participation de la filière alcool ? De la proposition parlementaire de rétablir la consommation d’alcool dans les stades ? »

La rue Bonaparte  résume : « L’action publique est entravée par le lobby de l’alcool qui obtient régulièrement un affaiblissement des mesures existantes ». Et étrille : « malgré une analyse correcte de la situation et des mesures potentiellement efficaces, ni le Plan National de Mobilisation contre les Addictions, ni le Plan National de Santé Publique ne proposent en ce domaine les mesures à la dimension du problème ». En d’autres termes tout est en place pour que l’on en reste à 41000 décès prématurés chaque année, que 50% des élèves de 6ème expérimentent l’alcool, que 20% des élèves de terminale soient des consommateurs réguliers, et que le coût social annuel reste affiché à 120 milliards d’euros par an.

Et l’Académie de citer le député (Républicains opportunistes) Joseph Reinach : « l’alcoolisme est l’un des problèmes qui mettent aux prises contre l’intérêt général le plus grand nombre d’intérêts particuliers ». On l’a oublié : Joseph Reinach (1856-1921) était, aussi ,journaliste.

A demain

@jynau

1 « Comment faire pour parvenir à boire moins et mieux en France ? » Slate.fr 26 mars 2019

Déontologie bafouée : quand des médecins troquent des prescriptions d’antalgiques opiacés

Bonjour

C’est un papier du Washington Post (Sari Horwitz and Scott Higham ) : « Doctors in seven states charged with prescribing pain killers for cash, sex » – un papier relayé par Slate.fr (Audrey Renault) : « Docteur américain échange opioïdes contre argent ou rapport sexuel ».

Où l’on apprend, alors que  les États-Unis luttent contre les conséquences spectaculaires d’une consommation massive  d’antalgiques opiacés  (218.000 morts prématurées entre 1999 et 2017), que des dizaines de professionnels de santé viennent d’être interpellés. La raison : prescription illégale de plus de trente-deux millions de « pain pills ». Et, dans ce cadre, plusieurs médecins sont soupçonnés d’avoir délivré des ordonnances en échange de rapports sexuels ou d’argent.

Parmi les soixante personnes inculpées figurent notamment trente-et-un médecins, sept pharmaciens et huit infirmières. Les accusé·es encourent une peine d’emprisonnement maximale de vingt ans. Sept Etats semblent plus particulièrement concernés. Plus de 350.000 ordonnances illégales ont été rédigées en Alabama, au Kentucky, en Louisiane, en Ohio, en Pennsylvanie, au Tennessee et en Virginie occidentale.

Brian Benczkowski, procureur général adjoint chargé de la division criminelle du département de la Justice : «C’est l’équivalent d’une dose d’opioïdes pour chaque homme, femme et enfant de la région. Si ces professionnels de la santé se comportent comme des trafiquants de drogue, soyez assurés que le département de la Justice va les traiter comme des trafiquants de drogue.»

Agents infiltrés

Comment en est-on arrivé à ces interpellations ? Grâce aux informations de sources « confidentielles » et « d’agents infiltrés » dans les centres médicaux que l’équipe chargée de l’enquête a pu documenter de quelles manières les professionnels abusaient de leur prérogatives pour prescrire ces spécialités pharmaceutiques à très haut potentiel addictif en échange d’argent et/ou de relations sexuelles.

« Les forces de l’ordre ont découvert que pour passer sous les radars de la justice, des spécialistes n’avaient pas hésité à aller très loin. C’est par exemple le cas d’un médecin du Tennessee, qui avait installé une pharmacie attenante à son cabine en toute illégalité, rapporte Slate.fr. Après un examen superficiel, sa patientèle n’avait qu’à passer dans la pièce d’à côté pour récupérer directement une ordonnance d’antidouleurs.»

Autre cas relevé par le bureau du procureur : un dentiste n’acceptait de délivrer des ordonnances d’opioïdes que si ses patient·es le payaient en espèces et acceptaient de se faire arracher une ou plusieurs dents, en guise de couverture. Dans l’Alabama, un docteur en médecine a même appâté des jeunes femmes et des prostituées en leur proposant de s’approvisionner et de consommer ces antidouleurs à son domicile, en échange de faveurs sexuelles. »

Sauf à méconnaître la bibliographie médiatique sur le sujet (ou à pécher par trop de naïveté) il ne semble pas que de telles pratiques existent de ce côté-ci de l’Atlantique.

A demain

@jynau

Vente de tabac aux enfants : mais pourquoi Agnès Buzyn ne fait-elle pas respecter la loi ?

Bonjour

Glané sur le site des buralistes français : la US Food and Drug Administration (FDA) vient d’adresser un courrier à douze chaînes de magasins de grande et de moyenne surface ainsi que de points de vente de proximité. Motif : leur demander de présenter, d’ici la mi-mai, leur plan d’action afin d’améliorer leur dispositif d’interdiction de vente de tabac aux mineurs de moins de 18 ans (et à 21 ans dans certains Etats).

Parmi les géants appelée à s’expliquer, tous les grands noms de la distribution outre-Atlantique : Walmart, 7-Eleven, Kroger, Casey’s General Store, Family Dollar Stores. Ainsi que Chevron (stations-service). En février, la FDA avait lancé une procédure contre la chaîne Walgren Boots Alliance, plusieurs cas de ventes aux mineurs de cigarettes menthol et de cigarillos ayant été constatés.

Dans sa lettre de demande d’explications, la FDA déclare (Reuters) : « Nous partageons tous l’importante responsabilité de veiller à ce que les produits du tabac, nocifs et addictifs, ne se retrouvent pas entre les mains des enfants. Les détaillants, en particulier, sont en première ligne pour contribuer à réduire les conséquences sur la santé de l’usage du tabac et de la dépendance à la nicotine. »

 On sait, en France, l’incurie qui règne depuis des années dans ce domaine – une situation d’autant plus inacceptable que les buralistes, sous l’autorité directe de l’exécutif, disposent du monopole et que la loi, sur ce thème, ne barguigne pas.

A demain

@jynau

Drogues licites ou pas : qui consomme quoi, pourquoi et à quel prix sur le marché français

Bonjour

Pour un peu on parlerait de polar addictif. C’est un tableau de bord peu banal, festif, médical, économique et politique: la septième édition de «Drogues et addictions, données essentielles», rendue publique le 18 avril 2019. Fruit du travail de l’équipe de spécialistes de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies, elle offre un point de vue remarquable, ni prosélyte ni moraliste, sur l’évolution des consommations des substances (licites ou non) modifiant notre état de conscience –et exposant de ce fait à mille et une dépendances. À ce titre c’est aussi un document qui permet de prendre la mesure de l’action politique vis-à-vis de consommations souvent perçues comme récréatives, mais aussi potentiellement dangereuses à l’échelon individuel et médical.

Ne pas ménager ses efforts

«Les conduites addictives interrogent des notions aussi diverses que la dangerosité des comportements et le risque acceptable par chacun, la liberté individuelle et les impacts causés par les usages de tiers, leur coût pour la société et la responsabilité des pouvoirs publics, résume dans son avant-propos le Dr Nicolas Prisse, président de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca). Les opinions, représentations et questionnements sont ainsi nombreux et variés. Ils sont aussi soumis à l’influence d’intérêts économiques qui ne ménagent pas leurs efforts pour vendre plus de tabac, d’alcool ou de cannabis (comme on l’observe dans les États qui ont légalisé l’usage récréatif ou médical de ce produit).»

Lire la suite sur Slate.fr : « Drogues licites ou pas : qui consomme quoi et à quel prix sur le marché français »

A demain

@jynau