L’opération «Janvier Sobriété» aurait été victime … de la colère des soignants hospitaliers

Bonjour

Comment expliquer la reculade d’Agnès Buzyn reportant sine die l’opération « Janvier Sobriété » ? Y voir, comme tous les observateurs le supposent, la sèche volonté, clairement exprimée à Epernay, par le président de la République ? Une autre lecture est aujourd’hui proposée, qui ne manquera pas d’irriter. Extrait de 20 Minutes (Camille Allain) :

« Le ‘’mois sans alcool’’ prévu en janvier ne se fera pas. L’opération portée par Santé publique France et qui devait être annoncée courant novembre a finalement été enterrée. D’après les informations recueillies par 20 Minutes, c’est l’Elysée qui a demandé que la campagne soit stoppée.

« La semaine dernière, le président de la République, Emmanuel Macron, avait promis à des vignerons du champagne que le mois sans alcool n’aurait pas lieu. Il a tenu sa parole. Tout était prêt. Le compte Twitter avait émis ses premiers messages et le site Web n’attendait qu’à être lancé. La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, devait même annoncer l’opération de prévention le 14 novembre.  La crise des hôpitaux​ l’a finalement obligée à repousser, sonnant la fin du mois sans alcool. »

Rappelons les propos que vient de tenir Agnès Buzyn sur France Info :

« La campagne est en train d’être travaillée. Cette mesure n’a pas encore été validée par le ministère de la Santé, elle ne m’avait pas été proposée.  Nous avons un comité interministériel dédié à la prévention en santé en février et c’est à ce moment-là que les programmes de prévention sont validés par le gouvernement. Les équipes de Santé publique France ont travaillé sur des campagnes qui ne sont pas encore abouties et sur lesquelles je dois prendre position mais ça n’est pas forcément ce format-là qui sera retenu ».

Où l’on voit à quel point, sur un tel sujet, le pouvoir exécutif peut rendre la vérité difficile à traquer.

A demain @jynau

Incroyable mais vrai : Agnès Buzyn ne validera pas avant février le «Janvier Sobriété» !

 Bonjour

Loin de se lever le brouillard s’épaissit sur le « Mois sans alcool » (incitation à diminuer sa consommation d’alcool pendant le premier mois de l’année). Corollaire : la polémique enfle. Santé publique France est aux abonnés absents, de même que la MILDECA. Santé publique France n’a jamais annoncé officiellement le lancement de cette opération originale de « sensibilisation aux risques de l’alcool » – toutefois une « source interne » a fait savoir aux médias que le projet avait effectivement été préparé et aurait dû être officiellement dévoilé très prochainement, pour un lancement officiel en janvier. Des données amplement confirmées dans le milieu associatif de l’addictologie.

La pression médiatique commençait (enfin) à monter. Six sommités médicales venaient de s’en prendre publiquement au président de la République accusé d’être –depuis Epernay- à l’origine de cette reculade spectaculaire de santé publique. Interrogés mercredi 20 novembre par l’AFP, les services de l’Elysée n’ont ni confirmé ni infirmé les propos prêtés au président de la République. (« « Vous pouvez faire savoir qu’il n’y aura pas de Janvier Sec », nous a-t-il dit », avait alors assuré le coprésident du Comité Champagne, Maxime Toubart, au site spécialisé Vitisphère.)

Arbitrages sur un coin de table

Comment sortir de cet imbroglio politique et sanitaire sans précédent ?  « La campagne est en train d’être travaillée. Cette mesure n’a pas encore été validée par le ministère de la Santé, elle ne m’avait pas été proposée, vient d’affirmer Agnès Buzyn sur France Info.  Nous avons un comité interministériel dédié à la prévention en santé en février et c’est à ce moment-là que les programmes de prévention sont validés par le gouvernement. Les équipes de Santé publique France ont travaillé sur des campagnes qui ne sont pas encore abouties et sur lesquelles je dois prendre position mais ça n’est pas forcément ce format-là qui sera retenu ».

Qui la croira ? Et comment ne pas voir, une nouvelle fois, la ministre des Solidarités et de la Santé batte en retraite au sein du gouvernement ?  « Il y a eu des arbitrages sur un coin de table qui interrogent, alors que des budgets étaient fléchés et des gens au travail », a déclaré mercredi Nathalie Latour, déléguée générale de la Fédération addiction, qui s’est élevée contre une « dérobade de l’Etat ».

A demain @jynau

L’affaire «Janvier Sobriété» : Emmanuel Macron se fait épingler par six sommités médicales

Bonjour

Non, l’affaire « Janvier Sobriété » n’est pas enterrée. C’est une adresse solennelle au président de la République. Elle est signée de six responsables 1 (médecins, universitaires, chercheurs) en charge à des degrés divers de la prévention et de la lutte contre l’addiction à l’alcool. « Six » qui estiment que ce problème de santé publique « ne peut rester indéfiniment sans réponse, sous prétexte qu’un des lobbies économiques les plus puissants s’oppose à toute mesure efficace, quand bien même elle ne concernerait que la prise de conscience par la population des risques qu’elle encoure ». Extrait de la lettre :

« Nul ne peut comprendre que la mort de 41 000 personnes par an et la prévention de 8 000 handicaps parfaitement évitables ne suscitent aucune réaction à la hauteur de ces constats dramatiques, d’autant plus que les taxes sur les alcools ne couvrent que 40 % des dépenses de santé causées par leur consommation. Cette extrême timidité de l’action publique est tout aussi incomprise par l’opinion (…)

« C’est dans ce contexte général d’un problème majeur de santé publique, parfaitement perçu par l’opinion, que nous avons appris avec surprise, et évidemment consternation, que l’opération de mobilisation sociale, préparée de  longue date par le Ministère de la Santé et l’agence Santé publique France et prévue en janvier prochain, serait remise en cause du fait de la pression du lobby alcoolier. »

Ne stigmatiser ni les consommateurs, ni les boissons alcooliques

Et les « six » de rappeler l’essentiel :que le lobby a annoncé sur ses propres canaux d’information qu’ils avaient obtenu que le président de la République s’oppose à cette opération qui n’a pour objectif principal qu’une visée pédagogique.

« Cette opération a pour caractéristique essentielle de ne stigmatiser ni les consommateurs, ni les boissons alcooliques. En effet, le mois de mobilisation sociale autour de la consommation d’alcool, mis en œuvre initialement sous le nom de « Dry January » au Royaume-Uni, propose aux personnes qui le souhaitent de faire une pause avec l’alcool pendant un mois afin de constater les bénéfices sur leur corps et dans leur quotidien. L’objectif n’est évidemment pas de conduire à une abstinence totale, mais de s’interroger sur sa consommation et de prendre conscience du rapport qu’entretient la société avec l’alcool.

« Ces opérations, sur la base du strict volontariat, s’inscrivent dans une démarche de responsabilisation collective et individuelle, et il serait incompréhensible, pour les professionnels de santé que nous sommes, mais aussi pour l’opinion, qu’elle soit annulée sous la pression d’un lobby qui n’en comprend visiblement pas l’enjeu. Ce groupe de pression se prévaut de sa proximité avec la Présidence pour faire échouer une action de prévention en santé publique. C’est pourquoi nous estimons que, porteurs de l’intérêt général et non d’intérêts particuliers, nous méritons la même écoute et la même attention. »

Dans l’immédiat les « six » demandent au président de la République de laisser se dérouler comme prévu, en janvier prochain, l’opération pédagogique de mobilisation sociale prévue par Santé publique France. On attend toujours, d’autre part, les explications publiques du Dr Nicolas Prisse, président de la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA) et de  Geneviève Chêne, directrice générale de Santé publique France.

A demain @jynau

1  Pr BENYAMINA, Psychiatrie et Addictologie, Pr Michel REYNAUD Président du Fonds Actions Addictions Pr Mickael NAASSILA Président de la Société Française d’Alcoologie Pr Amine BENYAMINA Président de la Fédération Française d’Addictologie Pr Nicolas SIMON Président de l’Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie Pr Axel KAHN Président de la Ligue Nationale contre le Cancer

Emmanuel Macron aura gagné: la puissance publique laisse tomber «Janvier sobriété »

Bonjour

De profundis clamavi ad te, Domine. Ils le redoutaient. C’est fait. L’édition 2020 du « Dry January » à la française (Janvier sobriété) devait être soutenue par Santé publique France. Le Dr Nicolas Prisse, président de la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA) l’avait annoncé en juin dernier lors du congrès de la Fédération Addiction. Une promesse non tenue : Emmanuel Macron a, depuis Epernay, été entendu et la puissance sanitaire publique se retire de cette opération de prévention dynamique et innovante. L’Etat, une nouvelle fois, se dérobe. Le Dr Prisse et  Geneviève Chêne, directrice générale de Santé publique France auront-ils, ici, le courage de s’expliquer publiquement ? On aimerait pouvoir l’espérer.

Pour l’heure, la réaction de la Fédération Addiction :

« Confondue par les uns avec le Mois Sans Tabac, au risque d’accentuer les craintes d’imposer une « abstinence générale » ; critiquée par d’autres qui nient les bénéfices de ce défi collectif proposant de faire l’expérience d’une simple PAUSE des consommations, l’opération envisagée restera une année de plus dans les tiroirs des pouvoirs publics. Les problèmes liés aux alcoolisations massives des jeunes ou les 40 000 morts prématurées liées à l’alcool méritaient autre chose qu’une dérobade.

« L’incapacité à ouvrir un dialogue, comme c’est le cas dans d’autres pays, associant les acteurs concernés, simples consommateurs de boissons alcoolisées, malades et anciens malades, professionnels de santé, ou acteurs économiques, aura conduit à un triste immobilisme dont la santé des français-es continuera de pâtir. »

Et la Fédération Addiction de condamner, une fois encore, l’absence d’une concertation organisée qui a favorisé l’influence de lobbys qui ont conduit à cet abandon. « Il serait temps de réapprendre à se parler, sans diabolisation partisane ou petites lâchetés politiciennes qui produisent de l’inertie, déclare-t-elle. L’immobilité reste une spécialité française alors que dans une société qui promeut toujours plus une consommation sans limites, la question essentielle d’une évolution de nos politiques de régulation des substances addictives se pose avec toujours plus d’acuité, qu’il s’agisse de tabac, d’alcool ou de cannabis… »

Ils avaient, naïvement, espéré « faire une pause en Janvier » avec le soutien des pouvoirs publics. Ils inviterons quoi qu’il en soit la population à s’y essayer et s’y engager, mobiliserons une nouvelle fois leurs deux cents associations, sur tout le territoire métropolitain et ultra-marin. 

A demain @jynau

Alcool et recul politique : quand un ministre en vient à devoir corriger certains journalistes

Bonjour

C’est un communiqué de presse dont il faudra se souvenir. Un document qui témoigne des fumées et des phosphorescences qui émergent sous les ors de la République et du pouvoir exécutif dès qu’on parle d’alcool et de maladie alcoolique.

Pour l’heure cela prend la forme de « précisions concernant la consommation d’alcool du  Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Didier Guillaume ».

Rappelons le contexte.  M. Guillaume était, dimanche 17  novembre, l’invité  du Grand Jury de RTLLe Figaro et LCI,  Il aborda alors, une nouvelle fois, la question de l’alcool et une nouvelle fois ses propos font polémique. Nous fûmes nombreux à entendre qu’il n’était plus opposé à une modification de la réglementation sur le taux autorisé de «l’alcool au volant ». Nombreux à découvrir qu’Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé préparait un décret en ce sens (le secret avait été bien gardé). Nombreux à imaginer que son collègue de l’Agriculture et de l’Alimentation n’était peut-être plus totalement allergique au concept de réduction des risques alcooliques.

Interprétations partielles reprises dans certains médias

Las ! Voici que nous reculons de trois cases : M. Guillaume tient officiellement et publiquement « à rappeler l’exhaustivité de ses propos sur le taux d’alcoolémie énoncés dans l’émission du Grand Jury sur RTL » Et ce  « suite aux interprétations partielles reprises dans certains médias ». On observera que le ministre ne cite pas les « certains médias » qu’il accuse de n’avoir rien compris à la précision de sa pensée et de son expression. Voici ce communiqué :

« Comme évoqué dans l’émission, il [le ministre] pense qu’il vaut mieux ne pas boire d’alcool quand on sait que l’on va prendre le volant de sa voiture (sic) Il n’a jamais exprimé le fait de vouloir changer la législation actuelle qui précise un taux autorisant 0,5g/l de sang. Le Gouvernement n’a d’ailleurs aucun projet de modification de décret en ce sens.

« Il a également précisé être pour la ‘’modération de la consommation plutôt que la prohibition’’, appelant ainsi à l’éducation et la responsabilisation de chacun. C’est, en ce sens, qu’il a précisé son opposition au mois de janvier sans alcool (re-sic) indiquant qu’il vaut mieux la modération toute l’année que l’interdiction totale pendant un mois (re-re-sic). Enfin, Il a rappelé son engagement total dans « la lutte contre toutes les addictions ». »

Où l’on comprend que la polémique sur le « Janvier Sobriété » va prendre une nouvelle ampleur (nous y reviendrons) et que M. Guillaume ne comprend rien (ou plus précisément se refuse à comprendre) ce que que disent le plus clairement possible les spécialistes de la maladie alcoolique, de la réduction des risques et de la lutte contre les addictions. Où l’on comprend aussi que dans un espace médiatique démocratique et républicain les citoyens seraient en droit de réclamer, sur un tel sujet la politique suivie, ici, par le gouvernement sur ordre du président de la République.

A demain @jynau

Zéro degré d’alcool au volant: Didier Guillaume main dans la main avec Agnès Buzyn ?

Bonjour

Mot du jour : « abstème ». Après la polémique présidentielle sur le « Janvier sobriété » voici, de retour sous les projecteurs, Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation. Et le retour, au grand jour, de l’ambivalence de l’exécutif vis-à-vis des addictions légales, liquides ou pas. M. Guillaume était, dimanche 17  novembre, l’invité  du Grand Jury de RTLLe Figaro et LCI, .

On sait qu’aujourd’hui en France le taux d’alcoolémie « au volant » est limité à « 0,5g/L d’alcool dans le sang » – soit « 0,25mg par litre d’air expiré ».. Pour les jeunes conducteurs, le taux légal est de 0,2g/L. Cela correspond (environ) à un « verre d’alcool standard » pour un permis normal et zéro verre pour un jeune conducteur en permis probatoire.

On sait moins en revanche qu’Agnès Buzyn, la ministre des Solidarité et la Santé, souhaiterait « prendre un décret pour réduire le taux de 0,5g/L à 0g/L ». Qu’en dit M. Guillaume ? « Je ne prends pas de décret, je suis ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation (sic). Je vous dis simplement que je lutte contre toutes les formes d’addiction. Je pense qu’on peut faire la fête et boire des coups et que boire du vin français c’est très bon. Mais quand on boit on ne conduit pas. »

« Mois de Janvier sans Vin’’

Sans doute les commentaires, ici, ne s’imposent-il pas. On observera toutefois la progression ministérielle. En janvier dernier il luttait contre l’addictologie (« Je veux lutter contre l’alcoolisme et lutter contre l’addictologie ») – aujourd’hui il lutte contre toutes les addictions.  « Zéro degré au volant, vraiment ? « Je ne me mets à dos personne » prévient-il  en référence aux viticulteurs qui risquent de ne pas apprécier l’alignement de leur ministre sur la position d’Agnès Buzyn. « Je me suis suffisamment exprimé sur le vin. Je suis très opposé au ‘’mois de Janvier sans Vin’’ (re-sic), je trouve ça aberrant. Je préfère la modération toute l’année, que la prohibition et l’interdiction un mois de l’année. Mais je pense que lorsqu’on conduit c’est mieux de ne pas avoir bu. »

Invité de BFM-TV et RMC le 16 janvier, Didier Guillaume :

 « Le vin n’est pas un alcool comme un autre. (…) L’addiction à l’alcool est dramatique, et notamment dans la jeunesse, avec le phénomène du “binge drinking. Mais je n’ai jamais vu un jeune qui sort de boîte de nuit et qui est saoul parce qu’il a bu du côtes-du-rhône, du crozes-hermitage, du bordeaux, jamais. Ils boivent des mélanges, de l’alcool fort. »

Ces propos du ministre lui avait valu une sèche réplique de sa collègue Agnès Buzyn. « Le vin fait partie de notre patrimoine, avait-elle concédé sur France Info, avant de souligner le caractère identique des molécules d’alcool éthylique présentes dans le côtes-du-rhône, dans les apéritifs anisés et toutes les autres boissons alcoolisées. Une semaine plus tard M. Guillaume persistait. Invité de la matinale d’Europe 1, mercredi 23 janvier, il  déclarait : « une molécule de vin et une molécule de whisky ont le même degré d’alcool, sauf que moi je ne bois pas des molécules, je bois des verres. » Et surtout ne pas insiter « se saouler ».

« Abstème » sera-t-il le mot du quinquennat ?

A demain

Au pays de Champagne, Emmanuel Macron l’épicurien enterre le «Janvier sans alcool»

Bonjour

C’est une nouvelle, sérieuse et édifiante polémique centrée sur l’opération « Janvier sobre- Dry January ». Qualifions-là de sanitaire et politique. Elle trouve son origine dans le texte qui vient d’être publié sur le site Vitisphère. On y relate (Marion Sepeau Ivaldi) la déjà célèbre et effervescente visite (14 novembre) du président de la République dans la cité d’Epernay (Marne) : « Emmanuel Macron s’oppose au « ‘’Janvier Sec’’ ». Extraits (nous soulignons):

« ‘’Le président de la République nous a affirmé qu’il n’y aura pas de « Janvier Sec »’’ rapporte Maxime Toubart, président du Syndicat général des vignerons de la Champagne et co-président du Comité Champagne, à l’issue de son déjeuner avec le président de la République. En visite à Epernay, Emmanuel Macron a partagé la table des deux co-présidents Comité Champagne (dégustant notamment le Champagne de Damien Hugot, mais également un côteaux champenois blanc de Charles Dufour et un côteaux champenois rouge de René Geoffroy).

« Le président, qui n’a jamais caché son penchant épicurien s’est, semble-t-il, offusqué qu’une telle proposition soit envisagée. ‘’Vous pouvez faire savoir qu’il n’y aura pas de « Janvier Sec’’ nous a-t-il dit » indique Maxime Toubart. La Champagne obtient ainsi une position présidentielle qui ne manquera pas de soulager la filière viticole française quelque peu crispée autour de ce projet incitant les Français à la sobriété pendant un mois. »

Il y a quelques jours déjà une audience sur ce thème avait été demandée par les représentants de la filière, comm on pouvait le lire sur Vitisphère (Alexandre Abellan) : « Vignerons et négociants opposés au « mois sans alcool » français» :

« Janvier 2020 rimera-t-il avec mois sans vin ? Le projet de l’agence Santé Publique France (ministère de la Santé) d’un premier « janvier sec » national est la cause de nouvelles tensions entre le gouvernement et l’ensemble de la filière des vins spiritueux. Cette campagne ‘’remet en question la politique de santé publique favorisée jusqu’à présent par les autorités françaises, en substituant la notion d’abstinence à celle de modération’’ viennent de dénoncer huit organisations de défense des vins et spiritueux 1 dans une lettre adressée à Édouard Philippe, le Premier ministre. »

L’influence majeure de la filière alcool sur les choix politiques en matière

15 novembre 2019, réplique immédiate des présidents de quatre assiation de lutte contre les addictions, dont l’alcoolique 2 : «  Dry January à la française : les associations appellent le Gouvernement à ne pas céder à la pression des lobbies ». Où l’on comprend que ces associations joue le Gouvernement contre le Président. Extraits :

« Alors que Santé publique France s’apprêtait à annoncer le lancement en janvier d’un mois de mobilisation autour de la consommation d’alcool, le site Vitisphère rapporte que le président de la République Emmanuel Macron aurait déclaré lors d’un déjeuner avec les producteurs de champagne son opposition à un ‘’Janvier Sec’’. Si cette déclaration venait à se confirmer, elle montrerait l’influence majeure de la filière alcool sur les choix politiques en matière de santé publique.

« Le mois de mobilisation sociale autour de la consommation d’alcool, mis en œuvre initialement sous le nom de ‘’Dry January’’ au Royaume-Uni, propose aux personnes qui le souhaitent de faire une pause avec l’alcool pendant un mois afin de constater les bénéfices sur leur corps et dans leur quotidien. L’objectif n’est évidemment pas de conduire à une abstinence totale, mais de s’interroger sur sa consommation et de prendre conscience du rapport qu’entretient la société avec l’alcool. »

Ces quatre associations rappellent qu’aujourd’hui, pas moins de quatorze campagnes annuelles de ce type sont déployées à l’étranger. Elles redisent aussi que le mois de janvier est privilégié dans la mesure où l’on est « davantage prêt à bousculer ses habitudes après les excès de fin d’année ». De fait une baisse significative de consommation auto-déclarée a été observée parmi les inscrits lors du « Dry January » en Angleterre et de la « Tournée Minérale » en Belgique six mois après la fin de chaque « défi ».

Pour l’heure le défi est de nature politique. Qui, avant Noël, l’emportera de la nouvelle direction de Santé publique France ou de la puissance épicurienne présidentielle ?

1 L’Association nationale interprofessionnelle des vins de France (Anivin de France), la Confédération Nationale des vins et eaux-de-vie AOC (CNAOC), la confédération des Vins à Indication Géographique Protégée (vin IGP), le Comité national des interprofessions des vins à appellation d’origine et à indication géographique (CNIV), les Vignerons coopérateurs de France (VCF), les Vignerons indépendants de France (VIF), l’Union des maisons et des marques de vin (UMVIN) et évidemment Vin & Société.

2 Associations signataires : Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA) – Pr. Nicolas Simon et Dr. Bernard Basset, Fédération française d’addictologie (FFA) – Pr. Amine Benyamina, Fonds Action Addiction (F2A) – Pr. Michel Reynaud, Société Française d’Alcoologie (SFA) – Pr. Mickaël Naasila