A CentraleSupélec la mort d’Hugo, 21 ans et la question de l’alcoolisation massive des étudiants

 

Bonjour

C’est un fait divers sociétal. Une tragédie familiale révélée et développée par RTL. Nous sommes à CentraleSupélec, prestigieuse école de formation d’ingénieurs.  Dans la nuit du 12 au 13 octobre dernier Hugo, 21 ans, enchaîne les « pré-soirées » dans les appartements du campus avant une « grande fête » à l’intérieur des locaux de l’école.

« Visiblement trop ivre pour rentrer dans la soirée, Hugo est raccompagné par des camarades de promotion à son appartement. Resté seul, c’est à ce moment-là que, pour une raison encore inconnue, il tombe du balcon de son logement au deuxième étage, rapporte RTL.  Une chute de 7 mètres 50 qui lui a été fatale. »

Open bar

Hugo était en deuxième année à CentraleSupélec. Son frère jumeau Enzo et ses parents expliquent l’avoir vu vu peu à peu entrer  dans une « spirale infernale » faite de « jeux d’alcool » et de « soirées à répétition ». Absences du jeune homme à certains cours. Le tout sans réaction de la direction de l’école. Sa famille a décidé de porter plainte.  Elle entend que la mort d’Hugo soit utile et que l’école ainsi que les autres parents réagissent.

« Ce que je dénonce, c’est comment on en arrive là, a déclaré le père du jeune homme au micro de RTL. On écrase les élèves pendant les classes préparatoires pour préparer les concours. Ils travaillent jour et nuit, ils n’ont plus de vie sociale. Vous mettez quelqu’un en prison pendant trois ans et un jour, vous l’amenez au Club Med et c’est open bar. »

La ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a annoncé jeudi 18 octobre avoir demandé l’ouverture une enquête administrative. Le directeur de Centrale Supélec se dit aujourd’hui « révolté par ce drame ». Il entend désormais mettre tout en œuvre pour éviter une nouvelle tragédie sur son campus. La plainte est déposée pour « non-assistance à personne en danger ». Qui sera condamné ?

A demain

 

Alcool : peut-on encore vanter sans danger les vertus de la «menthe forte qui réconforte» ?

Bonjour

Comment lui résister ? C’est une marque qui traverse les siècles. A grand renfort de publicités inégalées. Une boissons alcoolique « aux deux anges » qui ne prend pas de rides. Une marque qui « met aujourd’hui son expertise fraîcheur et son ingrédient remarquable au service de toutes les situations du quotidien » (sic).

Une marque « anti-nausées » qui fête ses 180 ans. Et qui en profite pour vanter sa gamme de produits pour garantir une haleine fraîche et irréprochable : alcool de menthe, spray à vaporiser directement dans la bouche,  capsules haleine fraîche et une gamme de pastilles et de chewing-gums mentholés. Quoi de mieux que l’alcool pour aseptiser et réconforter ?

Eté comme hiver, 18 gouttes par jour

Sans oublier les nouveaux bonbons sans sucres Menthe Extra­-Forte « aux arômes naturels de menthe, faciles à emporter en voyage ».

Le produit phare ( « L’original depuis 1838 ») demeure une source non négligeable de revenus : le flacon de 50ml d’alcool de menthe au prix conseillé de 8,30 euros dans toutes les bonnes para-pharmacies (mais que nous avons acquis aujourd’hui dans une modeste officine tourangelle pour la somme de 9,80 euros – sucre non compris).

Pas loin de 200 euros le litre pour ce « complément alimentaire à base de plante Menthae piperitae  titrant 80° d’alcool éthylique. Une à trois gouttes – jusqu’à six fois par jour. Eté comme hiver. Se glisse aisément sous le pull-over. Laboratoires Super Diet. Pour votre santé, évitez de grignoter entre les repas.

A demain.

Cannabis récréatif légal au Canada : faudra-t-il applaudir ou s’en mordre les doigts ?

Bonjour

À compter du 17 octobre les adultes canadiens pourront acheter du cannabis « produit sous licence », à détenir jusqu’à 30 grammes de cannabis et, dans la plupart des provinces, à cultiver jusqu’à quatre plants de cannabis à domicile. Après l’Uruguay en 2013, le Canada est le deuxième pays du monde – le premier au sein du G7 – à légaliser la production, la distribution et la détention de cannabis à usage récréatif. Le Canada est aussi le premier État fédéral à décliner un modèle décentralisé de régulation du cannabis.

Pour mieux saisir les enjeux, voici un document essentiel – un document majeur pour celles et ceux qui portent un intérêt croisé à la politique, aux produits psychoactifs et à la santé publique de leurs contemporains : « La légalisation du cannabis au Canada » signé Ivana Obradovic, directrice adjointe de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). Cette synthèse décrit le processus de réforme, les objectifs de la nouvelle législation et les modalités de régulation du marché mises en place au Canada, avant de conclure sur les points de vigilance à suivre

« La loi fédérale canadienne adopte une approche axée sur la santé publique et la sécurité des jeunes : elle crée un cadre juridique strict pour contrôler la production, la distribution, la vente et la possession de cannabis partout au Canada, explique Mme Obradovic. Cependant, chaque province ou territoire est chargé d’organiser la vente de cannabis et de ses dérivés et peut établir ses propres règles (sur l’âge minimum légal, les quantités, les lieux d’achat ou de consommation, etc.). Par ailleurs, les municipalités peuvent réglementer la consommation à l’échelle locale. »

Il reste d’autre part interdit de transporter du cannabis (quelle que soit la quantité) au-delà des frontières du Canada. La mise en œuvre de cette réforme engage donc différents niveaux de juridictions et donne lieu à des systèmes de régulation différenciés à travers le pays.

« Hormis ses disparités d’application, la mise en œuvre de la régulation du cannabis au Canada pose de nombreuses questions, souligne le directrice adjointe de l’OFDT. Ses effets sur la santé publique, la sécurité routière et l’économie sont les plus attendus, dans un contexte d’émergence d’une véritable filière industrielle du cannabis adossée au marché de l’alcool. »

Il faut aussi compter avec le retentissement de la réforme canadienne se situe au plan international. Le cannabis à usage médical y étant autorisé depuis 2001, le Canada constitue déjà le premier pôle producteur et exportateur de cannabis légal. Siège de plusieurs entreprises du cannabis cotées en Bourse, le Canada peut compter sur de fortes perspectives de développement économique compte tenu de l’interdit de production en vigueur presque partout ailleurs dans le monde.

« La légalisation du cannabis récréatif au Canada vise à assécher le marché illégal et à contrôler la qualité des produits. Mais à deux jours de son entrée en vigueur, elle suscite toujours de vives inquiétudes, notamment sur la santé des jeunes et la sécurité routière » résume pour sa part l’Agence France Presse (15/10/2018 07:54:58 – Montréal AFP). Risques pour la santé mentale des adolescents, impréparation de la police, règlementations variant d’une province à l’autre: les opposants, dont de nombreux médecins, craignent une flambée de la consommation et son cortège de conséquences néfastes.

Manitous français du sanitaire

« Ce gouvernement n’est absolument pas prêt pour la légalisation de la marijuana. Le pays n’est pas prêt » a prévenu le député conservateur John Brassard, dont le parti n’a cessé de dénoncer cette réforme phare du mandat de Justin Trudeau. « Comme médecin et comme père, je ne suis pas d’accord avec la légalisation du cannabis récréatif » a déclaré à l’AFP le Pr Antonio Vigano, cancérologue et spécialiste du cannabis thérapeutique (Centre universitaire de santé McGill). Comme nombre de ses confrères, il invoque les risques d’un accroissement de la consommation chez les jeunes qui, selon les provinces, pourront acheter de la marijuana dès l’âge de 18 ou 19 ans. « On sait que le cerveau est encore en phase de développement jusqu’à 25 ans », précise-t-il – et d’évoquer « l’effet synergique » entre cannabis et l’alcool, souvent associés en un cocktail ravageur.

D’autres s’inquiètent d’une recrudescence des accidents de la circulation liés à la conduite sous l’emprise de ce psychotrope. Une récente étude publiée par l’institut officiel Statistique Canada a révélé qu’un consommateur de cannabis sur sept (14 %) possédant un permis avait déjà conduit un véhicule dans les deux heures suivant sa consommation.

Mais pour Jean-Sébastien Fallu, spécialiste de toxicomanie à l‘Université de Montréal, tous ces risques ne pèsent finalement pas lourd face aux vertus de la légalisation. « Le cannabis n’est pas bon pour la santé, mais la prohibition est extrêmement nocive et pire que le cannabis, résume-t-il. Tous les arguments reposent sur la crainte de l’augmentation de l’usage mais ce n’est pas quelque chose qu’on prédit, du moins à court terme, sur la base des études menées ailleurs dans le monde et des sondages. Et puis je préfère un peu plus d’usage de cannabis et quelques méfaits de plus, que les conséquences catastrophiques de la prohibition en termes de stigmatisation, de violence, de criminalité, d’économie illicite, etc. »

Où l’on voit que le Canada pose ouvertement et en vraie grandeur la problématique de la réduction des risques – un sujet majeur que la France, son président de la République, son parti majoritaire et ses manitous du sanitaire, se refusent obstinément à aborder

A demain

Sur ce même thème, et sur Slate.fr : « Homme libre, toujours tu chériras le cannabis »  de Laurent Sagalovitsch

 

 

Alcool et argent : est-il encore bien opportun que des médecins écrivent à Agnès Buzyn ?

Bonjour

C’est un « document RTL ». Où l’on apprend que le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, des addictologues « interpellent » la ministre des Solidarités et de la santé. « Traditionnellement, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) est présenté chaque année à l’automne. En vue de l’édition 2019 du texte, plusieurs médecins addictologues 1 adressent ce jeudi 11 octobre une lettre ouverte à Agnès Buzyn afin de l’interpeller sur les risques de la consommation d’alcool » explique la « radio la plus écoutée de France ». Voici ce document :

« Madame la Ministre, protégez les Français des dangers de l’alcool !

Augmenter de 10 millions d’euros le Fonds de lutte contre le tabac à l’ensemble des substances psychoactives (tabac, alcool, cannabis, etc.) relève d’un effet d’annonce sans commune mesure avec la dimension du problème. Pire, l’alcool est le grand absent du financement de ce « Fonds de lutte contre les addictions liées aux substances psychoactives ».

Pourtant, taxer plus fortement l’alcool est indispensable pour financer la prévention et les soins et surtout pour réduire sa consommation, notamment celle des plus jeunes. L’Organisation Mondiale de la Santé vient de le rappeler dans son rapport pour réduire les dommages de l’alcool dans le monde. Pourtant les Français sont très favorables à plus de prévention et même 92% d’entre eux souhaitent des mesures protégeant les jeunes (sondage de La Ligue contre le Cancer du 14 juin 2018).

Les excellents résultats obtenus en matière de lutte contre le tabac (1 million de fumeurs en moins en un an [chiffre hautement discutable ndlr] grâce à la hausse du prix du tabac, montrent pourtant la voie à suivre car ils confirment l’efficacité des mesures de taxation et de contrôle du marketing. A contrario, le « grand » plan de prévention de l’alcoolisme du Gouvernement se résume aujourd’hui à une discussion picrocholine sur la taille en millimètres du pictogramme pour les femmes enceintes !

Dérisoire

Cette négociation dérisoire avec les lobbies alcooliers n’est à la hauteur ni des ravages causées par l’alcool, ni des attentes des Français qui sont en droit d’exiger une protection cohérente et efficace face aux addictions. L’alcool ne doit pas rester l’éternel trou noir des politiques de prévention de la consommation de produits psychoactifs. Aucun Français ne doute de la puissance de lobbys qui parviennent à museler l’action politique dans le domaine de l’alcool, sujet d’intérêt général qui ligue contre lui le plus grand nombre d’intérêts particuliers.

C’est oublier qu’au-delà des 49.000 morts annuelles causées directement par sa consommation, l’alcool est :
–       la deuxième cause de cancers (et la première cause de cancers du sein)
–       la première cause de démence précoce
–       la première cause de mortalité chez les 15-30 ans
–       la deuxième cause d’hospitalisation médicale.

C’est oublier que l’alcool est impliqué dans plus de la moitié des violences faites aux femmes et aux enfants. C’est oublier que l’alcool est la première cause évitable de retard mental chez l’enfant. Le coût social de l’alcool est estimé à 120 milliards d’euros par an.

Sans attendre, la Loi de financement de la Sécurité Sociale doit intégrer dès 2019 :
– Une taxe sur les boissons alcoolisées en fonction du gramme d’alcool pur pour financer les soins.
– Une taxe sur les dépenses de publicité – y compris sur Internet – pour financer la prévention. » (…) »

On ne se prononcera pas sur le fond de cette supplique à l’exécutif. On observera toutefois qu’il eût été préférable, pour mille et une raisons, de l’adresser à Emmanuel Macron. Ou, mieux encore en démocratie, de s’adresser aux députés et sénateurs qui amenderont et voteront de PLFSS. Et pourquoi parler ainsi de « protéger les Français », laissant entendre que les signataires (et la ministre) seraient comme naturellement protégés ?

A demain

1 Bernard Basset, vice-président de l’Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie (ANPAA) ; Amine Benyamina, professeur de psychiatrie et d’addictologie, université Paris-XI ; Gérard Dubois, professeur de santé publique, Académie de médecine ; Irène Frachon, pneumologue, Brest ; Serge Hercberg, professeur de nutrition, université Paris-XIII ; Catherine Hill, épidémiologiste ; Albert Hirsch, professeur de pneumologie, université Paris-VII, administrateur de la LNCC ; Michel Reynaud, professeur de psychiatrie et d’addictologie, président du Fonds Actions Addictions ; Nicolas Simon, professeur de médecine Marseille, président de l’ANPAA.

Charles Aznavour (1924-2018) a, aussi, chanté l’ivresse, l’alcoolisme et la toxicomanie

Bonjour

Charles Aznavour est mort ce 1er octobre 2018. Emotion nationale. L’ensemble des médias redécouvrent la carrière et la palette de l’artiste, du chanteur, de l’acteur. « Le dernier géant de la chanson française… Une légende… Six décennies de scène… « Un précurseur du métissage musical » écrit Le Monde…»

Ici, trois de ses chansons peu connues : titres-vidéos et textes:

I J’ai bu

« J´ai bu
J´ai joué et tout mis sur le tapis
A la roulette de la vie
T´as tout gagné, moi j´ai perdu
Alors j´ai bu

J´ai bu
J´ai dit des mots qui passaient en mon âme
Mais toi dans ta petite tête de femme
T´as pas compris que j´étais perdu
Alors j´ai bu

Et fou
J´ai compris malgré tes caresses
Dans la douceur de mon ivresse
Que tu mentais

J´ai bu
Pourtant je t´aimais d´un amour sincère
Mais un jour malgré mes prières

Tu m´as quittée n´en parlons plus
Alors j´ai bu

Fine, whisky, gin
Tous les alcools me sont permis
Ce qui me chagrine,
Si des barmen je suis ami
Des réverbères je suis l´ennemi

Sur le palier
Le trou de serrure joue à cache-cache
Avec ma clef
Ma maison a une drôle de mine
Tous les objets font philippine

J´ai bu
J´ai joué et j´ai tout mis sur le tapis
A la roulette de la vie
T´as tout gagné, moi j´ai perdu
Alors j´ai bu

J´ai bu
J´ai dit des mots qui passaient en mon âme
Mais toi dans ta petite tête de femme
T´as pas compris que j´étais perdu
Alors j´ai bu

Et saoul
J´ai vite oublié tes caresses
Je me plais bien mieux dans mon ivresse
Et loin de toi

Je bois
Le trottoir n´est plus assez grand pour moi
En titubant je crie à pleine voix
Les flics sont des petits potes pour moi
Je bois

J´ai bu
J´ai joué et tout mis sur le tapis
A la roulette de la vie
T´as tout gagné, moi j´ai perdu
Alors j´ai bu

La radio joue un Ave Maria
Elle est marrante cette chanson-là
Les paroles sont en auvergnat
J´ai bu

Et mou
Je me suis couché sur le parquet
La chambre tournait sans arrêt
Ce que j´étais gai!
J´ai bu

J´ai bu
Je suis heureux et ce qui fait ma joie
Demain j´aurai la gueule de bois
Et ne penserai plus à toi
Et c´est pourquoi
Que je bois »


II Je bois

« Je bois pour oublier mes années d’infortune
Et cette vie commune
Avec toi mais si seul
Je bois pour me donner l’illusion que j’existe
Puisque trop égoïste
Pour me péter la gueule

Et je lève mon verre à nos cœurs en faillite
Nos illusions détruites
À ma fuite en avant
Et je trinque à l’enfer qui dans mon foie s’impose
En bouquet de cirrhose
Que j’arrose en buvant

Je bois au jour le jour à tes fautes, à mes fautes,
Au temps que côte à côte
Il nous faut vivre encore
Je bois à nos amours ambiguës, diaboliques
Souvent tragi-comiques
Nos silences de mort

À notre union ratée, mesquine et pitoyable
À ton corps insatiable
Roulant de lit en lit
À ce serment, prêté la main sur l’Évangile
À ton ventre stérile
Qui n’eut jamais de fruit

Je bois pour échapper à ma vie insipide
Je bois jusqu’au suicide
Le dégoût la torpeur
Je bois pour m’enivrer et vomir mes principes
Libérant de mes tripes
Ce que j’ai sur le cœur

Au bonheur avorté, à moi et mes complexes
À toi, tout feu, tout sexe
À tes nombreux amants
À ma peau boursouflée, striée de couperose
Et à la ménopause
Qui te guette au tournant

Je bois aux lois bénies de la vie conjugale
Qui de peur de scandale
Poussent à faire semblant
Je bois jusqu’à la lie aux étreintes sommaires
Aux putes exemplaires
Aux froids accouplements

Au meilleur de la vie qui par lambeaux nous quitte
À cette cellulite
Dont ton corps se rempare
Au devoir accompli comme deux automates
Aux ennuis de prostate
Que j’aurais tôt ou tard

Je bois à en crever et peu à peu j’en crève
Comme ont crevé mes rêves
Quand l’amour m’a trahi
Je bois à m’en damner le foie comme une éponge
Car le mal qui me ronge
Est le mal de l’oubli

Je m’enivre surtout pour mieux noyer ma peine
Et conjurer la haine
Dont nous sommes la proie
Et le bois comme un trou qu’est en tout point semblable
À celui que le diable
Te fait creuser pour moi

Je bois mon Dieu, je bois
Un peu par habitude
Beaucoup de solitude
Et pour t’oublier, toi
Et pour t’emmerder, toi
Je bois, je bois »

III L’aiguille

« Mon enfant, mon air pur
Mon sang, mon espérance
Mon ferment, mon futur
Ma chair, ma survivance
Tu ne perpétueras ni mon nom ni ma race
Tout ce que j’ai bâti, je l’ai rêvé en vain
Je quitterai ce monde sans laisser de trace
Tes yeux ne s’ouvriront sur aucun lendemain

L’aiguille dans ta veine éclatée
Ta peau déchirée
L’aiguille dans ton corps mutilé
Crucifié
L’aiguille de nos espoirs trahis
Te clouant dans la nuit
Sans vie


Mon arbre, mon petit
Qui peut dire à  l’avance
Ou le bonheur finit

Quand le malheur commence
Le drame de la vie sans auteur ni dialogue
Qui s’écrit à  huis clos se joue à  notre insu
Les plaisirs innocents n’en sont que le prologue
Les paradis promis ont l’enfer pour issue

L’aiguille dans ta veine éclatée
Ta peau déchirée
L’aiguille dans ton corps mutilé
Crucifié
L’aiguille de nos espoirs trahis
Te clouant dans la nuit
Sans vie

En regardant fleurir
Tes printemps pleins de grâce
Je n’ai pas sous tes rires
Éventé tes angoisses
Peut-être pas non plus assez dit que je t’aime
Ni suffisamment pris le temps d’être avec toi
Que tu as dû souffrir en secret de problèmes
A présent c’est mon tour perdu dans mes pourquoi

L’aiguille dans ta veine éclatée
Ta peau déchirée
L’aiguille dans ton corps mutilé
Crucifié
L’aiguille de nos espoirs trahis
Te clouant dans la nuit
Sans vie
L’aiguille »

 A demain

Pathologies publiques : rechute alcoolique de Renaud, le cancer de Pernaut, la fièvre de Le Pen

Bonjour

Contagion des réseaux sociaux. Le temps n’est plus où certaines informations, plus ou moins privées, plus ou moins cryptées, n’étaient destinées qu’aux lecteurs, sur papier coloré, de France Dimanche ou d’Ici Paris.

« Renaud hospitalisé et ‘’très touché’’ dans un service spécialisé en addictologie, rapporte Le Figaro (Caroline Coupat). Le chanteur a été admis ce week-end dans une clinique près de Montpellier. Il n’en a pas fini avec son alcoolisme chronique. Il est entré ce week-end pour suivre une nouvelle cure de sevrage dans une clinique de Castelnau-le-Lez, près de Montpellier (Hérault), selon nos confrères du Midi Libre .

L’artiste serait en très mauvaise santé et pourrait rester dans le service plusieurs mois, selon France Bleu Hérault . C’est sa fille Lolita qui aurait poussé son père à prendre cette décision après sa rechute de l’été dernier. Selon Paris Match, ce dernier veut se soigner et s’est rendu à la clinique de son propre chef car il tient à enregistrer un album de chansons pour enfants, dont il envisage la sortie en 2019. »

Ses démons

La clinique « refuse catégoriquement » de communiquer sur la présence du chanteur entre ses murs mais certains patients ont reconnu un Renaud « affaibli et sur ses gardes ».  « C’est le deuxième séjour de l’interprète de Mistral Gagnant dans un service d’addictologie depuis le début de l’année, rappelle Le Figaro. Il a déjà été hospitalisé en février dernier dans un établissement de la région parisienne. À l’époque, son frère David expliquait dans les colonnes du Parisien que Renaud allait bien, apprenait ‘’à se passer de ce breuvage assassin qu’est la bière’’ mais avait ‘’besoin de se réparer’’. Sur sa page Facebook, son équipe parlait d’«une petite cure, rien de grave». Interrogés à la fin de semaine dernière, les responsables de sa maison de disques minimisaient son problème de santé, assurant que le chanteur venait de faire un check-up et qu’il se portait bien. »

Selon la métaphore communément employée Renaud, 66 ans, ne parvient toujours pas « à vaincre ses démons ». Lors de sa dernière apparition à la télévision, en avril,  il répondait difficilement aux questions et disait souffrir de «déprime» et de «mélancolie». Profondément marqué par le décès de son ami Johnny Hallyday en décembre, il aurait alors confié à son frère David « le prochain, c’est moi ».

Montrer l’exemple 

Entre autres médias généralistes Le Point rapporte que Jean-Pierre Pernaut est soigné pour un cancer de la prostate. Le célèbre présentateur (depuis trente ans) du 13 heures de TF1 (cinq millions de téléspectateurs) ne sera pas présent à l’antenne pendant plusieurs semaines, durant sa convalescence. C’est Jean-Pierre Pernaut lui-même qui l’a annoncé à travers une publication sur Twitter – un message destiné à rassurer ses téléspectateurs et ses abonnés. « Je dois m’absenter quelque temps de la présentation du JT de 13 H. J’ai en effet subi une intervention chirurgicale pour un cancer de la prostate. Tout va bien. »

Sa femme, Nathalie Marquay-Pernaut, s’est aussi exprimée à travers ses comptes sur Facebook et Instagram. Elle s’est également chargée de rassurer les fans concernant l’état de santé de son mari. « Rassurez-vous, il va bien, il est très bien entouré de sa famille et ses amis et est très bien soigné. Il m’a toujours soutenue dans mon combat pour ne pas considérer le mot cancer comme un tabou et souhaite montrer l’exemple en étant honnête sur sa situation. À mon tour de le soutenir dans ce combat, ensemble nous sommes plus forts. Son leitmotiv ? Retrouver au plus vite le plateau du JT de TF1 ».

Fièvre persistante

Jean-Marie Le Pen, 90 ans,  a dû être hospitalisé dans la soirée du 25 septembre, près de Paris. Il souffre d’une « fièvre persistante ». Ses proches ont indiqué à l’AFP que ses jours n’étaient « pas en danger ». « L’entourage médical de Jean-Marie Le Pen a estimé nécessaire une hospitalisation afin de prévenir toute complication », précise d’autre part, dans un communiqué, son cabinet.

Le cofondateur du Front National « est d’humeur positive » mais il a dû « reporter la plupart de ses engagements dans les prochains jours », a ajouté son conseiller Lorrain de Saint Affrique. Celui qui présidé le FN près de 40 ans, avait déjà été hospitalisé une dizaine de jours en juin pour une « complication pulmonaire dangereuse » d’origine bactérienne – et ce après une première hospitalisation pour une grippe. C’était en en avril.

A demain

Alcool au volant : la sécurité sociale doit prendre en charge les « éthylotests antidémarrage »

Bonjour

Longtemps l’Etat ne fit rien. Puis, face à l’hécatombe il rentra petit à petit dans l’habitacle. Lever le pied droit. Le lever encore. Puis encore. Moins boire. Encore moins. Descendre sous les 80 km/h « sur les routes secondaires à double sens sans séparateur central ». Boucler les ceintures de sécurité. Puis ne plus fumer au volant, ne plus téléphoner… Etre plus que correct avec la maréchaussée. Maîtriser son véhicule et, au-delà, se maîtriser.

Puis voici aujourd’hui un décret instaurant notamment un durcissement des sanctions pour les « refus de priorité » aux piétons. Un automobiliste se verra désormais retirer six points (au lieu de quatre actuellement) s’il ne cède pas le passage à un piéton « s’engageant régulièrement dans la traversée d’une chaussée ou manifestant clairement l’intention de le faire ». La constatation de cette infraction peut par ailleurs se faire par simple vidéo-verbalisation, via des caméras de surveillance.

Cette mesure vise à réduire la mortalité des piétons : l’an dernier 519 ont été tués dans un accident et plus 11 070 ont été blessés. Une autre mesure vise à étendre le recours aux « éthylotests antidémarrage » (EAD). Au 1er janvier 2019, tout conducteur arrêté chez lequel une alcoolémie supérieure à 0,8 g/l et inférieure à 1,8 g/l aura été mesurée sera « éligible » à ce dispositif – un appareil branché sur le circuit d’alimentation du véhicule et dans lequel il doit souffler pour pouvoir démarrer son véhicule.

Compter 100 euros par mois

Avantage : au lieu de voir son permis de conduire « suspendu », le contrevenant pourra être autorisé, « par décision préfectorale dans les trois jours », à continuer à conduire des véhicules équipés d’EAD, que ce soit le sien ou un autre véhicule (d’entreprise par exemple). L’installation du dispositif (1 300 euros environ ou location de 100 euros par mois) sera, bien évidemment, à sa charge.

Aujourd’hui, les EAD ne sont proposés que par des juges (ou dans quatre départements expérimentaux (Nord, Marne, Drôme, Finistère-  par les commissions médicales administratives des préfectures. « Cela intervient bien trop tard et les contrevenants y renoncent », plaide le délégué interministériel à la sécurité routière, Emmanuel Barbe. « L’objectif, dit-il,  est d’éviter, par la rapidité de la décision, le déclassement causé par la perte du permis, notamment pour aller travailler. L’EAD est un outil reconnu contre la récidive d’alcool au volant. On espère qu’en développant l’usage, son prix baisse et amorce ainsi un cercle vertueux. »

Contre la récidive et l’addiction à l’a;cool faut-il parler de cercle et de vertu ou de spirale pathologique ? Voilà bien, dans l’habitacle ou pas, un vrai sujet médical et politique. Pourquoi les EAD ne seraient-ils pas pris en charge par l’assurance maladie ? Au nom de la réduction, collective, des risques. Qui soutiendra le contraire ?

A demain