Voici une bonne nouvelle politique concernant 300.000 personnes diabétiques

 

Bonjour

Dans ce froid quinquennat finissant, personne n’y croyait plus. Et puis, il y a quelques minutes, cette annonce faite à la presse par le ministère de la Santé : « le nouveau système d’auto-surveillance de la glycémie sans contact, FreeStyle Libre® (laboratoire Abbott), pris en charge à 100% par l’Assurance maladie ». C’est là, en pratique, une avancée médicale marquée du sceau de la solidarité.

Le dispositif FreeStyle Libre®est un lecteur de glycémie de « nouvelle génération ». Il permet d’effectuer une mesure flash du taux de glucose sans lancette, sans piqûre. De ce fait il remplace la mesure de la glycémie capillaire par prélèvement sanguin. « Des études ont montré une amélioration de l’équilibre glycémique et un impact positif sur le suivi des patients et leur capacité à mieux s’insérer dans la vie sociale » dit-on au ministère.

Dessous des cartes

Jusqu’à présent le « pack de démarrage » (un lecteur et deux capteurs pour le premier mois) était facturé 169,90 euros par Abbott. Pour continuer à l’utiliser il était bien évidemment nécessaire d’acheter des capteurs supplémentaires. Soit 120 euros par mois… Pour autant 30 000 personnes avaient déjà acquis ce dispositif sans prise pris en charge par l’Assurance maladie. Désormais 300 000 patients insulinotraités sous multi-injections ou pompe, devraient à terme bénéficier de ce dispositif innovant.

Pourquoi maintenant alors que l’injustice criante de la situation était déjà, ici ou là, dénoncée de longue date par quelques voix solitaires 1 ? Marisol Touraine fait savoir que c’est elle qui est à l’origine de cette avancée. Elle a demandé au Comité économique des produits de santé (CEPS) « de mener une négociation avec le laboratoire Abbott sur le prix du nouveau système d’auto-surveillance de la glycémie sans contact FreeStyle Libre® ». Et la négociation « a abouti à un accord permettant de prendre en charge ce dispositif médical à 100% par l’Assurance maladie » 2.

On aimerait, bien évidemment, connaître le dessous des cartes politiques et financières. Qui était à la table des négociations ? A quel prix Abbott a-t-il accepté de signer ? Avec quelles contreparties ? Et pourquoi tout cela doit-il secret ?

Reste l’essentiel : en pratique une avancée médicale marquée du sceau de la solidarité.

A demain

1 « Diabétiques, pour mieux vivre votre diabète, faites donc comme Bertrand Burgalat : adoptez Free-Style® de chez Abbott » Journalisme et santé publique 26 octobre 2015

2 A noter que la prescription de FreeStyle Libre® est limitée aux médecins diabétologues et aux pédiatres expérimentés en diabétologie.

Tabac : qui sera le ministre qui en finira avec l’absurdité du « forfait nicotinique » ?

 

Bonjour

C’est une information politique que vient de publier l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT).  Son « tableau de bord tabac du mois de mars 2017 » s’intéresse aux traitements d’aide à l’arrêt du tabac. On y apprend que les ventes de mars 2017 atteignent un niveau record : soit 253 000 équivalents patients, une hausse de 58 % par rapport à mars 2016. Précisions :

« Au total, ces ventes du premier trimestre 2017 sont très supérieures à celles du premier trimestre 2016  (+ 42 %). Ce niveau élevé de ventes (ce terme fait référence aux commandes des officines de pharmacie auprès de leurs fournisseurs et non aux achats des particuliers) peut être rapproché de la mise en place en novembre 2016 par l’Assurance maladie du remboursement forfaitaire à hauteur de 150 euros annuels des traitements par substituts nicotiniques. »

Le Champix remboursé 

Selon l’OFDT l’effet de cette mesure n’aurait pas été immédiat puisque, en novembre et en décembre 2016, les ventes se situaient autour de 200 000 équivalents patients. En pratique ce n’est qu’à partir de janvier qu’elles ont bondi à plus de 225 000 équivalents patients pour atteindre 253 000 en mars.

Où l’on voit qu’un nombre croissant de fumeurs cherche à briser les chaînes de la dépendance au tabac. Où l’on prend aussi une nouvelle fois conscience de l’incohérence doublée d’absurdité (pour ne pas parler de scandale) qu’il y a à plafonner le remboursement des « traitements d’aide à l’arrêt du tabac » 1. Et ce alors même que la ministre de la Santé vient de signer un arrêté remboursant le Champix  « dans le sevrage tabagique, en seconde intention, après échec des stratégies comprenant des substituts nicotiniques chez les adultes ayant une forte dépendance au tabac »…

Ne pas rembourser pleinement les traitements de première intention qui aide à lutter contre la première cause évitable de mortalité prématurée ? A quel titre ? De quel droit ?  Pourquoi le fumeur est-il considéré comme le seul malade atteint d’une affection de longue durée devant payer son traitement ? Qui est à l’origine de cette discrimination ? Quel sera le politique qui comprendra qu’il faut, au plus vite, en finir avec cette insupportable inégalité ? Et mieux réfléchir à la grande question de la cigarette électronique. Le prochain ministre de la Santé ?

A demain

1 L’Assurance Maladie rembourse, sur prescriptionles traitements par substituts nicotiniques (patch, gomme, pastille, inhaleur…) à hauteur de 150 € par année civile et par bénéficiaire, à compter du 1er novembre 2016. Pour être remboursés, les substituts nicotiniques doivent figurer sur la liste des substituts nicotiniques pris en charge par l’Assurance Maladie. Ils doivent être prescrits sur une ordonnance consacrée exclusivement à ces produits ; aucun autre traitement ne doit figurer sur cette ordonnance.

Pharmacie, éthique et politique : méchantes recettes pour faire de gros bénéfices

 

Bonjour

On peut voir là, au choix, des informations édifiantes ou révoltantes. Elles sont disponibles sur le site Medscape (Aude Lecrubier). On y découvre les révélations de plusieurs médias britanniques quant aux méthodes de la multinationale pharmaceutique sud-africaine Aspen Pharmacare. « S’il n’obtient pas les hausses de prix demandées auprès des gouvernements, Aspen va jusqu’à stopper les ventes, quitte à envisager de détruire ses propres stocks, résume Medscape. Or, Aspen est en situation de quasi-monopole sur ces génériques… »

Après The Guardian, ces pratiques sont mises en lumière par The Times (Billy Kenber) : « Drug giant’s secret plan to destroy cancer medicine » et par  The Independant (Katie Forster): « Pharmaceutical giant ‘plotted to destroy cancer drugs to drive prices up 4,000%’ ». On y apprend le bras de fer engagé avec le gouvernement espagnol pour obtenir une forte hausse des prix de cinq génériques d’anticancéreux acquis auprès de GlaxoSmithKline.  Une bataille qu’ont déjà perdu (ou que n’ont pas mené) certains pays européens.

Parmi les cinq médicaments concernés, le busulfan (Myleran®, Aspen) indiqué dans le traitement de la leucémie myéloïde chronique a vu son prix passer de 5,20 £ à 65,22 £ le flacon de comprimés en 2013 – soit une augmentation de plus de 1100% après l’acquisition par Aspen.

Faire céder les gouvernements

« Notons qu’en France, le prix du médicament vendu par Aspen est désormais de 68 euros par flacon de 25 comprimés alors qu’il était de 14,93 euros en 2006, souligne Medscape. Une autre molécule, le chlorambucil (Leukeran®, Aspen), également utilisée en hémato-oncologie coute désormais 40,51 £ par boite versus 8,36 £ avant le rachat en 2013. En France, le produit est aujourd’hui commercialisé par le laboratoire Techni Pharma pour 20,96 euros la boite de 30 cps. Dans l’Hexagone, le Purinethol® coute désormais 64,63 euros par flacon de 25 cps au lieu de 4,35 euros lorsqu’il était commercialisé par GSK. »

Face à refus du gouvernement espagnol d’accepter une augmentation de prix allant jusqu’à 4000%, le laboratoire est passé des menaces à l’action destructrice. Selon The Independent, cette méthode de pression a déjà été utilisée par le laboratoire en Italie où les pénuries de médicaments et les menaces d’arrêter les ventes ont fini par faire céder le gouvernement.

Interrogé par The Times, Aspen n’a pas fait de commentaire sur la question de la destruction des stocks espagnols, précise Medscape. En revanche, Dennis Dencher, DG d’Aspen Pharma Europe a indiqué que les hausses de prix avaient pour but « de promouvoir un accès durable aux patients », que les prix initiaux étaient « très bas et insoutenables » et que les « pénuries d’anticancéreux d’Aspen n’étaient pas délibérées ».

Existe-t-il une éthique minimale dans la jungle des multinationales pharmaceutiques ? Que pourrait révéler, sur le sujet, le Comité économique français des produits de santé ?

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Naissance d’une enfant trisomique : le CHU fautif devra verser 80 000 euros aux parents

 

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Jadis on aurait peut-être parlé du « préjudice d’être né ». Le CHU de Limoges a finalement été condamné car il n’a pas dépisté, avant sa naissance, la trisomie 21 de Maylis, âgée aujourd’hui de 7 ans. La décision vient d’être rapportée par Le Populaire du Centre. On se souvient que les parents avaient fait le choix d’attaquer le CHU pour « erreur de diagnostic ».  Près de sept ans plus tard, le tribunal administratif leur donne raison, estimant que la mère « n’a pas eu la possibilité d’exercer son choix de recourir à une interruption médicale de grossesse ».

Adressée vers le centre hospitalier pour une amniocentèse (après une première évaluation d’un risque élevé de trisomie 21) la mère avait finalement été renvoyée chez elle, sans avoir subi l’examen. Des investigations ultérieures devaient établir qu’une faute « caractérisée » avait été commise dans le nouveau calcul du risque. En septembre 2010 une petite fille naissait, un caryotype établissant rapidement qu’elle souffrait de trisomie.

Comprendre la douleur

Après des tractations infructueuses avec le CHU (qui estimait qu’aucune faute n’avait été commise) le couple s’est retourné vers la justice administrative. Le tribunal a, au final, conclu que la faute était « caractérisée » et estimé que le CHU avait fait perdre à la mère la possibilité de choisir de recourir à une interruption médicale de grossesse – ce qu’elle aurait fait selon une probabilité estimée entre 95 et 99 % d’après les constatations des experts.

Le tribunal a d’autre part considéré que les parents n’ont pas pu se préparer à l’arrivée de cet enfant – qui souffre d’un important retard mental et nécessite des consultations spécialisées quasi quotidiennes, empêchant ainsi la mère de reprendre son travail. En revanche, le même tribunal a rejeté la demande du couple concernant la réparation qu’ils demandaient pour leurs deux enfants aînés ; « seul le préjudice propre des parents est susceptible d’être réparé du fait de l’existence d’une faute caractérisée », selon l’article L. 114-5 du code de l’action sociale et des familles, précise la juridiction.

Le CHU de Limoges disait jusqu’à présent « comprendre la douleur des parents » mais demandait aussi que le tribunal considère qu’il ne s’agissait pas d’une faute « caractérisée » mais d’une faute « simple ». Il devra verser 50 000€ à la mère et 30 000€ au père.

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«Tabac chauffé» : Philip Morris a-t-il programmé la mort de la cigarette qui tue ?

 

Bonjour

Ancien de l’Ecole Polytechnique de Lausanne, André Calantzopoulos est aujourd’hui le PDG de Philip Morris International (PMI), l’une des premières puissances mondiales du « tabac brûlé ». Son groupe s’apprête à lancer en France l’appareil IQOS et ses recharges de « tabac chauffé » présentés comme une manière de fumer « à moindre nocivité ».

L’appareil IQOS est d’ores et déjà commercialisé dans vingt pays.  Il sera bientôt (70 euros) chez les vingt-six mille buralistes de l’Hexagone – avec les paquets de vingt sticks de tabac au prix du paquet de Marlboro, (7 euros). Le tout devant les murs de « paquets neutres » avec le logo et les couleurs de Philip Morris. Le géant du tabac « brûlé » assure avoir investi trois milliards de dollars depuis 2008 pour développer des « produits à risques potentiellement réduits ». C’est, à en croire ses communicants, une véritable mutation industrielle estampillée « moindre risque ». C’est aussi une concurrence directe de la révolution que constitue la cigarette électronique.

« Ce marketing bien rodé est trompeur car il entretient une certaine confusion, vient de commenter, sur France Inter, le Pr Bertrand Dautzenberg, pneumologue-militant. C’est du tabac chauffé, non brûlé, disent-ils, mais il est un peu brûlé tout de même et il libère de toutes petites doses de monoxyde de carbone et de produits toxiques. C’est un produit du tabac, on n’est pas du tout sur une cigarette électronique, alors que Philip Morris veut entretenir la confusion et dire que c’est la même chose. »

Pas devant les enfants

André Calantzopoulos écoute-t-il  France Inter ? Répondra-t-il aux commentaires du Pr Dautzenberg ? Il faut l’espérer puisque le PDG de Philip Morris International semble goûter les médias. Il était à Londres en novembre dernier au moment du lancement d’IQOS au Royaume-Uni. Et le PDG de parler à la BBC. « Le moment viendra où nous aurons suffisamment d’adoptions de ce produit alternatif pour commencer à envisager, avec les gouvernements, l’élimination des cigarettes.  J’espère que ce moment arrivera bientôt ». Interrogé par The Times, il semblait voir le jour où PMI arrêterait de vendre des cigarettes : « Pas au cours de mon mandat de PDG, mais de mon vivant, j’espère ».

Il y a quelques semaines le quotidien suisse Le Temps interrogeait le PDG de Philip Morris dont le siège est à Lausanne. Extrait :

«  – Etes-vous fumeur?

– Je fume des cigarettes professionnellement. Je goûte les marques de la concurrence. Je m’accorde parfois aussi un cigare.

– Comment abordez-vous la question de la cigarette au sein de votre famille?

– Ma femme a arrêté de fumer quand elle était enceinte. Comme elle allaite en ce moment, il n’est pas question qu’elle reprenne. Etant père de famille, je suis convaincu par ailleurs qu’il ne faut pas fumer devant les enfants.

– Comment vivez-vous le fait de vendre un produit qui tue?

– La cigarette est un produit utilisé par plus d’un milliard de personnes, qu’il est légal de vendre. Ma fonction est d’offrir le plus de plaisir aux consommateurs sans gêner les autres. Cela fait dix-neuf ans que je travaille chez PMI et je suis fier de notre succès, de notre approche, de notre transparence et de notre volonté de dialoguer. »

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Post-vérité : le tabac brûlé, le tabac chauffé, la cigarette électronique. Silence politique

 

Bonjour

Roulements de tambours. Nouveau en France : IQOS et ses recharges Heets ! Leur arrivée avait été annoncée – puis on avait oublié. C’est fait. La « cigarette de tabac chauffé à moindre nocivité » va bouleverser notre paysage buralistique, publicitaire et sanitaire. Pour trois raisons principales qui peuvent être aisément résumées.

Il s’agit d’un « nouveau produit du tabac », un nouveau produit qui s’inscrit dans un contexte renouvelé d’appétence pour la « réduction des risques ». De ce point de vue il annonce une période où la publicité pour le « tabac chauffé » (et non plus brûlé) va venir, chez les fumeurs désireux d’« arrêter », concurrencer la cigarette électronique. On sait que cette dernière se démarque totalement des deux premières propositions (« brûlé » ou « chauffé ») en ce qu’elle fait une croix sur le tabac au profit d’une vapeur d’eau (plus ou moins) nicotinée. Pour autant la confusion sera entretenue par le nouveau venu.

En élargissant la gamme des possibilités, en trônant chez les buralistes devant le mur de paquets neutres, en surfant (au conditionnel) sur le risque réduit, le nouveau produit de Philip Morris International (plus de 40 % du marché des cigarettes en France) détiendra vite une position privilégiée. La multinationale ne fait pas mystère de sa volonté de disposer au plus vite d’une position dominante dans ce qu’elle perçoit comme un nouveau marché : conserver l’immense clientèle des fumeurs de tabac en les guidant, sous son logo, vers une consommation à « moindre risque ».

Risque « modifié »

Il n’y aurait là que le jeu traditionnel du grand marché s’il n’était question de santé publique. A ce titre l’arrivée du « tabac chauffé » vient, comme on pouvait le redouter, confirmer ce qu’avait amplement démontré la cigarette électronique : le silence total des autorités sanitaires.  Aucune expertise des allégations sanitaires de Philip Morris International. La puissante multinationale cherche d’ores et déjà, à faire approuver la vente de son produit par la FDA américaine dans la catégorie « produits du tabac à risque modifié ».

En France, pas un mot. Aucune des nombreuses agences sanitaires n’a été saisie d’une question majeure de santé publique et de responsabilité politique. Quatre-vingt mille morts prématurées par an. Aucune demande d’évaluation indépendante de réduction du risque ; partant aucune gestion politique. Aucune échelle objective des différentes possibilités disponibles en amont de l’abstinence tabagique et nicotinique.

Il y a bien, pour l’heure une petite passerelle entre deux mondes qui ne se connaissent pas. Une passerelle « réduction des risques » comme on en connut dans les années 1980 avec le sida et la toxicomanie. Une passerelle fragile, étroite et malaisée, entre les militants de la vape et la Direction Générale de la Santé. Et puis, bientôt, la grosse vague du « tabac chauffé à moindre nocivité ». Que va-t-il se passer ?

A demain

IQOS, le « tabac chauffé à moindre nocivité » arrive en France. Silence des autorités

Bonjour

C’est une « info-Le Figaro » (Ivan Letessier). Une information à haute valeur économique, sanitaire et politique. Soit un objet fabriqué par Philip Morris « pour convaincre les fumeurs » d’arrêter la cigarette : un système électronique de tabac à chauffer vendu chez les buralistes sous la marque IQOS et ses recharges Heets. Un objet présenté comme étant à « moindre nocivité » par rapport au tabac. Mais un objet sur lequel les autorités sanitaires françaises restent étrangement muettes. Le Figaro :

« Révolution en vue dans les débits de tabac français. Obligés de ne vendre que des paquets neutres depuis janvier, les buralistes vont commercialiser dans les prochaines semaines un produit destiné… à remplacer la cigarette: IQUOS, un système électronique chauffant des sticks de tabac mais sans les brûler.

 « Son inventeur est le propriétaire de Marlboro, Philip Morris International (PMI), qui détient plus de 40 % du marché des cigarettes en France. Le groupe assure avoir investi 3 milliards de dollars depuis 2008 pour développer des produits du tabac moins nocifs, dont IQOS est le plus prometteur. Avec ce système, pas de fumée, pas de cendre, pas d’odeur, mais une sensation proche de celle de la cigarette. »

Et la puissance publique de laisser libre cours aux allégations de l’inventeur-commerçant : « En brûlant des matières organiques à 800 ou 900 °C, on crée de la fumée avec plus de 6000 composants, dont certains (93 selon les autorités de santé américaines) peuvent avoir des effets nocifs sur la santé des fumeurs, rappelle Ruth Dempsey, directrice des affaires scientifiques de PMI. En chauffant le tabac à moins de 300 °C, nous limitons significativement, voire évitons l’apparition de ces composants ».

Logo et couleurs autorisés

IQOS est désormais commercialisé dans vingt pays (trente-cinq fin 2017).  Dans quelques jours  Philip Morris le lancera (70 euros) à Paris et Nice, avant un déploiement chez les vingt-six mille buralistes de l’Hexagone. On y trouvera aussi les paquets de vingt sticks de tabac Heets au prix du paquet de Marlboro, soit 7 euros. Le tout devant les murs de « paquets neutres » avec le logo et les couleurs de Philip Morris.  Le Figaro précise que le paquet de Heets devrait être recouvert d’un avertissement sanitaire, comme en Suisse. « Ce produit du tabac peut nuire à votre santé et créer une dépendance », peut-on lire, en trois langues, sur les paquets vendus dans la Confédération.

 Nocivité réduite ?  « Nos études tendent à prouver que passer intégralement à IQOS présenterait un risque plus réduit pour la santé que de continuer à fumer des cigarettes traditionnelles » assure, au conditionnel, Tommaso Di Giovanni, directeur de la communication pour les produits sans fumée de Philip Morris.

En France le propriétaire de Marlboro a fait un rêve post-loi Evin : pouvoir faire de la publicité pour ce dispositif. Au Japon, où cette publicité est autorisée (tout comme la vente en boutique) IQOS a conquis un million d’utilisateurs et détient 7 % de part de marché. D’ores et déjà, précise Le Figaro,  le groupe cherche à faire approuver la vente de ses produits par la FDA américaine dans la catégorie « produits du tabac à risque modifié ».

Pour la France, rien en vue. Face à cette évolution du marché, face aux allégations d’une moindre nocivité les autorités sanitaires ne bougent pas, la ministre de la Santé n’est plus là. Aucune réponse fournie aux fumeurs qui s’interrogeront. Comme avec la cigarette électronique, aucun conseil qui s’inscrirait dans une politique citoyenne du moindre risque. Pourquoi ?

A demain