E171 : pourquoi autant d’atermoiements du gouvernement avant d’interdire cet additif ?

Bonjour

Son « réitérer » aura payé. Il y a trois jours l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) disait brutalement son fait au gouvernement. Ce dernier l’interrogeait une nouvelle fois : que penser du « E171 » ? Et retour médiatique sur cette substance potentiellement cancérigène constituée de particules de dioxyde de titane (TiO2)  utilisée dans de nombreux produits alimentaires pour ses propriétés colorantes et opacifiantes – puisqu’il est dit que les aliments contemporains doivent être (pourquoi ?) « colorés » et « opacifiés ».

A nouveau saisie du sujet par le gouvernement 1 l’Anses « réitérait ses recommandations générales sur les nanomatériaux visant notamment à limiter l’exposition des travailleurs, des consommateurs et de l’environnement, en favorisant des alternatives sûres et équivalentes en termes d’efficacité ». « Rien de nouveau sous le soleil scientifique, en somme, écrivions-nous alors. Et un pouvoir exécutif qui devrait savoir en tirer au plus vite les conclusions. Vingt-quatre heures plus tard le gouvernement annonçait sa décision de « suspendre » l’E171. Une suspension « par précaution » à compter de l’an prochain, décision à laquelle Agnès Buzyn n’a pas été associée 2.

Un arrêté suspendant la mise sur le marché des denrées alimentaires contenant l’additif E171 à partir du 1er janvier 2020 vient d’être signé « et sera publié dans les meilleurs délais ». L’additif E171 bénéficiant d’une autorisation délivrée au niveau de l’Union européenne, cet arrêté sera notifié dès signature à la Commission européenne et aux autres Etats-membres, qui se réuniront dans un délai de dix jours « pour examiner cette mesure ».

Le ministère de la santé aux abonnés absents

« Cette décision, qui vise à garantir un haut niveau de sécurité sanitaire de l’alimentation, s’inscrit dans la continuité des actions prises par le gouvernement depuis plusieurs mois » assure le pouvoir exécutif. Pourquoi n’a-t-elle pas été prise plus tôt ? L’Anses s’était prononcée il y a, précisément deux ans à la demande du gouvernement, sur le sujet. Et avait rendu un avis détaillé concluant à l’existence « d’effets qui n’avaient pas été identifiés auparavant, notamment les potentiels effets promoteurs de la cancérogenèse du E171 ».

Dans une tribune publiée dans Le Monde fin décembre 2018, une vingtaine d’associations – dont la Ligue contre le cancer, Greenpeace, Foodwatch, 60 millions de consommateurs ou encore l’Alliance pour la santé et l’environnement, qui rassemble plusieurs dizaines d’ONG, de sociétés savantes et d’instituts de recherche européens – demandaient au gouvernement d’agir. Et le gouvernement de saisir, une nouvelle fois l’Anses.

Définitivement prohibé le E171 ? Pas vraiment. L’interdiction ne s’appliquera qu’aux seuls aliments. Médicaments courants et dentifrices quotidiens ne seront nullement concernés. Pourquoi ? « Parce que s’est plus compliqué » confie-t-on aux médias à Bercy, le ministère de la Santé ne semblant ici curieusement pas concerné.

A demain

1 L’Anses avait été saisie le 28 février 2019 par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, la Direction générale de la santé, la Direction générale de l’alimentation et la Direction générale de la prévention des risques « pour rendre un appui scientifique et technique sur les risques liés à l’ingestion de l’additif alimentaire E171 ».

2 La décision a été prise par « François de Rugy, ministre d’Etat, ministre de la Transition écologique et solidaire, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, et Brune Poirson, secrétaire d’État auprès du ministre d’Etat, ministre de la Transition écologique et solidaire ».

 

Sécurité alimentaire et nanomatériaux : l’Anses s’énerve et dit son fait au gouvernement

Bonjour

« Réitérer », en langage diplomatique, traduit un énervement certain, une grogne montante, une ire débutante. C’est à cette aune qu’il faut lire le dernier message de l’Anses envoyé par la valise médiatique : « Additif alimentaire E171 : l’Anses réitère ses recommandations pour la sécurité des consommateurs». Où l’on revient sur l’E171, constitué de particules de dioxyde de titane (TiO2)  utilisé dans de nombreux produits alimentaires pour ses propriétés colorantes et opacifiantes – puisqu’il est dit que les aliments modernes doivent être colorés et opacifiés.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travailavait déjà travaillé le sujet. Elle avait ainsi publié, en 2017, une expertise sur une étude relative à la toxicité orale du E171 (Etude NANOGUT, Bettini et al, 2016) « mettant en évidence des effets promoteurs potentiels de la cancérogenèse chez le rat ». L’Anses soulignait alors la nécessité de conduire de nouvelles études toxicologiques « afin de confirmer ou d’infirmer les effets rapportés dans cette étude ».

Pour sa part l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), avait souligné en 2016, dans le cadre de l’évaluation du E171 en 2016, que les données concernant la toxicité pour la reproduction « étaient insuffisantes pour fixer la dose journalière admissible (DJA) et la quantité maximale dans les aliments sans risque pour la santé des consommateurs ».

Limiter l’exposition des travailleurs, des consommateurs,de l’environnement

 Puis l’Anses a été saisie en février 2019 par les Ministres chargés de l’économie, de la santé, de l’agriculture et de l’environnement, pour « faire le point des études les plus récentes sur la toxicologie par voie orale du E171 et actualiser ses recommandations ». Et c’est ici que la colère gronde :

A l’issue de cette expertise, l’Agence conclut qu’elle ne dispose pas d’éléments nouveaux permettant de lever les incertitudes sur l’innocuité de l’additif E171. Le groupe d’experts, mis en place par l’Agence, a réalisé une revue bibliographique sur la toxicité du E171 par voie orale. Vingt-cinq nouvelles études publiées depuis 2017 ont été recensées.

«Certaines de ces études mettent en lumière, d’une part, de nouveaux signaux tels que la modification de mécanismes biologiques cellulaires chez la souris ou des anomalies du développement chez des invertébrés et, d’autre part, des effets génotoxiques in vitro via le stress oxydant (effets identifiés pour différentes formes de TiO2 nano-particulaire, dont le E171). Mais aucune de ces nouvelles études ne permet de confirmer ou d’infirmer le potentiel effet promoteur de la cancérogénèse du E171 rapporté dans l’étude NANOGUT. »

 Aussi dans l’attente d’une meilleure caractérisation du danger et des risques du E171, l’Anses « réitère ses recommandations générales sur les nanomatériaux visant notamment à limiter l’exposition des travailleurs, des consommateurs et de l’environnement, en favorisant des alternatives sûres et équivalentes en termes d’efficacité ».

Rien de nouveau sous le soleil scientifique, en somme. Et un pouvoir exécutif qui devrait savoir en tirer au plus vite les conclusions.

A demain

@jynau

Vertus du «bio» : quand l’Académie nationale de médecine fait la leçon aux journalistes 

Bonjour

Parfois, depuis la rue Bonaparte, l’institution lance des missiles. Ainsi : « Rôle de l’alimentation « bio » sur le cancer, l’Académie nationale de médecine alerte sur l’interprétation trop rapide des résultats épidémiologiques ». Où l’on voit la vieille Académie dénoncer à sa manière le traitement journalistique d’une information scientifique et médicale.

Tout avait commencé en octobre par un communiqué  du service de presse de l’INRA : « Moins de cancers chez les consommateurs d’aliments bio ? ». « Prenons le pari : c’est un communiqué de presse qui sera amplement repris, écrivions-nous alors.  Comment pourrait-il en être autrement avec ce pitch : ‘’ Une diminution de 25% du risque de cancer a été observée chez les consommateurs « réguliers » d’aliments bio, par rapport aux personnes qui en consomment moins souvent. C’est ce que révèle une étude épidémiologique 1 menée par une équipe de l’Inra, Inserm, Université Paris 13, CNAM, grâce à l’analyse d’un échantillon de 68 946 participants de la cohorte NutriNet-Santé’’. »

 L’affaire fut aussitôt relayée par les militants de Générations Futures qui remplaça le point d’interrogation initial par un autre, d’exclamation. « Une nouvelle étude INSERM/INRA montre que les consommateurs réguliers de bio ont un risque moindre de 25 % de développer un cancer par rapport aux non-consommateurs de produits bio ! ».

Forêts pavées de biais

Puis reprise par Le Monde (Stéphane Foucart, Pascale Santi) : « L’alimentation bio réduit de 25 % les risques de cancer. Selon une étude menée sur 70 000 personnes, la présence de résidus de pesticides dans l’alimentation conventionnelle explique ce résultat. » Quelques jours plus tard notre collègue Stéphane Foucart revenait sur le sujet dans les colonnes du Monde, sans nullement redouter de s’aventurer dans une forêt pavée de biais, dans les brouillards des chemins mêlés des corrélations et des causalités.

 En écho : « Prudence, prudence, prudence avec ces annonces, écrivait Hervé Maisonneuve sur son blog spécialisé. Je vous suggère d’écouter tranquillement John P. A. Ioannidis (Stanford University School of Medicine) qui explique que la plupart des recherches en nutrition sont biaisées, voire fausses. Il faut des spins dans les communiqués de presse pour faire le buzz… ». 

Aujourd’hui (cinq mois plus tard) l’Académie nationale de médecine donne de la voix : « La presse et les médias ont largement relayé les travaux d’une équipe française reconnue, publiée en octobre 2018 dans une revue internationale, avec la conclusion que la consommation d’une alimentation organique 2  en d’autres termes « bio » réduisait le risque d’incidence de certains cancers. Pour cela les auteurs ont comparé le nombre de cancers observé chez des personnes affirmant consommer une alimentation « bio » et ceux qui n’en consommaient pas. »

Rédacteurs de communiqués de presse

« Cette étude est intéressante et les auteurs ont réalisé un important travail » ajoutent les académiciens diplomates.Avant de dégainer : « Cependant il existe un certain nombre de biais méthodologiques qui ne permettent pas de soutenir les conclusions des auteurs ». Et de rappeler qu’ils avaient déjà exposé 3 la complexité des méthodes épidémiologiques et les critères de qualité qui les sous-tendent dans un rapport publié en 2011. 

« En effet les deux groupes de personnes évaluées diffèrent non seulement par le fait que les uns consomment une alimentation « bio », mais également par d’autres facteurs : le sexe, l’âge de la première grossesse, facteur déterminant pour le risque de cancer du sein, la consommation de fruits et légumes, le niveau socio-économique, l’activité physique… tous facteurs susceptibles d’expliquer à eux seuls une différence.

 « De plus les sujets inclus dans l’étude devaient dire s’ils consommaient une alimentation « bio » de temps en temps, sans précision ni sur la quantité ni sur la durée de cette consommation. Enfin la survenue de cancers n’était appréciée que sur une période de 4,5 ans ce qui est très court pour la genèse d’un cancer par exposition à des produits.

Ainsi même si cette étude met en évidence un « signal » entre alimentation « bio » et la moindre survenue d’un cancer, l’Académie nationale de médecine considère qu’à ce jour, au vu de cette seule étude, le lien de causalité entre alimentation « bio » et cancer ne peut être affirmé et invite à la prudence dans l’interprétation trop rapide de ces résultats. Il reste aux académiciens à remonter l’échelle des causalités –  à s’intéresser à la confection des « communiqués de presse » et à leurs auteurs ; des communiqués élégamment confectionnés ; des communiqués qui, bien souvent – « spins et buzz » – expliquent finalement la manière dont « la presse et les médias » relatent les avancées de la science.

A demain

@jynau

 1 The frequency of organic food consumption is inversely associated with cancer risk: results from the NutriNet-Santé prospective Cohort. JAMA Internal Medicine. 22 octobre 2018 (Julia Baudry, Karen E. Assmann, Mathilde Touvier, Benjamin Allès, Louise Seconda, Paule Latino-Martel, Khaled Ezzedine, Pilar Galan, Serge Hercberg, Denis Lairon & Emmanuelle Kesse-Guyot).

2 « Organic food consumption » = alimentation “bio” : sans utilisation d’engrais synthétiques, pesticides,  modifications génétiques, et médicaments vétérinaires pour les animaux.

3 Rapport ANM 2011 http://www.academie-medecine.fr/wp-content/uploads/2014/01/RapportEpidemiologieANM_FlahaultSpira_04nov2011.pdf

 

Inimaginable : six mille véritables camemberts de Normandie infectés par Escherichia coli 

Bonjour

La société fromagère du Moulin de Carel, filiale du groupe Lactalis, a procédé au retrait de la vente et au rappel de 5 800 camemberts commercialisés sous la marque Moulin de Carel après la découverte de la bactérie Escherichia coli, a annoncé mardi 12 mars l’entreprise.

A qui se fier ? « Moulin de Carel » Appellation d’origine protégée. Médaille d’or du Concours général Agricole Lait cru. Moulé à la louche.»

Le produit concerné a été commercialisé en France à partir du 31 janvier 2019 sous le numéro de lot L19009C, a précisé le producteur dans un communiqué.

« Un contrôle a mis en évidence, dans ces produits, la présence de Escherichia coli 026 H11. Il est donc demandé aux personnes qui détiendraient ces produits de ne pas les consommer et de les rapporter au point de vente où ils ont été achetés ».

La bactérie peut entraîner, dans la semaine qui suit la consommation, des gastro-entérites éventuellement hémorragiques, accompagnées ou non de fièvre, et pouvant être suivies de complications rénales sévères chez les jeunes enfants.

« Les personnes qui auraient consommé les produits mentionnés ci-dessus et qui présenteraient ce type de symptômes sont invitées à consulter sans délai leur médecin traitant en lui signalant cette consommation et la nature du germe contaminant », est-il encore indiqué dans le document.

La société se tient à la disposition des consommateurs pour répondre aux questions au numéro suivant : 05 65 58 54 17. A qui se fier ?

A demain

@jynau

 

Alerte dans les boulangeries de Paris : il y a trop de morphine dans les pains au pavot

Bonjour

C’est le célèbre  Centre Antipoison et de Toxicovigilance de Paris (hôpital Fernand Widal) qui a lancé l’alerte : les experts en empoisonnements venaient de découvrir dans des urines qui leur avaient été adressées des taux anormalement élevés de deux alcaloïdes : la morphine et la codéine.

Rien d’exceptionnel pour ces experts, si ce n’est qu’après enquête il fut établi que toutes les personnes concernées avaient « consommé au préalable des pains aux graines de pavot ». Mensonge de toxicomanes ? Nullement. « Les graines de pavot présentes sur les produits consommés ont été analysées et présentaient ‘’effectivement’’ des teneurs ‘’particulièrement élevées’’ en alcaloïdes » nous expliquent aujourd’hui Bercy et la Santé.

Comment une telle contamination a-t-elle été possible ? « Des investigations sont actuellement en cours pour identifier l’origine de cette contamination et déterminer si des produits actuellement commercialisés sont concernés, précisent les autorités. »

Somnolence, confusion, fatigue, rougeur du visage, démangeaisons …

Dans ces conditions et dans l’attente des résultats des investigations en cours, « il est vivement recommandé d’éviter la consommation de produits de boulangerie contenant des quantités significatives de graines de pavot ». C’est tout particulièrement vrai « avant d’exercer une activité nécessitant une attention particulière (la conduite d’un véicule par exemple)». Ou encore pour les populations les plus à risque (femmes enceintes ou allaitantes, enfants, personnes ayant un risque de rétention urinaire et personnes à risque respiratoire).

Que faut-il encore savoir quand on n’est pas un spécialiste de la codéine et de la morphine ? Que l’exposition à de « telles teneurs en alcaloïdes » est susceptible de conduire « rapidement et pendant plusieurs heures » à des symptômes inquiétants : somnolence, confusion, fatigue, rougeur du visage, démangeaisons, bouche sèche, nausées, vomissements, constipation, rétention d’urine.

Aussi les personnes qui viennent de consommer ces produits et qui présentent les symptômes précités sont invitées à contacter un Centre Antipoison en mentionnant cette consommation (coordonnées des Centres Antipoison et de toxicovigilance : http://www.centres-antipoison.net/). Et que faire en l’absence de symptômes dans les heures qui suivent la consommation de pains au graines de pavot ? Rien : il est inutile de s’inquiéter et de consulter un médecin.

A demain

@jynau

Alcools et whiskies : le ministre de l’Agriculture lutte contre l’alcoolisme et l’addictologie

Bonjour

De Carybde fermentée en Scylla distillée. Didier Guillaume, 59 ans, n’est plus un novice. Et pourtant. Ancien agent du Trésor Public, longtemps élu socialiste il annonça son abandon de la politique. Puis en abandonna l’idée. Il est aujourd’hui le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation d’Emmanuel Macron.

Il y a quelques jours M Guillaume faisait parler de lui. Contre l’évidence sanitaire et œnologique il affirmait sur BFMTV-RMC, que le vin n’était pas « un alcool comme un autre ».

« Le vin n’est pas un alcool comme un autre. (…) L’addiction à l’alcool est dramatique, et notamment dans la jeunesse, avec le phénomène du “binge drinking. Mais je n’ai jamais vu un jeune qui sort de boîte de nuit et qui est saoul parce qu’il a bu du côtes-du-rhône, du crozes-hermitage, du bordeaux, jamais. Ils boivent des mélanges, de l’alcool fort. »

Où l’on retrouvait les immortels clichés opposant, en lieu et place des alcoolémies, des ivresses, de leurs fréquences et des symptômes de la dépendance, des alcools qui seraient « forts » quand d’autres seraient « doux ».

Un ministre non recadrable

Une semaine plus tard M. Guillaume persiste et, dans la plus grande confusion, signe de son nom. Invité de la matinale d’Europe 1, mercredi 23 janvier, il a déclaré (6’): « une molécule de vin et une molécule de whisky ont le même degré d’alcool, sauf que moi je ne bois pas des molécules, je bois des verres. » Et surtout ne pas parler de « se saouler ».

Les premiers propos du ministre lui avait valu une sèche réplique de sa collègue Agnès Buzyn. « Le vin fait partie de notre patrimoine, avait-elle concédé sur France info, avant de souligner le caractère identique des molécules d’alcool éthylique présentes dans le côtes-du-rhône, dans les apéritifs anisés et toutes les autres boissons alcoolisées.

Pour autant, Didier Guillaume assure être sur la même ligne que le reste du gouvernement. « Je ne suis pas recadrable, moi, s’est-il agacé à l’adresse de Mme Buzyn. Il n’y a pas de débat, la position du gouvernement est de lutter contre l’alcoolisme. Il y a une grand plan de lutte contre l’alcoolisme qui a lieu. La filière viticole en fait partie, travaille avec le ministère de l’Agriculture et de la Santé. »

Et puis ce formidable lapsus ministériel (réitéré) : « Je veux lutter contre l’alcoolisme et lutter contre l’addictologie ». On attend l’interprétation d’Agnès Buzyn.

A demain

@jynau

 

 

L’entrecôte feuilletée d’or du lièvre Ribéry, les lunettes de tortue écaillée d’Audrey Pulvar

Bonjour

Plus un débat sans violence, plus un repas sans débat. Ainsi Franck Ribéry, 35 ans, footballeur international français sur le déclin, évolue toujours néanmoins au poste d’ailier gauche du Bayern Munich. Victime, à l’âge de deux ans, d’un accident de la circulation qui lui laisse des cicatrices sur le visage,  commence le football à six ans au FC Conti de Boulogne-sur-Mer, rejoint à douze ans le centre de formation du LOSC Lille, dont il sera renvoyé quatre ans plus tard à la suite de mauvais résultats scolaires et de problèmes de comportement.  Généralement caricaturé comme un « footballeur surexcité à la syntaxe sommaire ». Converti à l’islam depuis 2006 il porte aussi le nom de Bilal Yusuf Mohammed.

Franck Ribéry vient d’insulter sans ménagement les personnes qui l’ont critiqué après un article paru dans Bild évoquant une facture de 1200 euros pour une « entrecôte recouverte d’or ». Bild avait révélé qu’en vacances à Dubaï, le célèbre joueur avait rendu visite au célèbre chef Nusret Gökçe à la Nusr-Et Steakhouse pour y déguster une des spécialités de l’établissement.

Et le quotidien allemand de se délecter, précisant que le joueur français et ses proches avaient commandé une entrecôte pailletée d’or d’une valeur de 1200 euros, déclenchant de nombreuses critiques à son égard. Une information reprise par de nombreux médias, notamment par Le Figaro.fr. Avant que l’on apprenne que la facture entrecotesque avait été largement surévaluée,  Bild confondant les euros et les dirhams émiratis. La pièce de chair coûtait un peu moins de 300 euros, et non 1200 comme indiqué.

Remettre les points sur les i et les barres sur les t…

Meurtris par les critiques, l’ancien international a violemment répondu à ses détracteurs et notamment aux médias, via les réseaux sociaux. Extrait (repris non sans délectation par Le Figaro):

«Pour 2019, remettons les points sur les i et les barres sur les t… Commençons par les envieux, les rageux, nés sûrement d’une capote trouée: n*iquez vos mères, vos grands-mères et même votre arbre généalogique. Je ne vous dois rien, ma réussite c’est avant tout grâce à Dieu, à moi et mes proches qui ont cru en moi. Pour les autres, vous n’étiez que des cailloux dans mes chaussettes!».

Ribéry poursuit, amer, regrettant notamment que les médias n’avaient pas relayé ses actions généreuses auprès des associations.

«Ensuite, concernant ces pseudo-journalistes qui ont toujours été dans la critique négative envers moi, mes actes (dernier exemple en date: le prix de ce que je mange!)… Quand je fais des dons (car on m’a appris à donner quand je reçois beaucoup), pourquoi aucun grand média national ne diffuse-t-il cela ?. Non, vous préférez parler des vacances que je passe en famille, vous scrutez mes faits et gestes, ce que je mange etc. Oh, oui, pour ce genre de futilités, vous êtes présents!»

 Puis, « pour mettre un terme à cette polémique qui n’a même pas lieu d’être », Franck Ribéry a publié une capture d’écran d’un article reprenant un tweet de l’ancienne journaliste Audrey Pulvar où elle proclamait « Je fais ce que je veux de l’argent que je gagne ». A l’époque Mme Pulvar avait été particulièrement critiquée après avoir dévoilé le prix de ses lunettes en écaille de tortue… d’une valeur de 3300 euros. Un modèle de la célèbre maison Bonnet, lunetier, dont le prix habituel est nettement plus élevé.

Or aujourd’hui la même tacle le joueur sur Twitter : « Monsieur Franck Ribéry, si vous ne savez pas quoi faire de votre argent, il reste plein de causes à financer et soutenir dans le monde » écrit celle qui désormais préside de la Fondation Nicolas Hulot. Reprise de volée de Franck Ribéry:

« J’espère que vos lunettes [en écaille de tortue] vous permettent d’entrevoir un meilleur avenir professionnel que celui de la pseudo journaliste que vous êtes actuellement ».

 A demain

@jynau