Jeunes, alcools et vins: «La Revue du Praticien» en appelle à M. Blanquer et à Mme Buzyn

Bonjour

« Les enfants ne doivent pas être la cible du lobby viticole ! ». C’est le titre du vigoureux éditorial que signe, dans la dernière livraison de La Revue du Praticien, notre confrère Jean Deleuze, rédacteur en chef.  « Comment imaginer faire reculer significativement la mortalité (41 000 décès annuels), la morbidité et les violences engendrées par l’alcool alors que le lobby viticole, encouragé par la complaisance du président de la République, ne cesse de brouiller les messages de santé publique ? » demande-t-il. Et de dénoncer la propagande de Vin & Société, puissant lobby viticole, en direction des enfants est très choquante.

« La page «Éducation des plus jeunes » de son site ne cache pas ses intentions en vantant un apprentissage qui «dès le primaire, favorisera un comportement responsable chez ces adultes avertis de demain», écrit Jean Deleuze.  Le site propose films et supports éducatifs ciblés selon les tranches d’âge: 3-6 ans, 6-9 ans, 9-14 ans, plus de 14 ans. On y trouve même la promotion de mallettes pédagogiques du goût à l’usage des classes de maternelles et des cours préparatoires ! Toute cette pédagogie très subtile qui vante l’histoire, le terroir, la sociabilité, la convivialité avec force de petits personnages souriants n’a évidemment qu’un but: la banalisation de la consommation d’alcool pour recruter de futurs consommateurs. »

Des « numéros spéciaux » en ligne du Petit Quotidien (pour les 6-10 ans) et de Mon Quotidien (pour les 10-14 ans) enfoncent le clou: «Nous avons la chance en France d’avoir une bonne connaissance de la cuisine de qualité et de la façon de la déguster. La gastronomie française est en effet riche et variée : fromages, foie gras, truffes… le vin aussi en fait partie ! Le bon vin pour le bon plat. Cela fait partie de nos traditions », peut-on lire dans le second.

« Noyé dans ce contenu, on distingue un petit encadré intitulé ‘’Attention à l’abus d’alcool’’ qui indique: ‘’Les adultes boivent du vin en famille ou entre amis pour célébrer des moments importants ou accompagner un bon repas, peut-on lire adns cet éditorial. C’est l’occasion de faire la fête, de partager, de se retrouver. Mais attention aux excès… À cause de l’alcool qu’il contient, le vin bu en trop grande quantité et/ou trop vite peut avoir des effets sur le corps : vertiges, nausées, endormissement… Ces effets exposent la personne à des risques plus graves : accidents, violences…’’. »

Jean Deleuze : « Comment parents et enseignants peuvent-ils accepter cette intrusion aussi grossière du lobby viticole auprès des enfants ? Mme Buzyn et M. Blanquer, faites cesser ce scandale ! ». Il est fort peu probable que ces deux ministres oseront passer, ici, à l’action 1.

Et reste ici entière la grande question, celle de l’apprentissage des mille et une facettes des réalités alcooliques – une question qui dépasse de loin les seuls vins et la seule sphère scolaire. Pour le coup un véritable sujet de société, une belle question politique à laquelle personne ne semble, aujourd’hui en France, en mesure de s’attaquer.

A demain

@jynau

1 On attend toujours le résultat des interminables négociations entre le gouvernement et les représentants du lobby viticole quant à la forme et à la taille du futur logo « zéro alcool durant la grossesse » qui devrait remplacer l’actuel (microscopique) sur toutes les bouteilles de boissons alcooliques.

 

«Suicidez-vous !» : un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende. L’hypothèse alcoolique

Bonjour

Le parquet de Paris a ouvert une enquête, après que des manifestants ont appelé les policiers à se « suicider ». C’était en marge de la mobilisation des Gilets Jaunes, samedi 20 avril, place de la République à Paris.

Le citoyen imaginait ici de possibles poursuites pour « provocation au suicide ». Or l’enquête est ouverte du chef « d’outrage à personne dépositaire de l’autorité publique commmis en réunion ». Elle a été confiée à la sûreté territoriale de Paris.

Ainsi oublie-t-on la mort réclamée. Ainsi passe-t-on de l’inqualifiable ignominie de Christophe Castaner à l’outrage à l’égard d’une personne chargée d’une fonction publique ou dépositaire de l’autorité publique :

« Constituent un outrage puni de 7 500 euros d’amende les paroles, gestes ou menaces, les écrits ou images de toute nature non rendus publics ou l’envoi d’objets quelconques adressés à une personne chargée d’une mission de service public, dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de sa mission, et de nature à porter atteinte à sa dignité ou au respect dû à la fonction dont elle est investie.

« Lorsqu’il est adressé à une personne dépositaire de l’autorité publique, l’outrage est puni de un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. Lorsqu’il est commis en réunion, l’outrage prévu au premier alinéa est puni de six mois d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende, et l’outrage prévu au deuxième alinéa est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. »

Via la vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux les policiers vont-ils identifier ceux qui les exhortaient à se suicider ? Et puis cette hypothèse, avancée dans un commentaire de ce blog : l’imprégnation alcoolique. Si tel devait être le cas, si la conscience de ces manifestants était altérée au moment des faits, serait-ce considéré par la justice comme une circonstance atténuante ou aggravante ? Véritable ignominie ou tragique inconscience ?

A demain

@jynau

Drogues licites ou pas : qui consomme quoi, pourquoi et à quel prix sur le marché français

Bonjour

Pour un peu on parlerait de polar addictif. C’est un tableau de bord peu banal, festif, médical, économique et politique: la septième édition de «Drogues et addictions, données essentielles», rendue publique le 18 avril 2019. Fruit du travail de l’équipe de spécialistes de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies, elle offre un point de vue remarquable, ni prosélyte ni moraliste, sur l’évolution des consommations des substances (licites ou non) modifiant notre état de conscience –et exposant de ce fait à mille et une dépendances. À ce titre c’est aussi un document qui permet de prendre la mesure de l’action politique vis-à-vis de consommations souvent perçues comme récréatives, mais aussi potentiellement dangereuses à l’échelon individuel et médical.

Ne pas ménager ses efforts

«Les conduites addictives interrogent des notions aussi diverses que la dangerosité des comportements et le risque acceptable par chacun, la liberté individuelle et les impacts causés par les usages de tiers, leur coût pour la société et la responsabilité des pouvoirs publics, résume dans son avant-propos le Dr Nicolas Prisse, président de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca). Les opinions, représentations et questionnements sont ainsi nombreux et variés. Ils sont aussi soumis à l’influence d’intérêts économiques qui ne ménagent pas leurs efforts pour vendre plus de tabac, d’alcool ou de cannabis (comme on l’observe dans les États qui ont légalisé l’usage récréatif ou médical de ce produit).»

Lire la suite sur Slate.fr : « Drogues licites ou pas : qui consomme quoi et à quel prix sur le marché français »

A demain

@jynau

FDJ – polémiques : la vente aux mineurs et la nomination de la directrice de la communication

Bonjour

Derrière les turbulences politiques concernant Aéroport de Paris (ADP), la FDJ (Française des Jeux). Le projet de loi « Pacte » a été définitivement adopté par le Parlement, le 11 avril. Et avec lui, la privatisation de la FDJ. Une adoption qui coïncide avec une cocasserie marqué du sceau de la Macronie :  l’annonce, mardi 9 avril, de la nomination à partir de mai de Raphaële Rabatel, la femme de Gilles Le Gendre, président du groupe La République en marche à l’Assemblée nationale, au poste de « directrice de la communication de la FDJ ». Un hasard ?

« Mme Rabatel a été choisie et recrutée car elle coche toutes les casesdit-on dans l’entourage de Stéphane Pallez, le PDG de l’entreprise publique (Le Monde, Philippe Jacqué) Elle a déjà travaillé pour des banques et des entreprises de réseaux, ce qui la qualifie pour travailler pour la FDJ. Et puis elle a préparé et accompagné l’ouverture du capital de GDF en 2005, ainsi que sa privatisation et la fusion avec Suez. Bref, elle a été recrutée pour ses compétences. Qu’elle soit la femme de M. Le Gendre n’est pas le sujet. » Ce que l’on peut, précisément, contester. Et qui commence à faire polémique.

Mais encore ? La loi « Pacte » votée, il reste maintenant pour le Gouvernement à en déterminer certaines modalités pratiques ainsi que certaines dispositions adoptées pendant le débat parlementaire. « Notamment le dispositif concernant l’amende pour la vente de jeux aux mineurs, observe le site des buralistes français.  En fait, le ministre de l’Économie a annoncé une « concertation avec les buralistes » sur le sujet. Elle ne devrait pas tarder. » Extraits du texte de la loi :

« Le transfert au secteur privé de la majorité du capital de la société La Française des Jeux est autorisé (…) Le Gouvernement est habilité à prendre par voie d’ordonnance, dans un délai de six mois à compter de la publication de la présente loi, toute mesure relevant du domaine de la loi ayant pour objet : (…) de modifier ou renforcer les sanctions administratives et pénales existantes et prévoir de nouvelles sanctions en cas de méconnaissance des règles applicables au secteur des jeux d’argent et de hasard, notamment par la mise en place d’une amende sanctionnant la vente ou l’offre au titre gratuit de jeux d’argent et de hasard aux  mineurs. »

Le site des buralistes rappelle qu’une proposition parlementaire visant à inscrire, dès maintenant dans la loi, une « amende disproportionnée » a fait long feu. On avait évoqué alors une amende d’un montant de 7 500 euros – soit l’équivalent de l’amende pour vente d’alcool aux mineurs 1. Rappelons que la vente de tabac aux mineurs 2 est actuellement sanctionnée par une amende (de classe 4) de 135 euros. Et que cette disposition n’est jamais appliquée ; un tiers ou presque des Français mineurs sont des consommateurs de tabac.

Où l’on prend la mesure, dans le champ des addictions légalisées et fortement taxées, de l’incapacité d’un pouvoir exécutif à faire appliquer la loi. Pourquoi en irait-il différement avec l’addiction aux « jeux d’argent » dont la « communication » sera assurée par la femme du président des députés de la majorité ?

A demain

@jynau

1 S’expose à une peine de 7500 € d’amende la personne qui : vend des boissons alcooliques à des mineurs ; offre ces boissons à titre gratuit à des mineurs, dans les débits de boissons et tous commerces ou lieux publics ; fait boire un mineur jusqu’à l’ivresse. En cas de récidive (moins de 5 ans après une première condamnation pour l’un de ces faits) la peine encourue est portée à un an d’emprisonnement et 15000 € d’amende.

2 Jusqu’à un décret en date du 25 mai 2010, la vente de tabac aux mineurs âgés d’au moins 16 ans était autorisée. Désormais, l’interdiction a été étendue à l’ensemble des personnes de moins de 18 ans. Le vendeur peut demander à l’acheteur d’apporter la preuve de sa majorité par pièce d’identité ou tout autre document officiel muni d’une photographie.  Le fait de ne pas respecter cette interdiction expose le vendeur à l’amende prévue pour les contraventions de 4ème classe hormis lorsque celui-ci prouve qu’il a été induit en erreur sur l’âge du mineur.

Publicité : « Alcool : jamais plus de deux verres par jour et encore, pas tous les jours ! »

Bonjour

Avant-hier un verre était accepté avec interdiction de passer à trois, synonyme de dégâts. Aujourd’hui c’est la barre est à deux avec restriction au long cours (pas plus de dix verres par semaine). Des jours sans une seule goutte, en somme.

Et voilà, sorti du chapeau publicitaire sanitaire : « Pour votre santé, l’alcool c’est maximum deux verres par jour, et pas tous les jours ». Cette formule entend résumer « les nouveaux repères de consommation d’alcool élaborés dans le cadre des travaux d’expertise de Santé publique France et de l’INCa ». Un objectif inaccessible ou presque puisque force est de constater (données du Bulletin épidémiologique hebdomadaire) que les Français sont loin, aujourd’hui, de « respecter ces repères » : un quart des Français de 18 à 75 ans dépasse au moins l’un des trois repères ; les hommes sont davantage concernés par ce dépassement (33%) que les femmes (14%) ; les plus jeunes consomment plus « intensément » que les plus âgés, dont la consommation est « plus régulière ».

Campagne plus que limitée dans le temps : du 26 mars au 14 avril 2019 sous le patronage du Ministère des Solidarités et de la Santé et de Santé publique France. Il s’agit de  « rappeler à chacun que toute consommation d’alcool comporte des risques » et donc de « promouvoir les nouveaux repères ». Mieux encore un nouvel outil est également mis à la disposition de tous sur le site alcool-info-service.fr pour évaluer sa consommation et faire le point sur les risques encourus.

François Bourdillon, Directeur général de Santé publique France :

« Notre objectif est de permettre aux Français de faire le choix éclairé d’une consommation à moindre risque pour leur santé. Sans nier la dimension ‘‘plaisir’’ qui peut être associée à la consommation d’alcool, cela nécessite de faire connaître les risques associés à l’alcool, de diffuser auprès de tous les nouveaux repères de consommation et d’inviter les Français à réfléchir sur leur consommation. ».

Trop élégante sobriété

Il s’agira aussi de faire peur puisque « contrairement aux idées reçues, les risques pour la santé d’une consommation d’alcool existent dès le premier verre quotidien ». La nouvelle campagne est ainsi construite autour des risques méconnus associés à la consommation d’alcool.

« Au-delà de 2 verres par jour vous augmentez vos risques d’hémorragie cérébrale, de cancers et d’hypertension. Pour votre santé, l’alcool c’est maximum 2 verres par jour. Et pas tous les jours ».

Le nouveau spot, d’une trop élégante sobriété, sera diffusé du 26 mars au 14 avril sur les chaines nationales et d’Outre-Mer, sur les plateformes de vidéo en ligne et sur les réseaux sociaux. Ce dispositif est complété par des « chroniques radio », des « publi-rédactionnels », une « campagne digitale » et la diffusion de vidéos dans les salles d’attente des hôpitaux ou maisons de santé.

« Autre objectif du gouvernement, faire respecter l’interdiction de vente de tabac et d’alcool aux mineurs, peu appliquée, précise Le Monde. Des mesures de formation des débitants de boissons et buralistes sont prévues, tout comme des contrôles. » Pour un peu on croirait rêver éveillé.

A demain

@jynau

Publicité : heureuses comme Heineken® et Guinness® aux stades de l’inconscient humain

Bonsoir

« Faire de la publicité, c’est agiter un bâton dans l’auge à cochons ». On peut le dire autrement : expliquer que la publicité a un impact majeur sur nos consommation, notre santé, notre vie. Et les  amateurs de rencontres sportives n’y échappent pas, bien au contraire, via les incrustations publicitaires aux armes des marques de boissons alcooliques industriellement élaborées.

Une étude franco australienne à paraître dans la revue Drug and Alcohol Review  apporte sur ce thème de nouvelles et sombres lumières. Elle a mesuré ce qui résulte de  l’exposition des téléspectateurs aux logos alcooliques omniprésentes dans les stades et sur les écrans.« Il y a beaucoup de données déjà publiées sur la corrélation entre le temps d’exposition (aux marques de boissons alcooliques) et le niveau de consommation , explique Laurent Bègue, professeur de psychologie sociale à l’université de Grenoble et coauteur de l’étude. L’intérêt de ces recherches c’est de voir, au-delà de la corrélation, si on a un effet causal sur la perception des marques et de l’alcool en général».

On sait qu’en France la loi Evin interdit (en théorie et depuis près d’un quart de siècle) le « parrainage sportif » par des alcooliers. Pour autant les téléspectateurs peuvent y être exposés lors des compétitions internationales télévisées. Dernière démonstration en date : le sacre noir 1 de la Guinness, sponsor principal du dernier tournoi des VI Nations – désormais intitulé « Guinness Six Nations » – sauf (pour l’heure) en France : « L’exception française au cœur du « Guinness/Greatness Six Nations » » (MAGALI TÉZENAS DU MONTCEL, Les Echos)

Rassurer les alcooliers

Pour cette étude franco-australienne une centaine de citoyens français volontaires ont été répartis en trois groupes – groupes qui ont visionné un extrait de match de rugby où était visible soit la marque de bière Heineken, soit la marque néo-zélandaise Steinlager, moins connue en France, soit un sponsor n’ayant aucun lien avec l’alcool (la marque d’huile de moteur Castrol Edge). Puis on leur a ensuite demandé de classer de «très agréable» à «très désagréable» des images de boissons alcooliques (avec ou sans marque), des bouteilles d’eau ou des aliments et différents autres objets.

Les résultats rassureront, s’il en était besoin, alcooliers industriels et publicitaires ? Ils montrent que ceux qui ont visionné un extrait où une marque de bière était présente ont ensuite une évaluation indirecte plus positive de cette marque. Pour les chercheurs suggère «qu’elle est plus facilement accessible en mémoire, et qu’elle sera plus susceptible d’être prise en considération lorsque l’individu devra faire un choix».

Mieux : ces résultats sont également observés lorsque les participants ont au préalable effectué une tâche destinée à diminuer leurs capacités de concentration observent les auteurs de l’étude. « Cela implique que les processus sous-jacents à la publicité pour de l’alcool se produiraient de manière automatique, sans qu’il ne soit nécessaire de traiter volontairement et consciemment le message , estime Laurent Bègue. Ce résultat doit sensibiliser au fait qu’on peut être influencé par des images sans en être nécessairement conscient. Cette nouvelle étude est un argument supplémentaire pour que les pouvoirs publics mettent autant d’énergie à réguler la publicité pour l’alcool que celle pour le tabac. »

Où l’on voit qu’un spécialiste affûté de psychologie sociale peut ne pas connaître des véritables énergies qui animent les « pouvoirs publics ». « Faire de la publicité, c’est agiter un bâton dans l’auge à cochons » est de George Orwell.

A demain

@jynau

1 Extrait du discours des Gros Pardessus internationaux : « Ce sponsoring est un accord de six ans et renforce considérablement l’engagement de GUINNESS envers le rugby, et s’ajoute à un portefeuille qui compte déjà le Guinness PRO14, des partenariats avec les fédérations anglaises, irlandaises, écossaises et galloises ainsi que les provinces du Leinster et du Munster.

GUINNESS travaillera avec le Tournoi des Six Nations pour construire sur l’incroyable patrimoine de sa marque. En particulier, l’équipe GUINNESS essayera de soutenir l’expérience des joueurs et des supporters, et utilisera son sponsoring pour encourager les millions de supporters adultes qui regardent ou assistent aux matchs, de boire de manière responsable.

Pour commenter ce nouveau partenariat, le PDG des Six Nations Benjamin Morel a dit : ‘’Nous sommes absolument ravis d’augmenter notre relation de longue date avec GUINNESS, et ce sera un super sponsor principal du Plus Grand Tournoi de Rugby. GUINNESS est un leader mondial et notre partenariat entre deux marques emblématiques va nous permettre d’atteindre de nouvelles audiences sur une échelle globale. On ne peut être plus enthousiastes de travailler avec l’équipe GUINNESS ces prochaines années pour développer de manières nouvelles et innovantes pour se connecter avec les supporters et les consommateurs. »

 

Cannabis : en consommer tous les jours augmente le risque de souffrir de troubles psychotiques

Bonjour

Ce n’est pas certes pas une surprise : depuis Moreau de Tours (1804-1884) et son célèbre « Du Haschisch et de l’aliénation mentale » (1845)  les liens entre cannabis et psychoses ne cessent d’intriguer 1 – mais aussi de nourrir de redoutables polémiques médicales autant que politiques.  A l’aube du troisième millénaire le sujet prend de nouvelles dimensions avec l’accélération à travers le monde (hormis en France) d’un phénomène sans précédent de dépénalisation/légalisation de la consommation de ce psychotrope.

Aujourd’hui, à verser au dossier, la publication d’un important travail dans The Lancet Psychiatry. D’où il ressort que (par rapport à l’abstinence) la consommation quotidienne de cannabis multiplie par 3,2 le risque d’être victime d’un premier épisode de psychose. Et ce risque est multiplié par 4,8 avec une consommation un quotidienne de variétés de cannabis à forte concentration (plus de 10%) en principe actif delta9-THC – variétés de plus en plus fréquentes sur les marchés officiels ou mafieux (Londres, Amsterdam ou Paris).

Mafias Sans Frontières

Les auteurs ont mené leur travail sur onze sites européens (et au Brésil) à partir des  dossiers de 901 personnes ayant souffert d’un premier épisode de psychose comparés à ceux de 1.237 personnes non touchées ; ce pour analyser et comprendre les facteurs de risque associés à l’apparition du trouble. Pour ces chercheurs il s’agit ici de la première preuve directe que la consommation de cannabis a un effet sur l’incidence des troubles psychotiques. Ils estiment que si les types de cannabis « à forte puissance » n’étaient plus disponibles, 12% des cas de premiers épisodes psychotiques pourraient être prévenus en Europe.

« Ainsi donc cette étude confirme le potentiel psychogène du cannabis pris quotidiennement et fortement dosé en THC chez des personnes vulnérables qu’il s’agisse de l’âge (jeunesse) ou de l’association à un trouble mental non encore diagnostiqué, résume le Dr William Lowenstein, président de SOS Addictions. Peut-être en va-t-il de même pour l’alcool.»

Pour le Dr Lowenstein cette étude confirme aussi tout l’intérêt d’une ‘’régulation’’ du cannabis. «Or nous avons au moins une certitude, dit-il. Ce n’est pas ‘’Mafias Sans Frontières’’ qui va baisser les taux de THC et ne plus vendre aux mineurs. »

A demain

1 Sur ce thème : L. Curtis P. Rey-Bellet M. C. G. Merlo « Cannabis et psychose » Rev Med Suisse 2006; volume 2. 31635. Et encore : « Consommation de cannabis et troubles psychotiques », extrait de Inserm (dir.). Cannabis: Quels effets sur le comportement et la santé?. Rapport. Paris : Les éditions Inserm, 2001, XII- 429 p. – (Expertise collective). – http://hdl.handle.net/10608/171″