Coronavirus: peut-on officiellement innocenter les animaux domestiques et les aliments ?

Bonjour

11/03/2020. On l’attendait. Interrogée sur la transmission potentielle de la maladie Covid-19 par l’intermédiaire d’animaux domestiques ou d’aliments contaminés, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) vient, en France, de fournir sa réponse ; un rapport de 23 pages rédigé après avoir réuni en urgence un groupe de sept experts spécialisés 1. Conclusion :

« Sur la base de leur rapport, l’Anses conclut qu’à la lumière des connaissances scientifiques disponibles, il n’existe aucune preuve que les animaux de compagnie et d’élevage jouent un rôle dans la propagation du virus SARS-CoV-2 à l’origine de cette maladie. En conséquence, une éventuelle transmission par un aliment implique nécessairement la contamination de cet aliment par un malade ou une personne infectée par le virus, lors de sa manipulation ou de la préparation du repas. 

« Dans ce contexte, tout type d’aliment peut être concerné (produits animaux, produits végétaux). Par ailleurs, si aucun élément ne laisse penser que la consommation d’aliments contaminés puisse conduire à une infection par voie digestive, la possibilité d’infection des voies respiratoires lors de la mastication ne peut être totalement exclue. L’Agence rappelle que la cuisson et les bonnes pratiques d’hygiène, lors de la manipulation et la préparation des denrées alimentaires, préviennent efficacement la contamination des aliments par le virus SARS-CoV-2. »

Que dire, depuis son émergence en décembre 2019 en Chine, des connaissances acquises sur le coronavirus SARS CoV-2, responsable de la maladie Covid-19 ? Que la voie principale de transmission du virus est interhumaine, par contact entre les personnes ou à travers l’inhalation de gouttelettes infectieuses émises par les patients lors d’éternuements ou de toux. Et puis on lit ceci, surligné par l’Agence :

« Néanmoins, comme la structure génétique du virus indique une source originelle animale probable, l’Anses a été interrogée et a ainsi mobilisé un groupe d’expertise collective d’urgence sur le rôle potentiel des animaux domestiques et des aliments dans la transmission du virus.

Concernant une éventuelle transmission du virus par des animaux d’élevage et des animaux domestiques, les conclusions du groupe d’experts indiquent que :

  • Par sa structure génétique, le virus SARS-CoV-2 semble effectivement avoir pour source initiale un animal. Il provient probablement d’une espèce de chauve-souris avec ou sans intervention d’un hôte intermédiaire. Cependant, dans le contexte actuel et au vu des informations disponibles publiées, le passage du SARS-CoV-2 de l’être humain vers une autre espèce animale semble actuellement peu probable.
  • Le virus SARS-CoV-2 se lie à un récepteur cellulaire spécifique, qui constitue sa porte d’entrée dans les cellules. Même si ce récepteur est identifié chez des espèces animales domestiques et semble capable d’interagir avec le virus humain, et que les études à ce sujet doivent être approfondies, les experts rappellent que la présence du récepteur n’est pas une condition suffisante pour permettre l’infection de ces animaux. En effet, le virus n’utilise pas seulement le récepteur mais aussi d’autres éléments de la cellule qui lui permettent de se répliquer.
  • Si le génome du virus a été détecté dans les cavités nasales et orales d’un chien au contact d’un patient infecté à Hong Kong, la détection du génome n’est pas une preuve suffisante pour conclure à une infection de l’animal. Une contamination passive n’est pas à exclure, notamment du fait de la survie possible du virus sur une muqueuse humide sans nécessairement s’y répliquer. Au vu de ces éléments, les experts soulignent la nécessité d’investiguer de façon plus approfondie ce cas en réalisant des analyses supplémentaires, et de poursuivre la communication des résultats au fur et à mesure de leur réalisation.

Et ceci, au chapitre de la transmission potentielle du virus via les aliments :

La contamination d’un animal étant peu probable, la possibilité de transmission directe du virus par un aliment issu d’un animal contaminé a été exclue par les experts. Seule l’hypothèse de la contamination de l’aliment par un humain malade, ou porteur asymptomatique du virus SARS-CoV-2, a été investiguée. La contamination pourrait avoir lieu par le bais de gouttelettes respiratoires issues d’un patient contaminé. Toutefois la question de la voie féco-orale se pose, des particules virales ayant été détectées dans les selles de certains patients.

Le groupe d’experts conclut que :

  • Dans l’état des connaissances à ce jour, la transmission du virus SARS-CoV-2 par voie digestive directe est écartée. Toutefois, la possibilité d’infection des voies respiratoires lors de la mastication ne peut être totalement exclue.
  • Par analogie avec d’autres coronavirus connus, ce virus est sensible aux températures de cuisson. Ainsi, un traitement thermique à 63°C pendant 4 min (température utilisée en liaison chaude en restauration collective) permet de diviser par 10 000 la contamination d’un produit alimentaire.
  • Une personne infectée peut contaminer les aliments en les préparant ou en les manipulant avec des mains souillées, ou en les exposant à des gouttelettes infectieuses lors de toux et d’éternuements. Appliquées correctement, les bonnes pratiques d’hygiène sont une manière efficace de prévenir la contamination des denrées alimentaires par le virus SARS-CoV-2.

Ces conclusions, rédigées en urgence, seront régulièrement actualisées.

A demain @jynau

1 Présidente du groupe – Mme Sophie LE PODER – Professeur, Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort – virologie, immunologie, vaccinologie
Membres
M. Paul BROWN – Responsable de la recherche sur les métapneumovirus et les coronavirus aviaires, Anses Ploufragan – Virologie, métapneumovirus et coronavirus aviaires
M. Meriadeg LEGOUIL – Assistant Hospitalier Universitaire, CHU de Caen-Virologie -Ecologie et évolution des micro-organismes, virus zoonotiques et émergeants circulant chez les chauves-souris.
Mme Sandra MARTIN-LATIL – Chargée de projets scientifiques, Laboratoire de sécurité des aliments, Anses Maisons-Alfort – Virologie alimentaire, culture cellulaire, outils de diagnostic et de détection, hygiène des aliments
Mme Elodie MONCHATRE-LEROY– Directrice du Laboratoire de la rage et de la faune sauvage, Anses Nancy – Virologie, épidémiologie, évaluation de risques, faune sauvage.
Mme Nicole PAVIO – Directrice de recherche – Laboratoire de santé animale, Anses Maisons-Alfort – Virologie alimentaire, culture cellulaire, outils de diagnostic et de détection, hygiène des aliments
Mme Astrid VABRET – Professeur des Universités – Praticien Hospitalier, CHU de Caen – Médecine humaine, virologie, zoonoses.

Des «vers» retrouvés dans le lait infantile Gallia. Le géant alimentaire Danone ne comprend pas

Bonjour

C’est une « information RTL » de nature à faire frémir nombre de parents. Aujourd’hui en France cinq familles ont découvert des larves ou des vers dans des boîtes de lait infantile de la marque Gallia. Deux d’entre elles ont d’ores et déjà porté plainte.Après la Bretagne, le Puy-de-Dôme et les Landes, c’est dans le Var et les Bouches-du-Rhône que deux autres familles ont trouvé des vers dans leurs boîtes de lait de la marque Gallia Galliagest 0-6 mois. RTL :

« Dans le Var, Sarah a fait cette horrible découverte le 4 janvier dernier alors qu’elle s’apprête à faire le biberon de son fils d’un mois. « Je vois comme une toile d’araignée dans la boite, donc je secoue un peu la boite et dans le fond il y avait un ver, une larve d’un centimètre et demi. Du coup j’ai attendu que mon conjoint arrive, j’ai mis la larve dans la cuillère doseuse et je l’ai renvoyée à la pharmacie. On a prévenu toutes les pharmacies aux alentours pour donner le numéro de série parce que ce lait, le Galliagest, ne se trouve pas dans les supermarchés mais dans les pharmacies », raconte-t-elle. »

Sarah a décidé de porter plainte, comme les familles de Bretagne et du Puy-de-Dôme. Plainte pour intoxication alimentaire comme cette femme dont la fille de 3 mois et demi a régurgité un ver de 6 cm de long après avoir été malade pendant 3 semaines sans que les médecins trouvent l’origine de ses symptômes.

« On ne porte pas plainte pour avoir des dédommagements mais pour que Gallia réponde à nos questions, que ça ne reste pas comme ça en interne sans réponse. C’est une démarche pour leur dire : attention, il se passe quelque chose, ce n’est pas normal qu’il ait tous ces cas en si peu de temps qui ressortent. Peut-être que ça ne vient pas de l’usine mais si ça vient de l’entrepôt de stockage ou de l’acheminement, ce n’est pas de notre responsabilité mais de la leur. »

Et Gallia (propriété du groupe Danone) ? Sa réponse :

« En l’état des informations à date transmises et sans que les boîtes de lait ne nous aient été retournées pour analyse, plusieurs hypothèses peuvent expliquer la présence d’un insecte : les conditions de transport, de stockage en entrepôt, de conservation, etc. En ce qui concerne, la chaîne de production, nous rappelons que la poudre de lait ne transite pas à l’air libre. Elle chemine dans des tuyaux fermés et est conditionnée sous atmosphère protectrice avec moins de 2% d’oxygène, rendant de fait impossible la survie d’un organisme vivant dans ces conditions. »

Etrange, donc. Le géant explique aussi avoir besoin de « faire des analyses plus poussée »s sur ses boîtes de lait. Il mis en place un « numéro vert » (0800 202 202) pour rassurer celles et ceux qui redoutent, désormais, des laits contaminés.

A demain @jynau

Alerte rouge : le virus ravageur de la tomate vient d’être identifié en France (Finistère)

Bonjour

Hasard infectieux ou fatalité virale ? Les adeptes de la collapsologie et les servants du complotisme peuvent se réjouir. C’est une alerte rouge officielle du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation. 16 février 2020. Il confirme une très forte suspicion du virus ToBRFV sur des tomates en serre dans une exploitation agricole du Finistère. Ce virus émergent (rien de commun avec le Covid-19) n’a pas d‘impact sur l’homme. Mais il n’avait encore jamais, jusqu’ici, été détecté en France.


Les services de la DRAAF Bretagne ont réalisé une inspection le 11 février suite à un autocontrôle (analyses pour recherche du virus) réalisé après identification, sur des tomates, de lésions compatibles avec cette maladie. Les résultats officiels devraient être communiqués lundi prochain par le laboratoire national de référence.Dans l’attente,souligne le ministère, des mesures conservatoires ont été déployées et l’exploitation placée sous séquestre complet avec : confinement des deux serres de l’exploitation avec interdiction d’accès ; consignation de l’ensemble des plants, semences, fruits et matériels de l’exploitation application de mesures de biosécurité (isolement des matériels, désinfection, gestion des résidus).

Une enquête est d’autre part en cours pour identifier les sources éventuelles de contamination ainsi que les éventuelles exploitations qui auraient été en lien. La destruction de l’ensemble des plants de tomates des serres contaminées sera réalisée dès la confirmation officielle du foyer.

Rappel :

Le virus du fruit rugueux de tomate brune (ToBRFV ou TBRFV) peut infecter jusqu’à 100% des plantes sur un site de production de tomates, poivrons, piments. Une virulence qui le rend redoutable pour les cultures à haute densité de plantation comme les cultures sous serres. Il est d’autre part extrêmement résistant, et peut être transmis par les semences et les plants.

Les tomates elles-mêmes peuvent véhiculer le virus, ou par l’activité humaine (manipulation, utilisation de matériel contaminé). Ce virus a été observé pour la première fois en Israël en 2014, et a ensuite été trouvé en 2018 sur des cultures de tomate au Mexique, aux Etats-Unis, en Allemagne et en Italie et enfin en 2019 aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en Grèce.

Le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation appelle d’ores et déjà tous les producteurs et des jardiniers amateurs à une extrême vigilance : lors de l’achat de semences ou de plants de tomates ou de piments et poivrons, il convient de s’assurer qu’ils sont accompagnés d’un certificat ou passeport phytosanitaire garantissant leur statut indemne vis-à-vis du virus

La détection précoce de toute introduction du virus sur le territoire est cruciale pour endiguer sa diffusion : en cas d’apparition de symptômes évocateurs, tout professionnel ou tout jardinier amateur est tenu de les déclarer immédiatement à la DRAAF.

On peut le dire autrement : la diffusion de ce virus sur le territoire national aurait des conséquences économiques majeures pour la filière mais également les jardiniers amateurs. La tomate est le premier légume consommé par les Français avec un peu plus de 13,9 kg par ménage et par an. La culture de tomates en France est la première culture légumière avec 712 000 tonnes produites en 2018 ; elle est également largement cultivée en jardin potager avec près de 400 000 tonnes produites chaque année.

A demain @jynau

Coronavirus animalier : faudra-t-il, demain éradiquer ou sauver les derniers pangolins ?

Bonjour  

La quête du « réservoir-hôte-intermédiaire » de l’épi-pandémie ! C’est l’un des sous-ensemble les plus prisés des médias. On y retrouve le frisson des bestiaires, l’appel de la forêt et la démonstration que tout n’est finalement pas bon dans la diversité biologique de la planète. Nouveau coronavirus : on avait initialement parlé de la chauve-souris, incidemment du serpent. Cap aujourd’hui sur le pangolin (du malais pengguling : « enrouleur ») ce membre (généralement inconnu sous nos latitudes) d’une famille de « mammifères insectivores édentés dont le corps allongé est en grande partie recouvert d’écailles ». Vivent dans les régions tropicales et équatoriales d’Afrique et d’Asie. Particulièrement ciblé par les braconniers (viande très appréciée, réservoir médicamenteux). Voit sa population s’effondrer – classé comme espèce en danger critique d’extinction.   Dans son Dictionnaire superflu à l’usage de l’élite et des bien nantis, le regretté Pierre Desproges évoque « un artichaut à l’envers avec des pattes, prolongé d’une queue à la vue de laquelle on se prend à penser qu’en effet, le ridicule ne tue plus ».

Or c’est bien ce pangolin est aujourd’hui soupçonné d’être le réservoir intermédiaire du nouveau coronavirus 2019-nCoV – et ce en facilitant son passage de la chauve-souris à l’homme. C’est du moins l’hypothèse avancée par des chercheurs de l’Université d’agriculture de Chine du Sud. Après avoir testé plus d’un millier d’échantillons d’animaux sauvages, les scientifiques de l’université ont découvert que les séquences du génome des virus trouvés sur les pangolins étaient identiques à 99 % à celles des coronavirus. Information rapporté », vendredi 7 février, par l’agence de presse officielle Xinhua.

« Pour l’heure, les détails de ces travaux n’ont pas été rendus publics, et cette hypothèse doit être prise avec prudence : au début de l’épidémie, une équipe avait estimé que le serpent avait pu servir d’hôte intermédiaire, avant d’être démentie par d’autres analyses génétiques » nous prévient Le Monde (Hervé Morin). Et le dernier vespéral de la capitale de nos apprendre qu’une étude parue en 2019 dans la revue Viruses donne un certain crédit à l’accusation du pangolin.

Cité par Le Monde, Edward Holmes (Université de Sydney), spécialiste de l’évolution des virus à ARN (dont font partie les coronavirus), l’hypothèse du pangolin-intermédiaire est « extrêmement intéressante » – alors qu’il avait rejeté celle du serpent. « Nous avons besoin de plus de données », a-t-il indiqué sur son compte Twitter. Mais selon lui, « cela pourrait être analogue à la situation de la chauve-souris et du dromadaire avec le MERS ». Ce coronavirus avait infecté 2 500 personnes et tué 858 d’entre elles entre février 2012 et décembre 2019, principalement en Arabie saoudite. Dans ce cas, c’est le camélidé qui a constitué l’hôte intermédiaire entre la chauve-souris et l’homme

Accuser la chauve-souris, les dromadaires et les pangolins ? Nullement nous assure Neil D’Cruze, un responsable de l’organisation Protection mondiale des animaux (WAP). Condamner l’homme, au contraire, responsable du commerce d’espèces sauvages. « Un commerce responsable de terribles souffrances pour les animaux et qui met en danger la santé des humains, assure-t-il. Si nous voulons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour prévenir les épidémies de maladies mortelles telles que le coronavirus, alors une interdiction permanente du commerce des espèces sauvages, en Chine et dans le monde, est la seule solution. »

A demain @jynau

Promesse ministérielle : un jour prochain les porcelets français ne seront plus castrés «à vif»

Bonjour

Nous avions entendu sa promesse concernant la fin du broyage-destruction des millions de poussins mâles.  Mardi 28 janvier Didier Guillaume tenait une conférence de presse consacrée aux mesures gouvernementales en faveur du bien-être animal. Le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation est revenu sur le sujet : « l’objectif, c’est de forcer les entreprises, la recherche, à faire cela fin 2021 (…) trouver la technique qui marche à grande échelle ».Parmi les voisins de la France, la Suisse a mis en place cette interdiction depuis le 1er janvier. Le mode d’abattage « au moyen du CO2 » y reste autorisé.

Outre les poussins mâles détruits-broyés le ministre a traité de la douloureuse question des porcelets. Promis-juré : « fin 2021, il n’y aura plus de castration des porcelets à vif », a-t-il assuré, en ajoutant que son ministère allait « publier des textes réglementaires dans les toutes prochaines semaines pour aller vers l’interdiction des pratiques douloureuses dans l’élevage ».

Pourquoi castrer « à vif » des porcelets ? La castration, explique-t-on, ermet d’obtenir des porcs plus gras, tout en évitant l’odeur nauséabonde de verrat que peut dégager à la cuisson le gras de certains mâles « entiers ». « Nous avons travaillé avec les vétérinaires prêts à élaborer un protocole pour une prise en charge complète de la douleur », a expliqué M. Guillaume.

Le bien-être de l’éleveur réclame-t-il les souffrances de ses bêtes ?

 Les défenseurs des animaux en général, des porcelets en particulier, ne sont pas satisfaits. « La véritable annonce serait de fixer une échéance pour l’arrêt de la castration et n’autoriser que les alternatives sauf exceptions pour certaines productions », a réagi l’association de protection des animaux CIWF. Selon elle « la prise en charge de la douleur est une fausse bonne solution ». Elle a également déploré l’absence d’annonce pour l’interdiction de vente des œufs de poules élevées en cage, comme s’y était engagé Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle.

Pour sa part l’association Welfarm, qui milite pour la protection des animaux de fermes, « la seule alternative viable, aussi bien pour les animaux que pour les éleveurs, est l’arrêt pur et simple de la castration, autrement dit l’élevage de mâles entiers ou l’immunocastration ».

« La pratique de la castration chirurgicale des porcelets est de plus en plus remise en cause en raison de la douleur que l’opération entraîne pour l’animal, nous expliquent des spécialistes. Cette pratique est motivée par le fait que les viandes de certains porcs mâles entiers présentent, aux stades usuels d’abattage, des odeurs désagréables qualifiées d’odeurs sexuelles. Outre la douleur infligée à l’animal pendant et après l’opération, la castration se traduit aussi par une baisse sensible des performances en termes d’efficacité alimentaire et de teneur en muscles de la carcasse. Une première alternative consiste à pratiquer une anesthésie et/ou une analgésie pour atténuer la douleur pendant et après l’opération. L’immunocastration (un vaccin spécifique inhibant le développement sexuel) est une deuxième alternative envisageable. Enfin, il est également possible de ne rien faire et d’élever les animaux entiers (non castrés). »

Pourquoi faire quelque chose plutôt que rien ? « Aujourd’hui, le bien-être animal, ce n’est pas la fin de l’élevage, c’est mieux d’élevage, a expliqué le ministre Guillaume aux journalistes. Il y a le bien-être animal, mais je suis aussi attaché au bien-être de l’éleveur, c’est très important. » On aurait aimé poser une question au ministre : le bien-être de l’homme réclame-t-il les souffrances de ses bêtes ?

A demain @jynau

Coronavirus : peut-on désormais, sans danger, utiliser la métaphore de la «Cocotte-minute®»

Bonjour

Tout évolue à très grande vitesse sur le front du « corona » (nouvelle abréviation médiatique). Où l’on voit désormais certains médias interroger avec componction les experts sur le fait de savoir « s’ils en font trop ou pas assez ». Où l’on voit, aussi, se multiplier à l’infini les nouvelles sources d’interrogations : « masques », « portiques », « quarantaine », « incubation », « thermomètre frontal », « mutations », « chambres d’isolement à pression négative/positive » etc.

Où l’on voit, enfin, certains hauts responsables commencer à puiser dans le grand sac des métaphores. Ainsi la ministre Agnès Buzyn user de celle de l’incendie qui, comme chacun sait, doit être au plus vite circonscrit.  Ainsi le Pr Arnaud Fontanet (Institut Pasteur de Paris), qui dans Le Monde, a recours à un outil généralement utilisé en cuisine. Le Monde (Rémi Barroux) lui demande si l’OMS aurait dû décréter un « état d’urgence internationale ».

Ne pas oublier de dépressuriser

«  C’est difficile à dire, répond le pastorien. On se rend compte que la déclaration de l’OMS a été très débattue : retardée d’un jour, avec un communiqué qui indique que les membres du comité avaient des avis différents, ce qui exceptionnel. Pour déclarer une ‘’urgence de santé publique de portée internationale’’, il faut que ce soit soudain, grave, d’une ampleur mondiale et que la réponse nécessite une action coordonnée à l’échelle internationale. Or, pour le moment, la dimension mondiale est encore incertaine, puisque dans tous les pays où des cas ont été enregistrés, il n’y a pas eu de cas secondaire, c’est-à-dire pas de personne secondairement infectée dans l’entourage du cas importé. Même si on se rend compte qu’il y a une cocotte-minute en Chine. Qu’en sera-t-il dans quinze jours ? »

Attendons quinze jours, donc. Dans l’attente, la « Cocotte-minute® » (marque déposée depuis soixante-sept ans par SEB, célèbre acronyme de « Société d’Emboutissage de Bourgogne »). Un objet devenu culte également connue sous le nom d’ « auto-cuiseur » : ustensile de cuisine constitué d’un récipient en métal épais hermétiquement clos par un couvercle équipé d’une valve de dépressurisation. Il permet de cuire les aliments sous haute pression. Où l’on retrouve incidemment la notion de pression, avec tous les risques et dangers qui y sont associés. La Chine a-t-elle su manier comme il convenait la petite valve de dépressurisation ?

A demain @jynau

Interdite de Dry January, Santé publique France en est réduite à la comptabilité alcoolique

Bonjour

Il y a les merles. Et puis il y a les grives. Faute de jouer pleinement leur rôle sanitaire dans l’opération « Dry January » les salariés de la puissante agence Santé publique France publient des chiffres à l’attention des journalistes. Où l’on remet les pendules à l’heure quant à la place des vins dans l’imprégnation alcoolique de la population française. « Bien que le volume global d’alcool pur consommé en France (11,7 litres par habitant de 15 ans et plus en 20171 ) soit en diminution depuis les années 1960, essentiellement en raison de la baisse de la consommation quotidienne de vin, la France reste parmi les pays les plus consommateurs d’alcool au monde, se situant au sixième rang parmi les trente-quatre pays de l’OCDE »

Chiffres clés sur la consommation d’alcool en France métropolitaine : 23,6% des personnes de 18-75 ans dépassaient les repères de consommation en 2017 · 11,7 litres par an et par personne de 15 ans et plus · 41 000 décès attribuables à l’alcool par an, dont 30 000 chez les hommes et 11 000 chez les femmes · 16 000 décès par cancer et 9 900 décès par maladie cardiovasculaire chaque année · 87% des 18-75 ans consomment de l’alcool au moins une fois par an · 26% des 65-75 ans déclarent une consommation quotidienne d’alcool · 13,4% des 18-24 ans déclarent au moins dix ivresses par an · 10% des 18-75 ans consomment à eux seuls 58% de l’alcool consommé.

Le poids et la publicité des grands alcooliers industriels

Aujourd’hui Santé publique France tente aussi de dresser une « cartographie de la consommation d’alcool en France ». Qui boit quoi et combien (sinon pourquoi) ? Que découvre-t-on que l’on ne connaisse (ou pressente) déjà ?

« La consommation quotidienne d’alcool concerne, selon les régions, 7,1 % à 12,6 % des adultes sachant que la moyenne nationale est de 10,0 %. Elle est significativement moins fréquente en Ile-de-France (7,1 %), Normandie (7,9 %) et Pays de la Loire (8,1 %), ainsi que dans l’ensemble des DROM. Selon le Baromètre Santé 2014, la Guadeloupe (6,9 %), la Guyane (5,2 %), la Martinique (7,0 %) et La Réunion (5,8 %) affichent des prévalences comparables entre elles, et significativement moins élevées que la moyenne de la France métropolitaine. Les régions Hauts-de-France (11,5 %), Nouvelle-Aquitaine (12,3 %) et Occitanie (12,6 %) se distinguent par une consommation quotidienne plus fréquente, etc. etc. etc. »

Elargit la focale ? « Ces données confirment les tendances observées en Europe, nous apprend Santé publique France. Même si les pays européens conservent des caractéristiques culturelles spécifiques, en termes de préférences de consommation comme de pratiques d’alcoolisation (un modèle latin d’usage régulier d’alcool opposé à un modèle nordique et anglo-saxon de consommations moins fréquentes mais plus importantes), les comportements tendent à s’uniformiser depuis quelques décennies en population générale comme parmi les adolescents. » Pourquoi ? Poids des grands alcooliers industriels et de leurs publicité ? Santé publique France se garde bien de nous renseigner.

Maximum dix verres par semaine et danger dès le premier verre

Pour finir un copié-collé et quelques bonnes intentions : « La consommation d’alcool fait partie des principaux déterminants de santé et des trois premières causes de mortalité évitable avec 41 000 décès en 2015. L’alcool constitue donc l’un des axes forts du programme de Santé publique France. L’Agence produit à la fois des données d’observation et de surveillance, et des actions nationales de prévention adaptées aux différents publics. Son programme Alcool répond à l’objectif de réduire la morbi-mortalité associée à la consommation d’alcool en France. »

Rappel : En 2017, le travail d’expertise scientifique mené par Santé publique France et l’Institut National du Cancer a permis d’élaborer de nouveaux repères de consommation à moindre risque : si l’on consomme de l’alcool, maximum 10 verres par semaine, maximum 2 verres par jour, et des jours dans la semaine sans consommation . Ces repères permettent désormais aux Français de faire le choix éclairé d’une consommation à moindre risque pour leur santé, sachant que les risques pour la santé d’une consommation d’alcool existent dès le premier verre.

Comprendra qui le pourra. En sachant que nous sommes nombreux à attendre que la tête de cette agence publique ait le courage de révéler quelles sont les véritables raisons de son absence au Dry January.

A demain @jynau