Bonnes résolutions et tabagisme. Pour votre animal domestique, arrêtez ! Ou passez à la cigarette électronique

Bonjour

Ce sera bientôt une publication scientifique. Pour l’heure c’est un communiqué de presse de l’Université de Glasgow : « Quit smoking for the sake of your pets ». Une incitation aux bonnes résolutions. D’où il ressort que les animaux domestiques (chats et chiens au tout premier chef) sont, eux aussi, victimes du tabagisme passif  dès lors que leurs maîtres ou maîtresses sont enchaînés au tabac.

Ce travail a été dirigé par Clare Knottenbelt, professeur de médecine et d’oncologie à l’Institut vétérinaire de cette université écossaise. 1 Il établit un lien entre un environnement enfumé et un risque accru de maladies chez les animaux de compagnie.  «Nous avions déjà démontré que les chiens absorbent une quantité significative de fumée quand ils vivent dans une maison de fumeur. Notre étude sur les chats montre qu’ils sont encore plus affectés, peut-être à cause de leur toilette minutieuse qui accroitrait la quantité de fumée absorbée par leur organisme  », souligne la Pr Knottenbelt. A l’inverse ce travail  permet également d’observer que les concentrations nicotiniques dans les poils diminuent sensiblement si la consommation de tabac dans la maison passe au-dessous de dix cigarettes par jour.

Communauté de destin

Ce n’est pas tout. Les chercheurs écossais retrouvent des preuves d’un impact multiple, génétique et oncologique avec, en outre, une prise de poids supérieure, après castration, dans les domiciles de fumeurs. Les méfaits du tabagisme passif chez l’humain sont parfaitement établis depuis deux décennies. Il n’y a rien de vraiment surprenant à ce qu’on les retrouve chez des animaux qui partagent une communauté de destin domestique. On rappellera toutefois qu’il s’agit ici de l’inhalation de fumée de tabac et non de vapeur d’eau plus ou moins nicotinée. «Le risque pour le fumeur se double d’un risque de tabagisme passif pour les autres et les propriétaires de chiens et de chats oublient souvent le risque qu’ils font courir à leurs animaux», souligne le Pr Knottnbelt.

Logique et pragmatique elle plaide pour l’arrêt du tabac, «la meilleure solution pour la santé et le bien-être de votre compagnon». Elle ne va pas jusqu’à évoquer le passage par la cigarette électronique. Prenons-en, ici, le risque.

A demain

1 Ce travail écossais a été  financé par la British Small Animal Veterinary Association (BSAVA Petsavers). Existe-t-il, en France un équivalent de cette société savante suffisamment généreuse pour soutenir de tels projets ?

 

Saint-Glinglin et tiers payant : le président de la République aimerait décrisper les médecins

Bonjour

On l’attendait, on l’a entendu. Après avoir dit non au suicide médicalement assisté François Hollande a cherché, lundi 5 janvier 2015 sur France Inter, à  rassurer le corps médical libéral – des médecins, généralistes ou spécialistes,  appelés par leurs syndicats à de nouvelles formes de grève-guérilla.

Une montée présidentielle au créneau où certains discerneront une forme de soutien à l’action de la ministre de la Santé – et d’autres une menace voilée à l’endroit d’une ministre crispante. Pour l’heure Manuel Valls se tait.

Etre capable

« Marisol Touraine n’a de cesse de répéter, en vain, qu’elle entend les inquiétudes des médecins et veut y répondre, rappelle l’AFP (Anne-Sophie Labadie). Le chef de l’Etat est monté au créneau pour tenter de désamorcer les crispations. « Je comprends les médecins qui disent qu’il ne faut pas que ce soit compliqué », ils ont « parfaitement raison », a-t-il déclaré sur France Inter. « Il ne faut pas qu’on soit remboursé à la Saint-Glinglin ». Et de promettre: « Il faut qu’on puisse être capables d’être beaucoup plus simples, beaucoup plus efficaces », tout en défendant le dispositif. »

Saint-Glinglin ou pas il ne suffit pas au chef de l’Etat de parler pour être entendu. « M. Hollande n’a rien compris à la portée de notre mouvement », a aussitôt réagi (auprès de l’AFP) Eric Henry, président du syndicat des médecins libéraux. La grève n’est pas liée au problème technique que pose le tiers payant généralisé intégral mais à cette mesure même qui est un acte politique et qui va contraindre patients et médecins à rentrer dans le nouveau système de soins que le gouvernement veut nous imposer ». « Quand le président commence à sortir du bois et à se sentir obligé de servir de bouclier, c’est que la ministre de la Santé chancelle » a poursuivi le Dr Henry.

« Colonne vertébrale »

 Ce dirigeant syndical aujourd’hui très présent dans les médias exige une réécriture complète du texte de loi avant son examen au Parlement au printemps prochain. Or Marisol Touraine fait de la généralisation du tiers payant la « colonne vertébrale » d’un texte de loi qui ne porte pas encore son nom. Que resterait-il du texte sans cette architecture caractéristique des vertébrés supérieurs ?

Saint-Glinglin ou pas le projet d’étendre d’ici à 2017 le tiers payant à tous les assurés cristallise aussi la grogne du corps médical dans sa fraction allergique au salariat ; ses membres voient dans la possibilité d’être directement payés par l’assurance maladie et par les mutuelles,  une insupportable « mise sous tutelle administrative ».  Avec la sortie du Dr Henry la question contingente (la faisabilité technique et le coût du dispositif) n’est plus qu’un levier vers d’autres contestations, de fond – et nettement plus marquées à droite.

Mensonges

Saint-Glinglin ou pas Les dirigeants syndicats font ainsi feu de tout bois. Voici le temps venu de la guérilla.

Pendant que François Hollande parlait sur France Inter, Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des Médecins de France, s’exprimait violemment sur Europe 1. Extraits :

« Il n’est pas question de pénaliser les patients économiquement faibles. Il suffira de prendre une carte Vitale sur deux pour emboliser la Sécurité Sociale ! Bien évidemment [le projet est de bloquer la Sécu]. On veut nous coller le tiers payant généralisé, en disant que c’est facile. On a fait grève, la ministre nous a laissé faire grève, on ne pensait pas en arriver jusque-là ! La ministre nous a laissé faire grève, elle nous balade en disant qu’il y aura des réunions de travail. Il y en a depuis deux ans ! On n’avance pas !  La généralisation du tiers payant, c’est tout sauf gratuit ! La ministre ment ! (…) »

 Etouffée sous le papier

 « Le patient va trinquer quand il ne trouvera plus de médecin libéral et quand son médecin passera davantage de temps sur la gestion du tiers payant généralisé.  Il y a un vrai problème Marisol Touraine : on a rarement rencontré un tel cas de surdité, de dogmatisme. Ce n’est pas acceptable de balader les médecins qui ont fait grève entre le 23 et le 31 décembre, qui s’apprêtent à reprendre les feuilles de soin papier, à l’expliquer à leurs patients… Vous ne croyez pas qu’on a autre chose à faire ? »

« Si elle ne retire pas sa loi ? On va continuer jusqu’à ce que la Sécurité Sociale étouffe sous le papier ! »

 Combien de temps encore

 Question : Ne râlez-vous pas parce que la ministre a refusé d’augmenter la consultation de 2 euros ?

Réponse : « Pas du tout ! La FMF n’en a pas fait un problème ! Ce n’est pas avec 2 euros que la vie des médecins va changer ! Il nous faut les mêmes moyens que les médecins européens pour accueillir les patients ! Les européens travaillent avec 2,4 salariés par médecin, nous travaillons avec 0,3 salarié ! On veut encore nous charger avec de la paperasse ? C’est insupportable ! ».

Qui va supporter quoi ? Et pendant combien de temps ? C’est encore loin, la Saint-Glinglin ?

A demain

Orthez : la justice est-elle trop laxiste avec l’anesthésiste alcoolique ?

Bonjour

Nous nous demandions il y a peu pourquoi on la maintenait si longtemps en prison. Aujourd’hui 11 décembre la cour d’appel de Pau a décidé de remettre en liberté le Dr Helga Wauters,45 ans anesthésiste de nationalité belge incarcérée après le décès d’une patiente dont elle avait la charge à la maternité d’Orthez (Pyrénées-Atlantiques). Une affaire à bien des égards exemplaire.  Mise en examen pour « homicide involontaire aggravé » elle était en prison depuis le 2 octobre.

Conditions drastiques

La justice avait rejeté le 16 octobre une première demande de remise en liberté. Puis le parquet s’était opposé à la décision d’un juge des libertés et de la détention de la remettre en liberté.

Aujourd’hui, durant l’audience, l’avocat général, Dominique Jéol, s’était opposé à la libération du Dr Wauters pour « éviter toute réitération des faits ». « Même si les conditions sont plus drastiques que celles demandées par le juge des libertés et de la détention cette personne sera soumise à elle-même, car elle a une obligation de soins, mais elle peut sortir le soir et seule », a déclaré Me Philippe Courtois, avocat des victimes. Il juge que cela présente « un risque pour elle-même et pour les autres ».

Extrémités tragiques

Aujourd’hui cette remise en liberté est assortie d’une obligation de résidence en France, d’une interdiction de sortie du territoire, de l’interdiction d’exercer la médecine (ou même du conseil), de l’obligation de fréquenter un centre de lutte contre l’alcoolisme ainsi que d’une caution de 50 000 euros. « C’est une décision regrettable qui va être difficile à accepter », a commenté Me Philippe Courtois.

Bracelets gamma-G-T

On ne sait pas ce que voulait précisément cet avocat. Une détention provisoire jusqu’au procès suivi d’un enferment thérapeutique au long cours ? Une libération conditionnelle pour bien plus tard après correction de tous les paramètres biologiques sanguins et hépatiques ?  Des bracelets connectés branchés sur les gamma-G-T ?

La tragédie, c’est un grand classique, pousse à toutes les extrémités. On voit ici qu’il en va de même avec les tragédies alcooliques.

A demain

Epidémie: 43 cas de suicides dans la police depuis janvier. Que fait la police ?

Bonjour

Bernard Cazeneuve connaît bien les policiers : il est ministre de l’Intérieur. Depuis qu’il existe ce ministre protège ses troupes. Grâce à elle il sait tout. En retour il leur doit beaucoup. Or voici que M. Cazeneuve parle, à leur endroit, de « désarroi ». Et le ministre que poursuivre, comme un médecin qu’il n’est pas. Il nous dit qu’il y a dans ce corps d’élite et casqué comme un grand trouble, comme une étrange confusion dont il faudra chercher les causes. Et trouver des solutions. Bernard Cazeneuve présidera une réunion sur ce sujet en 2015.

Merci pour les années

Et ce ministre n’est pas seul à parler. Ses services s’expriment à l’unisson : la Direction générale de la police nationale (DGPN) a prévu une réunion avec les syndicats de police. En urgence : ce sera le 5 novembre. Thème : les suicides.  « Les suicides sont notre priorité, il faut y travailler tous ensemble » assure la DGPH.

Illustration du propos, ces quelques lignes de l’Agence France Presse dont l’encre est encore chaude :

« Il a griffonné quelques mots d’adieu, empoigné son arme de service et tiré. Mardi, un brigadier a mis fin à ses jours comme, avant lui, quarante-deux collègues depuis début 2014. Un chiffre préoccupant même si les suicides sont un problème récurrent dans la police. « Merci pour les années ensemble. » Ce sont les derniers mots du brigadier à ses camarades de la police judiciaire de Dijon, retrouvés chez lui dans une lettre. Rien d’autre. Le jeune homme semblait avoir une vie rangée, ses collègues sont « sous le choc ». »

 Déterminants

Qui ne le serait ? Le suicide à beau être un mystère insondable rien n’interdit d’échafauder des hypothèses pour tenter de comprendre, tenter de revenir dans le champ du raisonnable. Et quoi de plus sage que les déterminants sociologiques ? Soit le suicide à comprendre comme un phénomène de santé publique. Réduire le libre arbitre à sa portion congrue et enquêter pour trouver, demain, des responsables ? Des coupables le surlendemain ? Une indemnisation pour les survivants ?

Tout cela nécessite de dépasser l’émotion, la passion et de disposer d’un cadre statistique. On se souvient peut-être de l’affaire « des suicides chez France Télécom » et de la polémique qui avait suivi.(lire ici un entretien accordé à Slate.fr par Viviane Kovess-Masfety (EHESP).  Puis celle de la création d’un « Observatoire national du suicide ».

 Chiffre noir

Selon une source officielle, quarante-trois policiers de tous grades ont mis fin à leurs jours depuis début le début de l’année, avec un pic cet été. A ce rythme, le record de 1996 – soixante-dix suicides de policiers contre cinquante par an en moyenne – pourrait être égalé. Un chiffre noir » poursuit la dépêche de l’Agence France Presse. Fin septembre, le ministre de l’Intérieur avait aussi recensé, dans un discours aux forces de l’ordre, dix-sept suicides parmi les militaires de la gendarmerie qui n’est pas épargnée par le phénomène. » Mêmes causes, mêmes effets ?

Les syndicats sont vent debout sur ce sujet sensible et font souvent le lien entre ces drames et le « stress » ou les « conditions de travail ». Le Syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI) – majoritaire chez les officiers de police, estime ainsi que « les années se suivent et se ressemblent » et que « le taux de suicide constaté dans la police reste anormalement élevé »: 36 pour 100.000 contre 20-22 pour 100.000 pour le reste de la population. La différence est-elle statistiquement significative ?

Causalité

Les statistiques, précisément. Ce syndicat invoque la « pression des statistiques » (le « travail au rendement chiffré » ou un « management inadapté » comme possibles explications. Et puis, bien évidemment la question du lien de causalité. Le tribunal administratif de Nice a reconnu récemment la « responsabilité de l’administration dans un suicide ». Celui d’une policière de Cagnes-sur-Mer qui s’est donné la mort en juillet 2011 – après un cas identique à Poitiers en mai dernier.

Nous sommes ici en terrain mouvant, aux lisières du conflit d’intérêt et de l’entre-soi. Car qui, en pratique, enquête sur les suicides dans la police ? Les études officielles et celles de la police nationale, sur le sujet, écartent tout contexte professionnel « dans la très grande majorité des cas » – des suicides de fonctionnaires entre 40 et 49 ans.

Armes de service

Plus de la moitié des fonctionnaires mettent fin à leurs jours le font avec leurs armes de service. « Ceci nous différencie un peu du reste de la population », pense un haut fonctionnaire qui parle de manière anonyme. « Comme les médecins, où le taux de suicide est très important, nous avons à portée de main des moyens létaux, maîtrisés, pour en finir » ajoute-t-il. Ce qui n’est pas faut. Qui enquête sur les suicides d’anesthésistes ?

La DGPN dit « prendre le problème à bras le corps ». En septembre dernier les 2.000 policiers du département du Val-d’Oise, près de Paris, ont dû déposer leurs armes au service après le suicide coup sur coup de deux collègues. Attention : ce dépôt s’est fait sur ordre de la hiérarchie – au nom de la « prévention ». « Infantile », a dit « Synergie » le second syndicat d’officiers. « Synergie » invoque la « dangerosité du métier » et la nécessité de pouvoir y faire face – coûte que coûte.

Pouls psychologique

La direction de la police met en avant les « cellules de veille » et autres « pôles de vigilance » mis en place dans chaque département pour prévenir les « passages à l’acte ». « La détection est très difficile, chez nous comme ailleurs », avance-t-elle. Face à ce qui peut être un symptôme majeur affectant la police que peut faire la police ? Faut-il imaginer un tiers privé pour prendre le pouls psychologique de chaque policier ?

D’autres ont d’autres idées. C’est le cas d’une association (l’AAA-VAM). « La possibilité d’autolyse avec une arme à feu facilite le passage à l’acte, observe-t-elle.  Pour autant, force est de constater que le corps médical qui n’est pas armé de fusils ni de revolvers a aussi un nombre de suicides particulièrement élevé. Pour ce qui concerne les raisons : les idées suicidaires sont généralement affectives, toutefois les conditions de travail sont en relations indirectes avec ces problèmes passionnels (…) Notre association avait obtenu du ministre de la Santé,  en l’an 2000, que la mention « peut favoriser un passage à l’acte suicidaire » soit ajoutée au résumé des caractéristiques du produit pour les « tranquillisants et les somnifères ». Malheureusement quinze ans après cette modification majeure de la monographie aucune mesure de prévention n’a été mise en place par les ministres et les autorités de santé. »

Open data policier

Cette association ne fait pas que se lamenter. « Pour ces gendarmes et ces policiers, il serait rapide et peu couteux d’étudier sur une période de trois années les dossiers médicaux sauvegardés ou archivés par les caisses de sécurité sociale, soit environ 500 dossiers de décès » suggère-t-elle. Pourquoi la police, en toute transparence et avec toutes les garanties, ne le ferait-elle pas ? Idem pour la gendarmerie.

A demain

 

Ebola : premier cas « probable » à Paris. Avec fin de l’alerte dans l’après-midi (4)

Bonjour

Vendredi  10 octobre, 17 30 heures The Lancet. Agence France Presse

A Londres The Lancet vient autorise la publication d’un document qui marquera. Il évoque une question éthique de première importante. Elle était pendante depuis plusieurs semaines.  La voici ouvertement posée sur le site du Lancet. Posée par dix-sept personnalités éminentes, dix-sept experts de la lutte contre les maladies infectieuses africains, américains et européens – dont un Français (1).

Sans nullement méconnaître les vertus des essais contrôlés randomisés (ECR) qu’ils ont toujours défendus il estiment que le moment est venu –au nom de l’éthique- d’agir autrement face à Ebola – le manque d’options pour des traitements efficaces, une mortalité élevée à la norme actuelle de soins, et l’absence de systèmes de soins de santé efficaces dans les régions touchées impose de mettre en œuvre des essais cliniques « alternatifs ». Nous en reparlerons

A Paris Marisol Touraine, ministre de la la Santé vient d’annoncer  a annoncé que les analyses réalisées à Lyon « avaient permis « d’écarter la suspicion » sur le cas suspect d’Ebola à l’hôpital Bichat – cas « révélé » dans la matinée par Europe 1 qui le disputait à France Info. Une journaliste américaine arrivant du Libéria …

Il reste désormais au ministère de la Santé à répondre aux questions soulevées par les principaux acteurs de la lutte –acteurs qui dénoncent des failles dans le document dont Slate.fr vient de mettre des extraits en ligne. Document et questions sur lesquels nous reviendrons.

Pour l’heure, une seule décision de la ministre: Un numéro vert sur Ebola sera mis en place «dès samedi 11 octobre» pour répondre aux questions du public:  le 0800 13 00 00. Pas avant 9 heures.

De Madrid, mandé par l’AFP :

« L’Espagne, où une aide soignante lutte pour survivre à la fièvre Ebola, s’est dotée vendredi d’un comité de crise interministériel pour gérer la crise, alors qu’ entre peur et psychose, l’Europe et les Etats-Unis renforçaient les mesures de précaution. Mariano Rajoy, le chef du gouvernement conservateur accusé par ses opposants de n’avoir pas préparé le pays face à Ebola, a rendu visite pendant ce temps à l’hôpital où se trouve la malade. Le comité interministériel, dirigé par la vice-présidente du gouvernement, sera composé de dix membres représentant notamment les ministères de la Santé, de la Défense, des Affaires étrangères, de l’Intérieur, de l’Economie et de la justice. « C’est un moment complexe et difficile », a reconnu le chef du gouvernement espagnol en sortant de l’hôpital. « Il y a beaucoup de gens qui viennent travailler, nettoyer, et ils doivent tous savoir qu’ils ont l’appui, le soutien et l’affection de l’immense majorité des Espagnols. »

A demain

(1) Il s’agit de Clement Adebamowo, Oumou Bah-Sow, Fred Binka, Roberto Bruzzone, Arthur Caplan, Jean-François Delfraissy, David Heymann, Peter Horby, Pontiano Kaleebu, Jean-Jacques Muyembe Tamfum, Piero Olliaro, Peter Piot, Abdul Tejan-Cole, Oyewale Tomori, Aissatou Toure, Els Torreele et John Whitehead (leurs affiliations figurent sur le document du Lancet)