Cigarette électronique contre le tabagisme : l’acharnement, finalement payant, des militants

Bonjour

Prendre de la distance pour mieux observer l’ évolution du paysage addictif et politique. En dépit d’un déni acharné de l’exécutif et des grands manitous du sanitaire qui lui obéissent la Révolution des Volutes® ne s’essouffle pas. Elle prend de nouvelles formes. Et comment, cinq ans plus tard, face à l’immobilisme des puissants, ne pas saluer l’acharnement et l’énergie insoumise de ces militants de la réduction des risques ? Un acharnement finalement payant comme en témoignent plusieurs informations données à la veille de l’opération #MoisSansTabac.

C’est ainsi que la Fédération interprofessionnelle de la vape (Fivape). Elle se félicite, dans un communiqué,  d’être officiellement partenaire de l’opération portée par la très officielle « Santé Publique France ». À cette occasion, 2 500 affiches officielles – personnalisées aux couleurs de la Fivape et de ses partenaires – seront imprimées et envoyées à toutes les boutiques spécialisées de produits du vapotage.

Motivation et énergie

Una action révolutionnaire menée aux côtés de l’Association indépendante des utilisateurs de cigarette électronique (Aiduce), qui interviendra dans les fan zones, de #Sovape (qui interviendra sur le web via Vape Info Service) et de La Vape du Coeur. Le mouvement associatif de la vape indépendante démontre ainsi plus que jamais qu’il est là, qu’il faut compter avec lui et qu’il est bel et bien « un partenaire responsable dans la lutte anti-tabac ». La Fivape :

« La motivation et l’énergie des boutiques au cours de ce MoisSansTabac sont essentielles pour ancrer ce travail de partenariat établi avec Santé Publique France, le développer et prouver que les acteurs indépendants de la Vape sont de vrais partenaires au service de la santé publique et des politiques de réduction des risques.

« Le MoisSansTabac donne l’opportunité aux professionnels de la distribution de montrer leur efficacité pour sortir les Français du tabac et de témoigner de leur implication, de leur professionnalisme et de leur engagement. »

A cette occasion, 2500 affiches officielles MoisSansTabac personnalisées aux couleurs de la Fivape et de ses partenaires seront imprimées et envoyées à toutes les boutiques de France spécialisées dans la vente de produits du vapotage.

Tout n’était pas, loin s’en faut gagné d’avaince. Ainsi, pour l’édition 2018 du MoisSansTabac, « il avait été décidé » de ne pas reconduire tous les groupes Facebook créés en 2017. Les associations Aiduce et Sovaep sont parvenues à se faire entendre et ont fait valoir auprès de Santé Publique France l’intérêt de « l’auto-support » pour le vapotage.

« Cet accompagnement des néo-vapoteurs par des pairs capables de prodiguer conseils pratiques, motivation et bienveillance pour un bon démarrage et pérenniser le sevrage a pu améliorer les chances de réussite des fumeurs qui choisissent le vapotage afin de tenter d’arrêter de fumer. Sovape a produit un rapport sur l’expérience menée en 2017, avec des résultats très encourageants, 38% des participants du groupe Les Vapoteurs #MoisSansTabac 2017 étaient toujours non-fumeurs à cinq mois. »

Humour et diplomatie

C’est ainsi que, depuis Versailles, Santé Publique France a finalement accepté de soutenir les deux associations et  d’aider la démarche d’auto-support. Ce financement permettra le défraiement des bénévoles et la création d’un programme court de formation destiné à renforcer les connaissances des aidants. Construit avec Jacques Le Houezec, tabacologue et scientifique spécialiste de la nicotine, il comportera un volet théorique sur le sevrage tabagique avec un bon usage de la nicotine, et un volet pratique pour une bonne prise en charge des fumeurs, pratique et motivationnel.

Tout n’est pas gagné : la « communication officielle » du MoisSansTabac n’inclura pas cette action et les associations n’auront pas plus les moyens de la faire connaitre. Pourquoi ? On ne le sait pas. « Informer les fumeurs intéressés par cette option de soutien aurait pourtant été pertinent, alors que le vapotage est l’outil d’aide le plus populaire en France selon les analyses de Santé Publique France publiées en mai, observent les révolutionnaires. Un tiers des participants au MoisSansTabac l’utilisent dans leur démarche. »

Diplomates Aiduces et Sovape  « tiennent à remercier » Santé Publique France et l’équipe du MoisSansTabac de reconnaitre l’auto-support avec le vapotage dans la lutte contre le tabagisme. Elles ajoutent, non sans humour : « C’est une étape importante en attendant un recours plus partagé au vapotage, comme le font les Anglais dans le cadre du STOPTOBER, modèle du Mois Sans Tabac, avec des campagnes de publicité grand public, par spot TV, affichage et soutien personnalisé dans les Stop Smoking Services qui recommandent, entre autres, aux fumeurs, de passer au vapotage et avec un accompagnement qui améliore la réussite (63% – Communiqué de presse Public Health England du 20 septembre 2018). »

Prendre de la distance pour mieux observer l’ évolution du paysage addictif et politique ? C’est aussi faire part de l’annonce du  Syndicat Interprofessionnel des Indépendants de la Vape :  la création de la première Certification Interprofessionnelle des Métiers de la Vape (la CIMVAPE). Elle vise à faire reconnaître officiellement les compétences des dirigeants et salariés des boutiques indépendantes de vape. Il s’agit là d’une étape majeure pour la reconnaissance de ces métiers et des compétences qui leur sont associées. La reconnaissance, en même temps, d’une révolution en marche.

A demain

La cigarette électronique n’arrive pas à la cheville scientifique du Zyban® ou du Champix®

Bonjour

Nous évoquions il y a peu la participation, à une opération Pfizer (varénicline – Champix®) du D Anne-Laurence Le Faou, Anne-Laurence Le Faou, présidente de la Société Francophone de Tabacologie, responsable du centre ambulatoire d’addictologie (Hôpital européen Georges-Pompidou). Elle répondait il y a peu aux questions du Magazine de la santé (France 5)  Edifiant.

Que sait-on aujourd’hui des effets néfastes de la cigarette électronique ?

Dr Anne-Laurence Le Faou : « La cigarette électronique n’est pas un médicament donc les effets indésirables ne sont pas enregistrés. La littérature scientifique montre par exemple que quelqu’un qui utilise cette cigarette électronique et qui a une pathologie pulmonaire peut avoir une exacerbation de ses symptômes, notamment de la toux. Mais globalement, on n’a pas de monitorage des effets indésirables. »

 Est-ce qu’il y a un sur-risque d’infarctus comme le montre une étude américaine publiée récemment ?

Dr Anne-Laurence Le Faou : « Ce sur-risque a été montré par une étude américaine. Effectivement, quand vous avez des « shoots » d’une substance étrangère qui arrive brutalement au niveau des vaisseaux sanguins, il y a forcément une réaction vasculaire mais pour en être certain, il est nécessaire d’enregistrer les effets indésirables, de les faire déclarer avec un système spécifique pour construire la connaissance sur les risques. On ne peut pas garantir qu’il y aucun risque »

 Est-ce que la cigarette électronique est efficace pour les fumeurs qui veulent arrêter ?

Dr Anne-Laurence Le Faou : « Des méta-analyses ont été faites pour évaluer l’efficacité de la cigarette électronique dans le sevrage tabagique mais les résultats sont contradictoires. Il faut plusieurs années pour recueillir des données mais les dispositifs évoluent en permanence, il y a toujours des nouveautés. Donc à chaque fois, les études qui sont publiées portent sur des modèles dont les mécanismes sont différents. Par exemple, le dernier produit en date utilise du tabac chauffé. Là-dessus, nous avons une étude suisse qui montre que des produits toxiques sont diffusés en quantité importante parce que la combustion est incomplète. »

 Est-ce qu’il faut continuer à proposer la cigarette électronique comme outil de sevrage ?

Dr Anne-Laurence Le Faou : « On ne peut pas la recommander comme on le fait pour des médicaments dont l’efficacité est prouvée scientifiquement. Mais on ne la déconseille pas. Simplement, pour éviter ces « shoots » dont je parlais, on va donner un traitement complémentaire comme des patchs ou des médicaments comme la varénicline 1 ou le bupropion 2 qui fonctionnent bien. »

 A demain

 1 varénicline ou Champix® agoniste partiel des récepteurs nicotiniques cérébraux indiqué dans le sevrage tabagique chez l’adulte, est désormais remboursable à 65 % par l’Assurance maladie.  Cette prise en charge s’applique lorsque Champix® est prescrit en seconde intention, après échec des stratégies comprenant des substituts nicotiniques, chez des fumeurs ayant une forte dépendance au tabac (score au test de Fagerström supérieur ou égal à 7). Il n’a pas été objectivé d’augmentation des troubles psychiatriques graves (dépression, comportement suicidaire), ni d’événements indésirables cardio-vasculaires, associés à l’utilisation de la varénicline par rapport au placebo, au bupropion ou aux TNS (Vidal).

2 bupropion ou  Zyban®  « Le bupropion fait partie de la famille des antidépresseurs, mais n’est pas utilisé pour ses propriétés antidépressives. Il diminue les symptômes du sevrage tabagique, sans que son mécanisme d’action dans cette indication soit connu avec précision. Non remboursé, prix libre dans les pharmacies d’officine (Vidal).

 

845 euros parce qu’ils perdent leurs triplées avant 22 semaines : Sécurité Sociale inhumaine

Bonjour

C’est une affaire aux confins modernes d’un administratif inhumain. Elle vient d’être rapportée par Le Journal de Saône-et-Loire (Damien Valette). Le 20 décembre 2017, un couple habitant Châlons-sur-Saône est « durement touché par le sort ».

« A l’issue d’une grossesse à haut risque de presque cinq mois, ponctuée de plusieurs hospitalisations, Mégane Baltes accouche de trois fillettes mort-nées. Le 18 janvier leur Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) leur demande le remboursement d’un « trop-perçu ». Montant : 845 €. Selon l’organisme, la jeune femme aurait bénéficié d’indemnités journalières au titre de la maternité – et ce alors qu’elle aurait dû être indemnisée au titre de la maladie…

« Cette distinction n’aurait pas été faite si la fausse couche avait eu lieu à 22 semaines de grossesse (cinq mois). Or, Mégane a perdu ses bébés à 21 semaines et six jours », précise le quotidien régional. « Selon eux, j’ai accouché un jour trop tôt, explique Mégane. Je considère ça comme une injustice totale !»

Interrogée, la CPAM, qui reconnaît sa maladresse, rappelle que des cas comme celui-là peuvent être examinés par un médiateur. « Le problème, c’est que, dans ce cas précis, l’appel au médiateur n’est plus possible, car Mégane ayant contesté la décision, c’est le tribunal des affaires de Sécurité sociale qui doit à présent trancher le litige, ajoute le quotidien La Chalonnaise avait été convoquée à une audience publique le 11 octobre à Mâcon. Mais son avocate a obtenu le renvoi du dossier « à une date ultérieure. »

Mégane travaille en intérim chez Amazon. On apprend que les triplées avaient eu des prénoms (Zoé, Lou et Jade) et un document de naissance. Que le jour de l’accouchement, l’empreinte de leurs pieds a été prise sur une feuille de papier, puis encadrée par leurs parents.

L’affaire commence prendre une dimension nationale. A Paris la Caisse nationale de l’Assurance Maladie reconnaît que « les faits sont avérés ». Elle « regrette que la dimension humaine n’ait pas été prise en compte dans ce dossier ». Qu’elle se rassure : elle n’est pas la seule.

A demain

 

Ubu roi des urgences : donner de l’argent à l’hôpital pour qu’il «réoriente» ses malades ?

Bonjour

Le Dr Olivier Véran est spécialiste de neurologie, député (LRM, Isère) et rapporteur général de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale. C’est un homme qui connaît bien le monde hospitalier. Et c’est aussi lui qui, aujourd’hui, vient de faire une proposition paradoxale pour « désengorger les services hospitaliers d’urgence ». Son amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale propose d’intéresser financièrement ces services  pour qu’ils réorientent les patients présentant les pathologies les moins graves vers la médecine de ville.

On sait que la fréquentation des urgences hospitalières augmente de 2 % à 3 % chaque année (environ 23  millions de passages annuels) et que nombre de ces consultation (un quart selon le Dr Véran) auraient (théoriquement) parfaitement pu être pris en charge par un médecin généraliste.

« Pour inciter l’hôpital à renoncer à une source de revenus (chaque passage aux urgences rapportant en moyenne 161,50 euros, selon la Cour des comptes en 2014), le député propose de créer un  » forfait de réorientation  » de 20 à 60 euros, précise Le Monde (François Béguin). L’hôpital le toucherait pour chaque patient venu aux urgences à qui aurait été proposé un rendez-vous dans un bref délai chez un médecin de ville, dans une maison médicale de garde ou auprès d’une consultation hospitalière spécialisée. »

Curieuse idée

Le Dr Véran estime qu’un tel dispositif permettrait de réorienter jusqu’à six  millions de patients chaque année. Christophe Prudhomme, porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France (AMUF) juge la proposition « irréaliste ».  Un « coup médiatique » selon lui.

« Voilà une bien curieuse idée, digne du pays d’Ubu, commente le Dr Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF.  La collectivité va financer une structure hospitalière pour qu’elle ne soigne pas complètement un patient ! L’hôpital concerné va engager sa responsabilité en réorientant le patient vers la prise en charge en médecine de ville. Cette orientation sera-t-elle faite par une infirmière d’orientation, ou par un médecin urgentiste ? Le médecin va recevoir le montant d’une consultation habituelle pour prendre en charge complètement le patient, avec prescription médicale, alors que l’hôpital perçoit un forfait nettement supérieur pour simplement l’orienter. Quelle logique ! Comment imaginer qu’un directeur d’établissement de soins préférerait facturer un forfait d’orientation plutôt qu’un forfait d’urgence qui lui rapporterait une somme bien supérieure ? »

Pour sa part le député de l’Isère assure que son initiative a le soutien d’Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la santé. « Ne serait-il pas plus simple de créer un forfait de prise en charge d’une urgence de ville lorsque des médecins libéraux sont organisés pour répondre à ce besoin de la population, demande le Dr Ortiz. Bien des structures regroupées, MSP, cabinet de groupe, centre médical, etc., seraient ainsi incités à s’organiser pour accueillir des ‘’urgences de ville’’ dans des conditions adéquates. »

Et ce syndicaliste, loin du surréalisme d’Alfred Jarry, d’appeler les parlementaires, médecins ou pas, à un minimum de bon sens.

A demain

Arrêter de fumer avec (ou sans) conflits d’intérêts : que s’est-il passé à l’OpenMind Kfé ?

Bonjour

Nous évoquions il y a peu la peu banale invitation adressée par la multinationale Pfizer aux journalistes de la presse spécialisée « santé ». Rendez-vous le 17 octobre 2018 de 9 h à 11h à « l’OpenMind Kfé », 165 Faubourg Saint Honoré, 75008 Paris.  Programme : « Regards croisés de deux experts de santé », par le Dr. Ivan Berlin & le Dr. Anne-Laurence Le Faou.

Nous sommes le 17 octobre. Que s’est-il dit, ce matin, qui méritait une telle rencontre. Pfizer (qui commercialise la varénicline – Champix®  indiqué dans le sevrage tabagique chez l’adulte remboursé depuis mai 2017 suite à une initiative de Marisol Touraine) a rappelé haut et fort « la possibilité d’un arrêt progressif du tabac pour réussir son sevrage tabagique ». « Dans le cadre du traitement de seconde intention, une étude a montré que la varénicline peut-être une des solutions thérapeutiques adaptée pour un sevrage progressif de la nicotine » a-t-on expliqué aux journalistes.

Financée par Pfizer cette étude (dite « Reduce To Quit ») date déjà de 2015 :  Effect of Varenicline on Smoking Cessation Through Smoking ReductionA Randomized Clinical Trial. JAMA. 2015;313(7):687–694. « On observe que la varénicline, molécule qui aide au sevrage tabagique en agissant directement sur la dépendance à la nicotine, est une solution thérapeutique adaptée dans le cadre d’un arrêt progressif de la cigarette, résume le commanditaire. Les événements indésirables les plus fréquents (>10%) avec la varénicline sont : nausées, rhinopharyngite, rêves anormaux, insomnies et céphalées. »

« Grâce à une prévention active et au remboursement des traitements nous observons une baisse notable des fumeurs en France : moins d’un million cette année [une donnée plus que fragile] a pour sa part expliqué, citée par Pfizer, Anne-Laurence Le Faou, présidente de la Société Francophone de Tabacologie, responsable du centre ambulatoire d’addictologie (Hôpital européen Georges-Pompidou. Cependant il en reste encore 12 millions ! Il faut donc continuer à encourager le sevrage tabagique et la prise en charge des fumeurs par les professionnels de santé ».

Un médicament qui fonctionne très bien

Et de citer une étude datant, déjà,  de 2014 ( Baha M, Le Faou AL. Gradual versus abrupt quitting among French treatment-seeking smokers ) tendant à démontrer qu’une stratégie de réduction avant arrêt complet peut être bénéfique notamment chez des fumeurs ayant un profil sévère : gros fumeurs avec ancienneté importante du tabagisme et moindre confiance en eux pour l’arrêt.

« La varénicline permet surtout d’éviter les difficultés souvent rencontrées par les patients lors d’un arrêt brutal : la forte envie de fumer et l’apparition de symptômes de sevrage. Il est remboursé à 65% par la Sécurité Sociale et reste un médicament qui fonctionne très bien dans le cadre d’un sevrage tabagique » a pour sa part expliqué, cité par Pfizer, le Dr  Ivan Berlin (Hôpital de la Pitié-Salpêtrière).

Le Dr Berlin est secrétaire général adjoint chargé de la recherche de la Société Francophone de Tabacologie. Il conduit sur fonds publics (900 000 euros), l’étude ECSMOKE qui cherche à comparer les effets de la cigarette électronique contenant de la nicotine à la cigarette électronique sans nicotine et à la varénicline- Champix®.

A demain

 

 

 

Alcool : peut-on encore vanter sans danger les vertus de la «menthe forte qui réconforte» ?

Bonjour

Comment lui résister ? C’est une marque qui traverse les siècles. A grand renfort de publicités inégalées. Une boissons alcoolique « aux deux anges » qui ne prend pas de rides. Une marque qui « met aujourd’hui son expertise fraîcheur et son ingrédient remarquable au service de toutes les situations du quotidien » (sic).

Une marque « anti-nausées » qui fête ses 180 ans. Et qui en profite pour vanter sa gamme de produits pour garantir une haleine fraîche et irréprochable : alcool de menthe, spray à vaporiser directement dans la bouche,  capsules haleine fraîche et une gamme de pastilles et de chewing-gums mentholés. Quoi de mieux que l’alcool pour aseptiser et réconforter ?

Eté comme hiver, 18 gouttes par jour

Sans oublier les nouveaux bonbons sans sucres Menthe Extra­-Forte « aux arômes naturels de menthe, faciles à emporter en voyage ».

Le produit phare ( « L’original depuis 1838 ») demeure une source non négligeable de revenus : le flacon de 50ml d’alcool de menthe au prix conseillé de 8,30 euros dans toutes les bonnes para-pharmacies (mais que nous avons acquis aujourd’hui dans une modeste officine tourangelle pour la somme de 9,80 euros – sucre non compris).

Pas loin de 200 euros le litre pour ce « complément alimentaire à base de plante Menthae piperitae  titrant 80° d’alcool éthylique. Une à trois gouttes – jusqu’à six fois par jour. Eté comme hiver. Se glisse aisément sous le pull-over. Laboratoires Super Diet. Pour votre santé, évitez de grignoter entre les repas.

A demain.

350 euros hospitaliers pour savoir où vous en êtes de votre fertilité. Il ne sont pas remboursés

Bonjour

C’est un papier « santé » du Parisien/Aujourd’hui en France. Il nous parle d’une « initiative unique » en France. A découvrir au Centre hospitalier intercommunal de Créteil (CHIC). Nom de code : « Fertilité check up© » (sic). Médecin responsable : Pr. Nathalie Massin. Médecin :  Dr. Jean-Marc Le Vaillant « dix ans aux côtés de René Frydman, père du premier bébé éprouvette ». Pitch :

« Vous avez un projet de maternité immédiat ou futur ? Vous souhaitez connaître votre potentiel de fertilité ? Vous souhaitez planifier une conception dans votre projet de vie ? Vous souhaitez connaître votre potentiel de fertilité actuel ou futur ? Vous souhaitez savoir où vous en êtes… Nous vous proposons des réponses à ces questions grâce au Fertilité check-up©. »

« Ce test comprend : un examen échographique complet, le Fertiliscan©, développé par l’équipe médicale du centre d’Assistance Médicale à la Procréation du CHIC – examen de trente minutes environ, réalisé par voie endovaginale avec un inconfort modéré (sic) ; un « questionnaire de vie » – (histoire médicale et état actuel ; un entretien avec un expert de la fertilité qui fera les conclusions de l’examen complet et répondra à toutes vos questions. »

On explique encore que cet examen permet d’étudier les trois fonctions indispensables à la reproduction : l’ovulation, la capacité utérine, la perméabilité tubaire. A noter : « ce test permet également la possibilité de dépister l’endométriose.».

« C’est l’examen de première intention par excellence qui permet de donner à une femme, dans les meilleurs délais, une évaluation de sa fertilité, résument les promoteurs.  Pour prendre RDV pour un fertilité-check up, cliquez ici. Accessible sans courrier de médecin traitant, le Fertilité check-up© est proposé au tarif de 350€ – incluant le Fertiliscan© et la consultation spécialisée (non pris en charge à ce jour par la sécurité sociale). »

Pourquoi cette absence « à ce jour » d’une prise en charge par l’Assurance maladie, elle qui rembourse à 100% toutes les techniques et prises en charge de procréation médicalement assistée 1 ? Pourquoi Créteil et pourquoi 350 euros ? On ne nous le dit pas. On le regrettera.

A demain

1 On trouvera ici ce qu’il en est officiellement, pour l’Assurance maladie, du « bilan médical de la stérilité ou infertilité ». Extrait :

« Une consultation médicale pour infertilité s’envisage, le plus souvent, lors de l’absence de grossesse au bout d’une ou deux années de rapports sexuels réguliers. Ce délai peut être plus court en fonction de l’âge et des problèmes médicaux antérieurs du couple. Une consultation médicale devient nécessaire lorsqu’un couple n’arrive pas à concevoir un enfant après 12 à 24 mois de rapports réguliers (deux ou trois fois par semaine) aux périodes propices, en l’absence de contraception. Cette consultation a lieu beaucoup plus tôt, souvent après 6 mois d’essais infructueux, si la femme a plus de 35 ans ou s’il existe une maladie de l’appareil génital connue ou suspectée chez l’homme ou la femme.

« Cette consultation permet : de confirmer le diagnostic d’infertilité par son ancienneté ; de retrouver une cause parfois simple d’infertilité qui peut être facilement modifiée (par exemple : mauvaise connaissance des processus de la fécondation et des périodes de fécondité) ; d’envisager, après un examen médical du couple, les examens complémentaires nécessaires. »