Tabagisme : combien de temps encore le buraliste sera-t-il «fier de sa carotte rouge» ?

Bonjour

Dernières nouvelles du front tabagique : les prix montent, les ventes officielles diminuent légèrement tandis que la contrebande augmente. Un grand classique du commerce des produits addictifs qui ne sont pas illicites. Dans ce contexte les chiffres du « nombre de fumeurs » avancés par les autorités sanitaires n’ont guère de signification – sinon celle d’afficher l’efficacité de la politique mise en œuvre visant à « un paquet à 10 euros en 2020 ».

 Reste une certitude : les conséquences de la baisse des ventes officielles sur les 24 500 débits de tabac de l’Hexagone.   Peut-on d’ores et déjà comparer l’avenir des buralistes à celui des sidérurgistes ? Les prix augmentent et les médias interrogent Philippe Coy, dynamique président de la Confédération des buralistes. Lemondedu tabac.com a repris ses dernières déclarations sur France Info. Propos édifiants quant à l’écartèlement de ces débitants :

France Info  : L’objectif annoncé est le paquet de cigarettes à 10 euros en 2020. Cela vous inquiète ?

Philippe Coy : Cela fait du tort au réseau (des buralistes) : les volumes (des ventes de paquets de cigarettes( se retrouvent impactés, la fréquentation de nos magasins aussi. On peut être totalement favorable au plan de santé mis en place par le gouvernement, mais aujourd’hui, un paquet à un prix aussi élevé reste pour nous un souci puisque nous avons le prix le plus élevé de l’Europe occidentale. L’année dernière, le volume a été impacté de 9,3 % : c’est toujours des fréquentations de clients en moins et si on peut comprendre cette politique, il est important pour nous que le dispositif européen soit plus performant, puisque la santé de tous les Européens doit compter et l’Europe n’est pas protectionniste dans ce domaine-là.

Accompagner la santé publique grâce à la cigarette électronique

F. I. : Vous comprenez cet objectif de santé publique ?

P.C.: Personne n’est contre la santé publique. La hausse de la fiscalité ne doit pas être le seul outil pour lutter contre le tabagisme: il devrait y avoir plus d’éducation, plus de prévention. Aujourd’hui, il y a 24 500 entrepreneurs qui peuvent être inquiets. Nous avons lancé un grand plan de transformation, nous accompagnons la santé publique à travers le dispositif de vapotage, mais le prix ne doit pas être le seul argument.

F.I.  : Vous faites une croix sur le tabac ?

P.C. : Non, je suis très fier de ma carotte rouge 1 devant mon établissement. Je m’adapte aussi aux usages des consommateurs parce que quand on fait du commerce, c’est bien pour répondre aux besoins des consommateurs.

Il est évident que notre métier principal, notre ADN, est autour de la vente du tabac, des produits de vapotage, des produits de services. Je suis commerçant et quand un réseau accueille chaque jour 10 millions de Français, il est nécessaire de s’adapter aux comportements de nos clients. Pour demain, il faut que nous proposions plus de services, plus de proximité, plus d’offres pour que le Français puisse nous fréquenter toujours aussi régulièrement.

 A demain

@jynau

1 La « carotte », c’est d’abord le nom donné à cette enseigne rouge que l’on trouve à l’entrée de tous les bureaux de tabac. C’est une obligation légale : tous les buralistes sont obligés d’arborer cette signalétique depuis 1906 , pour indiquer qu’ils vendent du tabac. Elle a d’ailleurs beaucoup évolué : elle n’était pas nécessairement rouge à l’origine, parfois marron. « Aujourd’hui, elle doit être obligatoirement lumineuse » affirme France Bleu. Pourquoi ?

L’une des explications souvent entendues au sujet de l’origine de ce symbole est que la carotte permet une meilleure conservation du tabac. Mettre un morceau de carotte dans un pot à tabac permet de le maintenir frais, c’est vrai… Mais ce n’est pas la véritable explication. Mais alors, d’où vient la forme et le nom de cette enseigne ? C’est une évocation de la vente du tabac telle qu’elle se faisait au XVIe siècle : à l’époque, le tabac était vendu en feuilles, que l’on mâchait ou que l’on fumait .

Or ces feuilles n’étaient pas rassemblées en paquets, mais en petits rouleaux ficelés… ressemblant à des carottes ! De plus, pour consommer ces rouleaux de tabac, le fumeur (ou le mâcheur) devait le râper, comme une carotte ! Depuis, l’usage du tabac, désormais tassé dans des cigares ou des cigarettes, a changé, mais le symbole de la carotte est resté.  Pour France Bleu, cette carotte « enseigne culte » fait partie du patrimoine français.

Gilets Jaunes : la Marlboro passe in extremis à 8,80 euros. Aucun chiffre sur les trafics

Bonjour

Un mois de retard. Ce n’est que ce 28 février que le Journal Officiel publie un arrêté daté du 30 janvier : «Arrêté du 30 janvier 2019 portant homologation des prix de vente au détail des tabacs manufacturés en France, à l’exclusion des départements d’outre-mer ». Un texte signé, pour le ministre de l’action et des comptes publics (Gérald Darmanin), par le directeur général des douanes et droits indirects (R. Gintz) et, pour la ministre des solidarités et de la santé (Agnès Buzyn), par le directeur général de la santé (J. Salomon).

« Buralistes et industriels du tabac auront retenu leur souffle jusqu’au bout, observe Le Figaro (Ivan Letessier). Le gouvernement a attendu la dernière limite pour valider la nouvelle liste des prix des cigarettes. L’arrêté était prêt depuis quinze jours, les industriels ayant remis leurs prix fin janvier à l’administration des Douanes. Mais, selon des sources proches des industriels, il était bloqué à Matignon depuis, car l’entourage du Premier ministre craint l’impact de l’annonce d’une nouvelle hausse des prix du tabac: les ‘’gilets jaunes’’ ont remis le sujet du pouvoir d’achat au centre du débat, faisant douter le gouvernement sur la poursuite de sa politique. »

La plupart des hausses, tenues secrètes jusqu’à la publication au Journal Officiel, deaient être de 50 à 60 centimes par paquet de vingt cigarettes. Voici ce qu’il en sera :

• Marlboro red et gold : 8,80 euros
• Philip Morris marron : 8,60 euros
• Lucky Strike bleu  : 8,20 euros
• Camel filtres : 8,50 euros
• News bleu : 8,50 euros
• Winston Authentic : 8,40 euros
• Gauloises blondes bleu : 8,50 euros

« Cette hyperinflation va se traduire à nouveau par une diminution du marché légal et une augmentation de la contrebande et des achats réalisés à l’étranger sans garantie de faire baisser la consommation réelle», a confié un industriel anonyme au Figaro. Une réalité sanitaire et économique que le gouvernement se refuse obstinément à chiffrer.

A demain

@jynau

 

 

Darmanin : « Lutter contre le tabac illicite, pour la santé des Français et des buralistes » (sic)

Bonjour

Lundi 25 février 2019 le ministère de l’Action et des Comptes publics a émis un communiqué. Extraits :

« Gérald Darmanin, Ministre de l’Action et des Comptes publics, a présenté ce matin, lors d’un déplacement au bureau de dédouanement postal de Chilly-Mazarin, les résultats de la douane pour l’année 2018 (…) Le Ministre de l’Action et des Comptes publics a tenu à remercier particulièrement de sa présence Philippe Coy, Président de la Confédération des buralistes ».

Leur Ministre de tutelle a salué les résultats remarquables des 17 000 douanier.ère.s dans les nombreuses missions de lutte contre la fraude et d’accompagnement du commerce international qui leur sont confiées.

« Il s’est notamment déclaré très satisfait des résultats enregistrés contre les trafics de tabacs, dont il avait fait une priorité pour la douane pour l’année 2018, mais aussi dans les autres domaines de la lutte contre la fraude :
 16 171 infractions ont été relevées en matière de tabac (+ 15,1 %) et 241,1 tonnes de tabacs saisis (+1,2 %)
 97,4 tonnes de stupéfiants ont été saisis sur le territoire national et en haute mer (+ 47,3 %) dont 12,2 tonnes de cocaïne (+ 32,6 %) et 63,9 tonnes de cannabis (+ 38,6 %)
 s’ajoutent 49,1 tonnes de drogues saisies à l’étranger sur renseignement de la douane française (+ 45,3 %), dont 16,1 tonnes de cocaïne (+ 6,5 %) et 33 tonnes de cannabis (+ 77,4 %).

Est-ce dire que l’augmentation des prises de tabac est le reflet fidèle de l’augmentation des trafics ? Gérald Darmanin ne le dit pas. Il a toutefois déclaré :

« En 2018, j’ai demandé aux douaniers de s’atteler en priorité à la lutte contre le tabac illicite. Nous devons cet engagement à la santé des Français ainsi qu’aux buralistes qui constituent le seul réseau légal de distribution du tabac en France. Les résultats de cette année en la matière sont très encourageants, avec une forte hausse des saisies et des amendes pour le trafic de petites quantités. »

 Lutter contre le tabac illicite –  un engagement que doit l’Etat à la « santé des Français ainsi qu’aux buralistes ». Ou quand le nouveau monde est beau comme l’antique.

A demain

@jynau

Souffrances et addictions aux antalgiques opiacés : la France n’est-elle qu’au milieu du gué ?

Bonjour

Aux Etats-Unis c’est un drame national aux multiples facettes, médicales et pharmaceutiques, économiques et politiques. Et en France ? L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) vient de publier un rapport sur la consommation des antalgiques opioïdes . Qu’apprend-on ?

Tout d’abord que durant ces dix dernières années la consommation des antalgiques opioïdes a augmenté. S’en inquiéter ? Pas vraiment puisque « cela s’inscrit dans la politique d’amélioration de la prise en charge de la douleur de part, notamment, des plans ministériels de lutte contre la douleur ayant été mis en place depuis 1998 ».

Pour autant l’ANSM observe une augmentation du « mésusage », ainsi que des « intoxications » et des « décès » liés à l’utilisation des antalgiques opioïdes. Que ces derniers soient « faibles » (tramadol, codéine, poudre d’opium) ou « forts » (morphine, l’oxycodone et le fentanyl).  Voici (résumés par l’ANSM) les principaux enseignements de ce rapport :

  • D’après les données de l’assurance maladie, près de dix millions de français ont eu une prescription d’antalgique opioïde en 2015. En 2017, l’antalgique opioïde le plus consommé en France est le tramadol puis la codéine en association et la poudre d’opium associée au paracétamol. Viennent ensuite la morphine, premier antalgique opioïde fort, l’oxycodone (désormais pratiquement autant consommé que la morphine), puis le fentanyl transdermique et transmuqueux à action rapide.
  • Entre 2006 et 2017, la prescription d’opioïdes forts a augmenté d’environ 150% (patients ayant eu au moins une prescription dans l’année. L’oxycodone est l’antalgique opioïde qui marque l’augmentation la plus importante.
  • La consommation globale des opioïdes faibles est restée relativement stable. Le retrait du dextropropoxyphène en 2011 a été accompagné de l’augmentation de la consommation des autres opioïdes faibles et en particulier du tramadol. Il devient l’antalgique opioïde le plus consommé (forts et faibles confondus) avec une augmentation de plus de 68 % entre 2006 et 2017.

Plus généralement l’ANSM rappelle que les opioïdes ont un intérêt majeur et incontestable dans la prise en charge de la douleur ;  et qu’ils restent moins consommés, en France, que les antalgiques non-opioïdes (paracétamol, aspirine, AINS). Elle ajoute aussi que la consommation des antalgiques opioïdes « peut s’accompagner de complications graves ».

« Cette problématique touche principalement des patients qui consomment un antalgique opioïde pour soulager une douleur, et qui développent une dépendance primaire à leur traitement, et parfois le détournent de son indication initiale, précise-t-elle.Ainsi, le nombre d’hospitalisations liées à la consommation d’antalgiques opioïdes obtenus sur prescription médicale a augmenté de 167 % entre 2000 et 2017 passant de 15 à 40 hospitalisations pour un million d’habitants. » Quant au nombre de morts liées à la consommation d’opioïdes, il a augmenté de 146 %, entre 2000 et 2015, « avec au moins quatre décès par semaine ».

Le cas du sulfate de morphine

En d’autres termes, si la situation française n’est pas comparable à celle observée aux Etats-Unis et au Canada l’enjeu, pour les autorités sanitaires françaises, consiste dès aujourd’hui « à sécuriser au mieux l’utilisation des antalgiques opioïdes sans restreindre leur accès aux patients qui en ont besoin ».

On notera, dans le rapport, le chapitre réservé à « l’usage problématique du sulfate de morphine » (un sujet évoqué depuis plusieurs années par l’OFDT) :

« Le sulfate de morphine est l’antalgique opioïde fort le plus consommé en ville et ayant le taux de notifications le plus important ; en particulier la spécialité Skénan qui représente 81% des notifications. Deux populations sont représentées dans les notifications.

« La première comprend des sujets ayant développé une dépendance primaire à la suite de la prescription de sulfate de morphine comme antalgique. Dans la dernière mise à jour de l’enquête (2013-2016) cette population représente 16,2% des notifications (7,2% lors de l’enquête 1996-2013). Ces sujets sont âgés en moyenne de 43,7 ans. La voie d’administration n’est pas détournée.

« La deuxième comprend des usagers de drogues consommant du sulfate de morphine soit en usage récréatif, soit en tant que médicament de substitution aux opioïdes. Il s’agit principalement d’hommes (70%) plus jeunes (âge médian entre 35 et 38 ans). Dans plus de la moitié des cas, la voie d’administration est détournée par voie injectable et de fortes doses sont consommées. Le sulfate de morphine est obtenu par deal ou achat dans la rue dans 53,6% des cas et par prescription médicale dans 46,2%. Une polyconsommation de substances psychoactives et un nomadisme médical sont fréquemment associés. Les complications rapportées sont infectieuses, neurologiques et vasculaires).

La prescription de morphine aux usagers d’opioïdes est ancienne et précède à la mise sur le marché des médicaments de substitution aux opioïdes (méthadone et buprénorphine haut dosage) au milieu des années 1990. Ce qui explique, entre autre, la plus forte proportion d’usage de morphine par les usagers de drogues, par rapport aux autres antalgiques opioïdes. »

A demain

@jynau

Deux anabolisants-amaigrissants sont à prohiber. Que fait la police du médicament ?

Bonjour

C’est une sérieuse alerte de l’Agence nationale française de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM » :  « Alerte sur les risques pour la santé des produits à visée anabolisante ou amaigrissante CLENOX® et STANOX-10® de Pacific Pharmaceutical Company LTD. Malay Tiger, vendus sur internet ».

Où l’on apprend que des analyses effectuées sur les produits vendus sous les noms de marque Clenox® et Stanox-10®. ont permis à l’ANSM d’identifier « la présence de substances non autorisées et dangereuses pour la santé ».

I Les résultats des analyses effectuées sur les comprimés de marque Clenox® 1 montrent la présence de clenbutérol à une teneur de 0,22 mg par unité pour une teneur annoncée sur le conditionnement secondaire de 0,04 mg par unité. Or il s’agit ici d’une substance qui n’est pas autorisée dans la composition de médicaments à usage humain ; une substance dangereuse qui présente des risques cardiaques graves. Une décision de police sanitaire de l’ANSM du 12 avril 2012 interdit l’importation, la préparation, la prescription et la délivrance de préparations magistrales, officinales et hospitalières définies à l’article L. 5121-1 du code de la santé publique, y compris de préparations homéopathiques, contenant cette substance. Et cette dernière figure sur la liste des substances et méthodes dont la détention par le sportif est interdite (Arrêté du 23 février 2018 et J.O. du 10 mars).

II Quant aux résultats des analyses effectuées sur les comprimés de marque Stanox-10® 2, ils montrent la présence de stanozolol à une teneur de 0,6 mg par unité pour une teneur annoncée sur le conditionnement secondaire de 10 mg par unité – une substance qui n’est pas autorisée dans la composition de médicaments à usage humain et qui  figure également sur la liste des substances et méthodes dont la détention par le sportif est interdite (Arrêté du 23 février 2018 et J.O. du 10 mars).

Impuissance

Les autorités sanitaires rappellent que « seul le circuit des pharmacies d’officine et de leurs sites internet autorisés pour la vente en ligne de médicaments, régulièrement contrôlés par les autorités sanitaires, apportent des garanties sur la qualité, l’efficacité et la sécurité des médicaments achetés ». Il est ainsi « vivement déconseillé d’acheter des médicaments en dehors des pharmacies ou de leurs sites internet autorisés pour la vente en ligne de médicaments dont la liste est disponible sur le site du Conseil de l’Ordre National des Pharmaciens » .

Reste une question qui concerne directement la police du médicament : pourquoi, simplement, ne pas interdire ces ventes sur internet ? Faut-il ici, entre les lignes, comprendre que cette police est, face à la Toile, devenue impuissante ? Et que Pacific Pharmaceutical Company LTD. Malay Tiger peut commercialiser, en marge des pharmacies d’officine, ce qu’elle veut et comme bon lui semble ?

A demain

@jynau

1 Voici comment est présenté Clenox® (39,99 euros) sur internet (site http://malaytiger-fr.com/fr):

«  Clen est le terme commun utilisé qui se réfère au bronchodilatateur populaire Clenbuterol Hydrochloride.Conçu dans le but de traiter l’asthme chronique Clen est également un puissant brûleur de graisse avec quelques ressemblances avec l’éphédrine mais beaucoup plus puissamment efficace.Bien que conçu pour traiter les problèmes respiratoires, c’est cette capacité de brûlage des graisses du médicament qui fait que c’est la raison numéro un d’acheter Clen en premier lieu.La raison est simple:Clen augmente considérablement votre activité métabolique totale en stimulant les récepteurs Beta-2.Une fois que ce processus est en jeu les résultats sont très simples nous utilisons maintenant les graisses corporelles stockées pour l’énergie à  un degré plus élevé. Alors que la combustion directe de graisse est le principal mode d’action en ce qui concerne ses propriétés d’activité métabolique, Clen a prouvé qu’il réduisait considérablement l’appétit total dans certains cas et pour certains l’appétit décroissant peut être utile pour ceux qui luttent pour perdre du poids.Le clenbutérol est un bronchodilatateur largement utilisé dans de nombreuses régions du monde. Le médicament est le plus souvent préparé en comprimés de 20mcg mais il est également disponible sous forme de sirop et injectable. Clenbuterol appartient à  un large groupe de médicaments connus comme sympathomimétiques. »

2 Voici comment est présenté Stanox-10® (39,99 euros) sur internet  (site http://malaytiger-fr.com/fr):

« Qu’est-ce que c’est? Le Winstrol, connu également sous le nom de Stromba ou bien Winny, est un stéroïde anabolisant fait sous forme de comprimés oraux et injections intra-musculaires. Il a été développé par Winthrop Laboratories en 1962. Le nom de la matière active de ce produit est le stanozolol. La principale différence entre le Winstrol et un stéroïde anabolisant: il est vendu dans une solution aqueuse, pas en huileux.

Quels sont les bons effets? Le Winstrol n’est pas vraiment adapté à la croissance de la masse musculaire. Il favorise la force et la production de globules rouges qui le rend intéressant pour les sports dit aerobiques . Dans le body-building, Winny est généralement utilisé par ceux qui veulent facilement maintenir leur masse, même si l’accroissement n’est pas dramatique. Le Winstrol est particulièrement apprécié par les body-builders lors de la préparation d’une compétition mais également dans une phase de prise de masse, puisqu’il ne provoque aucune rétention d’eau, aide à la dégradation de la graisse et au gain de muscle. »

L’espérance de vie des Français.e.s plafonnerait. Est-ce une bonne raison pour désespérer ?

Bonjour

C’est un scoop-manchette du Monde (Nathaniel Herzberg) : « Pourquoi l’espérance de vie ne progresse plus ». Entendre l’espérance de vie des Français. Compteur bloqué : 79,4 ans pour les hommes, 85,3 pour les femmes en 2018.  Après un gain de trente ans au XXe siècle, ce coup d’arrêt surprend. Environnement, alimentation, niveau de vie : comment expliquer ce plafonnement ? Où l’on sous-entend, bien évidemment, que l’immortalité n’est pas une hypothèse à exclure d’emblée.

 

Que nous dit le quotidien vespéral qui devrait, cette année, célébrer ses 75 ans ? Qu’au XXe siècle, l’espérance de vie des Français a gagné trente ans, en passant de 45 à 74 ans pour les hommes et de 49 à 82 ans pour les femmes. Pourquoi ? Recette connue : amélioration globale de l’état sanitaire du pays, réformes sociales réduisant la pénibilité du travail, « mais aussi et surtout une succession de progrès médicaux majeurs ». La médecine, ses progrès et ses failles, au cœur de tous les espoirs, de toutes les craintes. Ainsi les statisticiens usent-ils de trébuchets pour évaluer l’impact des vagues de grippes hivernales sur cette espérance vitale plafonnante. Sans doute faudrait-il aussi tenter de mesurer les apports des vaccins, des antibiotiques et autres avancées thérapeutiques médicamenteuses et chirurgicales.

On peut aussi privilégier les modes de vie privilégiant l’hygiène aux excès, ce qui expliquerait les diférences longtemps observées entre les hommes et les femmes. Des différences de moins en moins marquées du fait, notamment, de l’augmentation de la consommation de tabac chez ces dernières.

Cent euros de plus par mois = une rallonge de 0,8 ans

 Autre piste : socio-économique.  « Une étude rendue publique en février 2018 par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a ventilé l’espérance de vie, non plus suivant les catégories socioprofessionnelles, mais en fonction du niveau de vie, résume Le Monde. L’espérance de vie des 5 % d’hommes les plus aisés culminait à 84,4 ans ; celle des 5 % les plus pauvres (470 euros de niveau de vie, soit le revenu disponible du ménage divisé par le nombre d’unités de consommation) plafonnait à 71,7 ans. Un écart de treize ans (huit ans chez les femmes), d’autant plus marqué que l’on descend dans l’échelle des revenus‘’Aux alentours de 1 000 euros par mois, 100 euros supplémentaires sont associés à 0,9 an d’espérance de vie en plus chez les hommes, 0,7 an chez les femmes’’, indique ainsi l’étude. » Le Monde, toujours :

« Si l’on ajoute, toujours selon l’Insee, qu’entre 2008 et 2016 le revenu disponible a diminué en moyenne de 1,2 %, il est tentant de conclure, avec l’épidémiologiste américain Philip Landrigan, du Boston College, que « la montée des inégalités est la première cause de cette stagnation de l’espérance de vie ». « Même dans un pays comme la France, avec son accès universel aux soins, l’augmentation du nombre de pauvres va tirer l’espérance de vie vers le bas, ajoute-t-il. D’autant que ce sont aussi eux qui subissent le plus lourdement les effets de la pollution de l’air’’. ».

Désespérer ? Sans soute pas. Que les Gilets Jaunes lisent ou pas Le Monde sur les ronds-points, ce sont là autant d’éléments à haute valeur politique et qui, à ce titre, devraient trouver leur place dans le Grand Débat.

A demain

@jynau

 

 

Alcool – tabac : le pouvoir a renoncé à faire respecter les interdits de vente aux adolescents 

Bonjour

« L’interdiction de vente aux mineurs peut donc être considérée comme non respectée ».  La phrase est officielle. Elle est signée de François Bourdillon, directeur général de Santé publique France. Et elle est extraite de l’éditorial publié dans le dernier Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) thématique consacré à l’alcool en France ; éditorial au goût d’oxymore titré « Alcool et réduction des risques » 1.

On dispose sur ce thème des résultats de l’enquête « Escapad – OFDT » menée chez les jeunes mineurs de 17 ans 2.  On y apprend que les jeunes mineurs, en France, « n’éprouvent aucune difficulté à s’approvisionner en alcool ». Ceux qui déclarent avoir bu des boissons alcooliques « les ont achetées en magasin pour 91% d’entre eux ». Mieux : «  ils sont même 77,5% à en avoir consommé dans un débit de boisson » précise François Bourdillon.

« En 2017, 85,7% des adolescents de 17 ans ont déclaré avoir déjà bu de l’alcool au cours de leur vie. L’usage régulier d’alcool (au moins dix fois dans le mois) concernait un jeune sur dix (8,4%) et 44 % des jeunes de 17 ans ont déclaré une alcoolisation ponctuelle importante (API) au cours du mois. Par ailleurs, malgré l’interdiction de vente aux mineurs, les adolescents qui ont déclaré avoir bu des boissons alcoolisées dans le mois étaient 91,0% à en avoir acheté en magasin et 77,5% à en avoir consommé dans un débit de boissons. La majorité d’entre eux (52,7%) a déclaré en outre n’avoir jamais eu à présenter de carte d’identité pour justifier de son âge lors d’un achat en bar ou en restaurant. »

Rappel de l’interdit quotidiennement bafoué :

 « PROTECTION DES MINEURS ET RÉPRESSION DE L’IVRESSE PUBLIQUE

Il est interdit de vendre de l’alcool à des mineurs de moins de 18 ans. La personne qui délivre la boisson peut exiger du client une preuve de sa majorité, notamment par la production d’une pièce d’identité. Il est interdit d’offrir de l’alcool à titre gratuit à des mineurs dans les débits de boissons et tous commerces ou lieux publics. Il est interdit de recevoir dans les débits de boissons alcooliques des mineurs de moins de seize ans qui ne sont pas accompagnés de l’un de leurs parents ou d’un majeur responsable. LE NON-RESPECT DE CES INTERDICTIONS EST PASSIBLE DE POURSUITES JUDICIAIRES. CODE DE LA SANTÉ PUBLIQUE : ART. L. 3342-1, L. 3342-3 ».

 Vendre du tabac à des enfants de 12 ans

On sait qu’il en va de même pour les ventes de tabac aux mineurs chez les buralistes. L’affaire est connue de longue date. Depuis 2003, en France, la vente de tabac est interdite aux mineursAfin d’évaluer l’application de cette mesure et pour connaître la perception des jeunes sur cette mesure deux enquêtes ont été menée pour le Comité national de lutte contre le tabagisme). Il est apparu que 62 % des buralistes étaient en infraction et ont vendu du tabac à des mineurs de 12 et 17 ans. Et plus d’un tiers des buralistes ont accepté de leur vendre du tabac à des enfants de 12 ans.  Et 60% des jeunes fumeurs indiquent qu’ils se procurent, sans difficulté, du tabac chez les débitants. Et faudrait-il rappler que plus d’un jeune de 17 ans sur trois consomme du tabac ?

Rappel de cet autre interdit quotidiennement bafoué :

« Interdiction de vente de tabac aux mineurs de moins de 18 ans Il est interdit de vendre ou d’offrir gratuitement, dans les débits de tabac et tous commerces ou lieux publics, à des mineurs de moins de dix-huit ans des produits du tabac ou leurs ingrédients, y compris notamment le papier et le filtre. La personne qui délivre l’un de ces produits, exige du client qu’il établisse la preuve de sa majorité.  CODE DE LA SANTÉ PUBLIQUE, ART. L.3512-12 et R.3515-5  Le non respect de cette interdiction est passible de poursuites judiciaires. »

Nous ne sommes plus, ici, à parler d’une politique de réduction des risques mais bien, compte-tenu de ce que l’on sait des addictions, d’un pouvoir politique qui, par démission, mène de facto une politique d’amplification des risques.

 A demain

@jynau

1 Bourdillon  F.  Éditorial. Alcool et réduction des risques. Bull Epidémiol Hebd. 2019;(5-6):88-9. http://invs.santepublique france.fr/beh/2019/5-6/2019_5-6_0.html

2 Philippon A, Le Nézet O, Janssen E, Cogordan C, Andler R, Richard  JB, et  al. Consommation et approvisionnement en alcool à 17 ans en France : résultats de l’enquête ESCAPAD 2017. Bull Epidémiol Hebd. 2019;(5-6):109-15. http://invs. santepubliquefrance.fr/beh/2019/5-6/2019_5-6_3.html