Pénurie de médicaments: le gouvernement va-t-il enfin s’attaquer aux géants de Big Pharma ?

Bonjour

Le JDD n’y va pas avec le dos de la cuillère : « Pénurie de médicaments : une bombe sanitaire » (Anne-Laure Barret). Un papier documenté, parfois accablant pour l’exécutif et pour l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Un texte accompagné d’une tribune  signée par près de trente personnalités médicales 1. Trente hospitalo-universitaires qui réclame à l’Etat d’engager un bras de fer sans précédent avec Big Pharma.

Pour sa part le JDD a recensé des situations intolérables de perte de chances pour lesquelles la responsabilité de l’Etat pourrait être engagée. « Selon l’Institut national du cancer, une quarantaine de médicaments essentiels en cancérologie font l’objet de tensions importantes, qui pourraient « conduire à des décès prématurés », affirment plusieurs responsables. Il y a des années que le Pr Jean-Paul Vernant, hématologue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, presse les autorités sanitaires d’endiguer un phénomène touchant principalement des médicaments génériques vendus à bas prix. « Certains malades sont morts à cause des pénuries, assure le lanceur d’alerte. Quand la carmustine, utilisée en chimiothérapie, a fait défaut, on a dû bricoler et nos malades atteints de lymphomes et ayant besoin d’une autogreffe de moelle ont été moins bien soignés. »

Ils sont aussi très mal informés. Cette omerta hospitalière interpelle la Ligue contre le cancer, qui lance un appel à témoignages.

Extraits de la tribune :

« Très rares il y a une dizaine d’années, les pénuries de médicaments se multiplient. En 2018, selon l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), on a noté 868 signalements de tensions ou de ruptures d’approvisionnement dont les malades sont les premières victimes lorsque cela concerne des médicaments d’intérêt thérapeutique majeurs (MITM) pour lesquels il n’y a, le plus souvent, pas d’alternative efficace disponible. C’est vingt fois plus qu’en 2008. Les malades ont ainsi subi de multiples pénuries concernant des médicaments du cancer, des antibiotiques, des corticoïdes, des vaccins, des traitements de l’hypertension, des maladies cardiaques, du système nerveux…

Ces pénuries ne touchent pas les très chères innovations thérapeutiques mais des médicaments peu couteux qui, bien qu’anciens et tombés dans le domaine public, constituent toujours l’essentiel de la pharmacopée (…) Le travail de signalisation et d’information concernant les ruptures d’approvisionnement est efficacement réalisé par l’ANSM. Plusieurs cadres juridiques ont été élaborés depuis 2012 afin de lutter contre ces ruptures d’approvisionnement. De nouvelles obligations ont été imposées aux laboratoires pharmaceutiques afin qu’ils mettent en place des plans de gestion des pénuries (PGP). Mais l’efficacité de ces mesures apparaît jusqu’alors dérisoire et surtout, comme leur nom l’indique, ces plans visent à gérer les pénuries et non à les prévenir. Il conviendrait donc de substituer aux PGP des PGPP (plans de gestion et de prévention des pénuries). »

A but non lucratif

Afin de prévenir les pénuries, ces doux rêveurs « soutiennent l’idée » que « soient imposées dans l’urgence, aux laboratoires pharmaceutiques titulaires de l’autorisation de mise sur le marché, la constitution et la gestion de stocks de MITM sous forme de produits finis ». « En effet les laboratoires travaillent, par soucis d’économie, à flux tendu -comme les industriels de l’électroménager! Le plus souvent responsables des pénuries, ils sont les mieux à même d’en connaitre les causes et d’en prévoir la survenue, expliquent-ils. Plusieurs mois de stocks permettraient d’amortir les défauts d’approvisionnement. La pénurie avec ses conséquences pour les malades serait ainsi prévenue. »

Ils « soutiennent également l’idée » que soit rapatriée en Europe la production des « principes actifs » – ceux qui y étaient fabriqués il y a une quinzaine d’années. Et « soutiennent l’idée » que « soit créé un établissement pharmaceutique à but non lucratif, si possible européen, sinon français, comme aux Etats –Unis ».

Où l’on apprend que de l’autre côté de l’Atlantique, « à l’initiative de médecins indignés par les conséquences des multiples pénuries pour les malades et choqués par les augmentations itératives de prix », plus de cinq cents établissements hospitaliers se sont réunis pour fonder un établissement pharmaceutique de ce type produisant des médicaments passés dans le domaine public ». La création d’une telle structure permettrait selon eux  de prévenir les pénuries et sera le garant de la qualité des médicaments et de prix justes et pérennes.

Prévenir la pénurie plutôt que la gérer ? Comment ne plus être, de fait, complice ? On attend désormais les propositions des responsables hospitaliers français – à commencer par celle du directeur général de l’AP-HP et de la Fédération Hospitalière de France.  Auront-ils le courage, eux et Agnès Buzyn, d’engager un bras de fer avec les géants de Big Pharma ? Qui, ici, l’emporterait : la logique capitalistique pharmaceutique ou l’exécutif sanitaire ?

A demain @jynau

1 Professeurs et médecins des hôpitaux signataires de la tribune : Jean-Paul Vernant, Gilles Montalescot, Véronique Leblond, Alain Astier, André Grimaldi, Philippe Grimbert, François Bricaire, Cécile Goujard, Richard Isnard, Jacques Young, Francis Berenbaum, Christine  Katlama, Alain Fischer, Corinne Haioun, Thomas Papo, Joël Ménard, Eric Caumes, Louis Jean Couderc, Jean-Philippe Spano, François Boué, Anne Gervais, André Baruchel, Sophie Crozier, Pierre-Marie Girard, Xavier Mariette, Didier Bouscary.

Après l’addictologie, le ministre Guillaume rattrapé par son appétit pour la tauromachie

Bonjour

Traitant de l’alcool il avait eu cette sortie mémorable : « Je veux lutter contre l’alcoolisme et lutter contre l’addictologie ». C’était en janvier dernier. Nous sommes en août et le ministre Guillaume fait à nouveau parler de lui. Didier Guillaume, 60  ans : ancien agent du Trésor Public, longtemps élu socialiste, annonce son abandon de la politique puis abandonne l’idée, devient le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation d’Emmanuel Macron.

A la veille de la fête de l’Assomption il assistait à une corrida de Bayonne, aux côtés de sa collègue Jacqueline Gourault (Cohésion des territoires). Didier Guillaume, également en charge du « bien-être animal »… C’est une « affaire privée », a-t-il évacué deux jours plus tard  interrogé par la radio France Bleu Drôme Ardèche, d’où il est originaire. « Je ne réponds pas aux réseaux sociaux », a-t-il également lancé. Pourquoi ?

La polémique est née d’un cliché publié sur Twitter dès mercredi par un journaliste de Sud Ouest : on y voyait Didier Guillaume assis au premier rang au côté du maire UDI de Bayonne, Jean-René Etchegaray, et de Jacqueline Gourault, ministre MoDem. Six mille personnes étaient présentes ce soir-là dans les arènes de Bayonne pour acclamer Daniel Luque (considéré comme l’un des meilleurs matador encore en piste), et le voir affronter six taureaux. Ces derniers ont bien été mis à mort et le torero est reparti avec quatre oreilles et une queue. Applaudissements.

Au-delà du scandaleux et de l’écœurement!

« Aucune limite dans l’indécence », a commenté la Fondation Brigitte Bardot, qui rappelle que le ministre de l’Agriculture a fait de la « lutte contre la maltraitance animale » une priorité de son action. « C’est au-delà du scandaleux et de l’écœurement! », a sobrement ajouté l’association.

Sur Europe 1, le porte-parole de la Fondation, Christophe Marie, indique que Brigitte Bardot va demander à Edouard Philippe de retirer la responsabilité de la « protection animale » du maroquin de M. Guillaume. Même ligne pour le collectif L214, qui diffuse régulièrement des vidéos pour dénoncer la maltraitance animale. Sa co-fondatrice, Brigitte Gothière, a ainsi demandé sur BFMTV à ce que ce sujet soit « sorti du ministère de l’Agriculture ».

Plusieurs élus politiques condamnent également les deux ministres macronistes. A commencer par les écologistes : « Didier Guillaume ‘’s’en branle’ » de la souffrance animale! Lamentable! » a commenté, tout en nuances, l’eurodéputé EELV Yannick Jadot. « Le ministre ne peut pas défendre la cause animale et d’un autre côté s’asseoir dans une arène de corrida, se divertir face à la torture d’un être vivant, sensible et innocent », a ajouté sa collègue écologiste Karima Delli. « En assistant à une corrida, Didier Guillaume affiche son mépris pour la condition animale », a ajouté Manuel Bompard, chef des élus Insoumis au Parlement européen. 

 Invité de la matinale d’Europe 1, mercredi 23 janvier, Didier Guillaume déclarait: « une molécule de vin et une molécule de whisky ont le même degré d’alcool, sauf que moi je ne bois pas des molécules, je bois des verres. » Que voit précisément le ministre du « bien-être animal » quand il se régale de la mort du taureau ?

A demain @jynau

Qui dit la vérité : les urgentistes grévistes ou le ministère des Solidarités et de la Santé ?

Bonjour

C’est un méchant communiqué de presse du Collectif Inter Urgences – un texte en réaction aux propos du Ministère des Solidarités et de la Santé. Extraits :

« Cette semaine la Direction Générale de l’Offre de Soins a fini par sortir du silence pour annoncer son propre décompte des services en grève, soit 195 services à comparer aux 218 inscrits sur la carte. Nous les remercions pour ces chiffres et félicitons le groupe coordination pour leur professionnalisme avec un décompte aussi proche. Si cette comptabilité témoigne du sérieux de notre travail, peut-être serait-il bon de considérer nos revendications et propositions avec tout autant de sérieux.

« Nous rappelons par la même occasion que rien n’est encore effectif pour l’amélioration des conditions d’accueil. De façon non exhaustive cette semaine : A Saint-Quentin le record de Saint-Etienne a été battu hier, avec un patient de 70 ans stagnant aux urgences pendant 6 jours et 12 heures. Un record dans un contexte où la direction fait la sourde oreille sur les revendications du personnel. Soyons rassurés, au 14 Août les enveloppes de renfort en personnel sont enfin arrivées, maintenant que les deux épisodes caniculaires sont passés.

« Dans un hôpital du nord parisien ce week-end, sept infirmiers étaient en poste au lieu de onze. Pour assurer l’accueil il n’y avait qu’une seule infirmière au lieu de trois, induisant des temps d’attente avant évaluation des patients de 40 minutes tandis que les sociétés savantes préconisent que « tout patient doit être vu dans les cinq minutes suivant son entrée ». Dans ce contexte un patient est tombé dans le coma avant d’être vu, et a été transféré en réanimation après les premiers soins d’urgences. L’encadrement, après avoir fait peser la responsabilité sur l’infirmière d’accueil, s’est voulu rassurant auprès des équipes en leur disant que l’affaire serait étouffée. Le patient étant sans domicile fixe, peu de chances en effet d’un recours au pénal.

« Nous souhaitons, à travers ce communiqué, remercier le management de culpabiliser les agents pour ne pas avoir su effectuer seul le travail de trois personnes. Il est donc un peu présomptueux de déclarer que « les situations ont été réglées localement ». La rentrée arrive à grand pas et nous appelons encore et toujours l’ensemble des soignants sur le territoire à se mobiliser pour remodeler un système de santé arrivé à son terme. »

Et pendant ce temps-là, à Tours (Indre-et-Loire)

On lira, en marge de ce conflit un papier édifiant de La Nouvelle République du Centre Ouest (Pascal Landré). Ou comment deux fractions de la communauté médicale tourangelle parviennent à travailler en harmonie complémentaire : « SOS Médecins à Tours :  » J’aurai vu 60 patients aujourd’hui  » ». Douze praticiens de SOS Médecins qui, de fait, aident leurs confrères urgentistes du CHU. Douze praticiens qui oeuvrent dans un local du centre ville remarquablement équipé. Douze praticiens qui nourrissent quelques regrets et dénoncent un scandale :

« Derrière la porte du cabinet de consultation n° 6, le Dr Grégory Melchior nous accorde dix minutes entre deux patients. Il ne cache pas son épuisement. ‘’Oui, nous sommes éreintés, aujourd’hui entre 8 h et 22 h, j’aurai vu plus de 60 malades. Nous avions anticipé en étant deux de plus, mais même à cinq médecins, nous avons du mal, on ne peut même pas assurer les visites à domicile.’’ Le Dr Melchior est l’un des douze praticiens de SOS Médecins. ‘’Avec le pont du 15 août, personne ne trouve de généraliste en ville, ils sont tous partis. Les gens sont raisonnables et ils essaient de ne pas encombrer les urgences. Mais du coup, nous sommes débordés. Et ça se dégrade d’année en année…’’. Et d’expliquer que le souci vient d’abord du fait de la pénurie de médecins en ville, ‘’ceux qui partent en retraite ne trouvent pas de successeur.’’ Il insiste sur un autre problème : ‘’Nous sommes assez remontés car la fac nous empêche d’être maîtres de stages pour des étudiants. C’est scandaleux.’’ » 

C’est l’été et le médecin et député macronien Thomas Mesnier, 33 ans, travaille sur le rapport que lui a commandé (à lui et à l’expérimenté Pr Pierre Carli) Agnès Buzyn. « S’il réserve ses suggestions à la ministre, qui le recevra à la fin août, l’ex-urgentiste a assuré à l’AFP  qu’il n’a ‘’pas de tabou’’ sur le sujet ». Tabou ? Pourquoi tabou ? Il  confie travailler, notamment, sur « le modèle de financement des urgences ». Et si l’on en croit son entourage MmeBuzyn « annoncera dès la rentrée de nouvelles mesures issues des premières recommandations » du rapport.

Veillée d’armes : la CGT appelle à une journée d’actions le 11 septembre. Et le collectif Inter-Urgences tiendra la veille une assemblée générale nationale à Paris. On connaîtra le contenu du rapport « Carli-Mesnier ». Qui nous dira, alors, la vérité sur le nombre de services en grève ?

A demain @jynau

Face à l’épidémie de punaises de lit : les bras croisés de la Direction générale de la Santé

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C’est un superbe dossier de notre temps, à la frontière de l’exécutif et du sanitaire, de l’entomologie et de l’écologie. C’est aussi une affaire qui, étrangement, voit les services d’Agnès Buzyn rester comme étrangers à un sujet on ne peut plus politique. Comment la ministre des Solidarités et de la Santé ne perçoit-elle pas l’importance qu’elle se doit d’accorder à ce sujet ?  

A lire sur Slate.fr : « Les punaises de lit nous envahissent et le gouvernement ne fait rien »

A demain @jynau

Découvrez le Grand-Duché du Luxembourg, son argent caché, son cannabis bientôt légalisé

Bonjour

Les paradis fiscaux sont-ils incompatibles avec les artificiels ? Au Grand-Duché du Luxembourg, le cannabis médical est déjà autorisé et la possession d’une « certaine quantité » de cannabis récréatif n’est plus pénalisée. En revanche, cultiver, acheter et vendre le cannabis récréatif est toujours prohibé. Jusqu’à quand ?

Dans une interview à Politico.eu (Jillian Deutsch) – entretien édifiant repris par le site des buralistes français – le ministre de l’Economie et de la Santé du Grand-Duché, Étienne Schneider, explique comment il veut que son pays devienne le premier de l’Union européenne à légaliser complètement le cannabis. « Il s’agit d’une question de santé publique » estime le ministre. Selon lui, les jeunes obtiennent déjà de l’herbe sur le marché noir et entrent en contact avec des dealers qui vendent des produits de qualité inconnue. Ils ont ainsi accès à de plus en plus de produits dangereux.

« La législation sur la drogue que nous appliquons depuis cinquante ans n’a pas marché (…) Interdire les produits les a rendus plus attrayants aux yeux des jeunes » fait valoir le ministre. Dès lors quelle autre solution de la légalisation ? Elaborée avec l’aide du ministre de la Justice, la nouvelle réglementation délivrerait des « licences de production », « réglementerait la consommation », interdirait la « culture domestique » et imposerait un âge minimum (18 ans) à l’achat. L’équivalent du tabac, en somme.

Il ne serait pas question, au Luxembourg, de mettre en place des coffee-shops comme aux Pays-Bas (« Oui, mais comment le produit va-t-il être distribué ? » demande, intéressé, le site des buralistes français) et les étrangers n’auraient pas le droit d’acheter pour « limiter le tourisme du cannabis » (« Cela ne se passerait donc pas comme pour le tabac ? » observe, ironique, le même site ).

« Légaliser le cannabis, c’est complexe, ce n’est pas seulement dire que la substance est désormais légale, explique encore le ministre luxembourgeois. Il faut réguler le marché, imposer des taxes, et des contrôles de qualité ». Étienne Schneider ajoute encore qu’il voudrait que d’autres pays européens suivent le Grand-Duché dans cette voie. Certains, en Allemagne, parient ici sur un possible effet domino sur le vaste Vieux Continent. « J’aimerais que nous adoptions tous une plus grande ouverture d’esprit concernant la drogue » confie Etienne Schneider  qui dit avoir des contacts sur le sujet avec d’autres ministres de la Santé. Pour un peu on parierait qu’il n’en a pas avec sa collègue française. Pas encore ?

Longtemps après celle, carolingienne, d’Aix-la-Chapelle, la jeune Europe capitaliste bat méchamment de l’aile. Celle de la réduction des risques reste à construire. Sa première pierre sera-t-elle posée au Grand-Duché  ?

A demain @jynau

Métaphore : combien de temps encore la lumière hospitalière restera-t-elle allumée ?

Bonjour

Collapsologie ? Frédéric Valletoux, ancien journaliste, est un aujourd’hui homme puissant et mesuré – méconnu du grand public quoique maire (LR) de Fontainebleau. Le président de la Fédération Hospitalière de France (FHF) était ce matin l’invité aoûtien de RTL. Actualité : l’entrée dans le sixième mois ( !) du mouvement de grève des services des urgences hospitalières. entre dans son sixième mois. « Du jamais vu, résume RTL Actuellement, un service sur trois est touché par cette mobilisation des personnels soignants. Comme chaque année, l’été est synonyme de lits et de médecins en moins. Demain, 15 août, la situation pourrait être difficile. »

Frédéric Valletoux n’est pas un militant extrémiste. « On saura faire face, mais sûrement avec des temps d’attente dans certains endroits qui vont s’étirer, dit-il. On saura faire face peut-être avec une sollicitation encore plus forte des médecins et de l’ensemble des agents des services d’urgence. »

Mais l’important n’est pas le 15 août. Pas même les seules urgences. « On le sait depuis des années, les tensions sont de plus en plus fortes à l’hôpital, ajoute-t-il. Les conditions de la prise en charge des patients se tendent aussi », déplore-t-il. « Ce qui se passe aujourd’hui n’est pas une surprise. »

Il faut, avec M. Valletoux, aller plus loin :

« Ce qui se passe aux urgences, ce n’est pas la crise de l’hôpital, c’est la crise du système de santé. Si les services d’urgence sont autant sollicités, c’est parce qu’on a un système de santé qui est malade. On a une médecine de ville qui est très fragile, qui vit aujourd’hui une crise sans précédent. Donc forcément quand on est malade on va où la lumière est allumée et elle est allumée à l’hôpital. »

On voit la lumière métaphorique. On saisit aussi, brutalement, l’impuissance du politique face aux risques de court-circuits. Qui possède la clef des placards électriques ? Et qu’adviendra-t-il en cas de réchauffement climatique ?

A demain @jynau

Osez, malades de l’alcool, dire votre vérité sur le Baclofène à la Haute Autorité de Santé !

Bonjour

En marge de la polémique politique sur les « stades alcoolisés ». Glané sur Twitter :

« Contribuez. Nous évaluons le #médicament Baclocur. Traitement pour réduire la consommation d’#alcool cez les patients adultes ayant une dépendance et une consommation d’alcool à risque élevé. Contribuer à l’évaluation des médicaments ».  

Contribuer ? On se souvient peut-être. Une bien longue histoire que celle du Baclocur®/baclofène, dans la prise en charge des personnes devenues dépendante à l’alcool.  autorisé à la commercialisation (après mille et un atermoiements) depuis la fin 2018 :

« Baclocur® est indiqué dans la réduction de la consommation d’alcool, en complément d’un suivi psychosocial, après échec des autres traitements, chez l’adulte ; prescription par tout médecin ; augmentation progressive des doses pour arriver une posologie optimale adaptée à chaque patient, correspondant à la dose la plus faible, pour une bonne réponse thérapeutique et une tolérance acceptable ; posologie maximale de 80 mg/jour. »

« Un suivi renforcé de la spécialité Baclocur®  est prévu dès sa commercialisation, précisait d’entrée de jeu l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Sur la base de cette surveillance et de l’évolution des données scientifiques disponibles, l’ANSM pourra être amenée à réviser les conditions d’utilisation du baclofène dans cette indication. »

Inacceptable « stades alcoolisés »

Des restrictions de dose jugées inacceptables par de nombreux défenseurs de la molécule. Une menace à peine voilée. Et puis, aujourd’hui, cet appel lancé : contribuer à évaluer le Baclocur®/baclofène :

« Associations de patients et d’usagers, la HAS vous invite à vous exprimer sur la façon dont les patients vivent leurs maladies, leurs traitements actuels et également sur les attentes suscitées par le traitement en cours d’évaluation. Vous contribuerez ainsi à éclairer la Commission de la transparence (CT) pour les médicaments, et le cas échéant, la Commission d’évaluation économique et de santé publique (CEESP) si le médicament fait l’objet d’un avis d’efficience. »

Interrogé au beau milieu de l’été le service de presse de la HAS explique que cet appel a été lancé le 3 mai dernier. Il s’achèvera le 15 septembre prochain. Le recrutement des volontaires ? « Il se fait via Twitter ». Combien de réponses atttendues ? « Le maximum ». De nombreux médicaments ont déjà fait l’objet d’une telle démarche. Et de nombreux autres font l’objet de cett approche. Mais aucun n’est aussi célèbre que le baclofène.

Quel éclairage pour la Comission de la transparence ? Quelles hypothétiques conséquences pour la Commission d’évaluation économique et de santé publique ? Nul ne sait. Comme nul ne sait, aujourd’hui, quel est le nombre de prescripteurs et celui de personnes « sous Baclocur® ».

Les passions médiatiques semblent s’être détachées de ce dossier qui en connut tant. Pour l’heure on ne manquera pas de noter à quel point cette nouvelle sollicitude de la HAS est aux antipodes de l’attitude adoptée (durant de très longues années) par l’ANSM vis-à-vis du baclofène et de ses défenseurs. On peut y voir un progrès. A la différence de la promotion politique des « stades alcoolisés »

A demain @jynau