Après la bioéthique, Agnès Buzyn devra sérieusement travailler son dossier cigarette électronique

Bonjour

Le vent tourne et les volutes entreraient en grâce ? Après les déclarations constructives de Roger Genet, patron de l’Anses c’est Agnès Buzyn qui, modestement, a commencé à changer de ligne. C’était dimanche 22 septembre 2019 à la vingt-cinquième minute du « Grand Jury LCI Le Figaro RTL ».  Trois minutes sur un sujet essentiel.

On connaît le contexte : la « maladie sans nom » observée aux Etats-Unis, l’incompréhension générale quant à la réduction des risques, le poids occulte de Big Tobacco … Nous étions, en France, dans le silence. « Il aura fallu que les journalistes insistent mais Agnès Buzyn a été claire, observe Sébastien Béziau, sur vapyou.com. La ministre indique que la vape est très bien réglementée en France et qu’aucune mesure restrictive supplémentaire “n’est dans les tuyaux”. Il n’est donc pas question d’interdire la vape ni même les arômes en France. »

Agnès Buzyn a également redit que le vapotage est un outil d’aide pour l’arrêt du tabac. Mais il faut également, pour Sébastien Béziau, souligner les inquiétantes imprécisions, sur le sujet, de la ministre des Solidarités et de la Santé.

« Dans les quelques minutes consacrées au sujet du tabac, on constate malheureusement qu’elle connaît bien mal le dossier. Elle confirme que des mesures strictes sont en place pour la vente aux mineurs, mais indique aussi que le vapotage est soumis aux mêmes restrictions que pour les lieux où il est interdit de fumer. C’est faux, notre ministre ne semble pas connaître le décret du 25 avril 2017 qui assouplit (heureusement) les règles. Dans l’interview au Grand Jury, elle parle de “tolérance”, non, c’est juste la loi. »

Ce n’est pas tout. Avant la question du vapotage, la ministre s’est exprimée sur le tabac en général. Elle a indiqué que nous comptions entre 1,5 et 2 millions de « fumeurs en moins » – expliquant que l’augmentation du prix est la « meilleure solution » et que ce résultat est le fruit de l’argent : augmentation des prix et aides sur les substituts nicotiniques.

Objectif : libérer les esclaves du tabac

« Pas un mot sur le vapotage. Déni total de la solution qui pourtant est le levier n°1 de la baisse du tabagisme depuis plusieurs années, souligne fort justement Sébastien Béziau.  Ce n’est pas un fantasme personnel, ce sont les chiffres officiels de Santé publique France. Malheureusement Agnès Buzyn reste donc fossilisée sur des positions qui ont fait long feu face à la réalité. Non seulement, elle ne veut pas voir les millions de fumeurs qui ont réussi à arrêter de fumer grâce à la vape, mais surtout, elle ne pas prendre la mesure de l’opportunité pour les millions d’autres qui fument toujours. »

Ce n’est pas la seulle approximation fautive de la ministre qui continue à voir dans le vapotage une « porte d’entrée » dans le tabagisme.  Quelles sont les « sources » ministérielels ? Qui est en charge, dans son cabinet, de la tenue du dossier « Vapotage » et du bureau « Réduction des risques » ? Qui, en cachette, lui parle de la « Révolution des volutes » ? Sébastien Béziau :

« Depuis son arrivée au ministère, les associations AIDUCE et SOVAPE ont adressé plusieurs courriers à Agnès Buzyn pour obtenir un rendez-vous et établir un dialogue constructif. Elles n’ont jamais reçu de réponse. Le groupe de travail vapotage qui était initié à la Direction Générale de la Santé, qui réunissait tous les trimestres les partie prenantes dans un bon esprit, a été stoppé. Après le “quinquennat” de Marisol Touraine, nous en sommes à plus de sept ans d’atermoiements des pouvoirs publics français sur le vapotage. Heureusement, les Français “d’en bas” avancent, avec des professionnels dynamiques et créatifs, des acteurs de santé de plus en plus investis et documentés et une population de vapoteurs “pairs” ultra dévoués à leur anciens coreligionnaires fumeurs (auto-support sur les réseaux sociaux). »

En resterons-nous là, à cette absence d’échanges, à ce déni larvé de l’exécutif sanitaire, à son refus obstiné de réduire les risques et de libérer les esclaves du tabac ?

A demain @jynau

Stades alcoolisés : de leurs effets sur l’altération des capacités d’un député macronien du Cher

Bonjour

Dans l’affaire, toujours pendante, des « stades alcoolisés » nous avions appris l’existence de François Cormier-Bouligeon. Député (LREM, Cher), 46 ans. Ancien socialiste (1990-2014) Ancien chef de cabinet adjoint du ministre de l’Économie Emmanuel Macron puis conseiller du ministre socialiste des sports Patrick Kanner, Au sein du groupe LREM, il figure parmi les partisans d’une laïcité républicaine stricte. Co-auteur d’un rapport original et intéressant remis il y a quelques mois au Premier ministre : « Faire de la France une vraie nation sportive ». 

M Cormier-Bouligeon est désormais assez bien connu de la communauté des addictologues comme étant le maître d’œuvre d’une proposition de loi fondée sur un « assouplissement de la loi Evin ». Une mesure permettant (#article18) une réalcoolisation des stades bien au-delà des seules loges VIP : c’est l’affaire des « stades alcoolisés ». Elle était plus ou moins en veille, un émissaire du Premier ministre étant parvenu à faire taire quelques opposants ignorant l’existence, en France, de la séparation des pouvoirs exécutif et législatif.

La force du ridicule

Et voici que l’affaire resurgit sur twitter. Porté par la Coupe du monde de rugby (il est « fan ») M Cormier-Bouligeon ose une liaison qu’un élève de sixième ne s’autoriserait pas : « Scandale ! En plein Japon, 2ème pays au monde en espérance de vie, de l’alcool en vente dans les stades #article18 »

F Cormier Bouligeon, @FCBDeputeduCher Député du Cher, Pdt Groupe d’et Sport de l’Ass. Nat. Comm. Des Aff  Culturelles La République en Marche  Fan de rugby et joueur du @XVParlementaire

Reprise de la balle twittée par William Lowenstein, président de SOS Addictions – puis beau cadrage-débordement mettant en lumière la pauvreté populiste du sophisme : « Scandale ! La population japonaise va décliner de 126 millions à 88 millions en 2065 : c’est à cause de l’alcool dans les stades #article18 » ; « Scandale ! Le Japon serait le premier pays au monde en espérance de vie si l’alcool n’était pas vendu dans les stades »

Essai de pénalité. On pourrait presque ajouter : « Le ridicule ne tue pas / Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort / Donc le ridicule nous rend plus fort »

A demain @jynau

Cigarette électronique, les vices et les vertus : voici pourquoi il faut remercier Roger Genet

Bonjour

Enfin une voix claire dans un brouillard politique fait de dénis, de fuites, de refus d’assumer son rôle dans le champ du tabagisme et de la réduction des risques. C’était aujourd’hui 23 septembre sur France Info. Roger Genet, directeur général de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) s’est montré rassurant sur l’utilisation de la cigarette électronique. « Clairement en France, pour les produits qui sont autorisés, il n’y a pas de problème sanitaire », a-t-il assuré.

On sait que le vapotage vient de faire l’objet de diverses restrictions ou interdictionsAprès les États américains du Michigan et de New York qui ont interdit certains arômes très prisés des adolescents, l’Inde a banni la cigarette électronqiue elle-même. En France, le ministère de la Santé et Santé publique France ont annoncé que la vigilance sur les cigarettes électroniques serait renforcée. Sans jamais replacer le sujet dans le contexte sanitaire du tabagisme.

Roger Genet : « En Europe, on a un système de déclaration qui fait que tous les fabricants doivent déposer la composition intégrale de leurs produits et nous avons pour mission depuis deux ans de vérifier par échantillonnages ces déclarationsL’exposition à tous ces produits chimiques, plus de 1 200 produits différents dans les produits de vapotage, 900 dans le tabac, est une préoccupation constante de l’agence en termes de risque d’exposition. 

« La composition des produits de vapotage commercialisés en France n’a rien à voir avec ceux commercialisés dans d’autres parties du monde, a encore précisé le directeur général de l’Anses. Vous avez également de la vitamine E, ou des produits à base de cannabis qui sont strictement interdits en Europe. Et Roger Genet, dépassant son strict rôle, de rappeler (et d’inster) : le tabac fait 74 000 morts prématurées par an. « Aujourd’hui le vapotage a permis de faire sortir du tabac un grand nombre de vapoteurs en France. Aujourd’hui le vapotage offre une alternative qui est plus sûre (…). Clairement ».

Voilà ce que ne dit jamais, aussi clairement, ni le Directeur général de la Santé ni la ministre des Solidarités et de la Santé. L’histoire s’en souviendra. Et on remerciera Roger Genet.

A demain @jynau

Dr Olivier Véran : regrets des vapoteurs français qu’il ne soit pas, déjà, ministre de Santé

Bonjour

« Coup de grisou mondial sur la vape ». C’est un phénomène sanitaire, politique et sociétal sans précédent. Et les autorités sanitaires et politiques françaises sont muettes, prisonnières de l’invraisemblable déni dans lequel elles se sont murées depuis plus de cinq ans déjà. Un déni associé à une forme d’allergie au concept de réduction des risques. Il faut, pour avancer, lire Le Parisien du jour (Aline Gérard, Elsa Mari et Florence Méréo) :

« Cette machine, synonyme de délivrance pour les accros du tabac, est-elle en train de choir de son piédestal ? Selon nos informations, les autorités sanitaires françaises, sur le pont, renforcent la vigilance et expliquent « surveiller la situation attentivement ». Santé Publique France élabore actuellement, avec des pneumologues et réanimateurs, un outil d’alerte visant à faire remonter les cas suspects d’intoxication à l’e-cigarette. »

Sur le pont, les autorités sanitaires françaises ? Sans doute, mais sur quel bateau vogunat dans quelles eaux ? A quand le Directeur général de la santé aux messes télévisées du 20 heures ? A quand Agnès Buzyn délivrant un message clair et audible ? Il faut icin dans le champ politique, se reporter au Dr Olivier Véran, spécialiste de neurologie (CHU de Grenoble) devenu député (LREM,Isère ) après avoir frôlé d’un doigt le maroquin aujourd’hui détenu par sa consœur Agnès Byzyn. Il s’exprime sur le site du JDD (Gaël Vaillant). Extraits :

« Sur ce sujet, on mélange tout. Les récents décès à la suite de maladies pulmonaires aux Etats-Unis ne sont pas liés à des vapotages de e-liquide à base de nicotine, mais à base d’huile de THC. Et vapoter de l’huile, c’est très bête car le poumon a horreur de l’huile. Les parois des alvéoles pulmonaires sont en effet imprégnées d’eau et d’air qui permettent les échanges gazeux avec le sang. L’huile tapisse ces parois empêchant le poumon de fonctionner normalement. C’est donc un mésusage des cigarettes électroniques qui entraîne les risques sanitaires vus aux Etats-Unis. En France, le vapotage est mieux encadré et sécurisé qu’aux Etats-Unis.

« Le vapotage : un risque d’addiction ?
« Mais la très grande majorité des vapoteurs sont déjà accrocs au tabac et à la nicotine. Les études qui sortent plaident pour une bien moindre toxicité du vapotage que la cigarette. Et certains rapports relèvent même le fait que le vapotage permet une sortie du tabac. Ce n’est bien sûr pas dénué de risques : la nicotine est présente dans une partie des liquides commercialisés et la présence de particules fines qui atterrissent dans les poumons persiste. Mais les e-cigarettes ne sont pas une voie d’entrée dans la dépendance de la nicotine. Au contraire, la plupart des gens qui vapotent cherchent à arrêter de fumer du tabac. 

« Je regarde ce qui se fait ailleurs. On parle beaucoup des pays qui interdisent le vapotage, mais au Royaume-Uni, sous l’impulsion des autorités sanitaires, il a été promu comme un outil de sevrage au tabac. C’est pour ça que j’estime qu’interdire le vapotage n’aurait aucun sens. J’avais été ému par la décision récente de l’OMS qui a qualifié le vapotage de toxique. Dans son rapport, l’organisation assure qu’on ne peut pas recommander le vapotage comme un outil de sevrage tout en précisant que son jugement ne se fonde pas sur des données scientifiques, mais sur un seul principe de précaution! Comment a-t-on pu évacuer les médecins, les scientifiques de ce débat ? »

Qui pourra répondre à cette question éminemment politique ? Pour l’heure le Dr Olivier Véran fait une prédiction : « à terme, le vapotage sera considéré comme un outil de sevrage du tabac et ira de pair avec un remboursement ». On attend.

A demain @jynau

Drogues, sardine et cages d’escalier : la réplique du Dr Lowenstein à Christophe Castaner

Bonjour

Zéro hasard en Macronie. Le solennel déplacement du gouvernement à Marseille pour distiller médiatiquement les « cinquante-cinq mesures anti-drogues »  1 coïncidait avec le coup de barre « anti-bourgeois » d’Emmanuel Macron tricotant sur l’immigration 2. Nous publions ici le réplique du Dr William Lowenstein, président de SOS Addictions à Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur.

«  Vous venez de présenter cinquante-cinq mesures contre les stupéfiants accompagné de votre secrétaire d’Etat Laurent Nuñez, de Nicole Belloubet, garde des Sceaux, ministre de la Justice et de Gérald Darmanin , ministre de l’Action et des Comptes publics. Comment justifiez-vous l’absence d’Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, et celle de Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale et de la Jeunesse ?

Au-delà de la pertinence de certaines des mesures annoncées nous comprenons que vous placez la barre plus haut encore que Richard Nixon et sa célèbre ‘’War on Drugs’’ . Votre cible : nettoyer « de l’international à la cage d’escalier », en finir avec le dysfonctionnement ravageur de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS). Objectif : construire une super Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA) – sans nous dire ce que devient l’actuelle. Sans oublier l’installation d’une antenne en République Dominicaine et, le meilleur étant toujours pour la fin, votre 55ème mesure : demander une plus grande complémentarité avec la Justice….

Dans quelle cage d’escalier, quelle cave, dans quel grenier ?

On peut aisément résumer votre discours : voilà un  « plan de plus » qui se refuse, une nouvelle fois, à intégrer la réalité de l’échec sécuritaire, sociale et sanitaire des stratégies prohibitionnistes coupées des volets médicaux, préventifs et de réduction des risques. 

« De l’international à la cage d’escalier » Voici une formule commerciale et bien attractive. Ce n’est qu’un formule. Elle remplace celle, aujourd’hui surannée, de la « tolérance zéro ». Il fallait bien vous trouver une phrase de nature à impressionner.

Reste la vérité internationale : que peut la France face aux productions et trafics internationaux ? Comment parviendrait-elle à réduire les volumes des productions toujours plus florissantes d’Amérique du Sud (cocaïne), d’Afghanistan (héroïne) et du Maroc (tout le monde connaît) ?

Reste, aussi, la vérité de la cage d’escalier : la meilleure option pour casser le marché serait de légaliser. Or votre secrétaire d’Etat nous affirme que « légaliser un cannabis à 7% de THC ne réglerait en rien le dossier ». Nous dira-t-il un jour dans quelle cage d’escalier, dans quelle cave, dans quel grenier il a puisé ce 7% ? Et quand il compte le régler, ce dossier ?

A dire vrai, monsieur le ministre de l’Intérieur, vous ne pouviez trouver meilleur place que celle de Marseille et de la Canebière pour pouvoir oser affirmer qu’avec ces mesures nous serons armés, de l’international à la cage d’escalier. Une cinquante-sixième mesure s’impose : la confiscation immédiate des bénéfices de cette sardine qui continue à boucher le Vieux Port. »

A demain @jynau

1 Plus précisément « Plan national de lutte contre les stupéfiants »  

2 Sur ce thème, sur Slate.fr : « À son tour, Macron s’abaisse à instrumentaliser l’immigration » de  Claude Askolovitch 

Cigarettes électroniques aromatisées : pourquoi Agnès Buzyn ne les interdit-elle pas ?

Bonjour

Christophe Castener à Marseille, Andrew Cuomo dans l’Etat de New York : deux politiques allergiques à la réduction des risques. Un ministre de l’Intérieur isolé va-t-en-guerre (« de l’international à la cage d’escalier ») contre toutes les drogues illicites présentes et à venir. Et de l’autre côté de l’Atlantique un gouverneur démocrate qui, le même mardi 17 septembre, interdit la commercialisation des cigarettes électroniques aromatisées – au motif qu’elle inciterait les mineurs à vapoter avec, à la clé, un fort risque de dépendance à la nicotine.

En juin San Francisco était devenue la première ville américaine à interdire la vente de cigarettes électroniques dans les magasins. L’ordonnance, adoptée à l’unanimité des onze élus entrera en application au début de 2020. Dans l’Etat de New York (vingt millions d’habitants) l’interdiction survient quelques jours seulement après que Donald Trump, a annoncé qu’une mesure similaire serait bientôt prise au niveau fédéral. Le démocrate Andrew Cuomo :

« New York n’attend pas le gouvernement fédéral pour agir. En interdisant les cigarettes électroniques aromatisées. Nous prenons une mesure de santé publique et nous contribuons à empêcher un nombre incalculable de jeunes gens de contracter une accoutumance à vie, coûteuse, mauvaise pour la santé et potentiellement mortelle. »

Incohérences qui font songer à la France

La décision, nous explique l’AFP, a été prise lors d’un vote du conseil de santé publique et de planification sanitaire (sic) de l’Etat de New York, convoqué à la demande d’Andrew Cuomo, qui avait réclamé dès le 15 septembre des mesures d’urgence. Elle prend effet immédiatement, même si les contrôles ne démarreront que dans deux semaines. Ce qui fait de New York le premier Etat à mettre en œuvre la mesure, le Michigan attendant encore la publication des textes applicables.

On ajoutera qu’aujourd’hui, selon les chiffres du département de la santé de l’Etat de New York, près de 40 % des élèves de terminale vapotent. Et ce alors même que les cigarettes électroniques y sont interdites à la vente aux mineurs – comme c’est le cas sur l’ensemble du territoire des Etats-Unis. Une incohérence qui n’est pas sans faire songer à la France et aux ventes de tabac.

Où l’on en vient, devant les réalités addictives et face à l’allergie politique vis-à-vis de la réduction des risques, à cette question : pourquoi Agnès Buzyn ne prononce-t-elle pas, en urgence et au nom du principe de précaution l’interdiction des ventes de cigarettes électroniques et des liquides aromatisés ? Christophe Castaner étant chargé de vérifier la bonne application de la mesure, depuis la cave jusqu’au grenier.

A demain @jynau

Cannabis : voici ce que tout fumeur doit désormais savoir avant d’être dépisté au volant

Bonjour

17 septembre 2019. A Marseille le gouvernement, dirigé par Christophe Castaner, mouline et repart en guerre contre la drogues et ceux qui en vivent. Totale omission de la réduction des risques et de la légalisation du cannabis. Les médias, généralement, applaudissent. Ou demandent, comme toujours, à voir.

Demain 18 septembre, à Paris, séance académique de l’Académie nationale de Pharmacie avec, en « question d’actualité » : « RÉSULTATS DE L’ÉTUDE FRANÇAISE VIGICANN : EFFETS DU CANNABIS FUMÉ SUR LA VIGILANCE ET LES PERFORMANCES DE CONDUITE DES FUMEURS OCCASIONNELS ET CHRONIQUES ». Un travail du Pr Jean-Claude Alvarez, chef de service du laboratoire de Pharmacologie-Toxicologie du CHU de Garches, , (INSERM U-1173).

Où l’on apprend que paradoxalement, à dose égale, un fumeur occasionnel de cannabis est plus facilement qu’un chronique dépisté par le test salivaire. Et que l’effet du THC sur la conduite automobile ne dépend pas de sa concentration dans le sang, mais du mode de consommation du fumeur… La preuve par l’étude française Vigicann 1. Résumé :

Vrais joints de qualité d’origine contrôlée

« Le test salivaire permet un dépistage d’autant plus efficace que, depuis un an environ, il n’est plus nécessaire de le valider par une analyse sanguine. Il suffit désormais de faire analyser par un laboratoire agréé un échantillon de salive du conducteur détecté positif. Ce qui évite les faux positifs… Ce qui facilite les contrôles. Mais, il était toujours impossible pour la police ou la gendarmerie de faire la différence entre fumeurs chroniques et occasionnels, et ce qu’elle que soit la dose absorbée.  Pour la première fois, une étude analyse les effets du cannabis sur la conduite chez des consommateurs occasionnels (1-2 joints/semaine) et chroniques (1-2 joints/jour) à partir de tests effectués sur de « vrais » fumeurs auxquels les chercheurs ont volontairement fourni de « vrais » joints (de qualité) (sic).

« L’étude confirme que la consommation de cannabis fumé conduit à une augmentation rapide du THC dans le sang des fumeurs, à l’origine d’un allongement de leur temps de réaction et d’une modification de leurs performances de conduite. Mais : les effets sont plus prononcés chez les fumeurs occasionnels avec des temps de réaction plus importants pour une même dose consommée ; les effets durent plus longtemps chez les fumeurs occasionnels que chez les fumeurs chroniques (13h vs 8h chez les fumeurs chroniques). »

On regrettera que les auteurs-citoyens n’en disent pas plus, au sein de leur Académie, quant à l’origine des joints de qualités utilisés – et quant à leur position sur la dépénalisation.

A demain @jynau

1 Effect of Smoked Cannabis on Vigilance and Accident Risk Using Simulated Driving in Occasional and Chronic Users and the Pharmacokinetic-Pharmacodynamic Relationship. Clin Chem. 2019 May;65(5):684-693. doi: 10.1373/clinchem.2018.299727. Epub 2019 Mar 14.

Cette étude, contrôlée et randomisée, a été menée en double aveugle et en cross-over par des équipes du laboratoire de pharmacologie – toxicologie et du service d’explorations fonctionnelles de l’hôpital Raymond-Poincaré AP-HP et de l’unité Inserm / Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines 1173 « Infection et inflammation chronique », dirigées par le Dr Sarah Hartley et le Pr Jean-Claude Alvarez.