Agnès Buzyn la scientifique relance la polémique sur les remboursements homéopathiques

 

Bonjour

#DemandeTonRemboursement. Derrière la ministre, la scientifique. Interrogée le 19 avril 2018 sur la polémique et les éclats de rires qui avaient suivi ses surprenants propos sur l’homéopathie, Agnès Buzyn, a affirmé sur Europe 1 que les médications homéopathiques sont remboursées « comme tous les médicaments qui ont un service médical rendu faible à 15 % ».

« Il y a toute une catégorie de médicaments dont on sait que l’efficacité n’est pas… très…  prouvée. C’est ce qu’on appelle l’effet placebo (rires) En tant que scientifique, je considère que l’homéopathie ne peut pas fonctionner autrement (rires) que par l’effet placebo ! Dans tous les cas, rien n’a été prouvé autrementSi on doit se poser la question du remboursement, on doit plus généralement se poser la question du remboursement de médicaments très peu efficaces. »

Maigres vaches

C’est bien la question que l’on aimerait, en période de maigres vaches, que se pose la ministre des Solidarités et de la Santé. Et c’est précisément la question qu’Agnès Buzyn ne se pose pas. Pour elle, pour le gouvernement, pour le Premier ministre et le président de la République, ce n’est pas « une priorité ».  « Ce qu’il faut savoir c’est que ça représente une somme assez réduite pour la Sécurité sociale. C’est quelques dizaines de millions d’euros (sic). Ce n’est pas ça qui va permette de faire des économies importantes par rapport aux enjeux financiers de remboursement des soins. Ce n’est pas une priorité

Et c’est ainsi que le pouvoir exécutif associé aux responsables de la santé et de la recherche médicale, laisse, sous le tapis de la raison, bien des poussières d’incohérence. Où l’on en vient à l’essentiel : pourquoi traiter ainsi, par une forme de mépris, ce défi lancé à la science qu’est l’effet placebo ? Et pourquoi ne le rembourser qu’à hauteur de 15% ?

A demain

Cigarette électronique : Mme Buzyn laissera-t-elle les buralistes ruiner la réduction des risques ?

Bonjour

Guerre ouverte dans les Civettes. Le buraliste de demain ne sera plus jamais celui du passé. Après un siècle ou presque de monopole tranquille la Confédération des marchands de tabac « met les feux»  pour que les buralistes «renforcent et approfondissent leur offre ‘’produits de vapotage’’ ». « Dans un contexte de transformation du métier, la première étape tend à outiller le réseau pour prendre le marché du vapotage » est-il indiqué dans une communication interne révélée sur lemondedutabac.com.

 C’est ainsi que vient d’être créé le site buralistedelavape.fr  (réservé aux marchands). On y trouve « des conseils, un lexique, des arguments de vente, des tutos, des vidéos et divers outils ». « Plus qu’un site c’est un programme d’accompagnement » dit la publicité. On peut y dialoguer entre buralistes, échanger des conseils concrets et pratiques entre collègues, télécharger des affiches, affichettes, des logos pour les pages Facebook, des vidéos pour les clients. « Montrer à vos clients que vous êtes un buraliste de la vape ».

Trois linéaires : le « classique », le « chauffé » et l’ « électronique »

L’affaire est martelée, en province, par Philippe Coy, président de la Confédération des buralistes lors de ses « visites de terrain » : les professionnels doivent s’adapter aux évolutions et investir, notamment, le marché du vapotage. « Les clients sont là. À nous d’être les meilleurs, à nous de nous donner les moyens de reprendre le marché avec des produits de qualité et du conseil, explique-t-il de Civette en Celtic. Le tabacc’est l’ADN de notre profession. On doit continuer mais élargir l’offre. » Avec cet objectif : « en 2021 les professionnels devront avoir trois linéaires : les produits classiques, la cigarette électronique et le tabac chauffé ».

 C’est là un épineux dossier. Il soulève avant tout la question, politique, de la pérennité de l’entreprise de réduction du risque tabagique – entreprise révolutionnaire initiée et portée par le maillage du monde de la vape contre le ministère de la Santé. Une question médicale aussi à laquelle devront s’atteler les plus affûtés des addictologues. Une interrogation macronienne en diable : peut-on, en un même lieu, vendre monopolistiquement le poison et, en même temps, son antidote ? L’affaire vient, pour l’heure, d’être remarquablement exposée par Sébastien Béziau sur www.vapyou.com : « Quand les buralistes veulent ‘’reprendre’’ le marché de la vape ».

« J’ai longuement hésité avant d’écrire cet article sur la vape et les buralistes et m’exposer aux quolibets, confie l’auteur. L’objectif n’est donc pas de leur « taper » dessus aveuglément, mais de mettre un peu en ordre mes idées et en m’appuyant sur tout ce que je peux lire ici ou là, avis de vapoteurs, pro de la vape, buralistes, et autres ressources. » Extraits :

 « Il y a actuellement ‘’ bataille ‘’ sur la légitimité à vendre de la vape. Les commerçants spécialisés d’un côté. Ils sont là depuis de nombreuses années, ils ont défriché le marché, éduqué les consommateurs, ils ont essuyé les plâtres face aux réglementations. Et finalement, avec 2 à 3000 boutiques qui maillent le territoire, ils ont créé le plus grand réseau français de réduction des risques, toutes substances confondues. Pas moins !

 Lécher les bottes

 « Et tout cela avec des moyens ridicules, sans aucune aide, plutôt que des bâtons dans les roues. Commerçants, fabricants, consommateurs ont construit le marché, des normes sont en place et se développent, la qualité générale des produits, matériels et liquides ne cesse de progresser grâce aux acteurs de la vape. De même sur les « bonnes pratiques » pour faire démarrer des débutants, que ce soit dans boutiques ou dans les réseaux sociaux. Tout cela relève de l’implication, de l’engagement et du travail du ‘’monde de la vape’’. Ils ont fait le job avec abnégation, persévérance et endurance malgré toutes les embûches semées par tous les « adversaires », y compris les anti-tabac, ce qui relève de l’irréel…

 « De l’autre côté, il y a les buralistes. Une corporation qui ronronne depuis des années sur un monopole insensé et une prévalence tabagique dans le pays qui bat des records. Avec 34%, la France est n°2  en Europe. Du délire ! La situation de monopole a créé un rapport de force intolérable avec l’Etat. Même les anti-tabac leur lèchent les bottes. Comment ne pas penser que ce monopole est directement responsable du nombre incroyable de fumeurs en France et des dizaines de milliers de morts prématurées qui s’en suivent ? »

 Que deviendra la Révolution des Volutes ?

A demain

Sperme, ovules, embryons : les donneurs français devront décliner leur identifiants

Bonjour

Comme désarçonnés. L’annonce, hier 17 avril 2018, dans les colonnes du Monde, du changement radical de doctrine de la Fédération nationale des Centres de Conservation des Œufs et du Sperme (Cecos) a pris les médias généralistes de court. La Croix « ouvre le débat » quand Le Figaro et Libération font l’impasse sur le sujet. France Inter tente la pédagogie quand RTL demande des explications à Nathalie Rives, présidente de la Fédération des Cecos.

L’affaire n’est pas des plus simples qui devra, in fine, être tranchée par le législateur. Résumons-là. La Fédération des Cecos (29 centres qui organisent le don de gamètes en France, et conservent spermatozoïdes, ovules et embryons) se prononce en faveur d’une « levée partielle de l’anonymat des donneurs » Ceci vaudrait pour les donneurs de sperme, mais aussi pour les donneuses d’ovocytes et les couples donneurs d’embryons « surnuméraires » conçus dans le cadre de fécondations in vitro. Ces données pourraient être  « un texte décrivant les motivations du donneur, son origine géographique, son secteur d’activité professionnelle, ses antécédents médicaux (et ce alors même même si les personnes présentant des risques sont dès à présent écartées…), s’il a des enfants ou non, le nombre d’enfants issus du don etc. »

« Cela permettrait de répondre aux attentes de certains enfants ou jeunes adultes conçus par don, en humanisant le donneur, sans déstabiliser l’édifice actuel » explique Nathalie Rives. Rien n’est encore acquis en ce qui concerne le caractère obligatoire ou non, pour les donneurs, de ces mesures. Donner ses cellules sexuelles, voire ses embryons « surnuméraires » imposera-t-il de donner aussi cette somme de données dont on postule (sans doute à tort au vu des progrès du numérique) qu’elle seront « non identifiantes » ?

Porte ouverte au commerce des gamètes

En toute hypothèse la position de la Fédération des Cecos marque une rupture majeure et sans doute irréversible dans l’histoire française du don de gamètes. L’anonymat était (avec la gratuité et le bénévolat) l’une des clefs de voûte du dispositif éthique mis en place, en 1973 par le Pr Georges David à l’hôpital de Bicêtre.  « Il était une réponse aux opposants à cette technique proposée à certains couples infertiles, en particulier l’Eglise catholique, qui assimilaient le don de gamètes à un adultère » se souvient Le Monde. C’était aussi, et surtout, l’extension du modèle éthique mis en place avec le don du sang (et plus tard des organes) – ainsi qu’un rempart contre la marchandisation du corps humain. Et c’est ce modèle, largement plébiscité en France, qui fut intégré dans les premières lois de bioéthique de 1994.

« Notre proposition permettrait de répondre aux attentes de certains enfants ou jeunes adultes conçus par don, en humanisant le donneur, sans déstabiliser l’édifice actuel », estime Nathalie Rives. Pourquoi ne pas aller plus loin et donner satisfactuin à celles et ceux qui (comme  l’association PMAnonymes) réclament la possibilité pour les enfants d’accéder à l’identité du donneur à leur majorité. Pourquoi ne pas plaider en faveur d’un accès sans limitation aux origines personnelles d’une personne majeure qui le souhaiterait ?

 « L’identité du donneur n’est pas forcément la réponse au questionnement des jeunes adultes, répond  Mme  Rives. Parallèlement, nous savons que les couples receveurs plébiscitent l’anonymat du don. Le recours au don de gamètes s’effectue après un parcours difficile, qui les oblige à renoncer à concevoir avec leurs propres spermatozoïdes ou ovules. C’est une grande souffrance. L’intervention d’un tiers identifié dans leur démarche n’est pas souhaitée. »

Quel serait l’impact de cette mesure sur le nombre de donneurs de gamètes ? Nul ne le sait. « Ceux qui donnent aujourd’hui n’y sont pas prêts, reconnaît Mme Rives. Seront-ils remplacés par une autre catégorie de donneurs ? » Si oui lesquels ? Si tel n’est pas le cas, et après avoir été fermées durant un demi-siècle, les portes seront ouvertes, en France, au commerce des cellules sexuelles.

A demain

 

Rebondissement bioéthique : les Cecos sont favorables à la « PMA pour toutes » 

 

Bonjour

C’est une information importante à découvrir dans Le Monde (Gaëlle Dupont) : la Fédération nationale des centres de conservation des œufs et du sperme (Cecos) se prononce en faveur de l’ouverture de la PMA à toutes les femmes. Interrogés à ce sujet, 373 professionnels de santé travaillant en leur sein (médecins, biologistes, psychologues, généticiens, techniciens…) se sont prononcés pour à 69  %. Ils sont également très favorables (à 89  %) à ce que les deux parents soient reconnus, sans nécessité pour le parent « non biologique » de passer par l’adoption.

« Cet avis reflète l’évolution de la société » commente Nathalie Rives, présidente de cette Fédération 1.  Il est plus mitigé concernant l’accès des femmes seules à la PMA, puisque 53  % n’y sont pas favorables. « La réticence ne porte pas sur la capacité à élever un enfant d’une femme seule, mais sur le risque pour l’enfant,explique Mme Rives. Que se passe-t-il pour lui s’il arrive quelque chose à son seul parent ? »

On sait que ce choix sera proposé au législateur. D’ores et déjà les professionnels alertent sur les conditions concrètes de mise en œuvre d’une ouverture des techniques de PMA aux couples de femmes et aux femmes seules. « Il faut absolument prévoir des moyens pour accueillir les personnes qui solliciteront des dons, dont le nombre pourrait doubler par rapport à aujourd’hui, et recruter des donneurs afin d’avoir des gamètes en quantités suffisantes, prévient Mme  Rives. Faute de quoi, un changement dans la loi ne ferait que donner de faux espoirs à toute une catégorie de la population. »

Marchandisation

Le comité consultatif national d’éthique (CCNE) avait déjà expliqué, l’an dernier, qu’autoriser, par la loi, les couples de femmes et les femmes seules à avoir accès à l’insémination artificielle médicalisée avec sperme de donneur soulevait bien des interrogations: sur la relation des enfants à leurs origines (puisqu’en France le don de sperme est anonyme et gratuit) ou sur le fait de grandir sans père. Interrogations, aussi, sur la prise en charge par l’assurance-maladie d’un geste qui ne peut en aucune manière être considéré comme une thérapeutique de la stérilité féminine.

« Cette demande d’ouverture doit être confrontée à la rareté actuelle des gamètes qui risque de provoquer un allongement des délais d’attente ou une rupture du principe de gratuité des dons, soulignait encore le CCNE. Cela pourrait ouvrir des perspectives de marchandisation des produits du corps humain et remettre en cause le système de santé français fondé sur des principes altruistes. »  Ce sont là, avec le sujet de la levée de l’anonymat 1 des questions éthiques essentielles, des questions pour l’heure le plus souvent noyées sous les considérations politiciennes ou partisanes. Des questions qui restent, collectivement, à documenter, à explorer. Avant de trancher.

A demain

1 Autre évolution : la Fédération des Cecos  se prononce en faveur d’une levée « partielle et non identifiante » de l’anonymat des donneurs. « Cela permettrait de répondre aux attentes de certains enfants ou jeunes adultes conçus par don, en humanisant le donneur, sans déstabiliser l’édifice actuel », explique Nathalie Rives.

Seraient concernés les donneurs de sperme et les donneuses d’ovocytes, ainsi que les couples donneurs d’embryons « surnuméraires » conçus dans le cadre de fécondations in vitro. La nature des « données non identifiantes » est encore floue devrait être précisée. dans le cadre de la révision de la loi de bioéthique. L’impact de cette proposition sur le nombre de donneurs reste inconnu

Post-Emmanuel Macron : brutale coagulation de la protestation dans les hôpitaux de Lyon

 

Bonjour

Se coucher pour ne plus (faire) subir l’intolérable. C’est le dernier symptôme convergent en date : ce 16 avril 2018, une trentaine de soignants se sont allongés sur le sol pour dénoncer des conditions de travail « incompatibles avec la sécurité des patients et ingérables pour le personnel hospitalier ». Cela s’appelle un « die in » et cela vient de se produire dans la belle ville de Lyon. Lyon où des personnels des urgences de plusieurs hôpitaux sont en grève certains depuis plusieurs mois. Un « die in » pour réclamer « des moyens pour la santé » et qui a retenu l’attention des médias généralistes – au premier rang desquels l’Agence France Presse.

« Une trentaine de personnes allongées sur le sol en blouse blanche ou bleue devant l’Hôtel de Ville de Lyon ont feint à la mi-journée d’être mortes pour dénoncer ‘’la saturation des urgences’’,  des conditions de travail incompatibles avec la sécurité des patients et ingérables pour le personnel hospitalier. Aux urgences, « ce n’est pas tolérable d’attendre 72 heures sur des brancards, de ne pas avoir le temps de changer un patient, de parler avec eux… ».  « Nous nous mobilisons pour sauver notre système de santé et demandons l’embauche de personnels. On ne peut pas sacrifier la santé »  dit Sarah Verborg, infirmière aux urgences de l’hôpital Edouard-Herriot »

Pour l’heure ce mouvement inter-urgences de Lyon réunit le Centre hospitalier du Vinatier (psychiatrie), l’Hôpital Edouard-Herriot, le Centre hospitalier Lyon-Sud, l’Hôpital Saint-Joseph-Saint-Luc et l’Hôpital de la Croix-Rousse. La crise dure depuis des mois.

Début février, alors qu’ils reconduisaient leur mouvement les infirmiers et aides-soignants des urgences d’Edouard-Herriot (après deux réunions infructueuses avec la direction des Hospices civils de Lyon) les grévistes se confiaient à 20 Minutes . Ils réclamaient notamment cinq postes de brancardiers et deux d’aides-soignants pour améliorer la prise en charge des patients.

Pénurie de brancardiers et de draps

La direction ne proposait alors que la création de deux postes de brancardier – « soit 3.8 équivalents temps plein ». Et rien au sujet du manque d’aide-soignants. Quant à la pénurie de draps, rencontrée fréquemment le week-end par les personnels, aucune amélioration à court terme ne semblait possible.

Pour les infirmiers et aides-soignants, ce problème est pourtant loin d’être accessoire. « Nous devons couvrir les patients qui passent la nuit sur des brancards dans les couloirs des urgences avec des chemises de nuit parce que nous n’avons pas de draps, témoignait alors Anouk, une infirmière en grève.  Nous devons essuyer les malades avec des chemises d’hôpital parce qu’il n’y a plus de serviettes ou frotter les draps souillés des patients faute de pouvoir les changer. »

Ceci à un nom « la maltraitance involontaire ». Et cela peut pousser des soignants à s’allonger sur le pavé. Hier, dos à la Tour Eiffel illuminée, rendant hommage aux soignants hospitaliers, Emmanuel Macron à indiqué qu’il annoncerait « fin mai » des décisions. « Fin mai » ou « début juin ».

A demain

 

L’homéopathie selon Agnès Buzyn : rires et satires sur #DemandeTonRemboursement

 

Bonjour

C’est une déferlante. Compte-tenu de sa formation hospitalo-universitaire et de ses fonctions actuelles Agnès Buzyn a tenu des propos proprement ahurissants sur l’homéopathie, son efficacité et sa prise en charge par la collectivité. Elle a, de ce fait, soulevé le couvercle d’un chaudron politique en ébullition. Et créé une affaire polémique là où le calme était revenu.

Nous étions à l’aube du 12 avril, dans la matinale RMC/BFM TV. Invitée : la ministre des Solidarités et de la Santé. Question : continuer ou pas à rembourser l’homéopathie ? Oui a, en souriant, assuré Agnès Buzyn.

Ecoutons l’argumentaire ministériel

1 L’homéopathie est « probablement un effet placebo ».

2 « Les Français y sont attachés »

3 « Cela peut éviter le recours à des médicaments toxiques »

4 « Nous y gagnons collectivement »

5  « Cela ne fait pas de mal ».

L’affaire commence a être décortiquée ici ou là et il ne sera guère difficile de démonter les incohérence et le syllogisme de ce petit chapelet qui ne fait que reprendre des propos entendus ici ou là, à commencer par les repas familiaux et les cafés du commerce. Ce fut, aussitôt, un embrasement sur les réseaux sociaux. Avec un phare :  le hashtag, #demandetonremboursement créé dans la foulée par @JeSuisBigPharma, un compte satirique  sur Twitter :

« J’adore ce nouveau jeu. Voici les règles: – Trouve une activité ou un produit qui te fait du bien et qui n’est pas dangereuse. – Explique le à @agnesbuzyn. – Demande comment on procède pour obtenir le remboursement – Ajoute le hashtag #DemandeTonRemboursement »

C’est une lecture réjouissante, parfois méchante, souvent politique. Mais aussi

Parfois électronique :

«Falken Vape‏ @FalkenVape 

Bonsoir @agnesbuzyn, vapoter, cela me fait le plus grand bien et n’est pas nocif. Quelle est la procédure pour le remboursement ? #DemandeTonRemboursement »

 Parfois marseillaise et culturelle :

« Brige_Bb  @Brige_Bb

#DemandeTonRemboursement Bonjour @agnesbuzyn Aller voir les Rolling Stones à Marseille le 26/06 me serait très bénéfique et je vois qu’il reste quelques places à 825 € – catégorie qui serait aussi très bénéfique à mon bien être. Je paye la FNAC avec ma carte vitale c’est ça ? »

 Parfois pharmaceutique et neurodégénérative :

« Yves BRASEY @YvesBRASEY

Arrêtez de vous moquer… elle a fait pareil avec les médicaments pour Alzheimer… ça ne sert à rien, mais la sécu rembourse. Et là 99% des intervenants ne sont pas intervenus ! #DemandeTonRemboursement »

 Parfois philosophique :

« Béatrice Kammerer‏ @MmeDejantee 13 avr.

Le bénéfice du « bien être » peut-il justifier le remboursement de l’homéopathie comme le prétend Agnès Buzyn ? Juliette Ferry-Danini, philosophe des sciences répond. #DemandeTonRemboursement https://twitter.com/MmeDejantee/status/984679908810153984 … »

 Parfois psychologique et décentralisée :

« MinouDez‏ @MinouDez 

Bonjour @agnesbuzyn et @s_cluzel , les psychologues à même de diagnostiquer (et assurer un suivi) adultes et enfants en Auvergne sont rares et chers. On peut échanger avec l’homéopathie? Parce qu’en cas de petit bobo, je donne un smarties, c’est pareil. #DemandeTonRemboursement »

 Parois écologique :

« StéthoMarto @StethoMarto64 

 Quitte à rembourser du sucre, autant commencer par l’eau ! https://reporterre.net/En-France-un-million-de-personnes-n-ont-pas-acces-a-l-eau … #DemandeTonRemboursement »

Ou encore incitant à une réflexion citoyenne :

« Stéphanie Calvin a retweeté RMC

@agnesbuzyn Liste (non exhaustive) des choses bénéfiques sans être nocives et qui ne sont pas remboursées : – un logement salubre (amiante, plomb, etc) – trois repas par jour – de l’eau potable pour tous – des conditions d’hygiènes décentes – etc. #DemandeTonRemboursement »

Reste un sujet essentiel à creuser : depuis quand les spécialités homéopathiques sont-elles, en France, prises en charge par la collectivité. Et à quel titre ?

A demain

Ce matin, à la Civette : « Et bien moi j’ai tout arrêté pendant les chimios. Stop. Net »

Bonjour

A la Civette, ce matin. Portes grandes ouvertes. Radio en boucle sur les bombardements français de la nuit en Syrie. Commentaires de comptoir. Café noisette. Une bière. Soleil d’avril. Merle chanteur.

« Salut Gérard, deux cartouches, Marlboro

– Bonjour … Ah, pas de chance, y’en a plus

– Ah… ça va être plus cher. Bon, ben dix paquets alors… Au fait, ça va vous, aujourd’hui ?

– Bof… On fait aller

– Vous ne fumez plus, alors ?

– Non…Stop… Arrêté net…Oh j’en reprends bien une de temps en temps. Mais c’est plus ça. Ecrasée vite fait.

–  Et bien moi c’était pareil… J’ai tout arrêté pendant les chimios. Tout. Stop. Net. Car j’ai eu deux chimios, vous savez… Puis j’ai repris … petit à petit. Mais aujourd’hui je dépasse plus le paquet. Et c’était idem quand j’ai allaité…. Deux fois…. Plus une cigarette… stop… net…Comme quoi ils ont beau dire, hein, tout ça, c’est quand même bien dans la tête. »

A demain