Rififi dans les logos nutritionnels : Paris s’en laissera-t-il compter par Coca Cola & C° ?

 

Bonjour

La guerre des étiquettes nutritionnelles est bel et bien ouverte. Début mars six géants mondiaux de l’agro-alimentaire (The Coca-Cola Company, Mars, Mondelez, Nestlé, Pepsico et Unilever) annonçaient qu’ils avaient unilatéralement décidé de mettre en place leur propre système « d’étiquetage nutritionnel simplifié » dans l’ensemble de l’Union européenne. C’était là une manœuvre de type féodal : il revient au seigneur- producteur de rédiger le message codé sur le contenu destiné à l’acheteur-consommateur. La puissance publique ne saurait avoir ici un droit à agir.

Or on sait qu’en France les autorités sanitaires ne sont pas dans cette dynamique du laisser-faire. Après bien des atermoiements (et en dépit d’une série de polémiques intestines) des études originales ont été lancées sous l’égide de la Direction Générale de la Santé. Les résultats viennent d’être rendus publics par Marisol Touraine. Résumons-les.

Achats en conditions réelles

Il y a d’abord eu une étude sur le choix du « système d’étiquetage nutritionnel » le plus adapté : soixante supermarchés situés dans quatre régions de France ont participé pendant dix semaines à l’évaluation comparative de quatre systèmes d’étiquetage nutritionnel simplifié. Le tout « en conditions réelles d’achat ». Conclusion officielle : « l’évaluation confirme le succès de cette étude inédite : l’intérêt de l’étiquetage nutritionnel est démontré pour la 1ère fois ». Comprendre que les systèmes d’étiquetage nutritionnel simplifié (« Nutri-Couleurs », « Nutri-score » et « SENS ») sont bien susceptibles d’entraîner des modifications dans les comportements d’achat des consommateurs.

Comprendre aussi que pour ce qui est de l’efficacité la palme revient au système « Nutri-Score » (ou « 5 C »).  « Cet avantage de ‘’Nutri-score’’ est plus marqué encore lorsqu’on observe spécifiquement le comportement des consommateurs qui achètent les produits les moins chers, explique le ministère de la Santé. Au regard de l’ensemble de l’étude, ‘’Nutri-Score’’ apparaît donc comme le système le plus efficace ».

Agro-alimentaire-publicitaire

Ce n’est pas tout : une seconde étude a été menée du 21 novembre au 12 décembre 2016 pour mesurer l’impact de plusieurs systèmes d’étiquetage nutritionnels à travers une méthode expérimentale en laboratoire. 809 participants ont alors testé cinq systèmes d’étiquetage. Et là encore « les résultats confirment l’impact des systèmes testés sur les achats des consommateurs ». Là encore « ils confirment également l’efficacité du système Nutri-score, tout particulièrement sur le tiers des consommateurs ayant les revenus les plus faibles ».

Et maintenant ? C’est là que tout se complique. « Ces résultats permettront le choix du logo qui sera recommandé aux entreprises de l’agroalimentaire et aux distributeurs, explique Marisol Touraine. Le Ministère s’appuiera sur ce rapport pour finaliser le cahier des charges qui sera adressé à l’ANSES pour avis. L’arrêté définissant le système d’étiquetage nutritionnel que les industriels pourront mettre en œuvre sera pris début avril. » Or on sait que, dans ce domaine, les industriels de l’agro-alimentaire-publicitaire disposent d’énergies et de relais qui peuvent être aux antipodes du sanitaire. La guerre, si l’on comprend bien, ne fait que commencer.

Pressions

Il faut aussi ajouter, point essentiel que cet étiquetage tenu pour modifier les comportements des acheteurs, sera facultatif: la réglementation européenne ne permettant pas de le rendre obligatoire, ce que regrette la ministre de la santé.

« Je compte sur la pression des consommateurs, qui demandent à être informés, pour que les industriels s’engagent dans cette voie », explique Marisol Touraine dans les colonnes du Parisien. Quelle sera le niveau de cette pression ? Dépassera-t-elle les fontières de l’Hexagone ? Qui, de Coca ou de Paris, l’emportera ?

A demain

 

C’est officiel : l’eau des «carafes filtrantes» peut être bue sans danger (ou presque)

Bonjour

La France demeure un pays d’une richesse insoupçonnée. C’est aussi un pays qui dispose d’un remarquable circuit de distribution d’eau potable mais qui, pourtant, nourrit une passion pour la consommation d’eaux dites minérales. C’est, enfin un pays où (source officielle) un foyer sur cinq « serait équipé d’une carafe filtrante ». On comprend qu’il fallait en savoir plus. C’est ce que vient de faire l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) dans un long avis de « bon usage » dont la redoutable technicité confine parfois à la poétique surréaliste 1.

Carafes, certes, mais « filtrantes » ? Ce sont des appareils de traitement d’eau à domicile devant exclusivement être utilisés avec de l’eau destinée à la consommation humaine (EDCH). Comprendre qu’elles ne sont pas conçues pour rendre potable une eau qui ne le serait pas. Il s’agit ici, dit-on, d’améliorer les qualités organoleptiques de l’eau (gommer le goût de chlore notamment), voire d’éliminer le calcaire ou certains métaux (comme le plomb).

C’était là, pour tout dire, un secteur commercial sans problème, une petite amélioration du quotidien, une source de réconfort domestique et écologique.  Jusqu’au moment où vinrent des « signalements de libération de substances indésirables dans l’eau par ces dispositifs auprès de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) ». Suivirent des questions posées ces carafes, sur leur innocuité et leur efficacité. Et puis, immanquablement, « des articles publiés dans la presse ». C’est alors que l’Anses s’est « autosaisie » de la question.

Napperons de dentelles

 Après des années d’enquêtes et de reportages nous avons la réponse :

« Les données actuellement disponibles ne mettent pas en évidence un risque pour la santé du consommateur. L’Agence conclut toutefois que l’usage de carafes filtrantes peut conduire au relargage de différents contaminants (ions argent, sodium, potassium, ammonium) dans l’eau de boisson, à un abaissement du pH, voire à une altération de la qualité microbiologique de l’eau. »

Où l’on retrouve une vieille antienne jésuite de l’Anses : pas de risque pour la santé objectivement démontrable, donc. Mais aucune garantie donnée pour affirmer que ce risque n’existe pas. Et l’Agence d’émettre des recommandations normatives (concernant « les exigences de performance et d’innocuité attendues des carafes filtrantes ») et des recommandations aux manipulateurs de telles carafes. C’est somme toute, assez simple : il leur suffit de « respecter la notice d’utilisation » (usage, nettoyage, conservation de l’eau filtrée).

Certes, mais que penser, concrètement, de l’hypothétique relargage d’argent, de sodium, de potassium, ou d’ammonium dans l’eau des carafes ? L’Agence ne le dit pas précisément. Elle attire en revanche l’attention des consommateurs sur les produits proposés à la vente en ligne : ces derniers peuvent ne pas être conformes à la réglementation européenne. On peut voir là une faille dans les contrôles de conformité de ces produits par l’autorité publique. Et rien n’est dit sur les règles du bon usage des carafes en cristal. Un rappel :

« (…) Enfin le couvert se complète par les carafes à eau à vin blanc et à vin rouge, assez nombreuses pour que chaque convive puisse se servir lui-même. Les carafes sont posées sur des napperons de dentelles ou des porte-carafe en cristal ». Lar. mén.1926, p. 1102.

A demain

1 « AVIS de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail relatif à l’évaluation de l’innocuité et l’efficacité des carafes filtrantes »

Déclaration de guerre de Coca-Cola & C° contre les logos nutritionnels. Bisbilles françaises.

 

Bonjour

Coup de tonnerre dans la jungle de l’agro-alimentaire :  The Coca-Cola Company, Mars, Mondelez, Nestlé, Pepsico et Unilever « s’engagent à développer un système d’étiquetage nutritionnel fiable, permettant aux consommateurs de faire des choix équilibrés et réfléchis ». On peut le dire autrement : ses six géants annoncent qu’ils ont unilatéralement décidé de mettre en place leur propre système « d’étiquetage nutritionnel simplifié ». C’est, comme on peut le voir, une déclaration de guerre. Ecoutons ces géants :

« Les entreprises signataires sont convaincues qu’il est fondamental de disposer d’un système d’étiquetage nutritionnel simple, cohérent et valable pour toute l’Europe, en accord avec les réglementations européennes en vigueur. C’est pourquoi nous soutenons activement le système de code couleur R.I. (tel qu’appliqué en Irlande et au Royaume-Uni), où la taille des portions peut être intégrée en tant qu’élément d’interprétation supplémentaire (idée à examiner davantage par le biais d’un groupe de travail). Nous nous tenons à la disposition des autorités belges pour poursuivre la réflexion et les tiendrons informées de toute avancée dans ce domaine »

Vices et vertus

Cette initiative ne doit rien au hasard : elle survient à la veille des résultats d’une étude lancée en France et qui vise à comparer les vices et les vertus de plusieurs systèmes de « logos nutritionnels » en « conditions réelles d’achat » demandée par la Direction Générale de la Santé. Une affaire qui alimente depuis quelques mois diverses polémiques et voit s’affronter quelques egos.

On connaît l’objectif : guider le consommateur dans ses achats de produits alimentaires. Et pour cela user de codes graphiques indiquant notamment les proportions de sucre, sel et de graisses. L’étude pilotée par le Pr Benoît Vallet, Directeur Général de la Santé vise ainsi à comparer les logos de l’industrie agroalimentaire, de la grande distribution, ceux de Traffic-Light, modèle britannique et « Nutri-Score », un système à cinq couleurs, développé par des chercheurs de Paris-XIII-Inserm. Ce dernier n’est pas sans susciter une certaine allergie chez les géants industriels du secteur.

Information-manipulation

Le nouveau système R.I. proposé par Coca-Cola & C° est lui aussi basé sur le principe d’un code couleurmais les quantités de nutriments sont indiquées différemment – par « portion » et non par unité de poids ou de volume. Certains y voient une volonté de manipuler sous couvert d’informer. Ils ne manquent pas d’arguments solides pour soutenir leurs dires. Sans parler des mécanismes d’addiction, au sucé notamment, que les géants savent induire.

Or, face à l’attaque des géants sur l’ensemble de la Vielle Europe la situation française se caractérise par une succession de bisbilles qui pourraient rapidement ruiner sa position. « Conflits d’intérêts dans le comité scientifique, présence des industriels dans le comité de pilotage, mise en place en magasin jugée insuffisante : l’étude comparative elle-même n’est pas exempte de critiques depuis son lancement début 2016, résume Le Monde (Stéphane Horel). Sa crédibilité est d’autant plus questionnée que sa réalisation a été confiée par le ministère de la santé au Fond français alimentation santé (FFAS), une organisation créée par l’Association nationale des industries alimentaires (ANIA) et financée par les industriels du secteur. »

Démocratie alimentaire

Le dernier coup d’éclat dans ce domaine a vu, il y a quelques jours, le Haut Conseil de la santé publique (HCPS) « s’étonner » des conclusions de l’avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentaire, de l’environnement et du travail. L’ANSES y estimait que le niveau de preuve est insuffisant pour conclure sur la capacité des logos nutritionnels à réduire l’incidence des maladies chroniques. « Aucune étude scientifique ne peut répondre à une telle question ! » a tonné le HCSP.

La Société française de santé publique a aussi réagi aux conclusions de l’ANSES en rappelant que le logo nutritionnel « répond à une exigence de démocratie sanitaire et qu’il difficile de laisser entendre que l’objectif du logo serait de diminuer à lui seul l’incidence des cancers ou des maladies cardio-vasculaires, voire de freiner l’épidémie d’obésité et de surpoids ».

Nous en sommes là. Qui l’emportera ?

A demain

Alcool au volant ? Il vous sera impossible d’avancer jusqu’au prochain tournant

 

Bonjour

Non, Emmanuel Macron n’a pas encore révélé son plan contre l’alcoolisme. Ni lui ni les autres candidats à l’élection présidentielle. Plus généralement les postulants à la magistrature suprême semblent ne pas connaître l’existence du concept de réduction des risques. Peut-être est-ce consubstantiel à la quête du pouvoir politique ; une quête qui -on l’observe aujourd’hui avec François Fillon – peut confiner au tragique.

Alcoolisme et réduction des risques ? De loin tout semble immobile. C’est une illusion. Des éléments du tableau se modifient, dans le sillage du baclofène notamment. Et puis cette information, parcellaire mais symptomatique : l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA) vient de signer une convention avec la Direction de la Sécurité et de la Circulation Routière . Elle permettra la mise en place dans trois départements (Drôme, Nord et Marne) d’un « protocole de préfiguration » du dispositif d’éthylotest anti-démarrage . Le tout dans un cadre médico-administratif, sur décision préfectorale accompagné d’un stage médico éducatif.

« Cette alternative à la suspension du permis de conduire pour inaptitude médicale constitue une mesure d’intervention précoce et de réduction des risques » fait valoir l’ANPAA..

« Ethylotest antidémarrage » ? L ‘EAD est un dispositif d’analyse de l’haleine qui empêche le démarrage du véhicule en cas d’alcoolémie supérieure au taux autorisé (0,50 g d’alcool par litre de sang, ou 0,25 mg d’alcool par litre d’air expiré).

Contrainte et pédagogie

Aujourd’hui, en cas de suspension ou d’annulation du permis de conduire pour cause de conduite « sous l’emprise de l’alcool », le contrevenant doit obtenir un avis favorable de la commission médicale de la préfecture pour récupérer son permis. Bientôt, dans ces trois départements, les médecins de cette commission auront la possibilité de donner un avis favorable à la restitution d’un permis de conduire temporaire sous condition d’EAD.

Rien n’est donné, ici : l’usager devra faire installer un dispositif électronique agréé à ses frais et par un installateur agréé. Il devra aussi effectuer un stage médico-éducatif qui, lui, sera intégralement pris en charge.

« Convaincue des effets positifs d’un accompagnement médico-éducatif en termes de modification durable des comportements et de réduction du risque récidive, a porté cette proposition de stage », souligne l’ANPAA. Le dispositif présente l’avantage, selon elle, d’allier une contrainte à un programme médico-éducatif de réduction du risque de récidive après retrait du dispositif. L’Observatoire des drogues et des toxicomanies est chargé de l’évaluation en vue d’une extension à l’ensemble du territoire à partir du 1er janvier 2019.

C’est là un pari sur la réduction des risques dans l’avenir. Comme l’élection du prochain président de la République.

A demain

 

Où l’on reparle soudain de la vache folle et d’un embargo chinois levé sur les viandes de France

 

Bonjour

Au cœur des tourmentes politiques qui déchirent la gauche de gouvernement (Hamon ou Macron ?), Stéphane Le Foll a retrouvé son double micro de ministre de l’Agriculture et de porte-parole du Gouvernement. Il vient ainsi de « saluer » l’annonce par la Chine de la levée partielle de l’embargo sur la viande bovine française. C’est là, nous explique-t-on, une décision qui fait suite à la visite du Premier ministre français Bernard Cazeneuve en Chine.

Cette décision, ajoute M. Le Foll,  est prise près de neuf ans après la reconnaissance par l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) du statut de pays « à risque maîtrisé » de la France. Elle s’appliquera à la « viande désossée des bovins âgés de moins de 30 mois ». Cette annonce du gouvernement chinois fait suite à celle de plusieurs pays depuis 2015, notamment le Vietnam, l’Afrique du Sud et Singapour. « C’est une très bonne nouvelle et conforte les efforts continus du gouvernement pour la promotion à l’international de l’élevage français » commente M. Le Foll. Rien pourtant n’est encore acquis : « le gouvernement français restera pleinement mobilisé pour que toutes les conditions soient réunies afin de permettre une reprise des exportations dans les meilleurs délais » .

Vache salers

Une histoire et une énigme sans fin que celles de la vache folle et de la nouvelle forme de maladie de Creutzfeldt-Jakob.  Le dernier rebondissement datait d’il y a un an.  Le 24 mars 2016, un communiqué de presse du ministère de l’Agriculture nous a faisait faire comme une plongée dans un passé pathologique. On y apprenait la confirmation d’un cas de vache folle détecté chez une vache de race salers, âgée de 5 ans dans un élevage des Ardennes. Le 24 mars 2016, soit précisément vingt ans après la déclaration officielle par le gouvernement britannique (le 21 mars 1996) que la maladie bovine pouvait se transmettre à l’homme par voie alimentaire; l’annonce d’un franchissement de la «barrière des espèces» qui allait déclencher une crise sanitaire, politique et économique sans précédent.

En ce mois d’avril 2016, en France, la mécanique administrative reprenait : le cas était notifié à la Commission européenne et à l’OIE ; recherche de la descendance de l’animal atteint et abattage-destruction d’une fraction du troupeau; indemnisation de l’éleveur. Avec, comme conséquence à venir, la rétrogradation de la France dans le classement des pays concernés par l’ESB –rétrogradation accompagnée de fermetures plus ou moins opportunistes de marchés d’exportation. Requalifiée, en 2015, comme un pays à « risque négligeable» pour l’ESB par l’OIE, la France redevenait un pays à «risque maîtrisé» (comme la Grande-Bretagne, l’Irlande et l’Allemagne). Un statut qui, aujourd’hui, n’inquiète plus le gouvernement chinois. A supposer que d’autres considérations géopolitiques et économiques n’ont pas, ici, joué.

A demain

Le gouvernement interdit les «fontaines à soda» Désormais, pour boire sucré, il faut payer

 

Bonjour

Un course déshydratante : il aura fallu près de deux ans entre la première annonce officielle  de Marisol Touraine 1 et l’arrêté correspondant (Journal Officiel du 26 janvier) 2. A compter de ce 27 janvier 2017 on ne pourra plus abreuver sucré. Cet arrêté, signé conjointement par les ministres de la Santé, de l’Agriculture et de la Consommation, fixe la liste des catégories de boissons touchées par cette interdiction :

« les boissons gazeuses et non gazeuses aromatisées, des concentrés comme les sirops de fruits, les boissons à base d’eau, de lait, de céréales, de légumes ou de fruits y compris les boissons pour sportifs ou les boissons énergisantes, les nectars de fruits, les nectars de légumes et produits similaires, dès lors que ces boissons contiennent des sucres ajoutés ou des édulcorants de synthèse ».

Publics concernés :

« les professionnels de la restauration commerciale et de la restauration collective et sociale, les professionnels de l’hôtellerie et des clubs de vacances ainsi que les gérants de tous autres lieux de restauration ouverts au public, les établissements destinés à l’accueil, à la formation et à l’hébergement des mineurs, le public fréquentant ces établissements et lieux de restauration, en particulier les mineurs. »

Désormais la mise à disposition, en accès libre, sous forme d’offre à volonté gratuite ou pour un prix forfaitaire, y est interdite.  Cet arrêté est pris pour l’application de l’article 16 de la loi n° 2016-41 du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé créant un article L. 3232-9 dans le code de la santé publique.

Pour boire sucré il faudra, désormais, payer. On sait, par ailleurs, qu’il existe des addictions sucrées.

A demain

1 « Addiction au sucre : contre l’obésité le gouvernement interdira les «fontaines de soda » Journalisme et santé publique, 23 mai 2015

2 « Arrêté du 18 janvier 2017 relatif à l’interdiction de la mise à disposition de boissons à volonté, gratuites ou pour un prix forfaitaire, avec ajout de sucres ou d’édulcorants de synthèse » 

Il est vous recommandé de faire une croix sur toutes les charcuteries et les sucres des sodas

Bonjour

Fin programmée des galettes, mais pas des fèves.  Nuages noirs sur les charcutiers et les sucriers. 24 janvier 2017, l’actualité s’invite à table : « l’Anses actualise les repères de consommations alimentaires pour la population française ». Comme souvent le jargon étouffe-chrétien est en apéritif :

« L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) publie ce jour ses avis et rapports relatifs à l’actualisation des repères de consommations alimentaires pour la population française adulte. Ce travail a visé pour la première fois à élaborer des repères de consommation pour les principaux groupes d’aliments visant à satisfaire les besoins nutritionnels de la population adulte, tout en intégrant les enjeux associés à la présence de certains contaminants chimiques dans l’alimentation. L’avis de l’Agence conduit à des évolutions fortes au regard des recommandations antérieures, etc.»

Un seul plat :  

« Consommation renforcée et régulière de légumineuses (lentilles, fèves ou pois chiches), la nécessité de privilégier les produits céréaliers les moins raffinés (pains, pâtes et riz complets ou semi-complets), favoriser la consommation d’huiles végétales riches en acide alpha-linolénique (huiles de colza et de noix).

 « Les consommations de fruits et légumes restent cruciales et doivent être renforcées en privilégiant les légumes. L’Anses souligne également que la consommation de boissons sucrées (de type soda ou jus de fruits) doit être inférieure à un verre par jour.

 « Enfin, l’Agence insiste sur la nécessité de réduire considérablement la consommation de charcuteries (telles que le jambon, saucisson, saucisse, pâté, etc.) afin qu’elle ne dépasse pas 25 g par jour. La consommation de viandes hors volailles (telles que le bœuf, porc, agneau, etc.) devrait quant à elle ne pas dépasser 500 g par semaine. L’intérêt d’une consommation bihebdomadaire de poissons, dont un poisson gras (tel que la sardine, le maquereau, etc.), est réaffirmé. »

Digestif

Un fruit de saison en dessert. Café brut et un bréviaire sucré-salé pour la route :

« Certains nutriments, en particulier le sodium et les sucres, constituent toujours des enjeux forts en matière de santé publique associés à des excès de consommation. Aussi, pour le sodium, les combinaisons d’aliments proposées doivent permettre de rester en-deçà de la moyenne de consommation de la population française, en réduisant les apports chez les forts consommateurs.

« Concernant les sucres, les données disponibles n’ont pas permis de distinguer les effets sur la santé des sucres naturellement présents dans les aliments de ceux des sucres ajoutés. Néanmoins, des éléments convergent vers des effets néfastes d’apports élevés en sucres, au-delà d’une limite maximale d’apport. Dans le but de diminuer les apports totaux pour la population la plus exposée, la maîtrise de la consommation des aliments vecteurs de sucres ajoutés, s’agissant en particulier des boissons, apparait cruciale. »

A demain